Des dessins aux mots

 

Marianne Maury Kaufmann, dessinatrice d'humour, est aujourd'hui écrivain.

 Dessinatrice d’humour de grand talent, Marianne Maury Kaufmann choisit de se passer momentanément du dessin pour ne plus compter que sur les mots. Elle nous donne à lire un premier recueil de nouvelles vives et pétillantes. Elle s’en explique.

 

Marianne Maury Kaufmann, vous ravissez notamment les lecteurs de Version Femina, toutes les semaines, avec vos dessins piquants et amusants. Pourquoi avoir souhaité passer au difficile exercice de l’écriture et qui plus est, de la nouvelle?

Le mouvement vers les mots s’est fait naturellement au cours de ma vie: après être passée de la peinture sur châssis à l’illustration sur papier, puis au dessin légendé (avec la petite Gloria, effectivement, dans le journal que vous citez), voilà que je pratique la légende toute seule!

Vos nouvelles détiennent souvent le même esprit que vos illustrations. Est-ce voulu ou est-ce seulement l’expression de votre nature profonde?

Je ne maîtrise l’esprit ni de mes illustrations, ni de mes nouvelles… Je réfléchis le moins possible, et suis parfois surprise moi-même lorsque je me lis!

Il y a un esprit à la fois ironique, sociétal et girly dans vos dessins; on retrouve celui-ci dans vos nouvelles. Qu’avez-vous voulu montrer ou faire sentir avec ces textes?

Je trouve le monde dans lequel nous vivons, et nos entrechats en particulier, à la fois pathétiques et attendrissants. On voudrait échapper à la médiocrité, à l’envie, à la bêtise… on voudrait être exceptionnel… et on se prend les mêmes gadins que le voisin ou la voisine… L’ironie me sauve du désespoir… Quant à mon côté « girly» je suis une fille… ça non plus, je ne le maîtrise pas.

Vos nouvelles donnent l’impression d’être des petits instantanés, des petites tranches de vie. Qu’en pensez-vous?

Va pour les petites tranches de vie! J’aimerais, en tout cas, que leur lecture fasse le même effet revigorant qu’une histoire racontée à la fin d’un dîner, en bonne compagnie…

Quelle est celle qui vous a procuré le plus de plaisir d’écriture? Et celle au cours de laquelle vous avez le plus souffert?

J’ai beaucoup aimé éructer dans « L’évasion» peut-être une des faces de ma personnalité: une emmerdeuse terrible, à fuir absolument! Pour la souffrance, je n’en ai pas eu, l’écriture de ce livre n’a été que bonheur.

Vos projets? Peut-être un roman?

Vous êtes médium, Philippe? Un roman, oui. Et puis un livre d’illustrations, aussi. Et plus largement, poursuivre ma route là où le désir m’emmène!

Propos recueillis par

PHILIPPE LACOCHE

«Pas chichis», Marianne Maury Kaufmann, Fayard, 220 p.; 14 euros.

 

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