Quand Laborde s’attaque au Tour, on se régale

 

Christian Laborde : fou de vélo.

Christian Laborde déborde de talent. Romancier délicat, tendre et fou à la fois, passionné et pudiquement mélancolique, il est aussi un essayiste inspiré. Quand il se met à parler de la Petite Reine, on se régale. C’est le cas avec son Tour de France nostalgie. Du grand bonheur; du vrai bonheur. Il revient aux origines. La création de l’événement en1903, par Henri Desgrange, ancien cycliste, habitué des vélodromes, premier recordman du monde de l’heure, adepte de la gymnastique et de la course à pied, et rédacteur en chef du journal L’Auto. Un homme complet. L’Auto est imprimé sur papier jaune; d’où la couleur du maillot. Au fil des pages, Christian Laborde égrène l’histoire du Tour. Des visages passent. Tous singuliers. Ceux de stars ou d’inconnus. Tous des gueules de rockers. Le passage sur la mort de Tom Simpson dans le Ventoux est un morceau d’anthologie, notamment le témoignage de Lucien Aimar qui dit: «Tom est mort de sa générosité, pas du dopage.» Simpson était au cyclisme ce que Johnny Thunders était au rock’n’roll. Un ange aux ailes brûlées. Les amphés et la blanche ont si peu d’importance quand on a la classe.

PHILIPPE LACOCHE

«Tour de France nostalgie», Christian Laborde, Hors Collection, 128 p.24,90 euros.