Louiz’ qui plaque et qui chante

Sorry, lectrice adorée, brûlante de désirs, je n’ai pas disposé d’assez de place, la semaine dernière pour la belle exposition qu’il m’a été donné de découvrir, il y a peu, à la galerie Pop Up, à Amiens. Elle est l’oeuvre du plasticien David Mesguich, 35 ans, né à Lyon, et résidant aujourd’hui près de Marseille. Dix créations accrochées sur les murs, pour deux types de travaux : des dessins et des volumes. Pour les dessins, il utilise deux techniques : les feutres, l’encre, l’alcool, «comme les feutres des designers»; mais aussi l’encre de Chine et l’eau, «c’est l’économie de moyens», précise ce grand garçon brun et affable. Ses thèmes? Des déambulations dans les villes, souvent New York où il a séjourné en 2007. «J’ai fait des milliers de photos; je prends les transports en commun. Je pars au hasard; je me perds. Dès que je repère un truc qui m’interpelle, je m’arrête, je photographie. Mon travail parle de tout ce qui entrave», commente encore celui qui a suivi des cours aux Beaux-Arts d’Aix-en-Provence, mais qui est issu de la sc

Louiz', en pleine action au Café, chez Pierre, à Amiens.

Louiz’, en pleine action au Café, chez Pierre, à Amiens.

ène graffiti. Comment a-t-il fait la connaissance de la délicieuse et brune Mélanie Ohayon, gardienne du temple Pop Up? «En 2005, j’ai exposé dans une grosse galerie parisienne. Elle est venue; elle a aimé. Elle m’a invité à participer à la Nuit blanche d’Amiens.» Cours voir les oeuvres de David Mesguich, lectrice, grosse paresseuse; tu as jusqu’au 9 juin pour te rendre chez Pop Up. Qu’ai-je fait encore ? Je ne sais plus. La mémoire est une clé qu’on perd, qu’on retrouve. Reste la porte à ouvrir. Celle que j’ai ouverte, il y a quelques jours est celle du Café, chez Pierre. C’était dans le cadre de la Semaine nationale contre l’homophobie ; l’association amiénoise, Flash Our True Colors, y organisait le Flash Festival Picardie. J’y ai vu le concert de la chanteuse Louiz’ (louiz.artiste@hotmail.fr; et Fabebook), 21 ans, adorable rugbywoman (elle joue au Rugby club amiénois ; « Je plaque ; j’adore plaquer. On se sent vivante avec le rugby. ») qui chante depuis 2010. « Ma première scène, je l’ai faite à l’Espace Saint-André, à Abbeville », se souvient-elle. Les paroles de ses chansons sont en français et en espagnol, « des textes engagés ». Elle s’engage aussi dans sa façon de manger : « Je suis végétarienne. » A son actif : 150 concerts. Celle qui joue sur une guitare East Man  achetée chez Brock’n’Roll, est, dans la vie de tous les jours, étudiante en éducation spécialisée. Elle sera en concert le 28 mai au Sombrero, à Amiens, le 6 juin, à Lille, place de la République, en plein air, et le 13 juin à Arras. Sinon, je poursuis mes voyages littéraires en voiture. Ecouté : Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, de Patrick Modiano, lu Jean-Pierre Lorit (Ecoutez lire-Gallimard). Je me suis promené dans l’enfance de l’écrivain Jean Daragane, du côté de Saint-Leu-la-Forêt. Est-il nécessaire de préciser que je n’avais plus envie de sortir de ma 206 ?

Dimanche 24 mai 2015

Claire de Lune pour Charlie

Claire Defarcy et Antoine Grillon.

Claire Defarcy et Antoine Grillon.

 C’était une soirée froide et humide. A la Lune des Pirates, à Amiens, on ne parlait que de ça. Que de l’horreur. Du retour de la barbarie ; la sauvagerie à l’état pur. La connerie en barre. Je pensais à Charb que j’avais interviewé à la dernière Fête de l’Humanité (et que j’avais revu au Cirque d’Amiens, pour un concert de soutien à Charlie, organisé par Dominique Leroy, au cirque d’Amiens), et Wolinski avec qui j’avais fait la fiesta, en 2000, à Belfort ; il faisait partie du jury (avec Cavanna) du prix Populiste qui avait eu la gentillesse de s’intéresser à l’un de mes opus. Des types adorables. Oui, on ne parlait que de ça, à la Lune des Pirates, à l’occasion du pot de départ de Claire Defarcy, responsable de la communication et de l’action culturelle depuis 2008 dans l’établissement le plus rock de Picardie. Il y avait là tout le gratin rock’n’roll, culturel et littéraire de notre belle région. Musiciens, journalistes, écrivains, chanteurs… La soupe de champagne, parfaitement préparée par le compagnon de Claire (un fan de la Beat Generation ; j’adore parler avec lui de Brautigan, de Kerouac, de Ginsberg et de Henry Miller) coulait à flots. Claire était en joie et en beauté. Elle me rappela qu’elle avait succédé à Aurore Becquet. Que sa mission était de « réfléchir à l’image du lieu et de la communication (presse, partenariat, réalisation de supports, actions culturelles, projet Bruits de Lune, action vers le public lycéen, expositions, etc.) ». Au final, pas une mince affaire. Son meilleur souvenir de concert ? Dälek (hip hop, électro) en 2009. Le concert le plus fou ? Caribou (électro) en 2011. Sa plus belle rencontre avec des artistes ? Stuck in the Sound et Gaspard Royant.

   Claire part pour la ville de Caen. Elle deviendra responsable du pôle communication du Cargo, une belle scène de musiques actuelles. Lui succédera Marine Duquesnoy, 26 ans, qui jusqu’ici oeuvrait pour le compte de A gauche de la Lune, producteur de musiques actuelles, à Lille.

    Le dimanche, il y eut la grande marche Charlie, à Paris. Superbe, fraternelle ; pleine d’espoir. Et ce beau geste de la direction du Courrier picard : offrir un exemplaire de l’hebdomadaire à tous ses salariés. Une manière, élégante et utile, de soutenir notre confrère. J’ai trouvé ça craquant. Tu comprends, lectrice adorée, adulée, mordue, convoitée, suçotée, comblée, pourquoi je suis fier d’écrire dans ces colonnes et pour ce titre, ex-coopérative ouvrière, qui a su préserver son esprit fraternel.

                                                 Dimanche 18 janvier 2015  

 

Mireille Mathieu : authentique, gaulliste et française

             L’ambassadrice de la chanson à l’étranger donnera un concert au Tigre, à Margny-lès-Compiègne, le samedi 15 novembre. Elle aime aussi Dire Stra

Mireille Mathieu se produira demain samedi 15 novembre, au Tigre, à Margny-lès-Compiègne, dans l'Oise, à 20h30.

Mireille Mathieu se produira demain samedi 15 novembre, au Tigre, à Margny-lès-Compiègne, dans l’Oise, à 20h30. (Photo : AFP).

its et les Pink Floyd.  Elle a répondu à nos questions.

Comment expliquez-vous que votre cote de popularité n’a jamais cessé auprès du grand public ?

Mireille Mathieu : Je viens de chanter à l’Olympia, puis en Belgique, puis à Lyon, etc., c’était extraordinaire. Un accueil superbe ! L’accueil du public vient peut-être du fait que finalement on me voit peu. Il y a aussi le fait que je suis française et fière de l’être. Je suis authentique et je suis moi-même. Il m’arrive aussi de chanter dans la langue du pays dans lequel je me produis. C’est important. J’ai même fait un florilège des chansons que j’interprète dans des langues étrangères.

Quels sont les temps forts que vous retenez de vos cinquante ans de carrière ?

Le Jeu de la chance, le 1er novembre 1965. Le fait aussi d’avoir pu chanter tout en haut de la Tour Eiffel. Il fallait des autorisations délivrées par un comité. C’était présenté par Stéphane Bern. Il y a de cela environ deux ans. Autre moment fort : ma rencontre avec Jean-Paul II. Je suis catholique. Cela m’a impressionné. Il avait une force dans les yeux, une détermination. Cette rencontre s’était effectuée dans le cadre d’une audience privée avec ma maman ; il y a de ça une dizaine d’années.

Vous êtes restée absente un certain temps de la scène. Qu’avez-vous fait pendant ce temps ?

J’ai effectivement été absente pendant neuf ans. Aujourd’hui, je suis de retour sur scène pour fêter mon jubilé, mes cinquante ans de carrière. Pendant ces neuf ans, j’ai voyagé et chanté à travers le monde. Le public m’apprécie ; il m’aime. Une personne, à l’étranger, m’a dit qu’elle avait le français grâce à mes chansons. Cela m’a fait très plaisir. Notre langue est si belle.

Vous êtes en quelque sorte l’ambassadrice de la chanson française à l’étranger. Comment expliquez-vous ce fait ? Pourquoi vous ?

Je suis restée authentique. Je chante en français. Il existe des artistes qui font dans le genre anglo-saxon. Je ne les critique pas mais ce n’est pas mon truc. Si vous allez chanter à l’étranger, le public vous attend comme artiste français. Avant, les chanteurs interprétaient beaucoup d’adaptations anglo-saxonnes ; il y en a beaucoup moins maintenant.

Que représente la France pour vous ?

Je suis gaulliste. Avant la France était sur un piédestal ; ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je me demande parfois si les Français se rendent compte de notre savoir-faire. Dans l’Oural, on enseigne le français. Il y a aussi notre gastronomie, nos fromages. Je ne fais pas de politique mais, au final, on a tous quelque chose du général de Gaulle. Il avait un nom magnifique ; c’est ça, la France !

Qu’écoutez-vous ? Quels sont vos goûts musicaux ?

J’aime les Pink Floyd, Lady Gaga, Lionel Richie, Edith Piaf, la Callas, Dire Straits…

Lisez-vous et quoi ?

Je lis peu car je n’ai pas le temps. Exemple : je ne vais pas tarder à repartir chanter en Russie. Je manque de temps pour lire.

Parmi les nombreux duos que vous avez faits, quels sont ceux qui vous ont marquée ?

Ceux avec Julio Iglesias, avec Patrick Duffy, avec Paul Anka, etc. En fait, tous m’ont marquée. C’est toujours un plaisir de chanter en duo. On a des voix différentes. Une complicité s’instaure. C’est toujours gratifiant et enrichissant.

Vous serez le samedi 15 novembre au Tigre, à Margny-lès-Compiègne, dans l’Oise. Quelle formation vous accompagnera ? Et quel sera votre répertoire ?

Je serai en compagnie de mes quatorze musiciens, de mes choristes, des techniciens son, etc. J’interpréterai à la fois des anciennes chansons et des nouvelles chansons, dont celles qui figurent sur mon dernier triple CD, Une vie d’amour.

Connaissez-vous la Picardie ?

Ma mère est de Rosendaël et de Lille. Je connais plus le Nord de la France mais pas encore la Picardie.

Quels sont vos projets ?

Je prépare une chanson pour Noël pour l’Allemagne. Puis, je repartirai à Moscou. L’an prochain, j’effectuerai une grande tournée en Allemagne et en Russie.

                                                     Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

 

 

Un autorail vers l’inconnu ou le monde cheminot perdu

Benoît Rivillon, comédien et écrivain, originaire d'Amiens, évoque le village de la Somme Outrebois.  «J’ai vécu au Pigeonnier. J’ai donc vécu à la verticale. Or, dans les villages, on vit à l’horizontale. La verticalité sépare les gens.» C’est Benoît Rivillon qui dit cela; c’est juste, simple et beau. Comment et quand ai-je fait la connaissance de Benoît Rivillon? Je ne me souviens plus. Par Facebook peut-être. Certainement, même. Je crois que ça lui avait fait plaisir que dans l’une de mes chroniques, je parle de gens de milieu modeste, et du Parti communiste. Benoît Rivillon, 43 ans, est né à Lille mais il a vécu son enfance et son adolescence à Amiens (école de l’avenue de la Paix, collège César-Franck). Formé à l’École nationale supérieure d’art dramatique de la Comédie de Saint-Étienne, il est devenu comédien. Aujourd’hui, il prête souvent sa voix à des documentaires qui passent à la télévision. Il vient aussi de sortir un premier livre, Autrefois Outrebois (Mon petit éditeur, 55 pages, 11 euros), un récit qui ressemble à un roman. Ou l’inverse. Écrit avec délicatesse, douceur et pudeur, ce court opus a pour décor le village d’Outrebois, dans la Somme, où il a vécu, enfant. «Ce livre m’a permis d’évoquer ce à quoi j’étais sensible: le monde paysan perdu.» Il a écrit l’histoire d’un dessin animé (un éléphant qui trouve de l’eau) qui devrait être réalisé sous peu, et travaille à la rédaction d’un polar. Quand je ne rencontre pas les écrivains, je vais au cinéma. Au Gaumont, j’ai vu La Cage dorée, de Ruben Alves avec notamment Joaquim de Almeida et Roland Giraud. Il s’agit d’une comédie plus profonde qu’elle n’en a l’air. L’univers d’une communauté portugaise de France est bien rendu. Maria et José Ribeiro vivent depuis trente ans dans un immeuble haussmanien de Paris. Elle est un concierge exemplaire; il est un chef de chantier remarquable. Ils sont devenus indispensables à leur entourage. Intégration parfaite. Jusqu’au jour où, à cause d’un héritage inattendu, leur vie bascule.J’ai été ému par ce film et j’ai repensé à mon ex-beau-père, d’origine portugaise qui adore la France; il est presque aussi ternois que moi. Tergnier, j’y suis justement retourné, il y a peu, pour un animer un atelier d’écriture à la médiathèque construite dans les locaux du buffet de la gare. En arrivant, j’avais envie de commander un demi de Stella Artois, comme au bon vieux temps. Je me suis contenté de regarder, à travers les vitres, un autorail qui partait vers l’inconnu.

Dimanche 5 mai 2013

Jean-René Pouilly : producteur d’amitiés

Né à Vers-sur-Selle, dans la Somme, ancien Amiénois, fils d’instituteurs de gauche, ce producteur de spectacles a travaillé avec les plus grands, de Souchon à Sheller, en passant par Leprest et Guy Bedos.

 

Jean-René Pouilly, producteur de spectacles, Le Bouquet du Nord, Paris. 5 novembre 2012

Disons-le tout de go: il existe de tout dans le métier de producteurs de spectacles. Des horreurs, des goujats, des mercantiles avec des dollars à la place des pupilles, des escrocs. Et des types bien, qui travaillent à l’ancienne, pour l’amour de l’art, de la scène, de la musique, pour qui l’argent n’est qu’un outil. Pas l’essentiel. Jean-René Pouilly est de ceux-là. Né à Vers-sur-Selle, dans la Somme, le 25février1945, de parents instituteurs (son père s’occupe des grands, sa mère des petits), Jean-René participe à toutes les activités culturelles qu’ils génèrent. Car cela fait partie de leur conception de leur métier. Chaque Noël, ils créent un spectacle. Mme Pouilly écrit ses pastiches sur l’actualité du village au son des tubes du moment. «Des spectacles de chansonniers; ça faisait un carton», se remémore Jean-René. Ils montent aussi des chœurs, des saynètes, des pièces de théâtre. M. Pouilly est clarinettiste; il fait partie de la fanfare du village. Engagés à gauche, ils fondent une troupe de théâtre et un ciné-club dans le cadre de la Fédération des œuvres laïques (FOL).Jean-René garde des souvenirs merveilleux de son enfance, de la vie du village, du football qu’il pratique en tant que milieu de terrain. Une enfance rurale bercée par les Yéyés, puis par les Stones et les Beatles. Car la culture, la musique plus particulièrement, le passionne. Il suit ses parents qui sont nommés à l’école du faubourg de Hem, à Amiens. Hussard noir de la République, son père rêve que Jean-René devienne enseignant. Mais à 15 ans, il s’intéresse moins aux études, et plus aux boums, aux bistrots et aux filles. Il est plus assidu aux zincs de chez Froc et du Penalty, place de la Gare, qu’au cours de mathématiques. Il suit tout de même les cours à la cité scolaire, jusqu’en première. Il a 17 ans quand sa petite amie attend un enfant. Il se marie, travaille à la FOL, s’occupe du journal des Francs et franches camarades (les Francas), devient pion, commence à organiser des spectacles, puis œuvre pour la Maison de la culture d’Amiens. Il programme. Voit passer les plus grands du moment. Va chercher Ella Fitzgerald à la gare d’Amiens en Simca 1000, pige pour le Courrier picard comme critique de jazz. Philippe Avron, Georges Moustaki, Pierre Henry, Barbara, Nougaro… Jean-René n’a pas d’œillères; tout l’intéresse dès que la qualité est au rendez-vous. «Mais les relations avec les artistes ne duraient qu’une soirée. J’avais envie d’avoir des relations plus ancrées dans la durée.» Il reste sept ans à la Maison de la culture, puis part pour s’occuper des relations publiques de l’équipe de football de Saint-Étienne. Il faut dire qu’il avait fait partie du comité directeur de l’Amiens sporting club, et avait même mis en place les journées internationales du sport à la Maison de la culture. Après Saint-Étienne, il arrive à Lille comme secrétaire général du Théâtre populaire des Flandres (TPF), organise les 12heures du TPF avec chanteurs et pièces de théâtre.Ça dure pendant quatre ans. «Du jour au lendemain, je me suis retrouvé sans rien avec mes trois enfants.» Il crée donc sa société de management d’artistes d’abord régionaux (Marc Frimat, Claudine Régnier, Awatinas, etc.), travaille beaucoup avec les fêtes des fédérations du Parti communiste, et reprend contact avec Henri Tachan avec qui il a travaillé pendant vingt ans. Fan d’Alain Souchon, il lui écrit pour lui proposer d’organiser ses tournées. Le chanteur accepte.De1977 à1982, ils travailleront ensemble: «Un grand moment de bonheur; on s’entendait très bien. Avec Alain Leprest, c’est l’une des plus belles écritures de la chanson d’après-guerre.» Il œuvre également pour Louis Chédid, William Sheller, et fonde la société Karavane en1982, se recentre sur le jazz (Martial Solal, Christian Escoudé, Archie Shepp…), produit le Cirque Invisible de Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée, «de vieux amis», réalise une tournée dans le monde.En 2011, il devient le producteur de Guy Bedos, «un monument de l’humour et de la culture française. Ça a tout de suite très bien fonctionné entre nous.» Le sport est également revenu dans sa vie grâce à Félix, son petit-fils qui a été sacré champion de France junior sur toute à La Chapelle-Caro, en Bretagne en août dernier. «Tu vas nous le ramener ce putain de paletot tricolore?» lui avait-il lancé avant le départ de la course. Une formule qui n’eût pas déplu à son copain Allain Leprest, «un grand mec, très sympa dans la vie».On sent bien que Jean-René Pouilly avant d’être un producteur de spectacles est un producteur d’amitiés.

PHILIPPE LACOCHE

 

BIO EXPRESS

* 25 février 1945: naissance de Jean-René Pouilly, à Vers-sur-Selle, dans la Somme.

* 1965: il crée une association d’organisation de concerts, Le Rideau rouge, à Amiens. Premier concert - avec Jean Ferrat - au cirque.

* 1966: engagé comme collaborateur de Philippe Tiry, l’un des premiers directeurs de la maison de la culture d’Amiens.

* 1974: directeur des relations publiques de l’AS Saint-Étienne.

* 1975: secrétaire général du Théâtre populaire des Flandres, à Lille.

*1977 : agent artistique à son compte en créant la société Variétés contemporaines.

* 1978 : Alain Souchon lui confie l’organisation de ses tournées.

 

DIMANCHE D’ENFANCE

Football, tir à la carabine, théâtre et travail à la ferme

Enfant, Jean-René Pouilly accompagnait son père au football. Celui-ci jouait comme arrière central au CA Saint-Pierre, d’Amiens. «On allait au bar des Sports, place de la gare. On mangeait des frites. J’avais 5 ou 6 ans. On y allait à bord de sa 4CV ou de son Aronde. C’était un bistrot chaleureux, peuplé de personnes que je voyais jouer sur le terrain.» Il participe aussi à toutes les activités que généraient ses instituteurs de parents: théâtre (voir photo ci-contre), tours de chant, saynètes, etc. Et il s’adonne même, avec brio, au tir à la carabine. «Mon père avait fondé un club de tir à la carabine. J’ai été champion de France minime dans cette discipline, à La Madeleine, dans le Nord; j’avais 12 ans.» Le travail à ferme le passionne; il s’y consacre avec enthousiasme pendant ses vacances. À une certaine époque, il devient même le porte carnier d’un agriculteur de Vers-sur-Selle, M. Guy Boydeldieu. «Je l’ai revu à l’enterrement de mon père, il y a peu de temps», explique-t-il. «Il chasse toujours. Il m’a raconté qu’il n’avait tiré que trois fois au cours de sa dernière partie de chasse. Il a précisé qu’il avait tué une perdrix, un lièvre et un faisan. Pas mal!» Il se souvient aussi de ses dimanches d’adolescent qu’il passait dans les boums; les rocks au son des Kinks, des Animals. «Les filles étaient toutes mignonnes.»