« Le mikako des mâts dans le port »

 

L'excellent écrivain Alain Paucard de Paris.

Jean Detrémont, poète, saxophoniste, dessinateur.

 Tradition oblige: meilleurs vœux pour20 »3, lectrice adulée. Des vœux, j’en ai reçu quelques-uns. J’ai beaucoup aimé ceux du poète-saxophoniste-dessinateur Jean Detrémont: au dos d’un dessin original, il m’a fait le cadeau de sept haïkus inédits, réunis sous le titre générique Été. Exemples: «Cette feuille/qui me suit/c’est le vent.» Ou encore: «Trop nerveux/cette année/pour sucrer mon café.» J’adore celui-là car, enfant, je jouais au mikado: «Au loin/ le mikado des mâts/ dans le port.» Avec Verlaine, Rimbaud (première époque) et Baudelaire, Jean est l’un de mes poètes préférés. Ceux de l’ami Alain Paucard de Paris qui m’envoie une superbe carte postale très ancienne représentant la façade de la maison dite des Ramoneurs (fin du XVIe siècle), située rue des Poirées. Sur le site de la médiathèque de l’Architecture et du patrimoine, j’apprends que cette habitation est devenue, à la fin du XIXe, l’estaminet Lalot, comme en témoigne une photographie signée Félix Martin-Sabon (1846-1933). Et ceux du très littéraire Stéphane Grodée, spécialiste de tableaux, dessins et sculptures, et qui, dans un petit catalogue, présente les œuvres acquises auprès de lui par les musées de France au cours de l’année qui vient de rendre l’âme. Nouvelle année toujours, pour te confier, lectrice convoitée, que j’ai réveillonné chez de très sympathiques amis de Lys (ils sont devenus les miens).Le sublime foie gras poêlé dégusté, j’ai pu dire tout le mal que je pensais du dernier film de Jacques Doillon, Un enfant de toi. Le jeu des acteurs sonne tellement faux que c’en devient pathétique. On se demande bien pourquoi Samuel Benchetrit se met à parler subitement à voix basse au milieu des conversations. Tout est creux, pas naturel. En revanche, j’ai adoré Tabou, de Miguel Gomes, le plus beau film que j’ai vu en 2012.C’est lent, très écrit, magnifiquement mis en scène (avec une longue partie muette); et cela m’a rappelé le tout aussi sublime et magique India Song, d’un écrivain que, pourtant, je ne goûte guère: Marguerite Duras. L’histoire d’amour de Tabou, film mélancolique, gorgé de saudade, m’a bouleversé. Dans un tout autre registre, j’ai également beaucoup aimé Touristes, de Ben Wheatley, une comédie noire, violente, politiquement incorrecte et complètement déjantée.

Dimanche 6 janvier 2013.