Des livres de Jacques Béal adaptés au cinéma par Beineix

 

«Philippe Lacoche a besoin de rafraîchir ses connaissances dans la langue de Cervantes. En effet, dans le C.P. du 8/XI, p.X, à propose du livre La tentation du Pire, il écrit « nos pasaran ».En réalité, c’est (avec un point d’exclamation renversé au début) No pasaràn! (ils ne passeront pas). En fait, ils sont passés…» Voilà la lettre que nous envoyée un lecteur attentif. Il a raison. Désolé pour le point d’exclamation renversé et pour l’accent aigu sur le « a »; je ne les ai pas trouvés sur le clavier de mon ordinateur. En revanche, pour le «s» à «no», j’en suis encore plus désolé car je connais l’expression. Et l’erreur n’est pas de mon fait. Si, à la rentrée scolaire de1971, je suis allé au lycée Henri-Martin, à Saint-Quentin (distant de 25 kilomètres de Tergnier), plutôt qu’au lycée Gay-Lussac, à Chauny (distant de 7,5 kilomètres), c’était pour échapper à l’apprentissage de l’allemand, langue qui m’effrayait, comme elle avait effrayé, après 1945, le philosophe Jankélévitch. J’ai donc opté pour l’espagnol, langue dont je suis tombé amoureux. L’expression «No pasaran!», je la connais bien pour l’avoir entendue dans les réunions de l’AJS (Alliance des jeunes pour le socialisme) auxquelles des copains trotskards m’entraînaient, et dans lesquelles, je finissais par m’ennuyer, trouvant Marx et Marchais bien plus rock’n’roll. Coquille de correction? Je n’en sais rien. C’est bizarre. De l’Aisne, j’aurais pu en parler avec mon bon copain Jacques Béal, ex-grand reporter au Courrier picard, et écrivain, avec qui j’ai déjeuné, mercredi, à Amiens. Il est originaire de Chauny; c’est donc un presque Ternois. Jeunes, nous avons fréquenté les mêmes bistrots, les mêmes lieux de nuit (La Huchette, La Loggia, le Daguet, etc.). Mais, non.Nous avons parlé de ses projets.Deux de ses livres, Bessie Coleman, l’ange noir (Michalon, 2008) et Les Ailes noires (Presses de la Cité, 2011) seront adaptés par le cinéaste Jean-Jacques Beineix qui prépare un documentaire-fiction autour de l’aviatrice. Par ailleurs, sa très belle anthologie des poètes de la Grande Guerre parue il y a quelques années, sera rééditée en octobre

Jacques Béal, écrivain, journaliste. Novembre 2013.

2014 par le Cherche-Midi car un spectacle est en train d’être monté autour de Philippe Torreton comme lecteur et d’un orchestre de musique baroque anglais, le tout mis en scène par Jean-Luc Revol. Les poèmes seront traduits en anglais. Le spectacle sera notamment donné à la Comédie de Picardie, puis au Festival de Brighton en 2015. Good news!

Dimanche 17 novembre 2013.

L’amour, la nostalgie, la vie

Journaliste au Courrier picard, Philippe Lacoche signe « Les matins translucides », sorti ce 28 août, avec sa Picardie en guise de décor.

Philippe Lacoche photographié par Guillaume Clément.

Il a encore commis un roman, Philippe Lacoche. Encore? Certes, Les matins translucides possède quelques liens de parenté avec les précédents ouvrages du journaliste-écrivain picard. Ses tics d’écriture par exemple ; ou quelques personnages empruntés aux aventures précédentes. Surtout, le décor: une petite ville de Picardie, marquée par l’activité ferroviaire et le passé ouvrier, résistant et communiste de ses habitants. Sans oublier les références musicales qui parsèment les pages comme les pétales de rose qu’on dissémine sur une longue table de banquet. Pour faire joli, et pas seulement…

Cette nouvelle histoire révèle aussi un nouveau style. Une ambiance mélancolique mais pas triste. Un amour intense mais pur: quand il a rencontré Delphine pour la première fois, Jérôme était en cinquième, elle en sixième! Jérôme en a aujourd’hui soixante. Il est journaliste - tiens donc, la fiction malaxerait-elle des éléments de la réalité? Et décide, sur un coup de tête, de retrouver les lieux de sa jeunesse, les clés de son amour sans lendemain avec Delphine.

Le récit offre à Philippe Lacoche de belles occasions de raconter la passion, le passé, la manière qu’avaient les ados de se rencontrer et de s’occuper «à son époque». Mais aussi l’autre passé: celui des oncles, des anciens, les résistants, ceux qui ont connu la guerre et combattu l’occupant allemand. Parce que Delphine et Jérôme ont grandi dans cette ambiance du souvenir vivace des maquis. Vivace, mais pas toujours exprimé. Ils avaient leurs secrets, les tontons. Pas tous très avouables.

Jérôme parcourt donc la Picardie de sa jeunesse à la recherche de réponses. Il mène deux enquêtes. De celles qu’on aimerait, finalement tous un peu mener au soir d’une vie, dans un moment de fatigue mélancolique. On s’y croirait d’autant plus que les descriptions, sobres mais précises, des villes, des étangs, des lumières brumeuses, ou des bistrots nous ramènent à la Picardie d’aujourd’hui. À lire avec un zeste de nostalgie mais sans obligation de perdre sa bonne humeur!

DAVID GUÉVART

«Les matins translucides», Philippe Lacoche, éd. Écriture, 17,95 euros. Dédicaces dans toute la Picardie de septembre à décembre, à commencer par Ham et Chauny le 14septembre. http://blog-picard.fr/dessous-chics/

Lacoche, hussard noir dans le vert bocage

Lectrice, bel animal soumis, jette un oeilci-dessous, tu y découvriras un bel article sur le marquis des Dessous chics, article signé par Michel Mainnevret, dans L’Union.

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/lacoche-hussard-noir-dans-le-vert-bocage

 

Publié le samedi 07 janvier 2012 à 11H00 - Vu 41 fois

 

Philippe Lacoche, lors de sa dédicace ce mercredi à la mairie d’Hirson : « Qu’est-ce qui fait le style ? C’est la simplicité. »

Philippe Lacoche vient de produire « Des rires qui s’éteignent ». L’écrivain ternois a remonté l’Oise pour parler lecture et écriture avec les Hirsonnais.

DIFFICILE de reprocher quelque chose à Philippe Lacoche. L’homme est bon, trop bon sans doute eu égard aux milieux dans lesquels il évolue. Philippe Lacoche était ce mercredi à Hirson, le matin au lycée Joliot-Curie, l’après-midi dans une librairie et le soir à la mairie.
L’écrivain et journaliste (à Amiens) sort un roman Des rires qui s’éteignent *. Parallèlement, ce « hussard d’automne » se retrouve au centre d’une revue, Chiendents, où les textes sont magnifiquement rédigés. Rayons de soleil dans un début d’année crépusculaire.
Tout cela fait beaucoup pour un seul homme au même moment ! Qui est donc ce Philippe Lacoche ? Un Picard, un homme de plume, de valeurs et de repères, un amoureux des gens et de la vie, un gars du terroir un peu franchouillard, un raconteur d’histoires, un amateur de rock, une photo en noir et blanc, un ado rêveur et blessé. On s’arrêtera là. Une vingtaine de romans, recueils de nouvelles et quelques essais ont installé le personnage en Picardie. Et sur la scène nationale.
Devant les lycéens, ce mercredi, il se livre sur la lecture et l’écriture. Avec cette belle formule : « L’écriture et la lecture, c’est comme une histoire d’amour entre deux êtres. » Un peu plus tard : « J’ai pris un plaisir fou avec Diderot, Molière, Maupassant, entre autres. Et surtout avec Le Grand Meaulnes , d’Alain Fournier. »
Des brumes de Sologne décrites par ce dernier à la mélancolie des terres picardes, il n’y a pas loin. Lacoche est, en effet, synonyme de Picardie. Passionnément. Il y a quelques années, il rédigea même un pamphlet sentimental sur cette région, menacée alors dans sa configuration administrative.
Lacoche, c’est aussi, en soi, un bel exemple « d’ascenseur social ». Pas simple, à première vue, quand on est d’extraction modeste, d’émerger de Tergnier, entre triage et chemin de halage, afin d’exister à Paris dans « le » milieu littéraire et de l’édition.
Celui qui est né à Chauny, a donc vécu son adolescence dans la célèbre cité cheminote. Il est passé de Cité Roosevelt (1994), qui a vite connu une dimension nationale, à une collaboration régulière au Magazine littéraire, puis au Figaro Magazine et au Figaro Littéraire.

Point d’équilibre

À propos de ces deux derniers titres, jeudi soir à la mairie d’Hirson, devant un aréopage bien ancré à gauche, il précise qu’on peut être un hussard de la gauche républicaine et produire de l’encre noble dans ces officines, « où on m’a foutu une paix royale ». Des fois que certains imaginent que le gamin a finalement mal tourné… Toujours simplement, au sein du microcosme parisien, il évoque ses relations privilégiées avec Yann Moix, Denis Tillinac, Patrick Besson, Michel Déon. Tout de même…
Si l’homme a su s’imposer, ce n’est pas le résultat d’une fréquentation assidue des clubs service ou des greens ; la plume et le talent ont produit leurs fruits.
Grâce à une habile gestion des deux activités de journaliste et d’écrivain - le journalisme permettant de fournir quelques histoires au romancier -, Philippe Lacoche a rencontré les bonnes personnes au bon moment.
Avec son style simple et subtil, sa peinture pointilliste des rites sociaux, il s’est rendu indispensable dans un univers littéraire finalement pas si hermétique que ça. Une autre bonne nouvelle là encore.
Musique (il a été journaliste à Best), terroir et… politique. Sur ce terrain parfois glissant, l’homme nuance : « Je ne suis pas un romancier à message. Et puis, la littérature, c’est au-dessus de la politique. »
Dans la terre de gauche qu’est Tergnier, il a trouvé son point d’équilibre autour du patriotisme, « la France terre d’accueil ». Beaucoup plus « prolo », que « bobo », il a même remporté en 2000, avec HLM, le Prix populiste, un terme gratifiant pour lui. Un prix remis à Belfort sur les terres du « Che » par Jean-Pierre Chevénement, qu’il apprécie beaucoup.
« La littérature, si ça peut nous élever de nos basses conditions animales », constate-t-il. Le roman Des rires qui s’éteignent remporte déjà de bonnes critiques dans des espaces aussi différents que La règle du jeu (revue de BHL), Causeur.fr (le site d’Elizabeth Lévy) ou encore Valeurs actuels.
Un Lacoche arrivant pour beaucoup comme une boussole dont on a soudainement besoin.
Michel MAINNEVRET
* Chez Écritures, disponible à Hirson à la Librairie moderne.
** Éditions du Petit véhicule, 44 000 Nantes.

 

 
 

 

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