Corps à coeur ou le diable au corps au coeur de novembre

Mélanie, du groupe Bordel de Mel. Joli nom, non ?

L’automne me va bien au teint. Ainsi, j’ai tout pour te plaire, lectrice, mon faucre. Avec mon pelage gris, je me fonds dans le brouillard de la ville. La nuit venue, je sors, le visage dissimulé par un loup de satin noir, pour me rendre dans des endroits de fête où ballottent les lampions las, comme dans Le bal du comte d’Orgel. Je suis le Radiguet de la capitale picarde. Ces derniers temps, je me suis beaucoup distrait grâce au dynamique et rayonnant Hakim Grib, de l’association Prizdirect qui organise le off du festival du film d’Amiens. L’autre soir, je me suis rendu à l’Antidote, près de la Maison de la culture, pour écouter la chanteuse Mélanie et son groupe Bordel de Mel.Mélanie est une manière d’Armande Altaï, à la voix expressive et précise, à l’aura envoûtante. Derrière elle: un contrebassiste efficace et la guitare de Boris, nerveuse et tranchante. J’ai croisé quelques copains: Richard, de la revue Nightclubbing, en pleine forme, shootant dans tous les coins, et le photographe-cinéaste Mourad Lafitte, heureux que son film sur les Goodyear ait accueilli 950 spectateurs, film qui, m’a-t-il dit, venait d’être acheté par une grande chaîne de télévision.

Quelques jours plus tard, Hakim nous convia, Lou-Mary et moi, à Monitor pour assister au concert de l’excellent Djamel, qui venait de Lille. Une bonne voix, une guitare et des paroles en kabyle, en arabe et en français. Dans la salle du café régnait une ambiance folle et chaleureuse. Lou, accompagnée aux percussions par Djamel, a propulsé une version du feu de Dieu de «Tes yeux sur mon tulle», la chanson fétiche que je lui ai écrite, en2005, pour sceller notre rencontre. C’était justement en novembre, non pas au Monitor mais au Lucullus. C’était un beau soir d’automne, tout en tristesse baudelairienne. Verlaine me sifflait à l’oreille des heptasyllabes teintés de spleen. Ma longue liane portait, déjà, un jean moulant. Ses jambes interminables me rendirent fou.Je l’entrepris et décidai que novembre serait ma saison des amours. On n’est pas sérieux quand on a 49 ans. J’en ai six de plus et ça ne s’arrange pas. Le diable au corps, toujours, eût dit Radiguet. Corps à cœur ou le diable au corps au cœur de novembre. «Corps à cœur»: ce sera le titre de la prochaine chanson que j’écrirai pour ma longue liane.

Dimanche 4 décembre 2011.

Voilà, ça y est lectrice. J’ai un blog. C’est terrible moi qui suis une vraie brêle en matière informatique et technologies nouvelles. Daniel Muraz, mon bon camarade du journal, a dû passer un temps fou à me prodiguer des cours particuliers. Le résultat, lectrice, tu l’as sous les yeux. Si tu es attentive, tu remarqueras que je ne me suis pas foulé. Tu es en train de lire la chronique de dimanche prochain (celle du 4 décembre). Mais regarde bien ma coquine, ma belle proie, ma soumise, mon petit animal : l’avantage du blog c’est que je peux te faire découvrir en exclusivité la belle Mélanie sur la scène de l’Antidote, il y a peu. Derrière elle, son compagnon, Boris Pélosof, ici dans le rôle de guitariste (mais c’est aussi un bassiste remarquable qui fit les beaux jours du groupe Lady B dans lequel j’évoluais il y a quelques années, en compagnie de mon brother, l’incroyable Scieur Z - qui sortira, sous peu, un album chez Muséa-  et de ma longue liane, Lou-Mary). Voilà, lectrice, tu sais tout. Réagis, encourage-moi pour que j’y retourne sur mon foutu blog. Message important : je ne publierai que les commentaires des filles. Les mecs seront recalés sauf s’ils disent du bien de moi ce qui serait très étonnant. A bon entendeur, bande de lecteurs velus!