« J’opte pour la réalité…»

Excellent romancier, le discret Antoine Piazza nous donne une version réécrite de son «Roman fleuve», œuvre forte et ambitieuse. Explications.

Antoine Piazza est l’un de nos meilleurs romanciers français. C’est un auteur discret, qui ne fréquente pas les cocktails littéraires et qui, de sa bonne ville de Sète où il exerce la profession d’instituteur, ne doit guère être concerné par les intrigues germanopratines. Il n’empêche que, de livre en livres, il bâtit une œuvre exigeante et de grande qualité, saluée par la critique.

Ce Roman fleuve a déjà été publié en 1999; il s’agissait de votre premier roman. Pourquoi l’avoir publié de nouveau aujourd’hui? De quoi l’avez-vous enrichi?

Le livre est passé au format de poche en 2001 et il était question de le publier en 2013 dans la collection Babel d’Actes Sud. En voulant procéder à des corrections, j’ai trouvé au livre assez de défauts et d’insuffisances pour me lancer dans un vrai travail de réécriture, lequel est particulièrement perceptible une fois franchi le premier tiers du roman… Des personnages ont été étoffés, des longueurs supprimées. L’intrigue a été renforcée pour conduire à un dénouement différent…

D’où vous est venue cette idée magnifique qu’un président puisse tenter de sauver la France, en conflit avec l’Europe, grâce à la fiction?

Il y a quinze ans, j’ai commencé le « premier » Roman fleuve. J’avais un héros, une sorte de « double » de l’auteur, à qui un membre influent du pouvoir en place confiait une mission pour le moins saugrenue : partir à la recherche de la sépulture d’un personnage de fiction. J’ai écrit une soixantaine de pages. Ensuite, j’ai laissé « reposer ». Et puis l’idée est venue, un vrai cadeau !

C’est un hommage à la littérature. Quels sont vos auteurs préférés et pourquoi?

Je pense à Proust et à Balzac, et combien d’autres ! Mais j’ai conservé le plus grand respect pour les lectures de l’enfance : Jules Verne et Alexandre Dumas, de l’adolescence : Cronin et Boris Vian. Je m’efforce de ne pas (trop) établir de hiérarchie entre les auteurs. Je crois qu’il y a d’abord un plaisir de lecture, lequel est conditionné par l’âge du lecteur, donc, ou encore par son humeur du moment, par le temps qu’il fait, que sais-je encore ! Il n’en est pas autrement pour la musique : il y a des jours pour les quatuors de Beethoven et d’autres pour des standards d’Elvis Presley…

Combien de temps vous a demandé ce nouveau travail sur ce premier roman?

Pas tout à fait un an. Après n’avoir pas montré un grand engouement pour un travail de réécriture qui m’obligeait à retrouver un projet vieux d’une quinzaine d’années, je me suis pris au jeu une seconde fois… Presque un an et combien d’heures ? Je ne sais pas : je n’ai pas vu les heures passer…

Que symbolise le fleuve qui sert de frontière entre réalité et fiction?

Un lecteur m’a dit que le choix du Rhône, le plus tumultueux et le moins navigable des fleuves français, n’était pas un hasard. N’importe comment, le fleuve comme frontière entre réalité et fiction symbolise l’oubli et le renouveau. Je voulais encore définir un espace dans lequel il soit possible de perdre pied ou, mieux encore, de faire naufrage… En gardant une possibilité d’accoster sur l’autre rive…

Dans la vie de tous les jours, préférez-vous la réalité ou la fiction?

La réalité renvoie le plus souvent à l’idée d’affrontement, voire de lutte, et, comme la notion de bonheur est étroitement liée à une notion de dépassement, j’opte pour la réalité : l’endroit est rude mais les victoires remportées procurent les vraies joies.

Quels sont vos projets littéraires?

Après avoir récrit ce premier livre dans l’intention de le republier, ce qui constitue une démarche assez inhabituelle pour un auteur, j’ai l’impression d’avoir refermé une boucle. Cela signifie peut-être que je vais partir sur autre chose, ou alors sur la même chose, mais autrement…

Propos recueillis par

PHILIPPE LACOCHE

Né en 1957, Antoine Piazza vit à Sète où il est professeur des écoles. Tous ses romans sont publiés aux éditions du Rouergue.

Yann Moix, cinéaste, écrivain. Terrasse du Rouquet- Paris. Octobre 2011.

« Roman fleuve », Antoine Piazza, Le Brune au Rouergue, 364 p.; 22,50 euros.

Bonjour, bande de lecteurs

On pourrait penser qu’il s’agit du marquis des Dessous chics, entre les deux adorables poulettes. Mais non, lectrice à l’esprit mal placé, je n’ai dans ma vie qu’un amour : la littérature.

Je sors un roman, Des rires qui s’éteignent, le 4 janvier 2012,
aux éditions Ecriture.

Et la revue Chiendents, éditée par
les éditions du Petit Véhicule (20, rue du Coudray, 44000 Nantes- 0240 52 14
94; epv2@wanadoo.fr), a la bonté et, surtout,
assez de goût, pour consacrer son numéro de janvier à mes livres, le tout avec de prestigieuses contributions (Roger Wallet, Christian Laborde, Patrick Besson, Alexis Salatko, Cyril Montana, Eric Holder, Alain Paucard, François
Cérésa, François de Cornière, Pierre Mikaïloff, Antoine Piazza, Hervé de Chalendar, etc., ) Pour la revue, il ne vous en coûtera que 3 euros, bande de lecteurs.

Enfin, je sortirai, courant mars, Le Dernier hiver de Victorine, aux éditions de La Licorne (35, rue Alphonse-Paillat, 80000 Amiens, 03 22 91 55 24; editions.licorne@wanadoo.fr),
co-écrit avec la conteuse Catherine Petit; ce livre est un essai sur la disparition du quartier Victorine-Autier, à Amiens. (Le marquis des Dessous chics donne dans le
social ; des têtes vont tomber dans la sciure.)

Je signerai ceslivres et la revue le mercredi 4 janvier, de 14h30 à 18 heures à la Librairie moderne, 136, rue Charles de Gaulle, à Hirson, dans l’Aisne (03 23 58 26 03; rencontre le matin de 10 heures à 12 heures, avec des lycéens, au lycée
d’Hirson, dans la classe de Sabine Lecocq, et le soir réception à l mairie
d’Hirson en présence du maire, Jean-Jacques Thomas qui procédera au lancement
officiel de la revue); le samedi 14 janvier, de 14 heures à 18 heures, à la
librairie Le Dormeur du Val, à Chauny, dans l’Aisne (03 23 52 00 92); le jeudi
26 janvier, à partir de 19 heures, au café Le
Nelson
, quai Bélu, à Amiens (avec une exposition des oeuvres du peintre
rock Daniel Grardel et show-case de la chanteuse à l’esprit contrariant et
coquin Lou-Mary); le mardi 31 janvier, à 17 heures, à la librairie Martelle, à
Amiens, rencontre-débat avec le public et séances de signatures; le samedi 4
février, de 10 heures à 12 heures, et de 15h30 à 19 heures, à la Maison de la
Presse (les Jacobins), à Amiens; le samedi 11 février, de 15 heures à 19
heures, à la Fnac d’Amiens; le samedi 18 février, à la librairie Cognet, à
Saint-Quentin, dans l’Aisne, de 14h30 à 18h30 (le matin à partir de 10 heures,
rencontre avec la presse); vendredi 16 mars, au Salon du livre de Paris; le
samedi 17 mars, de 14h30 à 18 heures, librairie Bruneteaux, à Laon, dans
l’Aisne (03 23 23 21 63); le samedi 24 mars, à la librairie Ternisien-Duclercq,
place de l’Hôtel de Ville, à Abbeville, dans la Somme, de 14h30 à 18h30 (la
veille, le vendredi 23 mars, rencontre avec des lycéens du lycée Boucher de
Perthes, à Abbeville): le vendredi 30 mars, de 21 heures à 23 heures, à la
librairie du Labyrinthe, quartier Saint-Leu, à Amiens, avec show-case musical.

Les lectrices seront chaleureusement accueillies; les lecteurs tolérés. Tenue correcte exigée. Un service d’ordre, efficace et de bonne tenue morale (équipés de
bergers allemands, les préférés de l’auteur), veillera au bon déroulement des
opérations. Les lecteurs bourrés seront immédiatement reconduits à la frontière
de l’ivresse.

Lectrices, je vous embrasse, je vous convoite, je vous cajole si vous le souhaitez. Lecteurs, je vous jalouse (surtout les jeunes et beaux), je vous méprise (sauf si vous
achetez mes livres).

Ph.L., dit le marquis des Dessous chics,
médaillé de la Société de pêche d’Abbeville (la PLP).