Quelques coups de coeur

ESSAI

Mille Kessel et miscellanées

«Journaliste de métier, écrivain par vocation», se plaisait-il à dire. Mais aussi homme d’action, émigré russe, jeune homme bagarreur, aviateur pendant la Grande Guerre, reporter, courageux résistant, homme de lettres reconnu, admiré, noceur invétéré, épris d’absolu… il n’y a pas un, mais cent, mille Joseph Kessel. Éditeur et écrivain, avec Joseph Kessel, La vie jusqu’au bout, Marc Alaux dresse un portrait passionnant et original du lion fraternel. La fin de l’opus est augmentée de délicieuses miscellanées, ou, dans le désordre, on apprend de nombreuses anecdotes sur l’écrivain. Parmi celles-ci, les propos d’Henry de Monfreid: «Sous alcool Kessel est déchaîné; c’est la brute russe qui domine tout.» Sacré Kessel! Ph.L.

Joseph Kessel, La vie jusqu’au bout, Marc Alaux, Transboréal; 187 p. 14,90 €.

POéSIE

Darras et l’eau de là

«Écrire, pour Jacques Darras, c’est avant tout partir à la rencontre du monde», estime dans la préface le poète Georges Guillain, à propos de L’Indiscipline de l’eau, Anthologie personnelle, de Jacques Darras. On ne peut mieux dire. Résolument picard, celui qui ne cesse de se souvenir de son cher Ponthieu et du Marquenterre, aime à suivre les cours d’eau. À l’image de certains poètes et écrivains de la Beat Generation (Brautigan, Kerouac, Ginsberg, etc.), il part du minuscule -exemple: le fleuve côtier la Maye – pour sortir du lit de cette rivière, humide maîtresse, puis embrasser le monde. L’universel. Ici, il prend l’air en Belgique, à Laon, en bières (Chimay et d’autres). Une jolie balade en vers et contre tout ce qui dort. Ph.L.

 

L’indiscipline de l’eau, Anthologie personnelle, Jacques Darras, préf. de Georges Guillain. Poésie/Gallimard; 242 p.; 7,90 €.

ROMANS

La lumière vient de l’Est

Fondé en avril 2015 par la journaliste et écrivain Natalie Turine, Louison Éditions a pour vocation de faire découvrir la littérature russe moderne. Son ambition? Faire lire les auteurs insoumis et libres. Deux romans nous parviennent: Feu rouge, Roman cathédrale, de Maxim Kantor, et Le Hollandais volant, Le spectre de la culture, de Youri Maletski, les deux préfacés par l’excellent Éric Naulleau. Ce dernier, à propos de l’ouvrage Kantor, écrit: «De L’Est, encore. Comme de l’Est vient toujours la lumière, de l’Est nous arrive une nouvelle œuvre magistrale.» De l’Est vient toujours la lumière; il a raison Naulleau. Comme a tout autant raison Kantor quand il écrit, imparable: «(…) pour un homme qui ne vit qu’une fois, mourir est quelque chose de grave.» Avant de mourir: lisez Kantor, Maletski. Et Naulleau. C’est salutaire. Ph.L.

 

Feu rouge, Roman cathédrale, Maxim Kantor, préf. d’Éric Naulleau; Louison Éditions; 749 p.; 29 €. Le Hollandais volant, Le spectre de la culture, Youri Maletski, préf. d’Éric Naulleau; Louison Éditions; 147 p.; 22 €.

 

 

FOLK

Baryton

Installé à Austin au Texas depuis quelque temps, Guillaume Fresneau, ex-fondateur du groupe rennais Dahlia, a mené a bien le projet Redeye. Voici l’album The Memory layers, ravissant, convaincant, à la fois puissant et gros d’un folk-rock vigoureux et énergique, et félin grâce aux mélodies subtiles. De sa voix de baryton, il raconte des histoires où se mêlent nature, religion, amours et rudes contrées. Totale réussite. Ph.L.

The Memory layers, Redeye.

Jacques Darras.

Jacques Darras.

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