L’artisan Emily Loizeau

Son dernier album Mothers and Tygers est un régal. Et marche très fort. La délicieuse Emily Loizeau était en concert il y a peu à Noyon, dans le cadre du Picardie Mouv. Elle s’est coupé les cheveux; ça lui va bien. Ce détail eût pu faire l’objet d’une question, mais peut-être eût-elle trouvé cette question bête. Donc le moment était venu de la questionner un peu sur des choses plus importantes.

 

Votre dernier album Mothers and Tygers est à la fois chanté en anglais et en français. Ça devient une habitude chez vous. Pourquoi cette démarche?

En fait, mes disques sont à la fois en anglais et en français depuis le début. Ma mère est anglaise, mon père français. Ça doit venir de là. Je ne veux pas me priver d’une langue par rapport à une autre. J’ai été élevée en France; le français, c’est ma langue maternelle. Je vis en France. Je suis plus à l’aise avec le français, c’est vrai. Mais j’ai un rapport à l’anglais plus charnel et, au final, très important aussi.

Quelle est la chanson de ce disque qui représente le mieux ce que vous faites actuellement?

Je ne saurais pas vous dire. La diversité de mon album vient du fait qu’il est habité par des souffles différents. Il comporte un certain relief mais il se retrouve dans un fond commun, une manière de cohérence.

Vous avez enregistré ce dernier disque dans votre maison, en Ardèche. Pourquoi?

J’étais partie pour l’enregistrer au Canada. Mais on avait bâti les maquettes dans le studio que je suis en train de monter avec mon compagnon, dans notre maison en Ardèche. Ici, on a découvert des choses extraordinaires; le lieu était très inspirant. Un lieu très chargé. On a donc eu envie de rester là. Il y avait ce qu’il fallait pour faire le disque. Ce fut un vrai bonheur! Pour moi, le son d’un disque est très important. Là, le son est devenu une géographie. On a cherché les lieux, les pièces où la pierre sonnait le mieux, ou le bout de forêt pouvait le mieux correspondre à l’enregistrement. Nous avons travaillé d’une manière très artisanale de façon à parler à la fois à la tête et au corps.

Où vous situez-vous aujourd’hui: dans le folk, la chanson, le soft-rock?

Ah! le soft rock! Je ne connaissais pas encore… (Rires.) En fait, j’ai du mal avec les cases. C’est très compliqué. Celle dans laquelle je me sens le mieux est le folk indie. Mais c’est vrai que mon dernier disque dispense une énergie assez rock. J’écoute beaucoup Dirty Projectors, Sufjan Stevens, etc. Je me sens proche de cette scène; je me reconnais en elle. Mais je vis en France; je viens du classique. Je me suis nourrie de Bach, de la musique baroque. Il y a donc une influence de toutes ces choses-là sur moi. Quand je cite une case, j’ai l’impression d’en oublier une autre.

Vous aimez les duos (Andrew Bird, Renan Luce, les Blaireaux, Thomas Fersen, Brigitte Fontaine, etc.). Qu’est-ce que cela vous apporte?

Mon dernier disque est très solitaire… mais en général j’aime les timbres de voix différents. Sur mon avant-dernier disque, il fallait qu’il y ait des duos. Il y en a eu. Les duos apportent des surprises, des moments de partage. À chaque fois, ce sont de très belles rencontres. C’est ce qui me conduit à continuer à faire de la musique.

Vous avez étudié le théâtre. Seriez-vous intéressée pour mener à bien une vraie carrière de comédienne?

C’est une porte que j’ai toujours laissée ouverte. J’ai très envie de le faire. L’envie de jouer me titille. Si on me proposait des choses intéressantes, je bondirais dessus. On verra bien.

Propos recueillis

par PHILIPPE

Eily Loizeau était à Noyon, dans l'Oise, il y a peu.

LACOCHE

 

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