Fatals Picards : « On est concernés par des faits de société »

  • Pas assez place dans le journal pour passer l’intégralité de l’interview des Fatals Picards dans le Courrier picard. Je les ai rencontrés au Bataclan, à Paris, juste avant leur concert de soutien à la Fondation de l’abbé Pierre. Voici la suite.
  • Philippe Lacoche : Qu’a représenté pour vous le fait de concourir à l’Eurovision, en 2007?
  • Laurent Honel : Cette expérience nous a exposés d’un point de vue médiatique. Nous avons fait des émissions que nous n’aurions jamais faites en temps normal. Nous sommes parvenus à conquérir un public neuf. Si on remplit les salles maintenant, c’est en grande partie grâce à l’Eurovision. Maintenant, il y a le revers de la médaille…
  • Jean-Marc Sauvagnargues : Quand tu es déjà considéré comme un groupe régionaliste (ce qui n’est pas le cas), tous les bien pensants du rock’n'roll te classent dans la grande variété de merde. Pour tous ces gens qui font le rock’n'roll, on n’était déjà plus du tout un groupe de rock.
  • Ph.L. : La même année, vous écriviez : « Ca fait 30 ans que la France est humiliée par des pays qui méritent moins. » Etait-ce du second degré ?
  • L.H. : Ca faisait 30 ans que Marie Myriam avait gagné avec « L’enfant et l’oiseau ». C’était juste une manière de dire qu’il était temps que la France relève enfin la tête, et que la France gagne à nouveau l’Eurovision. Ca n’a pas été le cas : on a fini avant-avant dernier. Mais ce n’est pas grave : c’est dramatique.
  • Ph.L. : Votre parrain était Cauet. Je crois que ça s’était mal passé car Patrick de Carolis n’avait pas voulu qu’il vienne car l’animateur travaillait sur TF1.
  • J.-M. S. : Effectivement, Patrick de Carolis n’a pas souhaité que Cauet intervienne car il était sur TF1, ce qui était complètement ridicule…
  • Ph.L. : C’était une chanteuse serbe qui avait gagné l’Eurovision, lors de votre participation. Aimez-vous la Serbie?
  • L.H. : Je ne sais pas; je n’ai jamais visité.
  • Ph.L. : Votre dernier album est très engagé.
  • J.- M. S. : C’était le cas de notre album précédent, Pamplemousse mécanique. Nous ne nous considérons pas comme un groupe vraiment engagé. On dit seulement qu’on est concernés par des sujets de société. On a envie de ça pour nos disques, mais il ne faut pas que cet engagement couvre tout le disque. Il ne faut pas l’alourdir.
  • Ph.L. : Politiquement, vous vous situez où?
  • L.H. : Je suis socialiste de coeur. Mes racines intellectuelles, je vais les chercher chez des gens comme Jaurès, Blum, etc. Ce qui explique que je suis parfois déçu par ce qui se passe aujourd’hui.
  • J. - M. S. : De François Bayrou à Mélenchon, il y a de bonnes idées à prendre partout. Je suis plutôt à gauche.
  • Ph.L. : Vous entretenez de bonnes relations avec Didier Wampas.
  • L.H. : C’est quelqu’un qui nous aime bien. C’est l’un des premiers artistes qui a accepté de faire des choses avec nous. Nous respectons sa carrière; il nous fait marrer. C’est un sacré mec sur scène.
  • Ph.L. : Les groupes punks et alternatifs vous ont marqués, je suppose?
  • L.H. : Moi, j’étais adolescent à cette époque. Paul, notre chanteur, a baigné là-dedans. Les Bérus, la Mano, les Wampas, etc.
  • - J.- M. S. : Moi ces courants ne m’ont pas influencés. J’ai beaucoup écouté de chanson française engagée (Brassens, Ferré, etc.).
  • Ph.L. : Parabellum, vous aimiez?
  • L.H. : Je préférais les VRP que j’avais vus en concert. Ils avaient de l’humour, et avaient une chanson qui s’appelait « Vacances en Picardie ». Ce sont des gens qui m’ont fait marrer.
  • Ph.L. : Votre dernier album Coming out est particulièrement rock.
  • J.-M. S. : Oui, et on a envie d’être comme ça. Notre bassiste est carrément rock; c’est lui qui réalise les maquettes.
  • Ph.L. : Quels sont vos projets ?
  • L.H. On est sur l’enregistrement d’un cd live qui sortira à la rentrée. Les quinze ou vingt dates qu’on aura jusqu’à la fin de l’année, on va les enregistrer. Nous allons essayer de mettre en images quelques événement exceptionnels, ce pour sortir un album live digne de ce nom l’année prochaine. Après, nous préparerons une autre tournée. Notre prochain album studio sortira en 2013.
  • Ph.L. : Vous allez jouer pour la Fondation de l’abbé Pierre dans quelques minutes. Ca représente quoi pour vous?
  • L.H. : On est à notre place dans ce genre de manifestation.
  • Propos recueillis par Philippe Lacoche.
Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>