CHRONIQUESLes petits cailloux de Gravier

Il est bien placé, cet article, à la gauche de celui, central, consacré à un autre chroniqueur (Thomas Morales) qui, tout comme Jean-Michel Gravier, est un excellent styliste. Gravier assura une chronique hebdomadaire dans le Matin de Paris, de 1978 à 1982. Elle le fit remarquer. Normal : lui non plus ne manquait pas de panache. Ni d’audace. Ces chroniques sont ici rassemblées grâce à vigilance éclairée d’Arnaud Le Guern, éditeur-écrivain, qui préface l’ouvrage. Arnaud a raison quand il rappelle à propos de Gravier : « A la hussarde, sa plume devant tout autant à Jacques Laurent qu’à Jacques Chazot, il inventait le nightclubbing. Il y avait Pacadis dans Libération, pour le canal épingle à nourrice » et lui, Gravier, préférant le smoking au perfecto. » C’est peu dire que notre homme était un être de liberté ; il tirait sur tout ce qui bougeait à l’époque, ou se trémoussait. On voit passer Depardieu, Mourousi, Anouk Aimée, Étienne Daho, Catherine Deneuve, Coluche, Pancol, Isabelle Adjani. C’est toute une époque, celle des eighties, qui défile sous nos yeux, avec ses paillettes, ses excès, ses airs de disco. Et son angoisse sourde générée par les ravages naissants du sida. Ph.L.

Elle court, elle court la nuit, Jean-Michel Gravier, préface d’Arnaud Le Guern ; postface de Bruce Toussaint ; Écriture, 362 p. ; 23 €.

 

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