Lucy in the Sky et de déhanchement d’une blonde nue

 

Pierre Pikaïloff a écrit avec Jean-Eric Perrin et Gilles Verlant, un bon livre sur les Beatles.

Un matin sur France Inter: trois copains (Pierre Mikaïloff, Jean-Éric Perrin et Gilles Verlant) sont à l’antenne pour évoquer leur dernier - excellent - livre: Les Beatles pour les Nuls (First éditions).Voilà comment surgissent les bouffées de souvenirs. Les Beatles: quelle histoire! J’ai commencé à ne point les aimer. Il le fallait. Ma petite amie du moment - qui jouait au tennis et faisait allemand première langue, malgré sa maman animatrice de la cellule locale du Parti communiste - les vénérait. À Tergnier, il y avait deux clans. Les pro-Beatles et les pro-Rolling Stones. Je militais dans ce dernier camp depuis que mon beau-frère, Bernard, m’avait ramené de Londres un magnifique EP avec notamment «She said yeah!» (une torpille de rock’n’roll; une rafale d’eau de vie de rock!), «I’m free» (nonchalant et pervers avec l’accent nasillard de Jagger). Sur la pochette: leurs gueules sur la photo de la pochette de December’s Children. Les Fab Four, avec leurs têtes proprettes, ne faisaient pas le poids. Pour taquiner ma petite amie, je les brocardais. On est bête quand on a dix-sept ans. Et puis, une nuit où je m’étais attardé entre ses draps, elle avait passé Sgt. Pepper’s sur l’électrophone. Elle s’était relevée vivement du lit. J’avais regardé ses adorables fesses de blonde avec, dans les oreilles, «Lucy in the sky with diamonds».Alors, je me dis que ma vie ne serait plus jamais tout à fait pareille. Quand je réécoute cet album, je revois le balancement des hanches de ma blonde. J’étais devenu aussi fou des Stones que des Beatles. L’autre soir, au cinéma Orson-Welles, à Amiens, suis allé voir La saga des Conti, en présence du réalisateur Jérôme Palteau et de Roland Szpirko, porte-parole de Lutte ouvrière et impresario spirituel du leader du mouvement: Xavier Mathieu. C’est un beau film, émouvant, sur des ouvriers en lutte. Roland m’inspire confiance, certainement parce qu’il ressemble à Raphaël Sorin, un bon camarade qui fut mon éditeur chez Flammarion il y a des lustres. Roland a beaucoup parlé après le film. J’étais en grande partie d’accord avec lui sur ses critiques de cet indéfendable système capitaliste. En revanche, je ne le suis plus quand il critique la patrie et qu’il dit du mal des coopératives ouvrières. Tu as a compris pourquoi, lectrice, mon amour?

Dimanche 12 mai 2013

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