L’éclair au chocolat de Gilbert et la Madeleine de Christian

De gauche à droite : Patrick Poulain et Christian Lainé, photographes.

 Sur les conseils avisés de Lady Lys, je me suis rendu, il y a quelques jours, à la soirée de présentation de la saison2012-2013 de la Maison de la culture d’Amiens, moi qui, jusqu’ici, n’y allais jamais. C’est bien de changer; on a l’impression de rajeunir, alors qu’inexorablement, on vieillit et on se ride comme une vieille gousse d’ail. C’est affreux! (Tu sais, lectrice, ne te fies pas à la photographie qui illustre avantageusement cette chronique; tu serais déçue. Je suis plus grisonnant que Jean-Pierre Raffarin et ce ne sont plus des poches que j’ai sous les yeux mais des caniveaux.) C’est drôle une présentation de saison. Gilbert Fillinger arrive au micro comme un chanteur de rock (entre un Joe Jackson plus en chair et un Paul Simon amaigri).On sent qu’il a le trac. Va-t-il chanter? Moi qui ai eu le privilège de partager sa table, je sais qu’en matière de rock, il en connaît un rayon. Il avoue qu’il a bien le trac, que pour tenter de combattre celui-ci, il s’est avalé un éclair au chocolat. Mais, déception: il ne chante pas. Il annonce. De belles choses. Moi, subjectif comme un Léon Daudet, je retiens Camille (parce qu’elle est jolie), Bedos (car c’est sa tournée d’adieu), un marathon Musil de plus 6heures (car je n’ai jamais compris grand-chose à Musil), Souchon (car il m’a dit un jour qu’il avait de la famille à Amiens) et Benjamin Biolay (car il est assez jeune et qu’en 2013 je me suis promis de tenter d’aimer les jeunes). Dans un autre registre, j’ai été ravi d’entendre, au piano, l’excellent Richard Sanderson (l’interprète de la sublime musique du film La Boum) interpréter le meilleur du rock des seventies, dans un salon très privé du boulevard Pereire, à Paris. Cela se passait dans l’ancien hôtel particulier de Jean-Pierre Foucault, et j’ai rarement vu lieu aussi magnifique au cœur de la capitale. Enfin, à la galerie la Dodane, à Amiens, j’ai bien aimé l’exposition des photographes Patrick Poulain et Christian Lainé. Le premier est assez facétieux pour truffer ses œuvres de gags divers (on voit apparaître Albert Jacquard, l’abbé Pierre, Augustin Legrand, Charlie Chaplin, Michel Simon, etc.) dans des lieux picards improbables. Le second s’intéresse de près au cimetière de la Madeleine qu’il shoote sous toutes les coutures. Un homme qui va, ainsi, flairer le ventre de la mort ne peut pas être totalement mauvais.

Dimanche 24 juin 2012.

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2 réflexions au sujet de « L’éclair au chocolat de Gilbert et la Madeleine de Christian »

  1. merci Philou. C’est bon de te lire. Dommage pour lundi. J’ai lu le Fig, une fois n’est pas coutume. C’est bien parce que c’était toi.

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