Blaireau, Carol et les présidents

 

L'excellent comédien Simon Galand et le très rock'n'roll Eric Sampité.

L’excellent comédien Simon Galand et le très rock’n’roll Eric Sampité.

Ce n’est pas tous les jours que deux présidents de rencontrent. Eric Sampité, vrai président de l’association rock Dockyard, a bu une ( ?) bière, l’autre soir, en compagnie de Simon Galand, faux président de l’association de films ultra-courts, Quatre-vingts Poneys (notre photo). Je n’ai jamais bien su pourquoi, je me suis mis, un jour, à le surnommer président, le Simon. Peut-être parce qu’il m’appelle Monsieur le marquis. Président, ça lui va bien. Ça devait se passer tout au fond de la nuit, dans un bar d’Amiens. Simon est, en fait, le comédien principal de l’excellente série « Simon » que je t’encourage vivement, lectrice adulée, à découvrir sur YouTube. Eric, on se connaît depuis des années. C’est lui qui, grâce à son association, réalisait nos fiches de paie lorsque j’officiais encore comme bassiste au sein du groupe Yé-Yé les Scopytones. C’est si loin tout ça. Quand je ne perds pas dans les bars, je regarde la télévision. Je suis resté tellement longtemps sans m’y intéresser que depuis que je m’y suis remis, j’ai du mal à m’arrêter. Tout m’interpelle ; les images me happent, me fascinent, comme lorsque j’avais quatre ou cinq ans et que je découvrais la première fois cette fameuse télévision en noir et blanc, chez des voisins de la cité Roosevelt, à Tergnier (Aisne), la famille Van Missen. J’étais éberlué ; la mire. L’ORTF. Les têtes de Raymond Marcillac, de Roger Couderc, du tout jeune Michel Drucker. Aujourd’hui : même fascination. Même impression de merveilleux. Parfois, je me dis que j’ai dû louper des pépites en la délaissant pendant tout ce temps, cette foutue télé. L’autre soir, je suis tombé sur Ni vu… Ni connu, le film d’Yves Robert (1958), tiré d’un roman d’Alphonse Allais, L’Affaire Blaireau. Le braconnier Blaireau est interprété par l’inénarrable Louis de Funès ; Moustache campe le garde-champêtre Parju. Ça se passe dans la France profonde, dans le Maine-et-Loire. La France comme on l’aime. C’est malicieux, foutraque, excessif, burlesque. J’adore ! Ce film, j’avais dû le découvrir à l’époque de la cité Roosevelt, peut-être sur la télévision des Van Missen. Leur maison se situait près de la ruelle qui sentait le sureau et la feuille d’ortie froissée. Ces odeurs existent-t-elles encore quelque part, dans un coin de Tergnier ? Depuis cinquante ans, elles ont dû s’évaporer dans l’infini du temps qui passe. Dans un tout autre genre, j’ai adoré le film Carol, de Todd Haynes avec la sublime Cate Blanchett et la très mignonne Rooney Mara, vu, il y a peu, au cinéma Le Gaumont d’Amiens. Une superbe histoire d’amour entre deux femmes : la toute jeune Thérèse, employée dans un grand magasin du New York des années cinquante, et Carol, femme mûre et très séduisante. Les images sont superbes. Ces amours saphiques sont filmés avec une exquise pudeur et une discrétion rare. L’amour, le vrai, méritait bien cette délicatesse de haut vol. Magnifique.

Dimanche 24 janvier 2016

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