Lacoche, hussard noir dans le vert bocage

Lectrice, bel animal soumis, jette un oeilci-dessous, tu y découvriras un bel article sur le marquis des Dessous chics, article signé par Michel Mainnevret, dans L’Union.

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/lacoche-hussard-noir-dans-le-vert-bocage

 

Publié le samedi 07 janvier 2012 à 11H00 - Vu 41 fois

 

Philippe Lacoche, lors de sa dédicace ce mercredi à la mairie d’Hirson : « Qu’est-ce qui fait le style ? C’est la simplicité. »

Philippe Lacoche vient de produire « Des rires qui s’éteignent ». L’écrivain ternois a remonté l’Oise pour parler lecture et écriture avec les Hirsonnais.

DIFFICILE de reprocher quelque chose à Philippe Lacoche. L’homme est bon, trop bon sans doute eu égard aux milieux dans lesquels il évolue. Philippe Lacoche était ce mercredi à Hirson, le matin au lycée Joliot-Curie, l’après-midi dans une librairie et le soir à la mairie.
L’écrivain et journaliste (à Amiens) sort un roman Des rires qui s’éteignent *. Parallèlement, ce « hussard d’automne » se retrouve au centre d’une revue, Chiendents, où les textes sont magnifiquement rédigés. Rayons de soleil dans un début d’année crépusculaire.
Tout cela fait beaucoup pour un seul homme au même moment ! Qui est donc ce Philippe Lacoche ? Un Picard, un homme de plume, de valeurs et de repères, un amoureux des gens et de la vie, un gars du terroir un peu franchouillard, un raconteur d’histoires, un amateur de rock, une photo en noir et blanc, un ado rêveur et blessé. On s’arrêtera là. Une vingtaine de romans, recueils de nouvelles et quelques essais ont installé le personnage en Picardie. Et sur la scène nationale.
Devant les lycéens, ce mercredi, il se livre sur la lecture et l’écriture. Avec cette belle formule : « L’écriture et la lecture, c’est comme une histoire d’amour entre deux êtres. » Un peu plus tard : « J’ai pris un plaisir fou avec Diderot, Molière, Maupassant, entre autres. Et surtout avec Le Grand Meaulnes , d’Alain Fournier. »
Des brumes de Sologne décrites par ce dernier à la mélancolie des terres picardes, il n’y a pas loin. Lacoche est, en effet, synonyme de Picardie. Passionnément. Il y a quelques années, il rédigea même un pamphlet sentimental sur cette région, menacée alors dans sa configuration administrative.
Lacoche, c’est aussi, en soi, un bel exemple « d’ascenseur social ». Pas simple, à première vue, quand on est d’extraction modeste, d’émerger de Tergnier, entre triage et chemin de halage, afin d’exister à Paris dans « le » milieu littéraire et de l’édition.
Celui qui est né à Chauny, a donc vécu son adolescence dans la célèbre cité cheminote. Il est passé de Cité Roosevelt (1994), qui a vite connu une dimension nationale, à une collaboration régulière au Magazine littéraire, puis au Figaro Magazine et au Figaro Littéraire.

Point d’équilibre

À propos de ces deux derniers titres, jeudi soir à la mairie d’Hirson, devant un aréopage bien ancré à gauche, il précise qu’on peut être un hussard de la gauche républicaine et produire de l’encre noble dans ces officines, « où on m’a foutu une paix royale ». Des fois que certains imaginent que le gamin a finalement mal tourné… Toujours simplement, au sein du microcosme parisien, il évoque ses relations privilégiées avec Yann Moix, Denis Tillinac, Patrick Besson, Michel Déon. Tout de même…
Si l’homme a su s’imposer, ce n’est pas le résultat d’une fréquentation assidue des clubs service ou des greens ; la plume et le talent ont produit leurs fruits.
Grâce à une habile gestion des deux activités de journaliste et d’écrivain - le journalisme permettant de fournir quelques histoires au romancier -, Philippe Lacoche a rencontré les bonnes personnes au bon moment.
Avec son style simple et subtil, sa peinture pointilliste des rites sociaux, il s’est rendu indispensable dans un univers littéraire finalement pas si hermétique que ça. Une autre bonne nouvelle là encore.
Musique (il a été journaliste à Best), terroir et… politique. Sur ce terrain parfois glissant, l’homme nuance : « Je ne suis pas un romancier à message. Et puis, la littérature, c’est au-dessus de la politique. »
Dans la terre de gauche qu’est Tergnier, il a trouvé son point d’équilibre autour du patriotisme, « la France terre d’accueil ». Beaucoup plus « prolo », que « bobo », il a même remporté en 2000, avec HLM, le Prix populiste, un terme gratifiant pour lui. Un prix remis à Belfort sur les terres du « Che » par Jean-Pierre Chevénement, qu’il apprécie beaucoup.
« La littérature, si ça peut nous élever de nos basses conditions animales », constate-t-il. Le roman Des rires qui s’éteignent remporte déjà de bonnes critiques dans des espaces aussi différents que La règle du jeu (revue de BHL), Causeur.fr (le site d’Elizabeth Lévy) ou encore Valeurs actuels.
Un Lacoche arrivant pour beaucoup comme une boussole dont on a soudainement besoin.
Michel MAINNEVRET
* Chez Écritures, disponible à Hirson à la Librairie moderne.
** Éditions du Petit véhicule, 44 000 Nantes.

 

 
 

 

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