Dr Manhattan, héros au physique quantique

Before Watchmen Manhattan-couvBefore Watchmen, tome 8: Dr Manhattan, Joe Michael Straczyinski (scénario), Adam Hughes (dessin). Editions Urban Comics, 112 pages, 15 euros

Le Dr Manhattan est peut-être le plus mystérieux, mais aussi le plus émouvant des Watchmen. Pivot de l’univers créé par Alan Moore et Dave Gibbons, il ressort encore grandi dans cette prequel, qui conclue le projet éditorial de conter, à travers des histoires inédites, d’abord en fascicules puis rassemblés en albums cartonnés, le passé des « Gardiens ».

Fils d’horloger, rescapé de la Shoah, Jon Osterman est devenu un scientifique spécialisé dans le domaine du nucléaire dans l’Amérique de la fin des années 50. Mais un accident dans une chambre d’essai de canon à particules l’a métamorphosé à jamais. Devenu le « Dr Manhattan », géant à la peau bleue, il est désormais omniscient, connaissant tout du passé, du présent et du futur. Mais cette capacité à maîtriser la matière et l’espace-temps l’éloigne de plus en plus de l’humanité.
Ici, il tente un retour sur lui-même, jusqu’à l’instant de sa transformation et revoit son passé. Et même les différentes autres possibilités qui se seraient offertes à lui s’il avait pris telle ou telle décision à un moment donné, choisi telle ou telle voie…

Pour un tel personnage atypique, il fallait aussi un récit singulier. C’est le cas.

J.M. Straczynski et Adam Hughes ne se contentent en effet pas de raconter d’où vient le professeur Osterman ni même comment il est devenu le plus puissant des Watchmen, mais ils décrivent aussi ses autres vies alternatives potentielles. Uchronies dans l’uchronie,
placées sous le signe de la physique quantique et du fameux paradoxe du chat de Schrödinger, ces récit accentuent le côté mélancolique du Dr Manhattan à travers une narration fortement portée par les monologues philosophiques du personnage.
Ce foisonnement est aussi brillamment rendu par le découpage en miroir de certaines séquences, offrant en parallèle les réalités alternatives.

Côté graphisme, Adam Hughes, qui renoue avec les planches dessinées après être devenu l’illustrateur attitré des couvertures de Wonder Woman et Catwoman, il pioche bien dans ses influences rétro pour restituer l’ambiance de l’Amérique triomphante de l’après-guerre, tout en restituant avec force la dimension démiurgique de son personnage.

Une jolie anté-prolongation à l’incontournable Watchmen qui, comme les sept autres prequels précédentes, gagne à être lue après la série initiale. Ce qui peut sembler paradoxal, mais n’est peut-être qu’une autre illustration des paradoxes quantiques !

A noter le beau site de Thomas Suinot créé sur cet univers parallèle.

Before Watchmen Manhattan-planche

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