Un jour à Rio : de l’or avec ou sans calcul

Vendredi, il a de nouveau plu à Rio en matinée. De la pluie, de la pluie, qui a fini par lasser le chauffeur, endormi sur son volant, qu’il a fallu réveiller afin qu’il démarre lentement mais sûrement le bus qui mène à la piscine.

Ensuite, direction l’Arena en compagnie de Michel Chrétien, entraîneur de Jérémy Stravius, pour aller voir les premiers combats de Teddy Riner. C’était sa journée, le « Riner Day ». Une folie contagieuse dans les tribunes mais il faut bien avouer que le spectacle proposé par l’octuple champion du monde n’a pas atteint des sommets. Le spectateur lambda, ne connaissant pas le judo, a du même sincèrement s’ennuyer ferme à chacun de ses combats par rapport à ceux d’Emilie Andéol en + 78kg. Championne olympique allant jusqu’au bout d’elle-même en faisant preuve d’une énorme générosité, elle n’a pas calculé contrairement à Riner, mais tous les deux ont décroché l’or. Chacun à sa manière.

Elle est allée de l’avant en obtenant une médaille d’or inespérée. En pleurs, elle est tombée dans les bras de son entraîneur qui est passé de la cave, avec Pavia, au grenier, avec elle. Taillé puis félicité.  Elle a même réussi à faire couler quelques larmes chez certains journalistes. Une émotion pure, l’émotion olympique qui vous donne envie de chanter la Marseillaise. Une émotion d’une authenticité et d’une intensité plus forte que celle de Teddy RIner.

Intouchable, il peut se présenter aux prochaines élections présidentielles. Vu sa côte de popularité, il sera élu dès le premier tour quitte à faire quelques promesses qu’il ne tiendra jamais. En attendant, le judo français a retrouvé le sourire alors qu’il y a quelques jours, l’heure était  au scepticisme même en interne. C’est comme le temps au quotidien. Après la pluie, le beau temps…

Rachid Touazi