Recherche docteur à en devenir malade

S’il y a bien une chose qui m’a rendu givré depuis notre arrivée au Québec, c’est bien ça.  Ici, impossible de prendre son téléphone et d’avoir un rendez-vous avec un médecin généraliste. Pourquoi faire simple. Tout d’abord, il faut savoir que lors de cet échange avec l’Education nationale, il y a une entente entre les deux sécurités sociales, celle de France et la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ). Monsieur H ainsi que bébé H n’ont pas eu de délai de carence pour être pris en charge grâce à un formulaire rempli en France. Cela n’a pas empêché qu’ils obtiennent leur « carte soleil », l’équivalent de la carte  vitale trois mois après la demande. Souriez, ils étaient tout de même couverts. Mais, si nous nous étions rendus chez un médecin, il aurait fallu avancer les frais.  Extrait d’une conversation eue avec une secrétaire médicale :

« -Pouvez-vous me dire quel est le tarif du médecin pour vous régler ?

-Non, ce n’est pas possible, c’est le médecin qui le définit, je ne suis qu’une secrétaire.

-Avez vous une ordre d’idée, puisque nous devons prévoir la monnaie car les chèques ne sont pas acceptés…

-Cela dépend de ce que le médecin va vous faire ?

-C’est juste pour un renouvellement d’ordonnance…

-Ah, ben cela varie entre 80 et 200 dollars. « 

Oui, vous avez bien lu, 80 à 200 dollars ( 55 à 140 euros). La carte soleil vous exempt de payer.

carte_soleil

La carte d’assurance maladie du Québec, communément appelée Carte soleil pour le soleil affiché en haut à gauche.

Et encore, ce n’est pas le plus handicapant de l’histoire, c’est que le rendez-vous avec le médecin, nous ne l’avons pas eu.  Ici, pour trouver un médecin de famille, c’est un véritable parcours du combattant. Il faut se rendre dans un Centre local de service communautaire (CLSC) pour remplir un formulaire de demande, qui est envoyé au centre hospitalier le plus proche où il est étudié par des médecins qui donnent leur accord ou non. Oui, vous pouvez faire les yeux ronds. Je les ai encore grands ouverts.

Je ne cache pas qu’on nous avait prévenu pour les délais d’attente, notamment aux Urgences. Mais sachez que vous n’êtes même pas sûrs de passer le triage, si vous n’êtes pas malade et que vous cherchez juste à renouveler votre ordonnance.  Voilà la chose la plus censée de cette histoire. Il n’empêche que je n’ai toujours pas de médecin.

Ah,si monsieur H et bébé H ont eu l’entente, pour moi, c’est une toute autre histoire. Comme je travaille au Québec, j’ai eu le  délai de carence de trois mois, propre à tout nouvel arrivé. A la RAMQ, on m’a aimablement conseillé de prendre une assurance privée. Il faut savoir qu’au café où je travaille, il n’y a pas d’assurance maladie, pas de mutuelle. Salaire minimum, passez votre tour.  Je comprends maintenant un peu plus aisément que les rayons libres des pharmacies soient aussi remplis. L’auto-médicamentation est reine.

Je repense à mon médecin qui riait de moi quand je lui demandais si mon médicament était disponible au Canada.

« Ce n’est pas la cambrousse »

Ah, ah. Reste qu’il me faut l’ordonnance.  Là, on me renvoie vers une clinique du réseau. Pleine de confiance, j’appelle.

« -Bonjour, pour le sans-rendez-vous, il faut prendre rendez-vous »,

m’indique la secrétaire au bout du fil et même en pleine face car je me suis AUSSI déplacée. Je vous laisse une minute pour sourire.

Pas de problème, je vais prendre rendez-vous pour le sans rendez-vous.

« -Non, je ne peux pas prendre  votre rendez-vous, il faut appeler ce numéro (plate-forme d’appel) à 5h15 le matin pour avoir un rendez-vous dans la journée. « 

Je vous laisse à nouveau une minute pour relire ma phrase. C’est bien cela, 5h15 du matin.

« -Il y a 80 lignes qui ouvrent en même temps, alors il faut essayer et essayer. »

Une nuit plus tard, un réveil branché et hop, ma carte soleil dans une main et le téléphone dans l’autre, je compose le numéro.  Après avoir suivi toutes les indications de l’opératrice virtuelle, je me vois répondre

« Désolé, nous n’avons pas de place dans votre clinique. Voulez-vous vous déplacer dans une autre clinique » OUI « Allez sur le site de www.bonjoursante.ca. »

Je vous fais gré du cri poussé ce matin là. Pardon encore monsieur H endormi. En allant sur le site, je dois payer 15 dollars pour avoir l’adresse. Bref, pleine de vigueur, je décide de réessayer le lendemain.

Une nuit plus tard, un réveil branché et hop, même scénario, même réponse, même colère.

Jamais deux sans trois et bien si.  Je me déplace à la dite clinique et je me fais gentiment renvoyer  vers la plate-forme.

Une infirmière d’un CLSC m’accorde que « le système est mal fait ». Elle m’invite à contacter un autre centre où là, on me dit pas possible de rencontrer un médecin. Ils ne prennent plus de nouveaux patients, qu’il faut que je me rende aux Urgences mais ce n’est pas sûr que je passe car je ne suis pas malade.

Je vais vraiment finir par le devenir.

Là, des Québécois m’invitent à aller aux sans-rendez-vous d’un médecin du conté. Et ça marche. Conscient de la situation ubuesque, il accepte de faire ma prescription tout en précisant qu’il ne me prend pas en charge.

 « Il faut faire une demande pour un médecin de famille mais vous aurez la réponse quand vous serez déjà rentré en France »

La situation est bien résumée.  Aujourd’hui, j’ai eu le temps de dégivrer, non sans mal. Oh, les médicaments ne sont pas remboursés. Riez.

 

1 Comment

  1. C’est ubuesque ! Et ici, on râle … Bisous ma choupinette 😉

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