Category: Archives (page 1 of 4)

Hibernation, mais que vois je ?

Oh, sur le calendrier et à la radio,  j’entend parler depuis vendredi du printemps. Je jette un regard vers la fenêtre. Oh, oui, du soleil, un ciel bleu… et de la neige à n’en plus finir. D’ailleurs, le tracteur du déneigeur est passé sous les cris de bébé H, heureux de voir le fameux tracteur de la ferme venu ramasser le trop plein de neige.

« Mais si, il faut garder espoir, le printemps arrive »

me taquine-t-on au travail, alors que les fenêtres du châssis continuent de laisser passer le vent frais qui fait plonger un peu plus les températures vers les moins.

Avec tous ces facteurs, j’affirme clairement que c’est toujours l’hiver. Et sans m’en rendre véritablement compte, il m’a plongé dans une certaine hibernation au regard de mon absence sur ce blog.  Je vous rassure, j’engrange toujours pleins d’images, de rencontres humaines qui compensent le froid et réchauffent nos petits coeurs d’expatriés temporaires.

IMG_0747

 

Photo du jour

fleuve

Le fleuve Saint-Laurent, toujours aussi fascinant avec sa robe d’hiver, tendance glacée.

La photographie a été prise le long d’un chemin à Cap-Rouge et l’on aperçoit tout au fond le pont de Québec.

Actuellement, c’est le Carnaval d’hiver de Québec. Et des courses de canots sont organisés sur le fleuve Saint-Laurent.

Recherche docteur à en devenir malade

S’il y a bien une chose qui m’a rendu givré depuis notre arrivée au Québec, c’est bien ça.  Ici, impossible de prendre son téléphone et d’avoir un rendez-vous avec un médecin généraliste. Pourquoi faire simple. Tout d’abord, il faut savoir que lors de cet échange avec l’Education nationale, il y a une entente entre les deux sécurités sociales, celle de France et la Régie d’assurance maladie du Québec (RAMQ). Monsieur H ainsi que bébé H n’ont pas eu de délai de carence pour être pris en charge grâce à un formulaire rempli en France. Cela n’a pas empêché qu’ils obtiennent leur « carte soleil », l’équivalent de la carte  vitale trois mois après la demande. Souriez, ils étaient tout de même couverts. Mais, si nous nous étions rendus chez un médecin, il aurait fallu avancer les frais.  Extrait d’une conversation eue avec une secrétaire médicale :

« -Pouvez-vous me dire quel est le tarif du médecin pour vous régler ?

-Non, ce n’est pas possible, c’est le médecin qui le définit, je ne suis qu’une secrétaire.

-Avez vous une ordre d’idée, puisque nous devons prévoir la monnaie car les chèques ne sont pas acceptés…

-Cela dépend de ce que le médecin va vous faire ?

-C’est juste pour un renouvellement d’ordonnance…

-Ah, ben cela varie entre 80 et 200 dollars. « 

Oui, vous avez bien lu, 80 à 200 dollars ( 55 à 140 euros). La carte soleil vous exempt de payer.

carte_soleil

La carte d’assurance maladie du Québec, communément appelée Carte soleil pour le soleil affiché en haut à gauche.

Et encore, ce n’est pas le plus handicapant de l’histoire, c’est que le rendez-vous avec le médecin, nous ne l’avons pas eu.  Ici, pour trouver un médecin de famille, c’est un véritable parcours du combattant. Il faut se rendre dans un Centre local de service communautaire (CLSC) pour remplir un formulaire de demande, qui est envoyé au centre hospitalier le plus proche où il est étudié par des médecins qui donnent leur accord ou non. Oui, vous pouvez faire les yeux ronds. Je les ai encore grands ouverts.

Je ne cache pas qu’on nous avait prévenu pour les délais d’attente, notamment aux Urgences. Mais sachez que vous n’êtes même pas sûrs de passer le triage, si vous n’êtes pas malade et que vous cherchez juste à renouveler votre ordonnance.  Voilà la chose la plus censée de cette histoire. Il n’empêche que je n’ai toujours pas de médecin.

Ah,si monsieur H et bébé H ont eu l’entente, pour moi, c’est une toute autre histoire. Comme je travaille au Québec, j’ai eu le  délai de carence de trois mois, propre à tout nouvel arrivé. A la RAMQ, on m’a aimablement conseillé de prendre une assurance privée. Il faut savoir qu’au café où je travaille, il n’y a pas d’assurance maladie, pas de mutuelle. Salaire minimum, passez votre tour.  Je comprends maintenant un peu plus aisément que les rayons libres des pharmacies soient aussi remplis. L’auto-médicamentation est reine.

Je repense à mon médecin qui riait de moi quand je lui demandais si mon médicament était disponible au Canada.

« Ce n’est pas la cambrousse »

Ah, ah. Reste qu’il me faut l’ordonnance.  Là, on me renvoie vers une clinique du réseau. Pleine de confiance, j’appelle.

« -Bonjour, pour le sans-rendez-vous, il faut prendre rendez-vous »,

m’indique la secrétaire au bout du fil et même en pleine face car je me suis AUSSI déplacée. Je vous laisse une minute pour sourire.

Pas de problème, je vais prendre rendez-vous pour le sans rendez-vous.

« -Non, je ne peux pas prendre  votre rendez-vous, il faut appeler ce numéro (plate-forme d’appel) à 5h15 le matin pour avoir un rendez-vous dans la journée. « 

Je vous laisse à nouveau une minute pour relire ma phrase. C’est bien cela, 5h15 du matin.

« -Il y a 80 lignes qui ouvrent en même temps, alors il faut essayer et essayer. »

Une nuit plus tard, un réveil branché et hop, ma carte soleil dans une main et le téléphone dans l’autre, je compose le numéro.  Après avoir suivi toutes les indications de l’opératrice virtuelle, je me vois répondre

« Désolé, nous n’avons pas de place dans votre clinique. Voulez-vous vous déplacer dans une autre clinique » OUI « Allez sur le site de www.bonjoursante.ca. »

Je vous fais gré du cri poussé ce matin là. Pardon encore monsieur H endormi. En allant sur le site, je dois payer 15 dollars pour avoir l’adresse. Bref, pleine de vigueur, je décide de réessayer le lendemain.

Une nuit plus tard, un réveil branché et hop, même scénario, même réponse, même colère.

Jamais deux sans trois et bien si.  Je me déplace à la dite clinique et je me fais gentiment renvoyer  vers la plate-forme.

Une infirmière d’un CLSC m’accorde que « le système est mal fait ». Elle m’invite à contacter un autre centre où là, on me dit pas possible de rencontrer un médecin. Ils ne prennent plus de nouveaux patients, qu’il faut que je me rende aux Urgences mais ce n’est pas sûr que je passe car je ne suis pas malade.

Je vais vraiment finir par le devenir.

Là, des Québécois m’invitent à aller aux sans-rendez-vous d’un médecin du conté. Et ça marche. Conscient de la situation ubuesque, il accepte de faire ma prescription tout en précisant qu’il ne me prend pas en charge.

 « Il faut faire une demande pour un médecin de famille mais vous aurez la réponse quand vous serez déjà rentré en France »

La situation est bien résumée.  Aujourd’hui, j’ai eu le temps de dégivrer, non sans mal. Oh, les médicaments ne sont pas remboursés. Riez.

 

La journée la plus froide…

En me rendant au travail, ce mercredi matin, je ne pensais pas que la journée la plus froide de la semaine prendrait tout son sens.  Il est 6 h 30  quand le poste radio de l’auto me glace le dos. La journaliste québécoise annonce la tuerie de Charlie Hebdo… « Non ». Mes premières pensées sont « putain, ils l’ont fait, ils ont exécuté leurs menaces ». Hébétée, je gare ma voiture pour faire les quelques  mètres et rentrer au café. Je n’arrive pas y croire. Je me sers un café tout en essayant de me connecter rapidement au wi-fi public. Le breuvage n’arrive même pas à me réchauffer. La connexion est lente et je dois déjà prendre mon service. Mes pensées flottent « putain » « putain ». Je n’ai jamais été aussi vulgaire que ce mercredi 7 janvier.

Je revois Cabu. Tu te souviens, mec, quand on s’est croisé à Saint-Quentin lors du salon du livre et de la BD. Tu étais en retard et la file d’attente grossissait pour te rencontrer. Ton humilité m’avait frappé ce jour là, ton sourire, ta disponibilité, ton coup de crayon. Putain. Cabu. Je sers des cafés mais je ne suis pas là ce matin, je suis de l’autre côté de l’Atlantique, je veux être avec les copains, je veux savoir. Alors j’en parle autour de moi, à mes collègues. Elles pensent que c’est dans mon journal. J’explique. Je veux être avec les copains. Putain. On tue pas des mecs qui font leur boulot, pas eux, pas cette bande.

C’est l’heure de ma pause. Je me reconnecte. Je dévore pendant les quinze minutes accordées les premiers récits. Je vois sur les réseaux sociaux les remarques de mes copains. Je réussis à changer ma photo de profil pour mettre le « Je suis Charlie ». C’est important pour moi. Un symbole que j’affiche immédiatement car je suis loin… Le temps semble s’arrêter mais pas le timer devant moi. Il sonne. Fin de la pause, je dois reprendre le travail. Je ravale la boule au  fond de ma gorge. Pas pleurer. J’ai froid et ce n’est pas à cause du vent qui s’infiltre à chaque ouverture de la fenêtre du châssis quand je tends les cafés des clients. J’en reparle à mes collègues, leur donne les dernières informations lues. Sentiment de ne pas être compris.  Ce n’est pas de leur faute. Je continue à servir les cafés, les pâtisseries comme un robot. Donner, encaisser,sourire. Donner, encaisser, sourire.

Il est 15 heures, mon service se termine. Je ramasse mes pourboires et je file. Vite, ouvrir la radio. Je récupère mon fils, croise mon mari devant la garderie : « T’as entendu ?  » « Oui, on me l’a appris à l’école, je rentre à la maison pour lire. » Tous les deux, on est penché devant nos écrans, on dévore. J’entends au loin bébé H rire devant son écran. Merci Petit ours brun. Pour le moment, je veux savoir ce qui se passe en France. « Putain ». Les gros mots fusent au fil de mes lectures. Puis, je vois le dessin d’Alex, le dessinateur du Courrier picard et là les larmes sortent. Je n’arrive pas à les retenir, fallait bien que ça sorte. J’ai ri en voyant ce super dessin, la barrière a cédé ainsi. Les pleurs.

dessinalex

Mais la réalité du quotidien te rattrape. Le bain de bébé H, le repas, la petite lecture, le gros câlin à sa maman, dodo. Et moi je reviens sur mon écran.  La tristesse se mêle à la colère, à l’incompréhension. Je me sens touchée. Je cherche pourquoi. Parce que c’est mon métier, parce qu’on touche pas à ça, pas à cette liberté d’expression, parce que c’est ma religion qui vient d’être salie, parce que c’est des enfants d’immigrés. Des Français. Je revois mon père. J’ai mal. Putain. Tout se mêle. Je suis horrifiée. Et ce n’est même pas à cause des -40 degrés à l’extérieur. La journée la plus froide de la semaine… pour moi elle aura duré jusqu’à aujourd’hui, dimanche en voyant ce flot humain descendre dans les rues. Ne pas laisser la place au silence. Mais j’ai encore froid, car je n’y crois tristement pas….

jesuischarlie

 

Clermont dans l’Oise et dans Charlevoix

Clermont

Elle se situe au nord de la ville de Québec.  Clermont dans le comté de Charlevoix, ville que nous avons croisé lors de notre escapade aux baleines. Je ne pouvais m’empêcher de m’arrêter après les trois années passées à travailler à l’agence de Clermont dans l’Oise. Clin d’oeil.

Noël blanc… râté !

Disons le tout de suite, c’est un temps de Picardie que nous avons eu le jour de Noël. Pour vrai.  Un ciel gris et de la pluie comme à la maison. A tel point que ce redoux inhabituel ici, a fait fondre toute la neige. Alors, le Noël blanc, cette année, c’est râté.

Les locaux font grise mine. Ils ne peuvent pas sortir les ski doo (motoneige), ni emmener leurs bambins glisser sur des chambres air. Mais ils assurent que c’est loin d’être fini et que pour janvier la neige sera de retour. Petit papa Noël quand tu remonteras dans le ciel, fait glisser quelques flocons.

Qui l’eut crû, on la réclame la maudite blanche.

 

Photo du jour

DSC_0165

Je vous présente  notre déneigeur. Quand il tombe cinq centimètres de neige, il passe le matin très tôt pour déneiger l’entrée et ensuite il repasse une seconde fois dans la matinée, quand les chars ont quitté la cour. Pause. Char est le mot utilisé par les Québécois pour parler de leur voiture. Donc, le gros char de notre déneigeur qui n’est autre qu’un tracteur repasse pour tout bien déblayer avec sa souffleuse. Le reste doit être fait à la main par monsieur H  et ses petites mitaines.

Pour plus de précisions sur ce métier bien local, voici l’article que j’ai écrit ici pour le journal du coin.

 

Creuset son trou au Canada

lecreuset

La traditionnelle braderie Le Creuset s’est tenue ce week-end.

Outre-Atlantique aussi, on trouve ces cocottes. Et dans un magasin où les rabais sont légion. C’est au Costco de Québec que j’ai trouvé ces cocottes en vente. Elles étaient placées à côté des bijoux et mises sous vitres comme un produit de luxe.  Il faut dire qu’elles sont au prix de 200 dollars (141 euros). Rien à voir avec les autres articles en vente chez Cotsco. Un lieu qui a fait bondir la consommatrice que je suis.  Mes yeux sont restés grands ouverts, pendant de longues minutes en rentrant dans ce magasin situé en périphérie de Québec. Que dis je ? C’est un hangar géant où l’on trouve de tout. Mais pour y entrer, il faut avoir une carte de membre.  Il faut compter une cinquantaine de dollars à l’année.  Ce n’est pas vraiment comme le système de Métro chez nous car ici, c’est ouvert à tous et pas uniquement aux artisans-commerçants.

Le lieu est gigantesque, les rayons immenses. On passe de l’informatique au prêt-à-porter pour toute la famille,  à la librairie pour arriver aux fruits et légumes, boulangerie, produits ménagers, boissons, surgelés… Pour le lait et les oeufs, vous entrez dans un frigo géant. Ensuite, il y a le rayon sauces, céréales, farine, produits d’hygiène. Il y a même une pharmacie et un restaurant.  Immense. Le concept est que vous achetez en grosse quantité, ce qui réduit les coûts. Parfait pour les couches de bébé H.

Le magasin est prisé car il faut savoir que bon nombre de Québécois congèle leurs produits achetés en grande quantité.  Oui, c’est bien le pays du froid et pas uniquement parce qu’aujourd’hui le thermomètre affiche -17degrés à l’extérieur.

 

 

 

Pis, comment trouves-tu ça la neige ?

Celle qui était tant attendue est arrivée, la semaine dernière. La première neige. La première grosse accumulation de neige.  Elle me fait penser à celle tombée en Picardie, il y a trois ans. C’est la même sans la paralysie qui suit. Il n’empêche que sur les routes, ça ralentit, ça bouchonne. Le temps de se réhabituer disent certains locaux.  Et en poussant un peu plus la conversation, ces dix premiers centimètres de neige, ce n’est rien du tout. Il n’empêche le déneigeur a fait sa première sortie pour venir dégager les entrées des habitations de ses clients.

Trois heures du matin, le tracteur est sous vos fenêtres. Et dans les rues, la « gratteuse » assure le déblaiement de la chaussée. Elle gratte la neige pour en faire des tas sur le bas côté.  On y est.

neige

Le premier soir de cette tombée, les habitants sont dehors non pour profiter de cette beauté blanche non, ils ont la pelle dans la main et pellettent, pellettent.

 » Cela te manquait », lance ce voisin à sa voisine.

Les enfants ont ressorti les luges, non pour glisser mais pour ramasser la neige.

« Non mais elle va fondre, il annonce un redoux la semaine prochaine. Et c’est tout le temps comme ça, la première neige ne tient pas. »

Les pronostics vont bon train. La neige est dans toutes les conversations alors si en plus, vous êtes Français et que vous vous apprêtez à passer votre premier hiver canadien, il faut s’attendre à cette ritournelle

« Pis, comment trouves tu ça la neige ? »

Hum, c’est le fun.

Et souvent la suite est

« Tu verras en mars, tu seras tannée. »

Hum, ok.

« Pis, comment trouves tu ça la neige ? « 

Rendez-vous à la prochaine bordée car là, ils avaient raison les locaux, elle a toute fondu.

 

Image de prévisualisation YouTube

 

Comme un petit coquelicot

coquelicoti

 

Si aujourd’hui, 11 novembre, c’est l’Armistice en France,  outre-atlantique, c’est la Journée du souvenir. Mais au final, c’est la même chose. C’est la journée de commémoration des soldats tombés lors de la première guerre mondiale. Et l’emblème est un coquelicot. Pont immédiat entre la Picardie et le Québec.

Les vétérans canadiens mettent à la disposition de la population ces coquelicots à épingler sur le revers de la veste. Le prix est une contribution volontaire. Au café de Pont-Rouge, la boîte s’est rapidement vidée.  Comme un petit coquelicot…

 

Older posts

© 2017 Pont-Rouge café

Theme by Anders NorenUp ↑