François Long, bassiste des Rabeats, sortira un album solo cet été

Francois Long, guitariste-bassiste des Rabeats.

    J’étais en train de travailler sur l’interview de John Steel, batteur historique, fondateur, avec Alain Price, Chas Chandler, Hilton Valentine et Eric Burdon, du groupe mythique les Animals. Ce sont eux qui ont donné au British Blues Boom ses lettres de noblesse. Quand François Long, alias Dip, bassiste et choriste des Rabeats, a appelé pour me dire qu’il avait son premier album à me faire écouter, je savais que je ne serais pas dépaysé. On s’en doute, François est fan des Beatles. Mais il adore également Paul Weller et les Jam, David Bowie, les Who et quelques autres pointures, bien inspirées par les divines sixties façon anglaise. Je ne fus pas déçu. Intitulé The Seven Others, l’album de François, qui comprend une dizaine de chansons, a été travaillé avec soin. Et patience. Il a mis trois ans à le réaliser, «car notre planning avec les Rabeats est chargé», confie-t-il, modeste. Il a fait toutes les parties de guitare, de basse, les programmations, les synthés. Il s’est fait aider par ses copains des Rabeats (l’incontournable Flamm, à la batterie, Marcel, à la guitare, et Sly, aux chœurs), mais aussi par Simon Postel (batterie), Sylvain Paré (batterie), Florent Elter (guitare), et Christophe Deschamps (célèbre batteur qui a notamment joué avec Voulzy et Goldman; «je l’ai contacté car c’est un fan de Keith Moon et de Ringo Starr»). Il est également question d’une invitée de marque sur le disque, mais cela reste à confirmer. Le résultat est d’excellente facture. Des chansons amples, fortes, à la fois puissantes et subtiles, taillées dans une pop-rock des plus convaincantes. Les mélodies sont là, présentes, entraînantes; les arrangements sonnent sans être entêtants. Tout est finement dosé. De l’excellent travail. Tous en anglais, les textes «s’inspirent de la vie quotidienne et des discussions que j’ai pu avoir sur les réseaux sociaux», explique-t-il. Ils évoquent aussi des rencontres: celle de Gail Ann Dorsey, la bassiste de Bowie, rencontrée en octobre 2011, à Amiens quand Lenny Kravitz préparait ses concerts, et celle de Paul Weller, la même année, tout à fait par hasard, dans les rues de Londres. «Ça a duré trois minutes, mais j’ai eu l’impression que ça durait des heures: je suis un fan de ce mec!». Un single, «Afraid», titre de la première chanson de l’album sortira sur le net en juin; le disque complet suivra, prévu en juillet. Des concerts? François y songe sérieusement, «mais rien n’est encore réellement décidé pour l’instant». Il prend son temps; ça lui va bien. Son excellent album prouve qu’il a raison.

                                       Dimanche 9 mars 2014