La délicatesse de Tillinac

C’est l’un de nos meilleurs écrivains français. L’un de nos plus grands stylistes. Il aime son pays, la France, par-dessus tout. On est en droit de ne pas le lui reprocher ; il en parle si bien. Denis Tillinac a fait son entrée

Denis Tillinac : l'un des plus grands stylistes français actuels.

Denis Tillinac : l’un des plus grands stylistes français actuels.

en littérature avec un petit livre de chroniques exquises, Spleen en Corrèze, dans lesquelles il retraçait la vie du minuscule localier qu’il avait été pour la Dépêche du Midi il y a fort longtemps. À ce métier minuscule, il redonnait toute sa noblesse, toute sa grandeur. C’était juste, frais et magnifiquement écrit. Depuis, Denis n’a cessé d’écrire, romans, nouvelles, récits, biographies, essais. Il est de droite, ami de Chirac ; on le dit réactionnaire. Et certains beaux esprits lui font payer cher. C’est idiot. Il suffit de se pencher sur ses livres pour comprendre quel grand écrivain il est. Ces nouvelles, recueillies sous le joli titre générique Juste un baiser, en témoignent. Il nous conte des histoires parfois purement fictives, parfois plus proches du réel ; délicates et subtiles, toujours. On y retrouve un président de la République, qui las, met les bouts et fuit l’Élysée. Dans « L’Esclave », c’est une aristocrate qui avoue, non sans fierté, être l’esclave de l’homme qu’elle vénère. (On retrouve ce thème et quasiment les mêmes personnages dans son très beau roman Considérations inactuelles). Dans « La Hyène », il nous conte le retour inattendu d’une Allemande là… Amours ; sentiments forts, et, en filigrane, cette France de province qu’on aime tant. Tillinac : c’est Simenon, c’est Barrès. C’est bien. PHILIPPE LACOCHE

Juste un baiser, Denis Tillinac, La Table ronde, coll. La petite Vermillon (poche); 233 p.; 8,70 €.