Les coups de coeur du marquis

Hauts-de-France : vive la Picardie!

Selon l’éditeur Pourparler édition, spécialisé dans la communication, de ce livre superbe: «Quelle bonne nouvelle, la région, a grandi très vite en ce début janvier 2016 et cela renforce le patrimoine touristique en le multipliant par cinq en superficie et par trois en nombre d’habitants. Cette nouvelle région s’appelle désormais les Hauts-de-France. Mais l’important est de pouvoir dire aux gens de passage: vous êtes chez vous.» C’est gentil. On eût préféré que la Picardie, dans l’élaboratio

Jacques Béal au cours de la remise du Prix du roman populaire.

n du projet Haut-de-France, fût plus lisible. Mais bon… «Amoureux de Saint-Quentin et de Château-Thierry dans l’Aisne, nous aimions aussi Lille et Valenciennes dans le Nord, Beauvais et Chantilly dans l’Oise, Arras et Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais, Abbeville et Amiens dans la Somme que nous connaissions déjà. Tournez les pages (…) et vous découvrirez une présentation attrayante en photographies et en textes (…)», dit encore l’éditeur. Une chose est certaine: ce livre est superbe. Et vive la Picardie! Ph.L.

La région Haut-de-France, Christian Delcambre et Philippe Debeerst. Pourpaler édition; 174 p. 31,90 €.

 

Le Prix du roman populaire à J.Béal

Annie Kerviche, responsable de ma médiathèque d‘Elven, dans le Morbihan, a remis le Prix du roman populaire à notre confrère Jacques Béal, ancien grand reporter au Courrier picard, pour son excellent roman La Griffue, paru aux éditions Presses de la cité. Dans un entretien accordé à Ouest-France, Jacques s’est dit ému et ravi, rappelant qu’il avait été journaliste de 1960 à 20210, dont 33 ans passés au sein de notre cher Courrier picard. S’il a écrit une trentaine de livres (documents, biographies, anthologies, etc.), La Griffue est son troisième roman. Il voit dans ce prix «un vrai encouragement pour ma jeune activité de romancier (…). J’ai brodé pour en faire un roman qui est à la fois un roman social, historique et policier». Une belle récompense pour notre confrère et ami en compagnie, sur notre photo, de Gwenaëlle Legrand, maire adjoint «Culture et Communication».Ph.L.

 

Couderc et Cuba dans l’actualité

Frédéric Couderc, dernièrement, au Salon du livre de Creil.

Frédéric Couderc, dernièrement, au Salon du livre de Creil.

L’ancien grand reporter propose un roman somptueux et bien ficelé. À ne pas manquer.

Avec son – excellent! – dernier roman, étrangement intitulé Le jour se lève et ce n’est pas le tien, Frédéric Couderc (qui vit entre le Cap et Paris; ancien grand reporter, il se consacre à l’écriture, enseigne au Labo des histoires, et son roman, Un été blanc et noir, sorti en 2013, s’est vu couronner par le prix du Roman populaire que vient de se voir attribuer notre ami, le très picard Jacques Béal, ancien grand reporter au Courrier picard) se retrouve en pleine actualité.

L’excellent Raùl – le plus communiste, l’homme si proche de Moscou, c’est lui, le vrai bolchevique, c’est toujours lui – félicite le gros blond à la coiffure de perruche.

Avec l’élection de Trump, il n’en est que plus éclairant. En effet, l’histoire de ce livre est ancrée à Cuba. De La Havane en 1959, à La Havane en 2009. On s’en doute, les personnages, bien réels, ont pour noms Fidel et Raùl Castro, le Ché, Batista, mais aussi et surtout Camilo Cienfuegos (1932-1959). Il y a quelques jours Ronald Trump était élu. Première réaction: l’excellent Raùl – le plus communiste, l’homme si proche de Moscou, c’est lui, le vrai bolchevique, c’est toujours lui – félicite le gros blond à la coiffure de perruche. (Il n’a pas attendu les troskards pour être malin, voire prudent, un tantinet sournois; sans ces qualités, point de vraie révolution possible.) Seconde réaction: le gouvernement de Raùl Castro a annoncé dans la presse d’État la tenue, «la semaine prochaine, d’exercices militaires «stratégiques» à l’échelle nationale visant à faire face à une éventuelle invasion, sans toutefois faire explicitement le lien avec l’élection de Donald Trump», comme le souligne sur internet le site 24 heures. Génial: on dirait Staline à l’aube de la salvatrice bataille de Stalingrad. (Pour mémoire, ces manœuvres avaient été mises en place pour la première fois au moment de l’élection du républicain Ronald Reagan en 1980. Les derniers exercices de ce type s’étaient tenus en 2013.) Ce livre, taillé au cordeau (rien ne dépasse), efficace, très cinématographique (on sent que l’auteur Frédéric Couderc a dû suivre d’excellents ateliers d’écriture, américains très certainement), raconte les pérégrinations de Leonard Parker, un obstétricien new-yorkais, sympa, très bobo, fraternel, un bon mec; son obsession: éclaircir «le brouillard de ses origines». Car, là, ce n’est pas triste. Il se demande d’abord pourquoi sa mère, Dora, a tenu à se faire enterrer au cimetière d’Union City, coin des Cubains exilés. Il mène l’enquête, plonge dans le passé. Il tombe sur la folle histoire d’amour qu’entretirent Dolores, héritière d’une fortune gagnée grâce au dicateur Batista, et Camilo Cienfuegos, guérillero au courage inouï, compagnon de Fidel. Et comment ne pas aimer un roman dans lequel passent Clash, Marisa Berenson et le regretté Alan Wilson, chanteur-harmoniciste du divin Canned Heat. Un livre passionnant.

PHILIPPE LACOCHE

Le jour se lève et ce n’est pas le tien, Frédéric Couderc; éd. Héloïse d’Ormesson; 367 p.:; 20 €.