Il pleuvait sur Sailly, il pleuvra sur Etouvie

Lou-Mary chantait Barbara dans la salle des Provinces, dans le quartier d'Etouvie, à Amiens. Talent et émotions.

 Il tombait une pluie fine, très fine, poisseuse sur Sailly-Flibeaucourt. Une vraie pluie d’automne. La façade grisonnante de l’usine Vachette était un peu plus grise, couleur de ciment frais. J’étais dans la voiture du romancier Hervé Jovelin (qui publie chez l’éditeur Ravet-Anceau); nous roulions vers la mairie. Une mairie superbe, un ancien château, avec, à l’arrière, un parc profond. À l’intérieur de la maison commune: un drôle de maire. Le romancier et nouvelliste Philippe Sturbelle, collaborateur du Courrier picard, déguisé en élu, lisait la nouvelle qu’il venait d’écrire et s’apprêtait à publier dans nos colonnes, dès le lendemain. Il s’installa sur l’estrade. Avait besoin de deux figurants dans le rôle des mariés. Il tira par la main Brigitte Ternisien, libraire à Abbeville, et Hervé Jovelin qui se prêtèrent au jeu devant une petite assistance hilare. Il est drôle, Philippe Sturbelle. Sa fausse moustache ne cessait de tomber. Las, il décida à mi-parcours de s’en passer. Dominique Zay jouait le rôle de l’assesseur; il était marrant, lui aussi. Dominique lut ensuite l’une de ses nouvelles. Et tout ce petit monde se retrouva dans la salle annexe autour des œuvres du sculpteur Pierre Soufflet. En fait, cette opération avait pour but de réunir un artiste et des écrivains. Une bonne idée. Tu demanderas, lectrice c e que faisaient autant de romanciers dans ce sympathique petit bourg du Ponthieu. Un salon y était organisé. J’étais invité; j’y suis allé comme Henri Heinemann, Léo Lapointe, Denis Jaillon, Roger Wallet (il me confia qu’il suçait des Nicorettes par plaisir, pour se souvenir du goût du tabac qu’il a arrêté il y a fort longtemps), Dominique Cornet, Kevin Dumont (qui vient de sortir son premier roman aux éditions du Petit Véhicule, à Nantes), Dominique Delannoy, Gérard Devismes, Jean-Marie François, Gérard Guerbette, Guillaume Lefebvre, Xavier Patrigeat, etc. Il faisait bon dans la salle des fêtes; je regardais la pluie tomber. Quelques jours plus tard, je me suis rendu à la salle des Provinces, dans le quartier Etouvie, à Amiens, où Lou-Mary donnait son spectacle autour de Barbara. Et c’était magique, magnifique, délicat. Très fort. Le public, nombreux, apprécia. En sortant, le ciel était gris. Il ne pleuvait pas mais je sentais bien qu’il n’allait pas tarder à pleuvoir. Il pleut toujours dans ma vie. Ne me secouez pas, je suis plein de pluie, eût pu dire Henri Calet.

                                      Dimanche 14 octobre 2012.

Hitler était Juiff

 

Patrice Juiff : terrifiant en Hitler!

Bonjour, lectrice, ma fée bronzée, ma possession ambrée, mon habitude dorée. Le marquis est de retour de vacances, frais, rasé de près. Pour fêter l’événement, je te propose de faire une entorse à cette chronique afin de te combler. J’ai étiré la photographie qui l’accompagne pour accueillir la tronche incroyable du camarade Patrice Juiff, excellent écrivain, talentueux comédien qui, malgré son nom, n’hésite pas à imiter un petit peintre autrichien raté dont il n’est pas nécessaire de citer le nom afin de ne pas salir notre journal issu de la Résistance, ex et bien aimée coopérative ouvrière, qui a toujours combattu ses funestes résurgences. Cette série de photos, le Patrice me l’a fait voir, en juillet, au cours du salon Mers-les-Livres, à Mers-les-Bains. Nous étions entre copains: Catherine Petit, Bertrand de Saint Vincent, Michel Embareck, Alain Paucard, Valère Staraselski, Pierre Mikaïloff. Il faisait un temps épouvantable. Alors que nous tentions de signer nos livres sous les auvents, sur l’esplanade, à quelques dizaines de mètres de la plage, un rideau de pluie grise en empêchait de contempler les adorables villas mersoises. Pour nous divertir, Patrice nous montra la fameuse série de photos où il interprète différents personnages, dont cet inquiétant dictateur d’outre-Rhin. Il nous a également bien fait rire en se mettant dans la peau d’un type louche qui «collait» certains braves lecteurs près des stands. Ceux-ci, apeurés, subodoraient que ce type au regard torve et malsain allait leur faire un mauvais coup. Secoué par un fou rire irrépressible, Bertrand de Saint Vincent s’est promis d’écrire un one-man-show pour Patrice Juiff qui, je te l’annonce lectrice mon amour, deviendra sous peu l’un de nos nouvellistes picards avec Éléonore Lelong, Roger Wallet, Philippe Sturbelle, Patrick Poitevin-Duquesne. Bien venu au club, cher Patrice et encore bravo!

Dimanche 9 septembre 2012

Le chat de Philippe

Philippe Sturbelle. Ici, il n'est pas sur son défunt chat mais sur un cheval de bois.

Mon chat Bébert eût été peine d’apprendre cette bien triste nouvelle. Il y a peu, nous avons publié un texte de notre nouvelliste Philippe Sturbelle, dans les colonnes de notre édition dominicale du Courrier picard. Pour l’illustrer : la photographie d’un chat magnifique, celui de Philippe. Or, quelques jours plus tard, le très bel et doux animal était retrouvé mort. Empoisonné. Il y a des gens qui n’ont vraiment rien à faire dans leur vie; on se demande ce qu’ils sont venus faire sur la terre. Ce geste est crade. Que ces salopards aillent se faire mettre par le diable. c’est tout ce qu’ils méritent. Moi, l’ami des chats, je te hais, empoisonneur. Et je présente à mon ami Philippe mes condoléance attristées.

Il m’a fait parvenir ce mail :  » Détail noir néanmoins, la photo représente notre chat, on l’a retrouvé mort, empoisonné deux jours après t’avoir envoyé le cliché. Il y a, je trouve, dans l’écriture, à moins qu’il ne s’agisse d’autre chose, des coïncidences brutales et des frôlements sombres. Je te salue bien, amitiés. Philippe Sturbelle. »