Entre réalisme et fantastique

 

Nouvelliste au Courrier picard, Patrick Poitevin-Duquesne sort « Réveils difficiles… », son premier recueil de nouvelles. C’est très réussi.

Patrick Poitevin-Duquesne, écrivain, nouvelliste du Courrier picard. Février 2012.

Une fois par mois, le dimanche, l’Amiénois Patrick Poitevin-Duquesne publie une nouvelle dans le Courrier picard. Nos lecteurs sont habitués à son univers très particulier qui oscille entre réalisme du terroir picard, brumes urbaines, fantastique inquiétant, voire absurde ou déroutant. Sans effets – si ce n’est quelques jeux de mots et métaphores singulières – il impose un ton, un style. Celui d’un écrivain qui, mine de rien, sait où il va et qui n’a pas son pareil pour transporter son lecteur dans un autre monde: le sien.

Il publie aujourd’hui son premier recueil de neuf nouvelles, Réveils difficiles…, titre du premier texte, dont six ont déjà été livrées dans nos colonnes. C’est le cas de «Étang donné», archétype même de la nouvelle fantastique. On part du réel; on enfourche un VTT flambant neuf. On roule sur les berges d’une rivière, et soudain, à la faveur d’un assoupissement, on se retrouve ailleurs, et bientôt en face de la Marie Greuète…

L’excellente nouvelle «Tout le monde descend», elle, est inédite. Et très réussie avec cette belle description de femme: «Elle portait des escarpins bridés aux chevilles, aux talons si hauts que ses jambes en devenaient interminables, un tailleur rose thé suffisamment court pour rendre relapse la moitié du Vatican, un boléro assorti porté sur un chemisier de dentelles endeuillées. Brune, presque noire, les cheveux remontés en chignon supportaient une élégante coiffe à voilette qui lui masquait la moitié du visage. La représentation absolue et définitive de la tentation.» La chute est à l’image de celles des reins de la dame: étourdissante. Il ne faudra passer à côté de «Quartiers chauds», texte animalier dont Georges est le héros, ni de «Sable et mouvant…», inquiétant et bigrement bien ficelé.

Bref, ce premier recueil tient la route. Nul doute qu’il y en aura d’autres. Et pourquoi pas un roman? Car Patrick Poitevin-Duquesne détient un beau tempérament d’écrivain. C’est essentiel.

PHILIPPE LACOCHE

«Réveils difficiles…», Patrick Poitevin-Duquesne, éd.Le Petit véhicule (20, rue du Coudray, 44000Nantes; www.petit-vehicule.asso.fr; editions.petit.vehicule@gmail.com; 0240521494), coll.Chiendents; 52 p.; 4 euros.

Les montagnes russes de la vie

 

Un premier livre, ce n’est pas rien. Nouvelliste du Courrier picard, Patrick Poitevin-Duquesne vient de sortir un recueil de nouvelles, Réveils difficiles, aux éditions Le Petit Véhicule (20, Rue du Coudray, 44300 Nantes; tél. 0240521494; http://editionsdupetitvehicule.blogspot.fr/) dans la collection, Chiendents. Il était heureux, Patrick, l’autre soir, à l’occasion de la présentation et de signature de son ouvrage, à la librairie du Labyrinthe, dans le quartier Saint-Leu, à Amiens. Il y avait du monde, du jus de fruits et du vin rouge. Philippe Leleu, le maître des lieux, avait convié copines et copains. Patrick en avait fait de même. La chanteuse et comédienne Lou-Mary lut une nouvelle du recueil, «Un matin comme les autres».

De gauche à droite : Lou-mary, Marine, Féline et Patrick Poitevin-Duquesne, un soir de juin, sur terre, à la librairie du Labyrinthe, à Amiens.

Elle était bien mignonne avec ses boucles d’oreilles prolongées de plumes colorées (des manières d’amulettes à l’image de celles que j’avais offertes, il y a des lustres, à une adorable poulette brune de dix-neuf ans, aux jambes interminables et aux yeux noirs comme une toile de Pierre Soulages, des yeux piquetés d’éclats d’orangé de Mars).Je ne pus m’empêcher de tirer sur ses boucles d’oreilles. Elle me gronda gentiment comme elle me grondait quand nous partagions encore notre maison de l’avenue Louis-Blanc. C’est loin tout ça. À dire vrai, je n’étais guère dépaysé. Au côté de Patrick: les jolies Féline et Marine, dont les rires joyeux et latins résonnaient contre les livres qui, eux aussi, se mirent à sourire sur les étagères. Roger Nimier fit un clin d’œil à Féline. Antoine Blondin proposa d’entraîner Marine boire un verre au Couleur Café. L’ambiance était douce et belle, comme l’eau moirée de la Somme, toute proche qui filait vers Abbeville. Des souvenirs remontaient bien sûr. Mes premiers livres que j’ai dédicacés au Labyrinthe, il y a longtemps. J’habitais Abbeville, justement. Le comédien Gauthier Desbureaux me tira de mes rêveries; il se mit à lire l’émouvante nouvelle «Les Primevères».Je me demandais ce qui faisait la qualité d’un écrivain. Son style? Son ton? Son écriture? Un peu tout ça certainement. Mais surtout, c’est son univers qui fait la différence. Patrick Poitevin-Duquesne, en possède un, d’univers, fait de folie douce, de fantastique, de douleurs et de joies. Les montagnes russes de la vie. Lisez-le; c’est un écrivain.

Dimanche 9 juin 2013

Patrick Poitevin-Duquesne sort son premier recueil de nouvelles

Mon copain Patrick Poitevin-Duquesne sort son premier recueil de nouvelles aux éditions du Petit Véhicule, coll. Chiendent. Il dédicacera l’opus le vendredi 31 mai, à 21 heures, à la librairie du Labyrinthe, à Amiens. Patrick est un excellent écrivain; il est l’un des nouvellistes du Courrier picardet donne au journal des textes à la fois singuliers, fous, émouvants et bien ancrés en terre picarde.  « Mon premier recueil de nouvelles, « Réveils difficiles » sort aux éditions du « Petit véhicules/ Collection Chiendent »! » rappelle-t-il. »

Patrick Poitevin-Duquesne, excellent nouvelliste. (Photo : Simon de Fonseca.)

 Pour les Amiénois, et tout ceux qui sont disponibles, une présentation (avec lecture et pot à boire!) est prévue le vendredi 31 mai – 21h – à la librairie du Labyrinthe (dans le quartier St-Leu). Pour ceux qui sont trop éloignés… Qu’ils me contactent ou prennent commande sur le site du « Petit véhicule »!… »

Nasser, du Lucullus, a fêté ses soixante ans

Chaude ambiance, le 20 décembre au Lucullus. Nasser, le maître des lieux, fêtait ses soixante ans avec ses enfants et des amis parmi lesquels Lou-Mary, chante

Anniversaire de Nasser, du Lucullus. 20 décembre 2012. Amiens. Avec notamment de gauche à droite : Christian, metteur en scène, Lou-Mary, le fils de Nasser, la fille de Nasser, Nasser, Didier Cardon, un copain de Nasser, Patrick Poitevin, la compagne de Didier Cardon. 20 décembre 2012.

use-comédienne et son compagnon, Christian, metteur en scène, Didier Cardon, vice-président du Conseil régional chargé de la formation professionnelle, de l’emploi, du commerce et de l’artisanat (et madame), Patrick Poitevin-Duquesne, écrivain, notamment nouvelliste de notre journal, etc. Des musiciens amis se sont succédé et se sont adonnés à des bœufs tourbillonnants. Lou-Mary (qui se produira le samedi12janvier, à 21heures, au Lucullus dans le cadre de son spectacle autour de Gainsbourg-Birkin) a chanté plusieurs chansons dont, émotions pour votre serviteur, «Tes yeux sur mon tulle» que je lui avais écrite, en novembre2005, le soir de notre rencontre… au Lucullus. Le temps passe, impitoyable, mais on lui tire la langue, au temps car son pouvoir est limité: il n’efface que les mauvais souvenirs. Les bons, on les garde dans un petit coffret tout au fond de nos cœurs. En dehors du Lucullus, j’ai beaucoup fréquenté le Gaumont d’Amiens, ces derniers temps. L’adorable Lys est même parvenue à me faire apprécier la danse, art avec lequel je me croyais définitivement brouillé. Ainsi, avons-nous savouré la diffusion en direct depuis le Nederlands dans Theater (NDT) de la soirée Sol Leon et Paul Lightfoot. Danse contemporaine? Il paraît qu’on appelle ça comme ça.L’art contemporain, habituellement, me parle peu. Mais là, je dois avouer que je suis allé de surprise en surprise tant par l’écriture des ballets, leur côté déjanté, les grimaces, la grâce évidente et la poésie urbaine, constante. Adoré également deux films: Ernest et Célestine, épatant par ses messages de fraternité, d’appel à la tolérance, toutes ces valeurs qu’on nous sert trop souvent avec la guimauve de la démagogie et qui, ici, sont subtilement distillées dans nos esprits par une œuvre forte, toute en nuances. Et Les lignes de Wellington, au cinéma Orson Welles, de la Maison de la culture d’Amiens. Ce film m’a révélé un événement historique que je ne connaissais point: les troupes napoléoniennes, commandées par Massena qui affrontent celles, portugaises et anglaises, placées sous la houlette de Wellington. Une sublime réalisation de Valeria Sarmiento.

Dimanche 30 décembre 2012

Hitler était Juiff

 

Patrice Juiff : terrifiant en Hitler!

Bonjour, lectrice, ma fée bronzée, ma possession ambrée, mon habitude dorée. Le marquis est de retour de vacances, frais, rasé de près. Pour fêter l’événement, je te propose de faire une entorse à cette chronique afin de te combler. J’ai étiré la photographie qui l’accompagne pour accueillir la tronche incroyable du camarade Patrice Juiff, excellent écrivain, talentueux comédien qui, malgré son nom, n’hésite pas à imiter un petit peintre autrichien raté dont il n’est pas nécessaire de citer le nom afin de ne pas salir notre journal issu de la Résistance, ex et bien aimée coopérative ouvrière, qui a toujours combattu ses funestes résurgences. Cette série de photos, le Patrice me l’a fait voir, en juillet, au cours du salon Mers-les-Livres, à Mers-les-Bains. Nous étions entre copains: Catherine Petit, Bertrand de Saint Vincent, Michel Embareck, Alain Paucard, Valère Staraselski, Pierre Mikaïloff. Il faisait un temps épouvantable. Alors que nous tentions de signer nos livres sous les auvents, sur l’esplanade, à quelques dizaines de mètres de la plage, un rideau de pluie grise en empêchait de contempler les adorables villas mersoises. Pour nous divertir, Patrice nous montra la fameuse série de photos où il interprète différents personnages, dont cet inquiétant dictateur d’outre-Rhin. Il nous a également bien fait rire en se mettant dans la peau d’un type louche qui «collait» certains braves lecteurs près des stands. Ceux-ci, apeurés, subodoraient que ce type au regard torve et malsain allait leur faire un mauvais coup. Secoué par un fou rire irrépressible, Bertrand de Saint Vincent s’est promis d’écrire un one-man-show pour Patrice Juiff qui, je te l’annonce lectrice mon amour, deviendra sous peu l’un de nos nouvellistes picards avec Éléonore Lelong, Roger Wallet, Philippe Sturbelle, Patrick Poitevin-Duquesne. Bien venu au club, cher Patrice et encore bravo!

Dimanche 9 septembre 2012