Les grands livres de Berthet

Frédéric Berthet.

 Mort rongé par l’alcool à 49 ans en 2003, Frédéric Berthet, considéré comme le plus doué de sa génération, voulait écrire son grand livre. Il en écrivit plusieurs.

 « Il avait une aura fascinante, de par ses fréquentations prestigieuses: Barthes, Sollers, Julia Kristeva… Mais surtout, il était extrêmement drôle.» C’est en ces termes que Pierre Bayard, professeur de littérature française à l’université de Paris VIII et psychanalyste, évoque son camarade de promotion à Normal sup, Frédéric Berthet. Drôle: nul doute qu’il devait l’être dans la vie, Berthet. Il l’est si souvent dans ses livres. Doué, «le plus doué de sa génération», disait Sollers à son propos, cela ne fait pas non plus l’ombre d’un doute. Il était non seulement titulaire d’un plume singulière, étonnante, mais aussi et surtout d’un esprit vif et d’une intelligence à fleur de peau qui a fini, certainement, par lui jouer des tours. On sait tous qu’il ne faut pas être trop intelligent pour vivre vieux. Un peu oui, peut servir. Trop ouvre l’écluse des eaux glacées de la lucidité qui finissent par vous noyer. Hydrocution par angoisse. Ce fut le cas de Frédéric Berthet, mort à 49 ans, en 2003, rongé par l’alcool, le désespoir et divers abus.Il était pourtant pressenti comme un grand espoir littéraire de sa génération. Il passa à l’acte, certes, nous donnant à lire d’adorables livres, vifs, pétillants, intelligents, des mots drivés à la hussarde, des coupes à la Morand, des sprints à la Fitzgerald. Daimler s’en va, petit livre hilarant, fera son succès. Mais est-ce suffisant pour Berthet qui place la barre très haut: il veut écrire un grand livre. «Et s’en aller», dit-il. On écrit souvent ses grands livres sans s’en rendre compte. Ce n’est pas à nous d’en décider. Frédéric Berthet quittera le Lyon de son enfance, brillera à Paris, sortira beaucoup, boira tout autant, se mariera avec un mannequin, récoltera le prix Roger-Nimier en1989, deviendra secrétaire d’Edgar Faure, vendra peu de livres, s’isolera en province. Notamment dans le Berry. C’est de là qu’il écrit le succulent petit livre de chroniques qui nous préoccupe: Paris-Berry. Il y parle de travail, d’un four à pain, de ses rêves, de Blondin, de ses copains Patrick Besson et Éric Neuhoff, d’une jeune héritière qui vient lui rendre visite dans sa lointaine campagne. Et, cerise sur le gâteau, Berthet pêche à la ligne et traque, comme pas deux, le carnassier. On sait tous, en Picardie, qu’un homme qui pêche ne peut être totalement mauvais. Frédéric Berthet était, en tout cas, un excellent écrivain. On eût envie de le connaître et de trinquer avec lui. Il est trop tard; il est souvent trop tard dans la vie.

PHILIPPE LACOCHE

«Paris-Berry», Frédéric Berthet, La Table Ronde, coll. La Petite Vermillon (poche). 108 p.; 5,90 euros.

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Un Ovni signé Cyril Montana, fils de hippies, quadra qui ne veut pas vieillir

 

De gauche à droite : Cyril Montana, Nicolas Rey et Patrick Besson, écrivain. Paris. Février 2012.

On connaît le talent de romancier et de nouvelliste de Cyril Montana. Le voici de retour avec un roman par nouvelles très original et inclassable. Vivement recommandé. Il s’en explique.

 

Cyril Montana a du talent. Et du succès. A juste titre la critique littéraire et les – nombreux – lecteurs s’étaient émus et avaient applaudi à la lecture des savoureux Malabar Trip (Le Dilettante 2003; J’ai lu, 2006), Carla on my mind (quel joli titre! Le Dilettante 2005; J’ai lu 2008) et La faute à Mick Jagger (Le Dilettante 2008; J’ai lu 2010). Il aurait pu continuer dans cette veine, l’épuiser, s’épuiser lui-même. Mais point. Il est vaillant, le Cyril. Et sincère. Alors, celui qui avait écrit, en juillet 2011, une succulente et érotique nouvelle pour notre journal, nous donne aujourd’hui un roman singulier, très différent de sa production habituelle. Il s’en explique.

 

Votre dernier roman, Je nous trouve beaux, est un peu un Ovni. Assez différent en tout cas de votre précédent livres. Pourquoi cette démarche?
La raison est très simple: après la parution de mon troisième roman La faute à Mick Jagger, j’en ai écrit un quatrième qui m’a été refusé par tous les éditeurs que j’ai sollicité. Après un an et demi de travail, j’avoue que j’ai été assez désoeuvré. Je ressentais la même chose que lorsque, adolescent, j’ai fait une chute de cheval : un traumatisme, avec l’intime conviction qu’il faut vite remonter sur un canasson pour ne pas en être dégouté à vie. C’est ainsi que je me suis mis à écrire les tranches de vie d’un même personnage: Romane Grangier. Cela permet d’écrire des histoires courtes et d’avoir à chaque fois un résultat et un plaisir immédiat, puisque chaque chapitre a sa propre trame tout en faisant partir d’un tout. Alors que lorsque j’écris une seule et même histoire, c’est bien plus astreignant, et le véritable résultat n’apparait qu’à la fin. J’avais juste besoin de me faire plaisir en écriture plus vite

Peut-on parler, à son sujet, de roman par nouvelles?
Je ne dirais pas par nouvelles, mais par tranches de vie. Puisqu’il s’agit de la vie quotidienne d’un seul et même personnage, Romane Grangier, au sein de sa famille, de son boulot, de ses amis, etc. Et même si nous n’avons pas à proprement parler de trame historique, nous retrouvons des situations et des personnages chapitre après chapitre.

Votre narrateur est fils quarantenaire, fils de hippies. Serait-ce un peu vous?

Je suis effectivement fils de hippie, quadra avec des enfants et une femme que j’aime; mais tout n’est pas exactement moi. Ainsi les parents qui sont présents dans le roman ne sont pas du tout les miens, même s’ils sont aussi hippies. Et puis fils de hippie, ça veut tout dire et rien dire, il y a mille et une façons d’être hippie, et tout autant de manière aussi d’élever ses enfants. C’est moi sans l’être, cela représente ce que j’ai été et ce que je suis, et comme nous le rappelle Camus en appendice « on voit parfois plus clair dans celui qui ment, que dans celui qui doit vrai ».

On le sent coincé entre son adolescence dont il est nostalgique, et sa vie de père de famille qu’il voudrait mieux assumer, n’est-ce pas?

Tout à fait exact, et c’est en ce sens, que Je nous trouve beaux possède une partie générationnelle, dans cet aspect adulescent qu’incarne le personnage principal Romane Grangier. Aujourd’hui, il existe une génération de quadras qui jouent aux jeux vidéos, font du skate l’hiver et du surfe l’été sur les plages. Avec une volonté farouche de ne pas sombrer dans les stéréotypes du quadra, installé, mur, sérieux, limite ennuyeux, etc. Cette envie de garder intacte la fraîcheur de l’enfance, que le groupe Stupeflip résume très bien dans son morceau Stueflip vite !!! « il est ou le petiot que t’étais?, tu l’as séquestré, baillonné, ligoté! » (http://www.youtube.com/watch?v=PdaAHMztNVE)

Préserver une candeur juvénile, une soif d’apprendre, de rencontre, curieux, rester tout simplement en vie, à l’écoute !

La grand-mère est un bien joli personnage. Comment l’avez-vous composé? Part-il d’une réalité?

 

La grand-mère est très importante dans ce roman, tout comme elle l’était dans La faute à Mick Jagger et cette partie est totalement autobiographique. Il s’agit donc du départ de ma grand-mère dont j’avais besoin de parler, mais sans entrer dans le pathos, toujours en tâchant de garder une distance qui ouvre à une tendre nostalgie. C’est aussi l’occasion pour notre personnage de s’interroger sur ses quarante ans, et à sa manière, sur le temps qui passe. Encore une fois sans s’appesantir en étant larmoyant, mais toujours dans un registre décalé et si possible drôle.

Vieillir, est-ce difficile pour l’écrivain que vous êtes?

Je vais vous étonner, mais plus j’avance dans le temps et plus je suis heureux. Je n’ai d’ailleurs jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui, et pour rien au monde je souhaiterais avoir de nouveau vingt ans, période de doutes, d’errements affectifs, la fac, pas la fac, pas terrible pour moi cette période avec le recul. Alors bien sûr, il m’arrive de me sentir en décalage quand je me retrouve entouré de gens plus jeunes que moi, ou qu’on me donne du « Bonjour monsieur! » au lieu de « Salut ça va , toi? ». Mais finalement ce qui m’intéresse c’est que ma vie m’apporte ce dont j’ai besoin. Et cela se résume facilement, être entouré avec ma femme, mes enfants, des projets, des livres intéressants à lire, des amis avec qui je me sens bien, et des fous rire avec celle que j’aime à deux heures du mat dans la cuisine, par exemple… Ou alors pourrais je vous citer Patrick Besson: « Il faut être jeune. Être vieux, c’est ridicule et le ridicule, c’est mal. » (Un état d’esprit, Fayard)

Vos auteurs préférés?

Salinger, Boris Vian, Patrick Besson, Frédéric Beigbeder, Molière, David Foenkinos,  Charles Bukowski, Céline. Mais ceci dit, si ça ne vous embête pas trop, j’aimerais vous parler des derniers livres que j’ai aimé comme le Prix Renaudot obtenu par Scholastique Mukasonga pour Notre Dame du Nil (Gallimard), une évocation si précise et décrite avec une finesse et une justesse incroyable sur la vie d’un couvent de jeunes filles au Rwanda avant la terrible guerre civile qui a décimé des centaines de milliers de personnes. On y découvre les rapports très particuliers existants justement entre les Hutus et les Tutsis, et qui nous éclaire sur la suite des événements, mais vu de l’intérieur.

Et puis, il y a ceux que je dois lire et que je ne peux rater à aucun prix, Diderot, de Jacques Attali (Fayard), Je vais mieux, de David Foenkinos (Gallimard), L’amour sans le faire, de Serge Joncour (Flammarion). Je vous tiendrai au courant… (rires)

Sur quoi travaillez-vous actuellement?

Je commence à établir le plan de mon prochain roman prévu chez Albin Michel. Je suis également en discussion pour adapter La faute à Mick Jagger sur France Culture, et puis je projette de suivre une formation d’adaptation d’oeuvres littéraires au cinéma. En parallèle, j’écris une histoire pour enfant que je suis en train de travailler avec les élèves de la classe de ma fille Kirana. C’est vraiment génial de bosser avec des gosses. Je fais des réunions régulières avec eux pour leur demander leur avis, leurs suggestions, puis je repars, j’écris et je reviens les voir jusqu’à ce que nous ayons une histoire qui nous plaise. Je peux vous dire que c’est tellement revigorant, ils sont drôles, vifs, et vous donne une de ces énergies pour la journée, un vrai bonheur! Je vous ai dit, je n’ai jamais été aussi heureux! Pour finir, je suis consultant digital pour le LH FORUM (http://www.lhforum.com/) qui est un forum annuel, une plateforme de relations dont l’objectif est de promouvoir l’économie positive, une économie qui vise plus que le profit, et qui place l’homme et l’environnement dans ses objectifs. Bref des solutions aux maux qui gangrènent notre planète.

Propos recueillis par

PHILIPPE LACOCHE

« Je nous trouve beaux », Cyril Montana, Albin Michel, 187 p.; 15 euros.

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« Qui fut l’agresseur en Bosnie ? Berlin… »

Patrick Besson : "Dans une chasse aux sorcières, on me trouvera du côté de la sorcière, surtout si elle est bien roulée."

 C’est notamment ce qu’affirme Patrick Besson dans un essai essentiel qui démonte un par un les arguments des calomniateurs de la Serbie. Des oreilles vont siffler.

  »Je déteste l’unanimité, surtout quand c’est l’unanimité contre quelqu’un. Quand la plupart des gens disent qu’une personne est infréquentable, c’est qu’elle est fréquentable, car la plupart des gens sont infréquentables. Mathématique. Dans une chasse aux sorcières, on me trouvera du côté de la sorcière, surtout si elle est bien roulée – car elle est innocente. De ce dont on l’accuse, en tout cas.»

Voilà qui est balancé. Drôle, piquant, inattendu. Et quand on comprend ici que la sorcière qu’il évoque est la Serbie, c’est totalement justifié. Et rédempteur. Du Besson tout craché. Comme il l’explique dans la préface écrite pour l’occasion, cette réédition comprend trois textes: Contre les calomniateurs de la Serbie (titre emprunté à Pouchkine et son Contre les calomniateurs de la Russie), Belgrade 99 un reportage écrit sur place pendant les bombardements de l’OTAN (publié en extraits dans le Figaro Magazine) et Haine de la Hollande. «Nul mieux que ces pages aujourd’hui rassemblées ne saurait expliquer les positions qui, sur le conflit en ex-Yougoslavie, furent les miennes à cette époque. Je n’ai pas grand-chose à y ajouter, sinon que de tous mes livres, c’est celui qui me tient le plus à cœur. Ça doit être parce qu’il y a mon cœur dedans», avoue-t-il.

«L’esprit de vengeance»

Et d’expliquer, de façon pertinente et limpide ce qui s’est réellement passé là-bas et que les médias européens, enfumés par nos bons amis d’outre-Rhin et les États-Unis, ont toujours refusé de faire savoir. «Qui est l’agresseur en Bosnie? Berlin […] Il est sot de croire que la défaite des Allemands en 1945 ne leur a laissé que des remords», écrit-il. «L’esprit de vengeance n’est pas réservé à certaines régions reculées de Corse ou du RPR. Dans l’action décisive et meurtrière qui consistait à reconnaître unilatéralement l’indépendance de la Croatie et de la Slovénie – un peu comme si la Bretagne et la Normandie, se séparant de Paris, étaient aussitôt reconnues par le Royaume-Uni ou l’Espagne, puis par le reste de la CEE -, il ne faut pas voir seulement le désir, depuis longtemps affirmé, qu’ont les Allemands de transformer la côte dalmate en une Côte d’Azur germanique, mais aussi et surtout la volonté secrète et farouche de faire expier à l’Europe cinquante ans d’occupation militaire et de honte politique.»

Il explique aussi que cette guerre fut une guerre d’écrivains «tous les protagonistes croates, serbes, bosniaques avaient eu des prétentions littéraires (à commencer par Milosevic), qu’il n’y en a pas de pire, et qu’elle s’était prolongée par des guerres d’écrivains à Saint-Germain-des-Prés», souligne l’éditeur en quatrième de couverture de l’ouvrage. Difficile d’affirmer le contraire.

PHILIPPE LACOCHE

«Contre les calomniateurs de la Serbie», Patrick Besson, Fayard, 158p.,

16 euros.

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Revivre, c’est parfois mourir un peu…

 Atteint d’une leucémie, Patrick Berthet, le héros du roman de Christian Authier, apprend qu’il ne va finalement pas mourir tout de suite. Il n’explose pas de joie. Au contraire…

     Pour faire court, il y a deux sortes de romanciers: les bons et les ennuyeux. Christian Authier appartient avec brio et talent à la première catégorie. Depuis2004, il égrène des histoires, de vraies histoires, ancrées dans la réalité mais toujours «accessibles à une certaine mélancolie», comme eût pu dire son bon camarade Patrick Besson auquel il a consacré un essai en1998, aux éditions du Rocher. Dire qu’Authier se raconte, se dévoile serait erroné. En revanche, il n’est pas rare qu’on le retrouve au fil des lignes, ou qu’on retrouve, en tout cas, sa façon de penser et sentir les choses. Son «être au monde», comme on le dit parfois dans les ateliers d’écriture. Christian Authier a une manière bien à lui de décrire la vie qui l’entoure, de la percevoir. C’est ce qui fait son charme, son ton indicible. Sa petite musique très personnelle qui instille du charme à ses livres. Dans Une certaine fatigue, il nous raconte un morceau de la vie de Patrick Berthet, 48 ans, un architecte renommé, apprécié d’une ville du Sud-Ouest qui ressemble comme deux pétales de rose à Toulouse (où réside l’auteur). Il vient de perdre son père, fait face, bien épaulé par Marie, son épouse qu’il adore et qui l’adore. Tout semble bien aller dans la vie de ce quadra qui, de plus, ne semble pas dénué de talent pour jouir de la vie. Mais cette dernière ne tarde pas à lui jouer un bien mauvais tour. Un premier malaise. Un second. Des examens médicaux. Un check up. On lui annonce qu’il est atteint d’une leucémie incurable. Six à huit mois à vivre, c’est peu. Avec courage, il accuse le coup.Se redresse, une fois encore fait face, et s’habitue même à l’idée de sa mort prochaine. Il prévient sa famille, ses collègues et amis du cabinet d’architecture. Il se sent prêt à passer de l’autre côté du miroir.

C’eût été trop simple

    Mais c’eût été trop simple avec Christian Authier qui, tout autant qu’un excellent romancier, est un conteur hors pair qui sait surprendre. Le diagnostic qu’on avait annoncé à Berthet était une sombre erreur. Mais il s’était habitué à la mort, l’architecte. Et plutôt que d’exulter, il sombre dans une profonde dépression et se cloître dans un hôtel et abandonne sa famille, ce dans le but de réapprendre à vivre. Y parviendra-t-il?

    Christian Authier réussit son coup: il nous tient en haleine, ne nous lâche pas d’une seconde, et ce sans ficelles particulières. Juste avec le style et écriture à la fois douce et énergique. C’est un roman de belle facture qu’il nous donne à lire, une fois de plus.

PHILIPPE LACOCHE

«Une certaine fatigue», Christian Authier, Stock, 251 pages, 19,50 euros.

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Besson, mine de rien

Patrick Besson signe un petit livre attachant par sa fraîcheur.

 Dans la veine de « 28, boulevard Aristide-Briand », Le Jour intimes, court recueils de récits, nous permet d’apercevoir, entre les lignes, un Besson plus tendre.

     En 2001, Patrick Besson publiait l’un de ses meilleurs livres chez Bartillat: 28, boulevard Aristide-Briand. Un texte tendre, très intime, dans lequel, avec élégance, il évoquait son enfance à Montreuil, en banlieue parisienne, dans l’habitation parentale située au 28, boulevard Aristide-Briand. L’écrivain-bretteur se confiait, racontait et se souvenait. C’était doux, émouvant. Très réussi. Il revient aujourd’hui, chez le même éditeur, avec Les Jours intimes, un texte de la même facture. Des textes plutôt, de courts récits, nouvelles, commentaires, confidences qui parlent, une fois encore, de l’enfance, mais aussi de la famille et de l’amour. «Patrick Besson a rassemblé dans ce volume des textes importants qui lui tiennent à cœur et dévoilent un aspect méconnu de sa personnalité», souligne l’éditeur dans le prière d’insérer. Il a la bonne idée de nous redonner à lire le succulent Vacances en Botnie, initialement publié dans l’adorable petite collection Nouvelles, du Rocher. Ce texte est un pur bonheur d’humour, de précision, de sincérité. Besson, en quelques dizaines de feuillets, décrit la Suède telle qu’il la voit, telle qu’il la sent. Il eût pu être un grand journaliste s’il n’avait été écrivain. Mine de rien, Vacances en Botnie est un remarquable et très analytique texte sur la Suède. Mine de rien; c’est souvent «mine de rien» avec Patrick Besson lui qui, auteur aujourd’hui d’une centaine d’opus, en a usé des mines. Mine de rien; c’est ce qui fait son charme au Besson. Cette légèreté grave qui a l’élégance de nous faire croire, à nous lecteurs, que c’est facile d’écrire. Alors que c’est si difficile.

    Et puis, il y a « De l’amour », page 79, sublime déclaration à une femme aimée. On y retrouve Besson, titulaire de ce talent rare: posséder le sens de la formule qui fait sens: «Tu es un bulldozer sentimental. Je vais avoir beaucoup de mal à me passer de toi. Nous allons être atrocement heureux.».

    Enfin, page 91, on retrouvera avec plaisir Souvenir d’Ana Ivanovic, nouvelle qu’il avait écrite, en 2011, pour le Courrier picard.

PHILIPPE LACOCHE

«Les Jours intimes», Patrick Besson, Bartillat, 142 p., 13,90 euros

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Entre garçons au Petit Plats, à Montparnasse

 

De gauche à droite : Philippe Lacoche, Cyril Montana, Nicolas Rey et Patrick Besson, écrivain. Paris. Février 2012.

 Commençons par un carnet mondain. La conteuse Catherine Petit et moi, nous nous connaissons depuis une quinzaine d’années. Comme nous ne parvenions pas, – malgré bien des efforts – à faire un enfant, nous avons fait un livre. Il s’appelle Le dernier hiver de Victorine. Mort d’un quartier, et c’est aux éditions de La Licorne, dont les locaux se trouvent rue Alphonse-Paillat, à Amiens, à deux pas du Courrier picard ce qui est très pratique pour toucher mes droits d’auteur. Un enfant, j’eusse eu bien du mal à en faire à cette journaliste de Télérama que j’avais embêtée, en été 2003, au salon du livre de Forges-les-Eaux. J’étais avec Babe, ma jeune et adorable fiancée de l’époque. J’avais bu comme un trou toute la journée. Je tenais une forme olympique et j’avais entrepris ma consœur en lui faisant remarquer que Télérama me gavait sévère car trop animé de bons sentiments citoyens. C’était idiot. Mais il faisait doux, et Babe était belle. J’avais envie de me dégourdir la langue. Aujourd’hui, je ne pourrais plus parler ainsi car Télérama a publié, il y a peu, un bon papier sur le livre d’Emmanuel Carrère consacré à l’excellent et bien fou écrivain Limonov. La revue a également publié un bel album sur Bob Dylan (par le photographe Daniel Kramer; préface de François Gorin).Je me suis fait envoyer le tout par l’attachée de presse. C’est délicieux. Aussi délicieux que le dîner que nous avons fait entre garçons, l’autre soir, au Petits Plats, rue des Plantes, à Montparnasse. Nous étions en forme Patrick Besson, Cyril Montana, Nicolas Rey et moi. Devinette : que font quatre écrivains quand ils se retrouvent? Parlent-ils de littérature? Point, lectrice, poule d’eau inculte. Cyril et Patrick, en dégustant le vin, ont évoqué les inestimables bienfaits de l’alcool. Nicolas et moi, abstinents forcés et désolés, avons parlé médocs. Non, pas du Médoc, le succulent bordeaux, lectrice, petite foulque sans cervelle, mais médicaments. On a ensuite parlé de nos femmes ou fiancées. Moi, je ne la ramenais pas trop car je n’ai plus qu’une ex. Mais avec la forme que je tiens, je ne vais pas tarder à convoler. Le printemps du marquis des Dessous chics sera rock’n’roll et sensuel, lectrice adorée.

Dimanche 18 mars 2012.

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Musique au Point : le bon son de Patrick Besson

 Il y a un ton Besson, une sorte de rythme indicible dans son style. Avec ce recueil des chroniques données au Point, c’est le bretteur qu’on retrouve. Avec délice.

 Il y a une musique Besson, comme il y a une musique Modiano. Pas la même, bien sûr, bien que, dans certains de ses romans les plus intimes, les plus nostalgiques (Ah! Berlin, Lettre à un ami perdu, Accessible à certaine mélancolie, La Maison du jeune homme seul, etc.), il y développe une manière de mélancolie (d’où l’un de ses titres), toute en retenue et très pudique, qui pourrait l’apparenter au créateur de Villa triste. Comme les plus grands du siècle dernier (Roger Nimier, Kléber Haedens, Jacques Laurent, Roger Vailland, etc.), l’inspiration de Patrick Besson est double: celle du désenchantement et du détachement léger d’une part; et celle de la polémique du bretteur, mâtinée d’un humour inouï, rarement égalé et d’un sens aigu de l’autodérision d’autre part.(La force de Besson, c’est qu’il sait aussi se moquer de lui-même.) La première inspiration nous dévoile le romancier; la seconde, le chroniqueur, le journaliste percutant qui rythme sa prose de formules décapantes, sortes de beats irrésistibles. Besson est rock’n’roll. Style sec, souvent très marrant comme un riff de Keith Richards sur une adaptation de Leiber-Stoller. Et ça sonne. Il faut goûter à son dernier livre Au Point, Journal d’un Français sous l’empire de la pensée unique, recueil de ses chroniques données au célèbre journal. C’est un régal.

«Vicieux comme des vieilles filles»

Il y a deux façons de lire cet ouvrage: de la première à la dernière ligne (ce qui nécessite du temps car c’est un pavé de 953 pages!), pour percevoir l’Histoire qui s’insinue entre les lignes, la geste littéraire et les aventures bessonniennes plus personnelles; ou picorer comme dans un paquet de bonbons. Dans les deux cas, le plaisir sera au rendez-vous. Et on rigole. Quelques formules: Noël Mamère qui devient Noël Samère «car il a un nom trop lacanien. Ce n’est pas possible qu’un type pareil s’appelle ma mère. C’est une insulte à toutes les mères»; sur l’Irak, à l’endroit des Anglais et des Américains: «Quand on aime, on ne compte pas les morts»; sur la télévision et particulièrement sur Karl Zéro: «Sur les barricades de l’Audimat, ils ont conquis le droit de payer l’impôt sur la fortune»; sur les auteurs: «les écrivains, c’est vicieux comme des vieilles filles». On peut aussi apprécier la chronique qu’il nous donne à lire sur le magnifique album de Carla Bruni, Quelqu’un m’a dit (depuis qu’elle est devenue la première dame de France, plus personne n’ose dire que c’est un excellent disque), ses pages sur Limonov, si justes, si vraies. Et ce portrait touchant de Raffarin, si éclairant et, sous le rire, si sensible: «Ce qui me touche chez lui, c’est ce qui me touchait chez mon père: il invente ses gestes, force sa voix, improvise ses mouvements. On dirait qu’il cherche à vivre.» Qu’importe Raffarin; c’est la voix de Patrick Besson qui sourd ici. C’est drôle et triste comme du Bove ou du Calet.

PHILIPPE LACOCHE

 

«Au Point, Journal d’un Français sous l’empire de la pensée unique»,

Patrick Besson, Fayard, 953 pages, 26 euros.

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Embareck s’abandonne

 Les écrivains ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils ne font plus les écrivains, qu’il lâchent prise. « Rock en vrac » : l’Embareck qu’on attendait.

 

Michel Embareck, excellent écrivain, fan de rock, ancien critique à Best.

Ce n’est pas toujours dans les œuvres qu’il voudrait majeures, léchées, travaillées, capitales, que l’écrivain donne le meilleur de lui-même. Le romancier confirmé peut encore surprendre son lecteur, entraîner son adhésion, sa passion brûlante, au détour d’un court récit intime, d’une nouvelle sous forme de confession où il s’abandonne, où il lâche prise, où il ne «fait pas l’écrivain».C’est Paul Léautaud avec Amours. C’est Patrick Besson avec 28, rue Aristide-Briand. C’est Henry Miller avec J’suis pas plus con qu’un autre. C’est Dumas avec ses récits de chasse. C’est Michel Embareck avec Rock en vrac. Embareck, c’est une patte. Un style. Une écriture hérissée comme la crête d’un punk à chiens. Le rythme du trépignement rageur de l’enfant que Céline eût fait à Nancy Spüngen, regrettée petite fiancée de Sid Vicious.

Ancien critique à la meilleure revue de rock français (Best), aujourd’hui chroniqueur sportif à Libération, Michel Embareck nous donne à lire ses rencontres avec «des caïds du rock et du roman noir». C’est souvent brut de décoffrage, sans afféterie, urgent, énergique et, parfois, non dénué de poésie urbaine. On y retrouve quelques fantômes adulés, mythiques, qui continuent de hanter les mémoires de ceux qui ont eu le privilège de les croiser: Christian Lebrun, rédacteur du chef de Best, noyée dans la Manche en1989; Patrice Boutin, directeur de la même revue, tué une nuit d’été de1983 au volant de sa Ferrari. On y trouve aussi la folie des années punk londoniennes : «Le punk, c’est le mai1968 du rock’n’roll.» Les pages qu’il consacre à Rock d’ici, la rubrique du rock français de Best, sont justes, émouvantes et bien vues. Little Bob et Bijou y passent, imprègnent ses mots de leurs riffs. Le chapitre intitulé «La guitare de Bo Diddley» est un régal.On y retrouve l’Embareck et son confrère Jean-Luc Manet en extase devant la gratte Gretsch du maître, et cette chute superbe, des deux mecs fuyants sous la pluie, avec, sous leurs blousons, les programmes des Transmusicales dédicacés par le Diddley. On dirait une chute d’une nouvelle de Vincent Ravalec. Ce livre est bon. Il sonne comme si «le rockabilly s’était jeté dans les bras du blues».Cette phrase est d’Embareck; c’est celle d’un bon écrivain.

PHILIPPE LACOCHE

«Rock en vrac, rencontres avec des caïds du rock et du roman noir», Michel Embareck, L’Écailler rock, 220 pages, 18 euros.

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Lacoche, hussard noir dans le vert bocage

Lectrice, bel animal soumis, jette un oeilci-dessous, tu y découvriras un bel article sur le marquis des Dessous chics, article signé par Michel Mainnevret, dans L’Union.

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/lacoche-hussard-noir-dans-le-vert-bocage

 

Publié le samedi 07 janvier 2012 à 11H00 – Vu 41 fois

 
Philippe Lacoche, lors de sa dédicace ce mercredi à la mairie d'Hirson : « Qu'est-ce qui fait le style ? C'est la simplicité. »

Philippe Lacoche, lors de sa dédicace ce mercredi à la mairie d’Hirson : « Qu’est-ce qui fait le style ? C’est la simplicité. »

Philippe Lacoche vient de produire « Des rires qui s’éteignent ». L’écrivain ternois a remonté l’Oise pour parler lecture et écriture avec les Hirsonnais.

DIFFICILE de reprocher quelque chose à Philippe Lacoche. L’homme est bon, trop bon sans doute eu égard aux milieux dans lesquels il évolue. Philippe Lacoche était ce mercredi à Hirson, le matin au lycée Joliot-Curie, l’après-midi dans une librairie et le soir à la mairie.
L’écrivain et journaliste (à Amiens) sort un roman Des rires qui s’éteignent *. Parallèlement, ce « hussard d’automne » se retrouve au centre d’une revue, Chiendents, où les textes sont magnifiquement rédigés. Rayons de soleil dans un début d’année crépusculaire.
Tout cela fait beaucoup pour un seul homme au même moment ! Qui est donc ce Philippe Lacoche ? Un Picard, un homme de plume, de valeurs et de repères, un amoureux des gens et de la vie, un gars du terroir un peu franchouillard, un raconteur d’histoires, un amateur de rock, une photo en noir et blanc, un ado rêveur et blessé. On s’arrêtera là. Une vingtaine de romans, recueils de nouvelles et quelques essais ont installé le personnage en Picardie. Et sur la scène nationale.
Devant les lycéens, ce mercredi, il se livre sur la lecture et l’écriture. Avec cette belle formule : « L’écriture et la lecture, c’est comme une histoire d’amour entre deux êtres. » Un peu plus tard : « J’ai pris un plaisir fou avec Diderot, Molière, Maupassant, entre autres. Et surtout avec Le Grand Meaulnes , d’Alain Fournier. »
Des brumes de Sologne décrites par ce dernier à la mélancolie des terres picardes, il n’y a pas loin. Lacoche est, en effet, synonyme de Picardie. Passionnément. Il y a quelques années, il rédigea même un pamphlet sentimental sur cette région, menacée alors dans sa configuration administrative.
Lacoche, c’est aussi, en soi, un bel exemple « d’ascenseur social ». Pas simple, à première vue, quand on est d’extraction modeste, d’émerger de Tergnier, entre triage et chemin de halage, afin d’exister à Paris dans « le » milieu littéraire et de l’édition.
Celui qui est né à Chauny, a donc vécu son adolescence dans la célèbre cité cheminote. Il est passé de Cité Roosevelt (1994), qui a vite connu une dimension nationale, à une collaboration régulière au Magazine littéraire, puis au Figaro Magazine et au Figaro Littéraire.

Point d’équilibre

À propos de ces deux derniers titres, jeudi soir à la mairie d’Hirson, devant un aréopage bien ancré à gauche, il précise qu’on peut être un hussard de la gauche républicaine et produire de l’encre noble dans ces officines, « où on m’a foutu une paix royale ». Des fois que certains imaginent que le gamin a finalement mal tourné… Toujours simplement, au sein du microcosme parisien, il évoque ses relations privilégiées avec Yann Moix, Denis Tillinac, Patrick Besson, Michel Déon. Tout de même…
Si l’homme a su s’imposer, ce n’est pas le résultat d’une fréquentation assidue des clubs service ou des greens ; la plume et le talent ont produit leurs fruits.
Grâce à une habile gestion des deux activités de journaliste et d’écrivain – le journalisme permettant de fournir quelques histoires au romancier -, Philippe Lacoche a rencontré les bonnes personnes au bon moment.
Avec son style simple et subtil, sa peinture pointilliste des rites sociaux, il s’est rendu indispensable dans un univers littéraire finalement pas si hermétique que ça. Une autre bonne nouvelle là encore.
Musique (il a été journaliste à Best), terroir et… politique. Sur ce terrain parfois glissant, l’homme nuance : « Je ne suis pas un romancier à message. Et puis, la littérature, c’est au-dessus de la politique. »
Dans la terre de gauche qu’est Tergnier, il a trouvé son point d’équilibre autour du patriotisme, « la France terre d’accueil ». Beaucoup plus « prolo », que « bobo », il a même remporté en 2000, avec HLM, le Prix populiste, un terme gratifiant pour lui. Un prix remis à Belfort sur les terres du « Che » par Jean-Pierre Chevénement, qu’il apprécie beaucoup.
« La littérature, si ça peut nous élever de nos basses conditions animales », constate-t-il. Le roman Des rires qui s’éteignent remporte déjà de bonnes critiques dans des espaces aussi différents que La règle du jeu (revue de BHL), Causeur.fr (le site d’Elizabeth Lévy) ou encore Valeurs actuels.
Un Lacoche arrivant pour beaucoup comme une boussole dont on a soudainement besoin.
Michel MAINNEVRET
* Chez Écritures, disponible à Hirson à la Librairie moderne.
** Éditions du Petit véhicule, 44 000 Nantes.

 

 
 

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Bonjour, bande de lecteurs

On pourrait penser qu’il s’agit du marquis des Dessous chics, entre les deux adorables poulettes. Mais non, lectrice à l’esprit mal placé, je n’ai dans ma vie qu’un amour : la littérature.

Je sors un roman, Des rires qui s’éteignent, le 4 janvier 2012,
aux éditions Ecriture.

Et la revue Chiendents, éditée par
les éditions du Petit Véhicule (20, rue du Coudray, 44000 Nantes- 0240 52 14
94; epv2@wanadoo.fr), a la bonté et, surtout,
assez de goût, pour consacrer son numéro de janvier à mes livres, le tout avec de prestigieuses contributions (Roger Wallet, Christian Laborde, Patrick Besson, Alexis Salatko, Cyril Montana, Eric Holder, Alain Paucard, François
Cérésa, François de Cornière, Pierre Mikaïloff, Antoine Piazza, Hervé de Chalendar, etc., ) Pour la revue, il ne vous en coûtera que 3 euros, bande de lecteurs.

Enfin, je sortirai, courant mars, Le Dernier hiver de Victorine, aux éditions de La Licorne (35, rue Alphonse-Paillat, 80000 Amiens, 03 22 91 55 24; editions.licorne@wanadoo.fr),
co-écrit avec la conteuse Catherine Petit; ce livre est un essai sur la disparition du quartier Victorine-Autier, à Amiens. (Le marquis des Dessous chics donne dans le
social ; des têtes vont tomber dans la sciure.)

Je signerai ceslivres et la revue le mercredi 4 janvier, de 14h30 à 18 heures à la Librairie moderne, 136, rue Charles de Gaulle, à Hirson, dans l’Aisne (03 23 58 26 03; rencontre le matin de 10 heures à 12 heures, avec des lycéens, au lycée
d’Hirson, dans la classe de Sabine Lecocq, et le soir réception à l mairie
d’Hirson en présence du maire, Jean-Jacques Thomas qui procédera au lancement
officiel de la revue); le samedi 14 janvier, de 14 heures à 18 heures, à la
librairie Le Dormeur du Val, à Chauny, dans l’Aisne (03 23 52 00 92); le jeudi
26 janvier, à partir de 19 heures, au café Le
Nelson
, quai Bélu, à Amiens (avec une exposition des oeuvres du peintre
rock Daniel Grardel et show-case de la chanteuse à l’esprit contrariant et
coquin Lou-Mary); le mardi 31 janvier, à 17 heures, à la librairie Martelle, à
Amiens, rencontre-débat avec le public et séances de signatures; le samedi 4
février, de 10 heures à 12 heures, et de 15h30 à 19 heures, à la Maison de la
Presse (les Jacobins), à Amiens; le samedi 11 février, de 15 heures à 19
heures, à la Fnac d’Amiens; le samedi 18 février, à la librairie Cognet, à
Saint-Quentin, dans l’Aisne, de 14h30 à 18h30 (le matin à partir de 10 heures,
rencontre avec la presse); vendredi 16 mars, au Salon du livre de Paris; le
samedi 17 mars, de 14h30 à 18 heures, librairie Bruneteaux, à Laon, dans
l’Aisne (03 23 23 21 63); le samedi 24 mars, à la librairie Ternisien-Duclercq,
place de l’Hôtel de Ville, à Abbeville, dans la Somme, de 14h30 à 18h30 (la
veille, le vendredi 23 mars, rencontre avec des lycéens du lycée Boucher de
Perthes, à Abbeville): le vendredi 30 mars, de 21 heures à 23 heures, à la
librairie du Labyrinthe, quartier Saint-Leu, à Amiens, avec show-case musical.

Les lectrices seront chaleureusement accueillies; les lecteurs tolérés. Tenue correcte exigée. Un service d’ordre, efficace et de bonne tenue morale (équipés de
bergers allemands, les préférés de l’auteur), veillera au bon déroulement des
opérations. Les lecteurs bourrés seront immédiatement reconduits à la frontière
de l’ivresse.

Lectrices, je vous embrasse, je vous convoite, je vous cajole si vous le souhaitez. Lecteurs, je vous jalouse (surtout les jeunes et beaux), je vous méprise (sauf si vous
achetez mes livres).

Ph.L., dit le marquis des Dessous chics,
médaillé de la Société de pêche d’Abbeville (la PLP).

 

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