Les coups de coeur du marquis…

Le meilleur des Beatles

Même si l’ensemble de leur production discographique est géniale, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band constitue, sans nul doute, leur meilleur disque. A l’occasion du vingtième anniversaire de sa sortie, le 1er juin 1967, Parlophone a l’excellente idée de le réédité, augmenté de versions initiales, inédites, singulières, non abouties, et d’un livret très précis. Cela pourrait être un peu ennuyeux. Non : ici, c’est un régal. Car c’est terriblement émouvant, d’entendre les balbutiements et la construction de perles comme la chanson éponyme, mais également , et même une version instrumentale et indienne de «Within you without you». Ce sont de véritables petits documents historiques que les puristes adoreront; le grand public aussi, tant ce groupe a été fondamental dans l’évolution de la pop et du rock. Ph.L.

 

Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. The Beatles. 2 CD anniversary edition. Parlophone-EMI.

Les coups de coeur du marquis…

La crème du British blues boom

Écoutez donc l’attaque de la guitare d’Eric Clapton sur ce blues délicieux blues qu’est «Sleepy time time»! Imparable! Solo précis, juteux à souhait, jamais bavard. Comme si Paul Morand ou Roger Vailland, plutôt que d’écrire, s’étaient adonnés à la guitare en plein British blues boom, à Londres, dans les middle sixties. On retrouve ce titre sur le superbe coffret, Fresh Cream, des Cream, que Polydor a eu la bonne idée de nous donner à écouter. Un régal. Fresh Cream est le premier album de Cream; il est sorti en 1966. Cream, trois musiciens anglais pur jus et les plus talentueux du moment: Eric Clapton, guitare, Jack Bruce (1943-2014), basse et Ginger Baker. Et comment passer à côté de «Spoonful»? Sur ce coffret: un CD version mono, une autre version stéréo, et des premières versions de morceaux, puis les sessions BBC et un disque audio Blu-ray. Un régal, vous dis-je!

PHILIPPE LACOCHE

Fresh Cream, Cream. Polydor.

Symphonie Birkin-Gainsbourg

«C’est un privilège que l’un des plus grands auteurs français ait écrit pour moi de mes 20 ans jusqu’à mes 45 ans», confie Jane Birkin à l’occasion de la sortie de l’album Le symphonique. Sous la direction artistique de Philippe Lerichomme, compagnon de route de Jane et de Serge depuis les années soixante-dix, 24 chansons signées Gainsbourg ont été arrangées par Nobuyuki Nakajima. Ici, le meilleur de Gainsbourg, porté par l’indicible et si singulière voix de Birkin, de «Lost Song» à «La Javanaise» en passant par le génial «Ces petits riens», «Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve», «Manon», «La gadoue» et, bien sûr, «L’anam our». C’est parfois surprenant. Mais bien vite, quand la mélodie arrive, quand les paroles sortent de la jolie brume bleutée des arrangements, on en laisse porter. Emporter. Ph.L.

Le symphonique, Birkin Gainsbourg; Parlophone.