Les coups de coeur du marquis

DOCUMENT

Contre l’oubli

C’est un passionnant ouvrage que vient de faire paraître Jean-Paul Baronnet. Un travail de chercheur et d’historien, qui rend hommage aux «23 enfants» de la commune de Liomer (canton de Poix-de-Picardie, Somme), victimes de la première guerre mondiale. Comme il l’explique, non sans modestie, dans la préface, «si, à l’occasion du centenaire de cette guerre, on a redoré les noms gravés sur la pierre du monument, les visages se sont effacés à jamais sur les médaillons de métal, ébréchés et rouillés, fixés sur le marbre. Qui étaient-ils? Il nous a paru bon de les arracher à l’oubli…» Grâce aux documents accessibles sur internet, il s’est mis au travail. Rare, humble et pur comme l’eau du Liger. Coluche-Livre-Chêne-Juin 2016Ph.L.

Les 23 de Liomer, In memoriam, Jean-Paul Baronnet; 225 p.; éd. association Le Forestel.

NOVELLA

Panique chez les SDF

La novella est une sorte de court roman, ou de nouvelle développée. Un genre assez rare qu’utilise l’écrivain et critique musical (notamment pour Best, Les Inrockuptibles et Nineteen) Jean-Luc Manet (notre photo) pour son dernier opus, Trottoirs. Il donne la parole à ceux qui marchent, «ces émouvants somnambules qui subissent un quotidien sans futur», comme l’indique joliment l’éditeur en quatrième de couverture. Un SDF, Romain, arpente les rues de la capitale; il ressasse les souvenirs d’un bonheur évanoui. Et rêve sur le corps d’une prostituée venue de l’Est. Un premier sans-abri, un frère en quelque sorte, est assassiné. Un second, puis un troisième. La panique s’installe de la commune des laissés-pour-compte…

Trottoirs, Jean-Luc Manet, éd. In8; 66 p.; 12 €.

BEAU LIVRE

Coluche, trente ans déjà

Le 19 juin 1986, Coluche nous quittait. Trente ans jours pour jours après sa mort, Jean-Pierre Bouyxou, collaborateur de Paris Match et Marc Brincourt propose un beau livre, Coluche, putain de mec! Impertinent, provocateur, indifférent aux diktats du bon goût et rétif à toute forme d’autorité, Coluche a été le dernier grand humoriste à reprendre le rôle politique que tenaient les bouffons au temps des rois. Sans jamais cesser de rire, il s’est montré légal de l’abbé Pierre en montant de toutes pièces la formidable aventure humaine des Restos du cœur.

Coluche, Putain de mec! Jean-Pierre Bouyxou et Marc Brincourt; préface de Thierry Lhermitte; Chêne. 208 p.; 24,90 €.

 

L’apport de Brian Jones et de Bill Wyman aux chansons des Stones

Un livre de plus sur les Stones? Pas tout à fait. Celui-ci, grâce à sa forme (la carrière du groupe est égrenée au fil des chansons phares) et son fond (des petites informations sur les crédits des titres, les participations de chacun en dehors du duo Mick Jagger-Keith Richards). Il commence bien avec cet exergue incontournable, cette phrase de Bill Wyman: «Les Stones ressemblent à une grande famille, avec ses joies et ses conflits… J’ai toujours pensé qu’ensemble, nous étions meilleurs que la somme de nos individualités.» On y comprend mieux, par exemple, le travail et l’apport de Brian Jones et de Bill Wyman dans les compositions. Ils seraient à l’origine du merveilleux «Paint in black».Bill aurait trouvé, au piano, le riff de «Jumping Jack Flash».Chanson créditée… Jagger-Richards. Brian Jones, même s’il était, semble-t-il, incapable de mener à bien une chanson de bout en bout, a très souvent apporté mélodies, riffs, arrangements. Son rôle dans les compositions eût mérité d’être signalé; il eût même dû cosigner certains titres. Ce ne fut jamais le cas. Journaliste à Paris Match, VSD et Télé 7 Jours, Gilles Lhote revisite ici ses cinquante titres préférés des Stones. Intéressant et réussi.

PHILIPPE LACOCHE

«Rolling Stones, 50 ans de légende, 50 tubes mythiques», Gilles Lhote (avec Erika Hilt), Le Rocher, 129 p.; 13 euros