Arnaud Le Guern, un Morand sans le cœur sec

«Adieu aux espadrilles» est un adorable petit roman, sensuel et gracieux, nimbé d’une mélancolie sournoise.
C’est un beau petit roman, poétique, sensuel, légèrement mélancolique, que nous donne Arnaud Le Guern avec Adieu aux espadrilles. De quoi s’agit-il? D’une sorte de lettre d’amour que le narrateur envoie à la femme qu’il aime, Mado. Elle la recevra à Paris, après qu’ils auront, tous deux, quitté les rives du Lac Léman, où ils passent de douces vacances. Lui note ses impressions, ses états d’âme sur un petit carnet. Il observe la belle, la tutoie. «Le monde d’avant, ici, n’est pas encore mort. Les villas en conservent des traces. Rosaces surplombant une grille, volets ancestraux, ornements marbrés d’une balustrade. J’imagine une jeun

Arnaud Le Guern, essayiste, romancier, éditeur.

Arnaud Le Guern, essayiste, romancier, éditeur.

e femme y prendre l’air. Elle porte une robe blanche découvrant la peau de lait de ses bras. Le soleil se reflète sur un foulard à motifs panthère, d’où s’échappe une mèche brune, et sur la monture crème de ses lunettes noires. Je la surprends alors qu’elle ôte sa culotte, que ses doigts se referment autour du tissu. Quand as-tu, pour la dernière fois, fait glisser ainsi ton étoffe précieuse?» C’est beau; on dirait du Larbaud. Dans ce roman : beaucoup de vin, de crème solaire, d’amour, de sable tiède, de douceur. Et de tempête. Parfois. «Tes yeux furieux zébraient la nuit», constate le narrateur quand sa compagne est au sommet de la colère, piquée au vif par un mot. Elle fait tomber ses lunettes qui lui donnent «un air de maîtresse d’école mutine». Son mascara se met à couler. Car derrière le plaisir et la dolce vita que savourent les deux amoureux, derrière «la mousse lasse des cappuccinos», derrière cette gourmandise pour la lecture et la littérature (Gary, Drieu La Rochelle, Vailland – toujours, encore, toujours Vailland, c’est bien –, etc.), se planque, sournoise, tapie derrière les buissons du plaisir, une angoisse légère, blanche comme du vinaigre blanc qui ronge les rêves de calcaire. Exemple : l’ombre de Pierre, oncle du narrateur, suicidé. Là, on serait presque chez Modiano. Mais, bien vite, le naturel et la vie reviennent à pas de ballerines: «Il faut continuer. La dolce vita, les petits luxes, le sexe, la peau bronzée, les lèvres effleurées, la quête du soleil et des terrasses, les lunettes noires, les volutes, les bars d’hôtel, les bains de mer et d’eau douce, la clandestinité aux yeux de l’immonde», fait dire l’auteur à une fille brune d’une carte postale illustrée par Mel Ramos. Arnaud Le Guern, c’est un Morand qui n’eût pas été titulaire d’un cœur sec.
PHILIPPE LACOCHE
Adieu aux espadrilles, Arnaud Le Guern, Le Rocher, 150 p.; 17 €.

Éclairant Jean-Marie Rouart…

Il dresse le portrait de quelque 120 écrivains qu’il a adorés, et nous donne à lire des extraits du meilleur de leurs œuvres. Succulent.
Il est peu courant qu’un gros livre soit un grand livre (A la recherche du temps perdu, Proust; Le Vicomte de Bragelonne, de Dumas; Guerre et paix, de Tolstoï; Les Misérables, de Hugo; etc.) Ces amis qui enchantent la vie (quel joli titre!), de Jean-Marie Rouart, en est un. Il est gros (906 pages), et grand (passionnant, sensible et didactique; utile, terriblement utile. Et tellement littéraire et poétique!) Il est sous-titré Passions littéraires. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, est un gros lecteur (boulimique) et un grand lecteur (attentif, éclairé, éclairant, transmetteur, fraternel). C’est un excellent connaisseur de la littérature. Ce livre, qui propose des portraits d’écrivains choisis, des manières de préfaces passionnées, passionnantes, gourmandes, joyeuses, et des morceaux choisis de leurs œuvres, n’est rien d’autre, comme l’indique l’éditeur en quatrième de couverture, «le fruit d’une longue histoire d’amour». Il les classe par chapitre délicieusement subjectifs: «Les soleils païens» (Rabelais, Restif de la Bretonne, Casanova, Nietzsche, Maupassant, Colette, D.H. Lawrence, Henry Miller, etc.), «Les magiciens» (Toulet, Louÿs, Cocteau, Gary, Blondin, Zweig, Delteil, Aymé, etc.), «Les cœurs en écharpe» (Musset, Apollinaire, etc.), «Les amants malheureux de l’Histoire» (Bernis, Stendhal, Barrès, Zola, Drieu la Rochelle, Morand, Déon, etc.), «Les bourlingueurs de l’infini» (Loti, Cendrars, Hemingway, etc.), «Beaux et grands esprits» (Voltaire, Jean d’Ormesson, etc.), «Les fracasseurs de vitres» (Rousseau, Céline, Bernanos), «Voyeurs, pervers, nymphomanes» (Sachs, Anaïs Nin, etc.), «Les moitrinaire» (sublime néologisme! Léautaud, Gide, Nourissier, Houellebecq, Sollers, etc.),

Jean-Marie Rouart. (Photo : P. Matsas.)

Jean-Marie Rouart. (Photo : P. Matsas.)

«Les monuments qu’on visite» (Balzac, Hugo, Flaubert, Simenon, etc.). Et bien d’autres chapitres dans lesquels il n’oublie pas Baudelaire, Giono, Modiano, Bloy, Léon Daudet, Nizan, Nimier et Radiguet. Livre fort, livre émouvant, notamment quand il se demande l’intérêt de Tolstoï pour la franc-maçonnerie n’a pas été de nature à sa propre conversion «à la religion d’Hiram». Et lorsqu’il constate, un peu triste que des continents entiers de littérature resteront ignorés du lecteur avide. On adorera le portrait de Restif ( » il a troussé plus de femmes que de livres»), celui de Casanova (le mythe de l’aventurier; le bourgeois naissant qui doit tout à son mérite personnel et «fait la nique aux aristocrates»). De Cocteau, il dit si justement, qu’il est «un clavecin égaré au milieu du jazz», et de Marcel Aymé qu’il est un poète «qui n’a pas coupé les amarres avec le réalisme». Oui, ce livre est succulent, génial et sublime. Et, chose essentielle, il permet de goûter aux écrivains qu’on ne connaît pas encore. Merci, Jean-Marie Rouart!
PHILIPPE LACOCHE
Ces amis qui enchantent la vie, Passions littéraires, Jean-Marie Rouart, de l’Académie française, Robert Laffont, 906 p.; 24 €.

Du bio à Vailland

   

Marc Monsigny ( à droite) et Denis Solau.

Marc Monsigny ( à droite) et Denis Solau.

On change ; on change tous. Et quand on a changé, nous éprouvons la terrible impression que nous étions un autre, une manière d’étranger : un idiot, un imbécile. C’est affreux ! Il y a quelques années, lorsqu’on me parlait du bio, je souriais. Je pensais aux bobos, aux babas barbus. Moi, le rocker urbain, le presque bolchevick, le jacobin, je ne voulais pas entendre parler de ces pièges libertaires-libéraux. Et puis, Lys est entrée dans ma vie. Non seulement, elle m’a initié à la musique baroque, à l’opéra, m’a réconcilié avec le cinéma, mais elle m’a fait découvrir le bio. Depuis, mon alimentation a changé. Et, j’ai enfin compris que de cette façon, je luttais avec mes petits moyens contre le capitalisme. C’est bon un radis noir bio, un vin bio. Et le combucha : un régal ! Ainsi, dimanche dernier, je me suis rendu à la Fête de l’Hortillon de Lune, à Rivery. Jean-Louis Christen proposait un rendez-vous convivial. Le maraîchage biologique était à l’honneur avec stands associatifs, ateliers, démonstrations techniques mais aussi théâtre et concerts. J’arrivais pour celui de Marc Monsigny et son guitariste Denis Solau. « Des chansons, tantôt légères, drôles ou plus graves, des émotions suggérées, des histoires qui se partagent avec quelques picarderies », comme l’explique Marc. Notamment, une version en picard de « Je me suis fait tout petit », de Georges Brassens, et ça valait son pesant de ficelles. Picardes. A la Fête de l’Hortillon, j’ai retrouvé mon ami Sylvestre Naour, ancien journaliste du Courrier picard, correspondant de Libération, qui avait quitté sa chère Bretagne pour se rendre à Paris où il terminait le montage d’un documentaire qu’il réalise pour France Culture. Il en avait profité pour faire un crochet par la Picardie. Sylvestre ne change pas. Nous avons parlé des jours anciens, au journal, de littérature, de quelques amis communs. Et je suis rentré chez moi pour terminer le petit livre numérique que j’avais promis de rendre à mon ami Dominique Guiou, ancien rédacteur en chef du Figaro littéraire. Dominique vient de fonder sa maison d’édition, Nouvelles lectures (http://nouvelleslectures.fr/), et m’a commandé un texte pour sa collection Duetto. Le principe ? Un écrivain écrit sur un écrivain qui le passionne, mais pas à la façon d’un biographe, d’un essayiste ou d’un journaliste. A la façon d’un écrivain. Je lui ai proposé d’évoquer Roger Vailland (ça sortira le 20 juin prochain). J’ai pris un vif plaisir à écrire ce court récit d’une vingtaine de feuillets. Vailland a toujours balisé ma vie comme les autres écrivains qui me hantent : Modiano, Cendrars, Haedens, Déon, Céline, etc. J’en ai profité pour me souvenir que quelques copains disparus : Jacques-Francis Rolland (dit JFR), écrivain, ami de Vailland (le Rodrigue de Drôle de Jeu, c’était lui), Jean-Jacques Brochier, rédacteur en chef du Magazine littéraire (auteur d’un remarquable essai sur le romancier, chez Losfeld), Maurice Lubatti, ancien responsable de l’agence de Beauvais, du Courrier picard, qui, un jour du printemps 1984, m’avait incité à foncer à Silly-Tillard pour y interviewer JFR qui venait de se voir attribuer le Grand Prix du Roman de l’Académie française pour Un dimanche inoubliable près des casernes (Grasset). La nostalgie m’étreignait ; j’étais triste mais bien.

Dimanche 14 juin 2014

La prose diatonique de Raymond Carver

Le grand nouvelliste américain, mort en 1988, fait sonner ici une vingtaine d’histoires empreintes d’un blues poisseux et terriblement américain.

Raymond Carver est considéré, à juste titre, comme l’un des meilleurs nouvellistes. Couronné de nombreux prix, traduit en Europe et au Japon, il a été qualifié de «Tchekhov américain».

Qu’est-ce qui constitue, au juste, le charme de la prose de Carver? Certainement son sens de l’effet minimaliste. Mais pas un minimalisme désincarné ni abscons.T out au contraire. Ses personnages sont de chair, de sang, de rire, de larmes, parfois de révolte et de fureur. Ce sont souvent des gens modestes, des prolétaires, des sans grades, ou issus des classes moyennes. Terriblement moyennes.

Il dit peu, il dit bien

Le style de Carver est efficace, rarement lyrique, jamais «fleuri».Il dit peu mais il dit bien. Il va à l’essentiel, avec une rapidité quasi féline, des manières de coups de pattes qui font mouche. Il se concentre sur le saillant, le réel dans ce qu’il a de plus juste, parfois de plus banal. Un caractère est brossé en quelques lignes; idem pour un physique.

Le titre du recueil qui nous occupe, Tais-toi, je t’en prie, vaut son pesant d’efficacité. C’est presque une mini nouvelle à lui tout seul. Un peu vachard, cynique, certainement tissé d’un désespoir qui ne se dévoile pas vraiment. La vingtaine de nouvelles de ce livre est dans cette veine. Des ombres lasses, usées qui se débattent contre un quotidien qui, souvent de fait pas de cadeau. Point de misérabilisme, non. Et c’est encore pire. Il y a un blues Carver, un gris Carver, comme il y a une musique Modiano. Quelque chose d’indéfinissable qui, même quand le soleil brille, que la partie de pêche donne à fond, ou que la victoire minuscule pointe son nez, finit par vous broyer le moral et instiller en vous un spleen. On en ressort en se demandant à quoi tout cela sert. Ces dîners, ces mots qu’on échange pour pas grand-chose. Tout est moyen; rarement dramatique. Et pourtant… Page68: «Je suis remonté jusqu’en haut de la berge et je suis passé sous une clôture coiffée d’un panneau qui disait: ENTRÉE INTERDITE. C’est là que prend naissance une des pistes de l’aérodrome. J’ai fait un arrêt pour regarder des fleurs qui avaient poussé dans les lézardes de la piste. Elles étaient entourées de ces traces noirâtres, huileuses, que laissent les avions au moment où leurs pneus prennent contact avec le macadam.» Un peu plus loin, il y a le ruisseau. Le narrateur pêche. Il se trouve bientôt confronté à un énorme poisson visqueux, une sorte de silure ou de gros poisson-chat. Une sale bestiole, puissante et huileuse. Comme les traces sur la piste de l’aérodrome. Nous sommes aux États-Unis. Carver observe, raconte et chante son blues comme lui seul sait le faire. Sa prose sonne comme l’harmonica d’Al Wilson. Sa prose est en diatonique.

PHILIPPE LACOCHE

«Tais-toi, je t’en prie», Raymond Carver, traduit de l’anglais (États-Unis) par François Lasquin. Éditions Points. 317 p.; 7,20 euros.

L’ombre d’une tante

Prix Rernaudot Essai 2012 avec « Le Dernier modèle », Franck Maubert sort un roman d’une grande qualité. « Entre Simenon et Dhôtel », selon Modiano.

Franck Maubert vient d’écrire un roman plein de charme et de poésie.

Villa close (quel beau titre! Digne de Villa triste, de Patrick Modiano) n’est pas seulement un vrai roman; c’est un grand roman. On y plonge; on y nage avec l’impression, angoissante et singulière, de s’y noyer comme dans une mare de plaisir. On en ressort fortifié et avec une immense impression de bonheur. Celui d’avoir passé un joli moment de rêverie poétique. Franck Maubert – qui s’est vu décerner le Prix Renaudot Essai 2012 pour le très beau Le Dernier modèle, éd.Mille et une nuits dont notre consœur Claudine Marillot avait rendu compte dans ces mêmes colonnes- nous invite à suivre pas à pas Julien Collardeau, journaliste gastronomique recyclé dans la nécrologie de célébrités. Il décide de se retirer à Richelieu, dans l’Indre-et-Loire, dans la maison de tante défunte dont il fut très certainement l’amant. Ici, tout est dans le «très certainement».Car, Franck Maubert, seulement, le suggère. Et par là même, il inocule à cette idée une puissance érotique rare. Comme un parfum ambré de mystère musqué. Collardeau, peu à peu, fait la connaissance de cette ville, construite par le cardinal du même nom, une ancienne ville nouvelle. Climat étrange. En effet, les faits divers s’accumulent: meurtres, assassinats, morts brutales, suicides, rumeurs douteuses… Des personnages énigmatiques rôdent: un vieux comédien élégant et bourru, un colosse, manière d’ogre sensuel à la Philippe Noiret; un libraire louche assez pervers, fou d’érotisme; un décorateur homosexuel, conducteur d’une Triumph, et dont l’amant américain a été assassiné…

Julien Collardeau mène l’enquête et tente de démêler les fils de cette touffe d’énigmes translucides comme du fil à pêche. Mais c’est aussi sur lui-même qu’il enquête sous la houlette de deux ombres tutélaires: sa tante si charmante et ce cardinal qui, un jour de1642, décida de fonder entre Poitou et Touraine «cette ville close». Il y a quelque chose de terriblement français dans ce roman qui, en ces tristes époques où tout se mondialise, fait un peu figure d’Ovni littéraire. «J’ai trouvé qu’il y avait là du Simenon, et aussi un peu d’André Dhôtel, écrivain que j’aime beaucoup…» Beau compliment.

PHILIPPE LACOCHE

«Villa close», Franck Maubert, Ecriture, 184 p.; 18,95 euros.

La dernière course de Morand

Pauline Dreyfus évoque la dernière campagne de Paul Morand à l’Académie française. Un grand livre sur un couple désespérément détestable.

Évoquer la littérature, tenter de la comprendre, de l’aimer tout à fait, ou juste un peu, se révèle un art difficile. Car souvent, les plus talentueux, les meilleurs sont antipathiques, voire de fieffés salauds. Voyez Céline, le plus grand romancier du XXe, revenu cinglé de la Grande Guerre, mauvais comme une teigne, méchant camarade, bête comme une vieille poule dans ses délires antisémites. Mais quel talent! Quel souffle! Et Le Voyage au bout de la nuit, quel grand roman! Voyez Paul Morand, avec sa tête de gros gâté, sa facilité en tout, son hédonisme agaçant, son mépris détestable de la démocratie et de la République, son épouse indéfendable, cette princesse Soutzo, antisémite, raciste, méchante femme, si détestable dans ses propos et ses jugements. Morand, pétainiste, au sujet de la Résistance, osait affirmer qu’il s’agissait «d’une prodigieuse comédie, admirablement mise en scène par le parti communiste et jouée vingt-cinq ans, dans toutes les langues, par le meilleur acteur qu’on ait vu depuis Napoléon: De Gaulle.» Détestable Morand oui, mais, lui aussi, quel talent! Comment oublier ce styliste hors pair, pas un inventeur comme Céline, non, mais un musicien, un rythmicien des mots, un sprinteur du verbe. Un rapide, un vrai rock’n’roller. Une manière de Chuck Berry de la littérature française. Il faut lire Hécate et ses chiens ou Tendres stocks ou Fermé la nuit. L’excellente Pauline Dreyfus, petite-fille d’Alfred Fabre-Luce, un proche de Morand, vient d’écrire l’un des meilleurs premiers romans de cette rentrée littéraire. Elle y évoque les mois qui précèdent l’élection de Paulo à l’Académie française. Il a 80 ans. Il a déjà essayé plusieurs fois – en vain – de devenir immortel. Trop jeune d’abord, puis, à cause de sa mauvaise conduite pendant la guerre, le Général fit barrage. Il finira par être élu en 68, année symbolique. Il les a eus à l’usure! Pauline Dreyfus s’intéresse aux derniers jours, à leur tristesse, à leur mélancolie. Le vieux monde fiche le camp. Le couple Morand aussi. Le corps de Paul se délabre; Hélène, la princesse épouse, est presque aveugle et sourde, en fauteuil roulant. Ils disent des méchancetés sur le monde entier. Surtout sur le peuple et sur la République? C’en devient pathétique. Pauline Dreyfus a le sens des seconds rôles; elle nous donne à voir le jeune Modiano, Nathalie Baye (qui fait la lecture à Hélène), et quelques autres. C’est vif, très bien écrit; on dirait du Morand.

PHILIPPE LACOCHE

Immortel enfin», Pauline Dreyfus, Grasset, 229 p.17 euros.