Besson pour tous les goûts

Les fans de Patrick Besson vont y trouver leur compte : il sort en même temps un excellent roman et un recueil de ses critiques littéraires.

Les lectrices et lecteurs de Patrick Besson, ses fans, vont être aux anges: l’écrivain, par ailleurs chroniqueur au Point, sort parallèlement deux livres. Un roman, Puta madre, du meilleur cru; et un recueil de ses critiques littéraires, Avons-nous lu?, sous-titré Précis incendiaire de littérature contemporaine.

Il a ancré l’histoire de son roman au Mexique; il fallait s’en douter. En effet, il suffisait de lire ses dernières chroniques du Point pour comprendre qu’il s’y rendait souvent. On comprend mieux maintenant. Puta madre suit pas à pas Maximilien qui, pour s’éloigner de la femme avec qui il s’est pacsé, se retrouve à Cancun. C’est le début d’une aventure pleine de tensions, de folies, de rebondissements. Maximilien boit beaucoup, câline, en peu de temps, un bon nombre de filles adorables. Dort peu. Ce n’est pas la peine car les choses vont trop vite. Son ancienne compagne, devenue la maîtresse d’un célèbre metteur en scène de Hollywood, est retrouvée assassinée, à l’instar de ce dernier. On s’en doute, le pauvre Maximilien devra rendre des comptes. Les actions s’enchaînent à un rythme haletant. Patrick Besson mène sa narration tambour battant, grâce à des rafales de dialogues nets, limpides, vifs qui font avancer l’histoire tout la clarifiant. C’est du grand art. Savoir faire dialoguer ses personnages nécessite du talent. Nombreux sont les écrivains qui en font les frais. Les dialogues sont tout sauf du remplissage; ils doivent être la respiration d’un texte. Besson l’a compris depuis longtemps. Là, il excelle dans le genre. Et toujours ce sens inouï de la formule: là, «le champag

Patrick Besson : un roman percutant, et des critiques littéraires très enlevées. Du Besson pur jus.

ne n’est pas de l’alcool, c’est de l’eau avec un sourire à l’intérieur»; ici, il fait dire à une maquerelle que «l’érection délie les bourses».Un peu plus loin, «le jeune homme paraissait si heureux qu’on avait l’impression qu’à travers le pansement son œil crevé avait recommencé à voir, notamment l’avenir.» Un festival de finesse et d’humour. Ce sens de la formule, on le retrouve, bien sûr, dans les chroniques littéraires qu’il a données au Figaro littéraire, à Marianne et à Nice matin. Besson y évoque les meilleurs écrivains (Benoît Duteurtre, Éric Holder, Michel Houellebecq, Michel Déon, Éric Neuhoff, Antoine Blondin, Drieu la Rochelle, Georges Simenon, Philippe Vilain, Pierre Benoit, Yann Moix, Patrick Rambaud, Christian Authier, Alain Paucard, Michel Mohrt, Maurice Pons, Jacques Brenner, Patrick Modiano, etc.), et descend les plus mauvais, nombreux eux aussi. Car, comme l’écrit Patrick Besson, «l’art est le monde de l’injustice».

PHILIPPE LACOCHE

«Puta madre», Patrick Besson, Fayard, 173 p.; 15 euros.

«Avons-nous lu?», Patrick Besson, Fayard, 983 p.; 26 euros.

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«Patrick Poivre d’Arvor : « Les livres, c’est capital dans ma vie »

Patrick Poivre d'Arvor dans le train entre Amiens et Abbeville, vendredi 12 avril, vers 15h30.

Il est venu signer son dernier livre « Seules les traces font rêver » à la librairie Ternisien à Abbeville. On savait qu’il y aurait un monde fou. Alors, l’interview qu’il nous a accordée, s’est déroulée dans le train entre Amiens et la capitale du Ponthieu.

 

Pourquoi avoir écrit ce livre de souvenirs et de portraits? C’est une manière de bilan de vie. Pourtant, vous n’avez pourtant que 65 ans.

Au départ, c’est en fait à cet âge-là que j’avais prévu d’arrêter le journal télévisé. Je l’avais toujours dit. Comme vous le savez, ça s’est arrêté de manière prématurée. Je me suis débrouillé pour avoir du temps afin de faire le point sur les gens que j’avais rencontrés, sur tout ce que j’avais vu, connu. J’ai donc arrêté l’émission que je faisais sur France Cinq, La Traversée du Miroir. J’ai pris tous mes petits agendas, comme celui que j’ai là, sur moi; je les ai tous regardés afin de retrouver les faits saillants, et j’ai réordonné la chose. Me connaissant (je suis toujours en train de galoper), il s’agissait là d’un moment unique de tranquillité. Je le vois aujourd’hui : je suis reparti dans la mise en scène de Don Juan; je suis en train de terminer un livre; je termine l’adaptation d’une pièce de théâtre, etc. Tout cela va me prendre à nouveau beaucoup de temps. Je suis content d’avoir trouvé cette année pour faire le point, cette année de recul.

Dans quelles conditions avez-vous écrit ce livre?

J’ai toujours conservé mes agendas depuis que j’ai 22 ans. Je les ai tous mis sur la table. Je les ai repris jour après jour; j’y voyais défiler les noms des gens que je rencontrais. Remontaient en moi des souvenirs. Ou pas. Ensuite, j’ai réordonnancé avec mes passions successives, chronologiquement la lecture, puis l’écriture. (La lecture et l’écriture sont pour moi essentiels.) Ensuite, le métier de journaliste. Troisièmement, les rencontres avec les chefs d’états étrangers. Ensuite, je suis arrivé sur les chefs d’état français avec les portraits assez fouillés des uns et des autres. Puis quelques chapitres sur les figures artistiques ou de foi et d’espérance.

Vous êtes né à Reims. Quel souvenir gardez-vous de cette ville? Y avez-vous gardé des contacts?

Oui, bien sûr. Saint-Exupéry a dit qu’on était de son enfance comme on est d’un pays. Incontestablement, je suis de mon enfance; et je m’en rends bien compte dans ce livre. Pourtant, je n’ai pas d’agenda entre zéro et 20 ans. Mais me remontent tous ces souvenirs d’enfance. Mes premiers livres de poche lus chez le soldeur de la ville (il existe encore); mes premières émotions sportives vécues soit devant un poste de télé en noir et blanc, dehors, devant un magasin d’électroménager car mes parents n’avaient pas la télévision; soit vécus au stade Auguste-Delaune qui aujourd’hui, vibre à nouveau, et ça m’a fait plaisir de voir Reims en première division.

Vous souvenez-vous de la Vesle?

Oui, j’en parle souvent car ils nous arrivaient d’aller pique-niquer au bord de la Vesle avec ma mère. Nous allions aussi sur la montagne de Reims qui culmine à 80 mètres ce qui est quand même assez exceptionnel! (C’était notre petite fierté.) Je me souviens du canal. Tous ces moments, sont importants pour moi.

Roger Vailland habitait Reims, lui aussi.

Bien sûr. Je l’évoque car imaginer qu’une bande de jeunes gens (Roger Vailland, Roger Gilbert-Lecomte, Daumal, etc.) avait fréquenté le lycée où j’étudiais… je trouvais ça magnifique. Ca me donnait de l’espoir; ça me laissait penser que c’était possible pour moi aussi. Ce qui n’est pas toujours facile car je venais d’un milieu modeste; mes parents n’avaient pas de relation. Il n’y avait aucune raison que je fasse un jour du journalisme, que j’écrive des livres… Mais qu’il y ait eu des gens comme eux, ou comme Rimbaud, à Charleville, à 70 kilomètres de chez nous , qui avaient eu cette audace, cela m’a apporté beaucoup.

Il n’y a pas de plaque sur la maison d’enfance de Roger Vailland, avenue de Laon, à Reims. C’est dommage, vous ne trouvez pas?

Oui, c’est dommage. Il faut que des gens très motivés fassent des démarches. Je suis parvenu à faire en sorte qu’une rue de Reims porte le nom de mon grand-père qui était poète (N.D.L.R. : son grand-mère maternel, Jean-Baptiste Jeuge, relieur et poète connu sous le nom d’auteur de Jean d’Arvor). Une rue un peu bizarre qui se trouve dans une zone de supermarchés mais c’était important pour moi qu’elle existe. Il y avait là une forte volonté de ma part. Vailland n’avait peu être pas d’héritiers qui aient pu entreprendre la démarche. Je n’oublie pas que Roger Vailland a eu le prix Interallié, comme moi (j’étais très heureux de l’avoir obtenu). Malraux l’avait récolté le premier; Vailland l’avait eu pour Drôle de jeu. C’était un joli cousinage.

Avez-vous déjà travaillé au journal L’Union?

Oui : à chaque fois que je revenais de mes reportages à l’étranger pour France-Inter, j’en faisais une version papier pour L’Union; je ne devais pas être payé pour ça. Mais j’étais très heureux de voir mon nom dans L’Union. J’étais très très fier. (N.D.L.R : à cet instant de l’interview, nous sommes toujours dans le train; il indique que nous passons tout près de la maison de Jules-Verne.) C’était des reportages que j’avais pu faire aux Philippines, à l’île Maurice, etc. Je signais également quelques tribunes dans les Libres opinions. J’étais très content; c’était un immense honneur qui m’était fait.

Votre livre – comme votre vie – , est riche et imposant. Il déborde d’histoires, d’Histoire et de rencontres. Quelle est la rencontre qui vous le plus marqué?

Jean-Paul II, le Dalaï Lama, en France l’abbé Pierre, soeur Emmanuelle qui est devenue une grand grande amie, le père Pedro, etc. Assez curieusement, ce sont des gens de foi alors que j’ai un rapport très compliqué avec la foi depuis que j’ai perdu un enfant, puis deux, puis trois, je me suis mis à avoir beaucoup de questions à poser à Celui qui a permis ça…

Et la rencontre la plus désagréable?

J’ai dû présenter dix mille journaux télévisés; on me parle toujours du dernier qui était très sympa, même s’il y a un côté sépulcral. Et on me parle toujours de deux minutes du conférence de presse de Fidel Castro. Si vous aviez comme ça m’énerve, s’agissant d’un homme que j’ai rencontré un an plus tard… s’agissant d’un truc que j’avais annoncé comme une conférence de presse… et de penser qu’il y a encore aujourd’hui des journalistes qui caquètent, répètent, par Wikipédia interposé, autant de rumeurs non vérifiés… Ils répètent quelque chose qui n’a jamais été ni de mon fait, ni sanctionné par qui que ce soit. Il n’y a eu que deux minutes d’un montage extrêmement maladroit. Oui, c’est l’une des choses qui m’a le plus énervé. J’ai été résumé à ça.. Ca en dit long sur notre métier, et sur le manque de confraternité.

Votre carrière se partage entre journalisme de haut vol et l’écriture littéraire et les livres. Vers quel domaine votre coeur penche-t-il?

Les livres parce que chronologiquement, ça a commencé par ça. J’ai écrit mon premier ouvrage à 17 ans; il a été publié bien plus tard et s’est appelé Les Enfants de l’Aube. Je ne suis devenu journaliste qu’à l’âge de 20 ans parce que j’avais gagné un concours à France-Inter. En importance et en trace (puisque c’est le titre de mon dernier ouvrage), évidemment les livres laissent plus de trace que les journaux télévisés. Les livres, c’est capital dans ma vie. Et c’est surtout ceux que j’ai lus qui ont été les plus importants. Ils m’ont formé.

Ne seriez-vous pas venu au journalisme dans le but d’accéder plus facilement à la littérature?

Mes modèles dans le journalisme étaient des écrivains. Kessel, Malraux, Bodard, Cendrars. Quand Victor Hugo écrit Choses vues, c’était déjà du journalisme. Du très grand journalisme; c’est ça que j’aimais. Au départ, si je voulais devenir diplomate, c’est que je pensais qu’on pouvait écrire très bien, très loin et que personne n’allait vous embêter pour le faire… Pour le journalisme, je me suis dit la même chose : je me suis dit que j’allais pouvoir continuer à témoigner, à raconter.

Vous venez de citer des écrivains-journalistes. D’autres écrivains ou personnalités diverses vous ont-ils marqué?

Oui, je suis fier d’avoir interviewé Andreï Sakharov , Norman Mailer, Alberto Moravia, Julien Green… et des gens qui sont devenus des amis. Car c’était impensable pour un petit garçon qui avait lu Françoise Sagan, Marguerite Duras, de devenir très proche de gens comme ça. Cela m’a rendu très heureux.

Vous sentez-vous plus proche d’un courant littéraire particulier (Nouveau Roman, les Hussards, les Existentialistes, etc.)?

J’avais fait une très bonne interview de Nathalie Sarraute; une interview très intéressante d’Alain Robbe-Grillet mais je ne me sens pas du tout proche du Nouveau Roman, ni de cette écriture-là. Les Hussards m’ont évidemment marqué. Roger Nimier, Antoine Blondin… Blondin et Jacques Laurent que j’ai eu la chance de rencontrer. Michel Déon que je revois toujours puisqu’on fait partie tous les deux des écrivains de marine. Ce sont des gens qui m’emballent.

Ex-Libris (TF 1, 1988-1999), Vol de Nuit (TF1, 1999-2008), Place aux livres… Quelle est aujourd’hui votre actualité en matière d’émissions littéraires et de critique littéraire?

Comme critique littéraire, je ne travaille plus que dans un magazine que j’apprécie beaucoup et qui s’appelle Plume. Sinon, j’ai arrêté les rubriques que je faisais dans Marie-France, dans Nice-Matin; je faisais trop de choses et je ne parvenais plus à m’en sortir. Actuellement, je travaille au sein de France-Loisirs pour les aider à dénicher des textes inattendus ou très anciens. Je suis en compagnie d’Amélie Nothomb, Franz-Olivier Giesbert, Françoise Chandernagor, Gilles Lapouge, etc. Nous disposons de deux pages. Nous nous entendons extrêmement bien. J’ai arrêté l’émission La Traversée du Miroir. Je n’ai plus d’émissions spécifiquement littéraires.

Ca ne vous manque pas?

Si. J’aimais vraiment beaucoup ça; si un jour ça peut se représenter, ça me ferait très plaisir. Cela me rendait heureux. J’ai pu faire découvrir de nombreux auteurs. C’est pour moi une fierté.

Vous êtes sur le point de vous rendre à Abbeville pour une séance de dédicaces à la librairie Ternisien-Duclercq. Connaissez-vous déjà Abbeville et la Picardie en général?

Oui, il y a quinze jours, je me suis rendu au Touquet avec mon frère pour faire une lecture. (J’aime beaucoup les lectures; j’en fait énormément en ce moment; soit des lectures de Cendrars et du Transsibérien avec un quatuor de jeunes femmes; soit avec un pianiste, un de mes amis d’enfance Jean-Philippe Collard avec des musiques de Chopin et des lectures de mon anthologie des plus beaux poèmes d’amour.). Au retour du Touquet, nous nous sommes arrêtés un peu à Abbeville, et nous sommes allés plus longuement dans la baie de Somme. Nous avons déjeuné à Saint-Valery-sur-Somme. J’ai beaucoup aimé; c’est très authentique. Il y a une vraie relation avec la nature. La terre et la mer se mélangent… J’aime beaucoup.

Vous êtes très attaché à la Bretagne. J’ai lu que votre famille était originaire de Fouquières-lès-Lens, dans le Pas-de-Calais. Est-ce exact?

Je l’ai lu comme vous, mais je ne le savais pas. C’est un généalogiste très sérieux qui affirme cela; il me fait descendre d’un certain Hugues Lepoivre. C’est tout à fait possible.

Vous avez été victime de diverses controverses (l’interview de Fidel Castro, accusation de plagiat par Jérôme Dupuis, de L’Express pour votre livre du Hemingway, etc. Quelle est celle qui vous a fait le plus souffrir? Comment l’avez-vous vécu?

On ne le vit jamais bien. On peut dire qu’on s’en fiche mais ce n’est pas vrai. Si c’est vrai c’est qu’à ses yeux, tout cela n’a pas beaucoup de prix. Or, la littérature et la vérité ont du prix. L’honneur, ça a aussi du prix. Maintenant pour vendre ou assouvir des rancoeurs personnelles, on est capable de faire n’importe quoi. On n’assassine pas les gens; on essaie juste de leur couper un peu les jarrets pour qu’ils courent moins vite car en général quelqu’un qui court vite ou qui a la tête qui dépasse, ça agace singulièrement dans ce pays; c’est dommage mais c’est comme ça. Il faut faire avec mais ça ne réconcilie pas vraiment avec la nature humaine, surtout dans un métier que j’adore mais qui est habité par un milieu que je n’adore pas tant que ça. Quand il y a des choses qui ne me plaisent pas, je le dis; alors quand vous dites que vous êtes écoeuré par une Une de Libération sur une rumeur sur Fabius, immédiatement, vous avez le droit à la vengeance ou aux tirs de barrages quelques jours plus tard dans le même journal. Mais à ce moment là, faut-il se taire? Garder ça pour soi? Non. Jusqu’au bout, je dirai ce que je pense.

Dans votre livre, vous expliquez que vous avez interviewé Jérôme Cahuzac.

Oui, c’est exact; c’était pour une émission qui s’appelle Place aux livres que je fais une fois par mois sur la chaîne parlementaire. C’était certainement le premier ministre que nous interrogions (nous sommes à trois pour les interviews). C’était juste après sa nomination, en juin dernier. Il était brillantissime. Pour beaucoup de gens, c’était une découverte car les gens ne le connaissaient pas. On découvrait un homme en pleine possession de ses moyens. Depuis, on a découvert quelqu’un qui était aussi en pleine possession d’un compte bancaire à l’étranger. Et peut-être de plusieurs; je ne sais pas. Ce qui est navrant c’est que cette affaire a jeté un discrédit sur l’ensemble de la classe politique. Et quand je lis un sondage dans Le Figaro qui dit que 70% des Français pensent que leurs élus sont corrompus, je me dis que c’est vraiment écoeurant pour les dits élus parce qu’on sait que ce n’est pas vrai; on les voit. Les politiques font un assez dur métier. Ils n’obtiennent pas assez de résultats; ils ont l’air d’avoir les bras ballants. On leur en veut beaucoup; il essaie pourtant de se démener. Ils ne sont pas servis pas le fait qu’ils se détestent tous les uns les autres. Ils se critiquent d’une manière assez puérile, y compris à l’intérieur de leurs propres camps. Il y a des scènes un peu théâtrale ou même tragicomiques à l’Assemblée qui, évidemment, ne font pas plaisir aux Français qui les jugent durement et de ce point de vue, ils n’ont pas tort. Sur le discrédit général, c’est un problème; on a vraiment besoin d’une classe politique. On a besoin d’autorité dans ce pays. On a besoin d’autorité à l’école. Là aussi, il y a des tas de gens qui contestent cette autorité. Des parents d’élèves qui rentrent dans l’école et se permettent de frapper des enseignants. Je trouve cette dérive-là lamentable. Tout va de pair : l’autorité est toujours contestée et, du coup, ce ne sont pas les meilleurs qui gagnent. J’espère que ce ne sera que passager, mais pour l’instant, c’est rude. Et ça fait beaucoup penser aux années Trente : l’antiparlementarisme, le rejet de toutes les élites, et tout le monde est fourré dans le même sac, les journalistes comme les autres.

Propos recueillis par Philippe Lacoche

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J’aime la France et Gérard Depardieu

J'aime mon pays. J'aime aussi Gérard Depardieu, Michel Déon (notre photo) et Michel Houellebecq.

J’aime Gérard Depardieu, l’immense comédien, la générosité de l’homme, sa folie. Ses fêlures, surtout. Il a pris; il a donné. Il a perdu. Beaucoup perdu. Des proches. Essentiels. Est-il nécessaire d’insister? Je n’aime pas le système du bouc émissaire, spécialité des médias. Souvent, je me dis, lectrice, que je pratique un drôle de métier. Je serai incapable de faire ce que vient de faire Gérard Depardieu, et ce qu’ont fait, en d’autres temps, deux de nos plus grands écrivains: Michel Déon et Michel Houellebecq. Vivre trop longtemps hors de France me serait impossible. Et malgré mon immense fortune, ces impôts qui m’accablent, ces fromages qui disparaissent, ces petits commerces qui ferment, ces écrans plats, ces images numériques qu’on fait apparaître au toucher sur la porte du réfrigérateur ou sur la glace de la salle de bains, cette Europe allemande et capitaliste qui nous gangrène, cette mondialisation économique qui m’incommode, je reste. La France me colle à la peau comme un second épiderme. Je suis français, européen et mondialiste sur le plan fraternel mais pas du tout sur le plan des fichus marchés. Français, terriblement français. J’aime les paysages de mon pays, ses odeurs, ses mœurs, sa culture, ses filles, son patrimoine, ses églises, son hymne, son drapeau, sa république. J’aime mon pays, nos voisins belges, britanniques et les autres. Et j’aime aussi Gérard Depardieu, Michel Déon et Michel Houellebecq. Qui suis-je pour me permettre de les juger? J’aime mon pays, ma région, mon département, ma ville (Tergnier, Aisne). Et quand je croise mon copain Jean-Pierre Marcos, Beautorois, donc presque Ternois, au très beau spectacle du cirque Eloize, à la Maison de la culture d’Amiens, on n’a pas besoin de se parler longtemps; on se comprend. On se souvient de l’odeur de la brume du canal de la Sambre à l’Oise qui longeait le stade de Beautor, les matins d’hiver, quand l’Entente sportive des cheminots ternois rencontrait l’Union sportive de Beautor. L’odeur du métal écorché de l’aciérie. Nos dirigeants, communistes pour la plupart. Ou fervents catholiques défenseurs des humbles et des sans grades. Des bernanosiens. Nos vieux guides, ces cheminots, ouvriers de l’aciérie Japy, anciens résistants FTP. C’est cette France-là, celle qui n’est plus, celle d’hier, qui nous aide à rester debout. Malgré tout.

Dimanche 23 décembre 2012

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Un pur bonheur

 Concis, élégant, irrévérencieux, subjectif, vachard, «Mufle », dernier roman d’Eric Neuhoff, est un véritable petit bijou d’écriture et de plaisir.

Eric Neuhoff : un style, une élégance.

Disons le tout de go: c’est l’un des meilleurs romans du premier trimestre 2012.Peut-être même le meilleur, de par sa concision, sa subjectivité rassérénante, sa mauvaise foi affichée et, au final, assez joyeuse. Sa totale douce désespérance; son désenchantement poétique et acidulé. Éric Neuhoff est non seulement un grand écrivain – ce que certains lettrés savent faire – (lisez ses essais Champagne! 1998, Michel Déon, Le Rocher, 1994, et le sublime Les Insoumis, Fayard, 2009); c’est surtout un grand romancier – ce que très peu de lettrés savent faire. Son souci, le seul, c’est qu’il ne se prend pas au sérieux. Il égrène au fil des ans, des petits romans succulents, sexy, qui, par pudeur, dissimulent leur réelle et belle profondeur. Neuhoff est élégant; il n’a pas la larme facile ou, en tout cas, il n’en laisse rien voir. Son Mufle est un délice. C’est une manière de Je ne veux jamais l’oublier (merveilleux roman de Michel Déon, au cœur des années cinquante) vachard, incisif. Uppercut. Format court. Grosse nouvelle. On dirait parfois du Morand qui eût eu du cœur. Que nous raconte-t-il? L’histoire d’un type divorcé à deux reprises, cinquantenaire revenu de pas mal de choses mais pas encore tout à fait blasé, qui pense – enfin! – avoir trouvé la femme de son existence. Ce sera, on s’en doute, la catastrophe car la belle ne cessera de se moquer de lui, le trompera, «sur toute la ligne, de Nation à Dauphine», comme le dit Alex Beaupain dans l’une de ses chansons. Ce dont on ne se doute pas forcément, c’est le bonheur qu’on a à savourer cette petite merveille de précision littéraire, d’humour grinçant, de bâclé – apparent – élégant. «Je voulais savoir ce que ça faisait d’être un con. J’étais certain que le résultat ne me plairait pas tellement», écrit-il, évoque dans un style impeccable, «les malheurs» qui semblent glisser sur elle «comme la pluie sur une vitre de TGV», et des vacances à Cadaqués dignes des meilleures pages de Kléber Haedens et de Stephen Hecquet. Ce Mufle est un pur bonheur.

PHILIPPE LACOCHE

 

«Mufle», Éric Neuhoff, Albin Michel,

114 pages, 11,90 euros.

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Coïncidences, jolie chanteuse, cheveux salés et Martin Nimier

Gaëlle Martin, charmante chanteuse de The Branks, sur la scène du Grand Wazoo, à Amiens.

J’aime les coïncidences. C’est mon côté André Breton, Nadja, sublime roman du pape totalitaire du Surréalisme. L’été dernier, alors que mon histoire amoureuse présentait déjà quelques signes de faiblesse, j’avais invité une très jolie dame blonde – de mon âge cette fois-ci, c’est-à-dire encore jeune – sur la côte picarde. C’était août. Il pleuvait à seau. Nous étions bien, trempés comme des soupes. Observateur, je contemplais, intrigué, les gouttes s’incruster dans son épaisse chevelure claire. e trouvais ça émouvant. J’avais envie d’y introduire ma langue, là, entre deux mèches, afin d’y recueillir cette sève que je pressentais salée. (Je retrouve ma sensualité d’étalon; c’est bon signe.) Je l’entraînais donc à l’Hôtel des Tourelles, au Crotoy. Et, comme à mon habitude – «Ta sale habitude!», finissent par me dire mes femmes, mes maîtresses lorsqu’elles me quittent- je tentais de l’éblouir en lui sortant ma science littéraire sur les Hussards que j’adore: Déon, Laurent, Haedens, Nimier. J’étais en train de prononcer le nom de Roger Nimier, quand un monsieur à la table d’à-côté se retourne, se présente à nous. «Je suis Martin Nimier, le fils de Roger Nimier.» «Vous êtes donc le frère de Marie», demandais-je, pataud. «Oui.», Incroyable. Nous parlâmes. Il pleuvait. La dame blonde aux cheveux salés me regardait différemment. J’étais bien. Coïncidence encore, il y a peu, à la maison de la presse de la galerie des Jacobins, à Amiens, où je dédicaçais mon dernier roman. J’étais absorbé par la lecture des Cahiers de l’Herne consacré à Patrick Modiano. L’ami Jean-Paul Baronnet, fou de littérature, arrive, me dit qu’il a connu un vieux médecin qui a soigné le grand Patrick et son regretté petit frère, Rudy, dans les années cinquante, à Jouy-en-Josas. «Ne serait-ce pas le Dr Poucet ?», tentai-je. «Je viens de lire un texte, il y a dix minutes, dans la revue, écrit par le Dr Poucet que je ne connaissais pas.» Jean-Paul, lui aussi, me regarde différemment. L’autre soir, au Grand Wazoo, aucune coïncidence, mais le plaisir d’écouter le groupe Branks, portée par la très jolie, appétissante et flamboyante Gaëlle Martin.Vu également le bon groupe de funk Tchiklala, du chanteur François-Jean, graphiste, qui, au début de mes amours avec Lou-Mary, l’avait prise nue, en photo, dans sa baignoire pour la pochette de son premier album. Nostalgie.

Dimanche 12 février 2012

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Lacoche, hussard noir dans le vert bocage

Lectrice, bel animal soumis, jette un oeilci-dessous, tu y découvriras un bel article sur le marquis des Dessous chics, article signé par Michel Mainnevret, dans L’Union.

http://www.lunion.presse.fr/article/aisne/lacoche-hussard-noir-dans-le-vert-bocage

 

Publié le samedi 07 janvier 2012 à 11H00 – Vu 41 fois

 
Philippe Lacoche, lors de sa dédicace ce mercredi à la mairie d'Hirson : « Qu'est-ce qui fait le style ? C'est la simplicité. »

Philippe Lacoche, lors de sa dédicace ce mercredi à la mairie d’Hirson : « Qu’est-ce qui fait le style ? C’est la simplicité. »

Philippe Lacoche vient de produire « Des rires qui s’éteignent ». L’écrivain ternois a remonté l’Oise pour parler lecture et écriture avec les Hirsonnais.

DIFFICILE de reprocher quelque chose à Philippe Lacoche. L’homme est bon, trop bon sans doute eu égard aux milieux dans lesquels il évolue. Philippe Lacoche était ce mercredi à Hirson, le matin au lycée Joliot-Curie, l’après-midi dans une librairie et le soir à la mairie.
L’écrivain et journaliste (à Amiens) sort un roman Des rires qui s’éteignent *. Parallèlement, ce « hussard d’automne » se retrouve au centre d’une revue, Chiendents, où les textes sont magnifiquement rédigés. Rayons de soleil dans un début d’année crépusculaire.
Tout cela fait beaucoup pour un seul homme au même moment ! Qui est donc ce Philippe Lacoche ? Un Picard, un homme de plume, de valeurs et de repères, un amoureux des gens et de la vie, un gars du terroir un peu franchouillard, un raconteur d’histoires, un amateur de rock, une photo en noir et blanc, un ado rêveur et blessé. On s’arrêtera là. Une vingtaine de romans, recueils de nouvelles et quelques essais ont installé le personnage en Picardie. Et sur la scène nationale.
Devant les lycéens, ce mercredi, il se livre sur la lecture et l’écriture. Avec cette belle formule : « L’écriture et la lecture, c’est comme une histoire d’amour entre deux êtres. » Un peu plus tard : « J’ai pris un plaisir fou avec Diderot, Molière, Maupassant, entre autres. Et surtout avec Le Grand Meaulnes , d’Alain Fournier. »
Des brumes de Sologne décrites par ce dernier à la mélancolie des terres picardes, il n’y a pas loin. Lacoche est, en effet, synonyme de Picardie. Passionnément. Il y a quelques années, il rédigea même un pamphlet sentimental sur cette région, menacée alors dans sa configuration administrative.
Lacoche, c’est aussi, en soi, un bel exemple « d’ascenseur social ». Pas simple, à première vue, quand on est d’extraction modeste, d’émerger de Tergnier, entre triage et chemin de halage, afin d’exister à Paris dans « le » milieu littéraire et de l’édition.
Celui qui est né à Chauny, a donc vécu son adolescence dans la célèbre cité cheminote. Il est passé de Cité Roosevelt (1994), qui a vite connu une dimension nationale, à une collaboration régulière au Magazine littéraire, puis au Figaro Magazine et au Figaro Littéraire.

Point d’équilibre

À propos de ces deux derniers titres, jeudi soir à la mairie d’Hirson, devant un aréopage bien ancré à gauche, il précise qu’on peut être un hussard de la gauche républicaine et produire de l’encre noble dans ces officines, « où on m’a foutu une paix royale ». Des fois que certains imaginent que le gamin a finalement mal tourné… Toujours simplement, au sein du microcosme parisien, il évoque ses relations privilégiées avec Yann Moix, Denis Tillinac, Patrick Besson, Michel Déon. Tout de même…
Si l’homme a su s’imposer, ce n’est pas le résultat d’une fréquentation assidue des clubs service ou des greens ; la plume et le talent ont produit leurs fruits.
Grâce à une habile gestion des deux activités de journaliste et d’écrivain – le journalisme permettant de fournir quelques histoires au romancier -, Philippe Lacoche a rencontré les bonnes personnes au bon moment.
Avec son style simple et subtil, sa peinture pointilliste des rites sociaux, il s’est rendu indispensable dans un univers littéraire finalement pas si hermétique que ça. Une autre bonne nouvelle là encore.
Musique (il a été journaliste à Best), terroir et… politique. Sur ce terrain parfois glissant, l’homme nuance : « Je ne suis pas un romancier à message. Et puis, la littérature, c’est au-dessus de la politique. »
Dans la terre de gauche qu’est Tergnier, il a trouvé son point d’équilibre autour du patriotisme, « la France terre d’accueil ». Beaucoup plus « prolo », que « bobo », il a même remporté en 2000, avec HLM, le Prix populiste, un terme gratifiant pour lui. Un prix remis à Belfort sur les terres du « Che » par Jean-Pierre Chevénement, qu’il apprécie beaucoup.
« La littérature, si ça peut nous élever de nos basses conditions animales », constate-t-il. Le roman Des rires qui s’éteignent remporte déjà de bonnes critiques dans des espaces aussi différents que La règle du jeu (revue de BHL), Causeur.fr (le site d’Elizabeth Lévy) ou encore Valeurs actuels.
Un Lacoche arrivant pour beaucoup comme une boussole dont on a soudainement besoin.
Michel MAINNEVRET
* Chez Écritures, disponible à Hirson à la Librairie moderne.
** Éditions du Petit véhicule, 44 000 Nantes.

 

 
 

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Lectrice tu sauras tout sur Bott avant tes copines !

François Bott, né à Laon, a passé ses vacances à Vorges, dans l'Aisne.

 Lectrice, mon faucre, mon amour, ma tendresse moite, mon animal humide, j’ai envie de te gâter. Ton mari n’en saura rien, je te le promets. En tout cas, il ne réagira pas publiquement car je ne manquerai pas de censurer – comme promis – ses commentaires velus et répugnants. Oui, disais-je, il n’y en aura que pour toi. Voici donc en avant-première tout ce que j’ai pas pas pu dire, faute de place, dans le remarquable portrait de l’écrivain-journaliste François Bott (ex-directeur du Monde littéraire, né à Laon, vacancier à Vorges, dans l’Aisne) que je dresserai – de ma prose turgescente et vigoureuse – dans le Courrier picard du dimanche 11 décembre. Ainsi, tu prendras de l’avance sur tes congénères. Je te vois déjà, abandonnant ta vaisselle, ta wassingue, ton ménage, ton tricot, ta tarte tatin sur le four, pour te jeter sur ton portable et raconter à ta meilleure copine que tu sais de François Bott ce, qu’elle, ne sait point encore. (Pointencore, pointancore, pouintancore, la liaison, à haute voix doit être singulière, étonnante.)

Allons-y lectrice, mon affidée, ma jument mal débourrée, mon ange terriblement sexuée. Première explication. Tu vas te demander comment j’ai fait pour raconter avec tant de détails l’affaire de l’assassin de Vorges qu’évoque François Bott dans l’entretien qu’il a eu la bonté de m’accorder. Je dois le reconnaître, il n’était pas si précis. Comme il se souvenait du nom de famille du bouvier de Vorges (je n’ai pas voulu divulguer son patronyme car, j’ai vérifié, il existe encore des dizaines de descendants dans le secteur et il n’ont rien à voir dans cette horrible affaire : il fracassa la tête d’un type, blessa grièvement son épouse à coups de serpe et tue, également à coups de serpe, la fillette de 5 ans, afin qu’elle ne fût jamais orpheline; l’assassin sait aussi être tendre et prévoyant), je suis allé effectuer des recherches sur Internet. Et sur un site dédié à tous les guillotinés de France, j’ai retrouvé mon impulsif Vorgien. D’où ma précision méticuleuse.

Ce que je n’ai pas eu la place d’écrire

    • Quand il entre au Monde des Livres, François Bott rencontre Jacques Fauvet (qui deviendra directeur du Monde). Il lui parle de ses vacances d’enfant à Vorges, adorable petit village de l’Aisne où le marquis des Dessous chics, enfant, allait se promener à bicyclette. « Incroyable coïncidence! », répond Fauvet ravi. « C’est là que j’ai passé une partie de la drôle de guerre! »
    • Courant des années 50. François Bott créé avec quelques amis la revue littéraire et politique Exigence. Ils sont contre la guerre d’Algérie. La DTS, fort courroucée, effectuera une perquisition au siège, place des Vosges. « Car on colportait les idées du FLN. En fait, on voulait faire une revue comme Les Temps modernes. »
    • J’ai repensé à mon grand copain Jean-Jacques Brochier quand François Bott m’a rappellé qu’il avait fondé le Magazine littéraire. Jean-Jacques, qui sortait de taule pour avoir porté de valises pour le réseau Jeanson, devint ensuite rédacteur en chef de cette belle revue. Ce fut lui qui, sur insistance de l’ami Jean-Louis Hue, m’embaucha comme pigiste à la fin des années quatre-vingt. Ils firent de même pour mon copain Yves-Marie Lucot, excellent journaliste axonais, ami des arts des armes et des lois qui, jamais, ne me nourrit du lait de sa mamelle. Jean-Jacques était un type épatant. A l’ancienne. Chasseur élégant, cultivé à l’extrême, jamais pédant, doté d’un redoutable humour et d’un sens inouï de la liberté, nous allions boire de multiples bières au Rouquet, à l’angle de la rue des Saint-Pères et du boulevard Saint-Germain. François Bott me rappela aussi que le Magazine littéraire avait d’abord établi son siège passage du Désir, derrière la gare de l’Est, puis rue des Martyrs. Tout ça m’a rappelé toi, lectrice, mon amour : d’abord, je te désire; je te possède enfin; tu te casses et je souffre le martyre. Tout ça n’a plus aucun rapport avec le sujet initial, mais c’est aussi ça le plaisir du blog (« Lacoche est en train de réfléchir sur l’outil », eussent dit les colins froids, les vieux daims – usés comme mes Clarks d’adolescent – du Nouveau Roman) : s’adonner aux digressions longues et drues, roccosiffrediennes, moi qui subis chaque semaine le carcan insupportable du 1500 signes de ma chronique dominicale dont tu repais sous les draps chauds tandis que ton mari fait du vélo pour perdre son bide.
    • Bott a cette formule magnifique, magique, quand nous parlons des Hussards (Nimier, Déon, Haedens, Laurent, Hecquet, Blondin, etc. : « La cavalerie légère, le bon usage de la grammaire au service des battements du coeur. » Tout ce que tente de faire avec toi, lectrice, mon faucre. Je serai ton épée littéraire. Abandonne-toi, please.

      Mercredi 30 novembre 2011.

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