Les coups de coeur du marquis

REVUE

Heidegger

Martin Heidegger, l’un des plus grands philosophes du XXe siècle, était-il antisémite? La question est soulevée une nouvelle fois par la publication des notes personnelles du philosophe réunies dans les fameux Cahiers noirs et parues à titre posthume en Allemagne l’année dernière. Comment lire et que faire de l’héritage de Heidegger après les révélations de ces Cahiers noirs? La question fait l’objet d’un débat passionné dans le monde philosophique. Mais ce numéro spécial n’entend pas traiter uniquement des rapports de Heidegger avec le fait juif, ni, davantage, de son antisémitisme. Il s’agit de considérer ou de reconsidérer la figure de l’un des philosophes les plus considérables du XXe siècle et de poser la question: en quoi et pourquoi le judaïsme demeure-t-il pour Heidegger de l’ordre d’une dette impensée?

La Règle du Jeu Nº 58/59; dossier: Heidegger et «les juifs»; 787 p.; 40 €.

POESIE

Maye I?

«Puis-je emprunter les rives de ce petit fleuve côtier qu’est la Maye», demande le lecteur? La Maye chemine jusqu’à la Baie de Somme où elle disparaît dans la mer qui la recouvre à marée montante. Le poème de La Maye, de Jacques Darras, est «une œuvre musicale et philosophique, alternant textes en prose et textes en vers, unissant l’espace terrestre mesuré aux constellations de la voûte céleste», estime son éditeur. «La Maye célèbre l’eau et la fluidité, l’orientation liquide d’une vie ouverte à l’aléatoire et aux rencontres humaines, le périple qui mène chacun de nous d’une source à la polyphonie des vagues de l’embouchure.» Le Castor Astral publie tous les chants pour la première fois dans l’ordre chronologique. Quant à Le Petit Affluent de la Maye est le second chant d’une œuvre rééditée dans son ordre chronologique pour la première fois. Le livre est accompagné d’un CD, lu par l’auteur.

La Maye, Jacques Darras, Le Castor Astral & In’hui; 484 p.; 20 €; Le petit affluent de la Maye, Autobiographie de l’espèce humaine, Jacques Darras, Le Astor Astral & In’hui; 213 p.; 18 €.

 

DOCUMENT

Sexpionnage

En 1955, Ruth Ellis abat son amant. Malgré les circonstances atténuantes, la femme est envoyée à la potence à la suite d’une enquête bâclée et d’un procès expéditif. Elle avait été tenancière de clubs privés très spéciaux où se croisaient aristocrates, espions et agents secrets. Huit ans plus tard, en 1963, Stephen Ward, un ostéopathe éminent, est arrêté pour proxénétisme. Il meurt avant que son procès arrive à terme. Dans les années 50 et 60, la City était la plaque tournante de la drogue, de la prostitution et de l’espionnage… Un livre étonnant.

Sexpionnage à Londres, La City du crime désorganisé, Daniel Lesueur, éd. Camion noir; 346 p.; 28 €.

Jacques Darras.

Jacques Darras.