Les meilleurs groupes de seventies

 L’enfant du pays, Philippe Tassart, organise au château de Tilloloy, Rétro C Trop avec ZZ Top, Thiéfaine, Scorpions, Jethro Tull et Ten Years After.

« C’est vraimScorpions.ent un coup de cœur. Si je suis venu à Tilloloy, c’est que je suis né à un kilomètre de là, dans le village de Grivillers. Mes parents étaient agriculteurs; j’ai grandi là-bas, au milieu de rien. J’étais le seul enfant dans le village.» Voilà ce qu’explique Philippe Tassart, fondateur de la société de spectacle Ginger, d’Amiens, créateur du premier et prestigieux festival Rétro C Trop, au château de Tilloloy, ce week-end. Les premiers concerts démarreront à 17 heures, avec Mike Sanchez, «un Anglais, qui était venu au festival de country de Berck il y a une dizaine d’années. Une sorte de Jerry Lee Lewis anglais; c’est à tomber par terre. Il sera accompagné de Steven Harrison qui était le contrebassiste de Sons of The Desert. (Il est aussi le contrebassiste de Sarah Olivier qui a fait les premières parties des Insus à Amiens et à Rouen.)», confie Philippe Tassart. Ensuite se produira Ten Years After, avec deux musiciens de la formation initiale. Le guitariste Alvin Lee est mort il y a quelques années. Ten Years After: un groupe mythique qui a joué à Woodstock. Ensuite, Thiéfaine sera sur scène pour l’unique date en Picardie de sa nouvelle tournée. «Ça fait vingt ans qu’on travaille avec lui; on adore son écriture, sa gentillesse, son indépendance médiatique», souligne Philippe Tassart. Scorpions jouera vers 22 heures. «Le batteur a été remplacé par celui de Motorhead. On aura une pensée pour Lemmy qu’on avait fait venir au cirque d’Amiens et que j’avais pressenti pour faire ce festival.» Le lendemain, le dimanche 26 juin, les portes ouvriront à midi. «On a prévu la restauration dans tout le festival. Il y a aura trois food truck américains qui vont faire du burger. Il y aura un stand de restauration thaï; un autre de nourriture française traditionnelle.» Début des concerts à 16 heures, avec Ben Miller, groupe américain (la première partie de la tournée de ZZ Top), suivi de Steve’n’Seagulls qui est un groupe finlandais qui reprend des morceaux d’AC/DC de manière un peu folk et déjantée. Puis il y aura Jethro Tull, avec Ian Anderson, le leader. Et ZZ Top à la fin. «Ils sont toujours là; la veille, ils joueront à Glastonbury, le plus gros festival européen. Ce sera leur date unique dans le Nord de la France», dit l’organisateur.

«Un investissement très lourd»

Lorsqu’on lui demande s’il s’agit de l’aboutissement de sa carrière, il confirme: «C’est vrai; je n’ai plus 20 ans. Je voulais passer à autre chose, élaborer un autre projet; on l’a tenté au stade, à Amiens, pendant deux ans. On a été éjecté du stade car on nous a dit que l’endroit n’était pas fait pour y organiser des concerts. Pendant dix ans, je n’ai plus rien fait dans le coin; j’ai d’autres festivals à droite, à gauche. J’ai monté pendant dix ans un festival de country à Berck qui a très bien marché. À cela s’ajoute de gros concerts en plein air, notamment à Chartres avec 30 000 personnes. On voulait revenir dans le coin; c’était le lieu

Ce festival sera-t-il reconduit l’an prochain? «Oui; il s’agit d’un investissement très lourd. On souhaite le pérenniser. Cette année, c’est la thématique américaine et allemande; on a envie de proposer d’autres thématiques, toujours rétro» répond Philippe Tassart. «Pourquoi ne pas faire un truc plus anglais l’an prochain? Plus mods avec Elton John, Paul Weller, The Jam (s’ils se reforment), Oasis (s’ils se reforment). Mes rêves les plus fous seraient McCartney ou Gilmour mais on n’a pas les moyens, tout seul. Sauf si demain, on parvient à décrocher des aides publiques ou privées. Il est évident que ce festival va grandir, et qu’on a une capacité d’accueil très importante

Propos recueillis par

PHILIPPE LACOCHE

 

A SAVOIR

Rétro C Trop Festival, samedi 25 et dimanche 26 juin, à partir de 15 heures, au château de Tilloloy, dans le canton de Roye, dans la Somme.

Samedi 25 juin : les concerts débuteront à 17 heures, avec Mike Sanchez, puis Ten Years After, puis Hubert-Félix Thiéfaine, et Scorpions qui est attendu vers 22 heures.

Dimanche 26 juin : ouverture des portes à midi; les concerts débuteront vers 16 heures avec Ben Miller, puis Steve’n’Seagulls, puis Jethro Tull, et enfin ZZ Top.

Pour s’y rendre : Tilloloy est traversé par l’ancienne RN 17. En train: gare de Montdidier ou TGV Haute Picardie. En voiture: autoroute A 1, sorties 11 et 12. Un dispositif de signalisation pour arriver sur le parking.

Rens. ginger@ginger.fr; 03 22 89 20 00.

    Des poids lourds des seventies

Rétro C Trop: un super-festival, ce week-end, au château de Tilloloy.

L'excellent Hubert-Félix Thiéfaine sera-t-il accompagné par son sublime guitariste gaucher Alice Botté? Espérons-le!

L’excellent Hubert-Félix Thiéfaine sera-t-il accompagné par son sublime guitariste gaucher Alice Botté? Espérons-le!

tro C Trop : le titre de cet important festival, concocté patiemment et dans son presque village par le créateur de Ginger, Philippe Tassart, n’est pas anodin.. «Ça s’appelle Rétro C Trop car, à un moment, on a pensé que les Insus allaient peut-être venir sur le festival. Ça n’a pas pu se faire, cette année en tout cas», explique-t-il. Point d’anciens Téléphone, mais, en tout cas, une sacrée belle brochette des groupes essentiels des seventies et des eighties. Le samedi, Scorpions sera sur scène : quarante ans de carrière, le plus célèbre des groupes allemands a vendu quelque 100 millions d’albums et a reçu de nombreuses récompenses.

Thiéfaine, ZZ Top, Jethro Tull, etc.

L’excellent et fascinant Hubert Félix Thiéfaine est programmé après le succès critique et commercial de son album Supplément de Mensonge, opus qui lui a valu deux Victoires de la musique en 2011. Espérons qu’il sera accompagné par son guitariste fétiche, le génial gaucher Alice Botté, homme de l’est comme lui, puisqu’originaire de Nancy. Et puis, viendra l’inoubliable Ten Years After, sans qui le Festival de Woodstock ne serait pas tout à fait Woodstock avec le solo fulgurant et magique du regretté Alvin Lee, disparu il y a quelques années. À ne pas manquer : Mike Sanchez, chanteur, pianiste et guitariste britannique fou de boogie et de rhythm’n’blues. Le lendemain, place au célèbre ZZ Top qui, jamais, ne barbe son public grâce à un blues-rock épais comme le ventre de Bob Hite, inoubliable chanteur de Canned Heat. ZZ Top : un trio mythique. Autre mythe ambulant : Jethro Tull avec son chanteur-flûtiste Ian Anderson en personne. Légende du rock progressif britannique, on ne souvient avec émotion de l’album Aqualung et la délicieuse chanson «Locomotive Breath». Il ne faut passer à côté de Steve’n’Seagulls, des Finlandais déjantés qui, en 2014, ont frappé fort en interprétant de manière presque folk des tubes d’AC/DC. Enfin, Ben Miller Band sera présent. Ce trio du Missouri propulse un blues original. Tous à Tilloloy ce week-end!

  Philippe Lacoche

A savoir

Rétro C Trop, château de Tilloloy, dans la Somme en bordure de l’Oise entre Montidier et Noyon.

Les 25 et 26 juin, avec Scorpions, Thiéfaine, Ten Years After, Mike Sanchez, ZZ Top, Jethro Tull, Steve’n’Seagulls et Ben Miller Band.

Pass 2 jours : 95 €. Samedi : 59 €; dimanche : 49 €.

Rens. 03 22 89 20 00. www.ginger.fr

Le rêve d’enfant de Philippe Tassart

LES FAITS

Créateur de Ginger, organisateur du prestigieux festival Rétro C Trop, à Tilloloy, Philippe Tassart est né à un kilomètre du château de Tilloloy.

Il organise les 25 et 26 juin, le festival Rétro C Trop avec Scorpions, Thiéfaine, Ten Years After, Mike Sanchez, ZZ Top, Jethro Tull, Steve’n’Seagulls et Ben Miller Band.

 

Quel est la programmation exacte du festival Retro C Trop ?

Le samedi 25 juin, on ouvre les portes à 15 heures. Les premiers concerts démarrent à 17 heures, avec Mike Sanchez, un Anglais, qui était venu au festival de country de Berck il y a une dizaine d’années ; on l’adore. Il joue de temps en temps en France ; c’est une sorte de Jerry Lee Lewis anglais ; c’est à tomber par terre. Pour l’anecdote, il sera accompagné de Steven Harrison qui était le contrebassiste de Sons of The Desert. (Il est aussi le contrebassiste de Sarah Olivier qui a fait les premières parties des Insus à Amiens et à Rouen.) Ensuite se produira Ten Years After ; il reste deux musiciens de la formation initiale. Alvin Lee est mort il y a quelques années. C’est un groupe mythique qui a joué à Woodstock. Il vient de faire une tournée en France en passant par Paris et quelques belles salles. Ensuite, Thiéfaine sera sur scène ; ce sera son unique date en Picardie de sa nouvelle tournée. Ca fait vingt ans qu’on travaille avec lui ; on adore ce monsieur, son écriture, sa gentillesse, son indépendance médiatique. Scorpions jouera vers 22 heures. Le batteur a été remplacé par celui de Motorhead. On aura une pensée pour Lemmy qu’on avait fait venir au cirque d’Amiens et que j’avais pressenti pour faire ce festival. Le lendemain, le dimanche 26 juin, on ouvre les portes à midi ; on a prévu la restauration dans tout le festival. Il y a aura trois food truck américains qui vont faire du burger. Il y aura un stand de restauration thaï ; un autre de nourriture française traditionnelle. On démarrera les concerts à 16 heures, avec Ben Miller, groupe américain (la première partie de la tournée de ZZ Top), suivi de Steve’n’Seagulls qui est un groupe finlandais qui reprend des morceaux d’AC/DC de manière un peu folk et déjantée. J’ai découvert ce groupe-là il y a quatre ans. Je les ai contactés. On n’avait pas encore travaillé, mais on s’est vu au Printemps de Bourges ; ce sont des gens extraordinaires. Puis il y aura Jethro Tull, avec Ian Anderson, le leader. Et ZZ Top à la fin. Ils sont toujours là ; la veille, ils joueront à Glastonbury, le plus gros festival européen. Ce sera leur date unique dans le Nord de la France.

En dehors de la restauration, y aura-t-il d’autres stands ou attractions sur le festival ?

Des commerçants vendront des tee-shirts, des objets vintage. Il y aura aussi une exposition de peinture d’un artiste nommé Bruno Leclerc. Pendant des années, il s’est occupé d’importer des voitures américaines à Amiens. Il est devenu passionné des Etats-Unis. (Il en revient.) Il peint de manière très réaliste, notamment la route 66. On a l’impression de voir des vieilles bagnoles ancrées dans le temps, dans les années 50. Il possède une magnifique Cadillac qu’il amènera sur le site. Il y aura aussi un brocanteur… Au total : une quinzaine de stands. Mais le festival reste un festival de musique. Les stands apportent une petite touche personnelle.

Pourquoi avoir choisi ces groupes ?

C’est vraiment un coup de cœur. Si je suis venu à Tilloloy, c’est que je suis né à un kilomètre de là, dans le village de Grivillers. Mes parents étaient agriculteurs ; j’ai grandi là-bas, au milieu de rien. J’étais le seul enfant dans le village ; j’ai grandi là jusqu’à l’âge de 16 ans. Très vite, j’ai eu besoin d’aller chercher autre chose. J’étais passionné de musiques. J’ai fréquenté les chorales du coin. Je me suis retrouvé un jour dans la boîte de Jeannot, Le Penny, à Gury. Et je me suis dit : « Il faut que j’amène mes disques là. » On s’est bien entendu avec James qui était le Dj de l’époque. Il me laissait passer des disques en fin de soirée. J’en ai passé de plus en plus. Et James a pris sa retraite de Dj ; il avait fait ça pendant des années. Jeannot m’a embauché pour finir les quelques années du Penny avant qu’il ouvre le Rex, à Roye. (J’y suis resté de 1984 à 1989.) On avait ouvert dans l’optique de faire du DJ et des concerts. On a organisé 300 concerts avec Jeannot : Washington Dead Cats, La Souris Déglinguée, Little Bob Story, les King Size, Les Sentinels, Gamine, etc. Le projet était très ambitieux pour un privé. Jeannot m’a donné le goût d’organiser des choses en étant indépendant. Sans aide aucune, le Rex a éprouvé des difficultés à pérenniser les

Philippe Tassart, fondateur de Ginger, organisateur du festival Rétro C Trop, qui aura lieu, samedi et dimanche prochains, au château de Tilloloy, dans la Somme, dans le canton de Roye.

Philippe Tassart, fondateur de Ginger, organisateur du festival Rétro C Trop, qui aura lieu, samedi et dimanche prochains, au château de Tilloloy, dans la Somme, dans le canton de Roye.

concerts. Ils se sont arrêtés. J’ai préféré alors continuer dans ma voie qui était d’organiser des concerts. Je suis parti à Amiens ; j’ai créé une association ; j’ai bossé avec la Lune des Pirates. En 1989, j’ai organisé mon premier concert seul, avec les Négresses vertes, puis La Mano Negra. Et de fil en aiguille j’ai créé une boîte qui est devenu Ginger et qui fait aujourd’hui 250 concerts par an. Donc, le clin d’œil avec ce festival c’est un retour là où j’ai commencé. Et aussi un rappel musical ce qu’on programmait au Rex et au Penny. Ces groupes-là, je les ai connus grâce à Jeannot. Il y a vraiment une résonance locale. Il a fallu que je tienne compte des gens qui étaient en tournée à ce moment-là, et de ce que j’avais envie de faire. Ca s’appelle Rétro C Trop car, à un moment, on a pensé que les Insus allaient peut-être venir sur le festival. Ca n’a pas pu se faire, cette année en tout cas ; on a pris Scorpions à la place. Mais ZZ Top, Jethro Tull, Ten Years After et Thiéfaine, sont vraiment les piliers de ce que nous jouions au Rex. C’était quatre ou cinq morceaux par groupe par soir. Le château de Tilloloy, j’y vais chaque année le 1er Mai, pour cueillir du muguet, ce depuis que je suis enfant. C’était avec mes parents et mes grands-parents. Une sortie traditionnelle ; on avait la chance d’y aller car le lieu était fermé au public. Depuis que je suis devenu organisateur de spectacles (depuis presque 30 ans), j’ai toujours eu envie de faire quelque chose au château de Tilloloy. J’ai certes attendu, mais on y est aujourd’hui.

C’est un rêve en quelque sorte ?

Oui, tout à fait ; il n’y a aucun calcul autre que la passion et le rêve, même s’il y a une donnée d’équilibre financier à atteindre car je suis indépendant et privé. C’est une boucle dans ma vie ; j’avais besoin de faire ce truc-là, à cet endroit-là.

C’est aussi l’aboutissement d’une carrière.

C’est vrai ; je n’ai plus 20 ans. Je voulais passer à autre chose, élaborer un autre projet ; on l’a tenté au stade, à Amiens, pendant deux ans. On a été éjecté du stade car on nous a dit que l’endroit n’était pas fait pour y organiser des concerts. Pendant dix ans, je n’ai plus rien fait dans le coin ; j’ai d’autres festivals à droite, à gauche. J’ai monté pendant dix ans un festival de country à Berk qui a très bien marché. A cela s’ajoute de gros concerts en plein air, notamment à Chartres avec 30 000 personnes. On voulait revenir dans le coin ; c’était le lieu.

Cela a-t-il été facile d’utiliser le château pour ce festival ? C’est un lieu privé. A qui appartient-il ?

A Mlle d’Andigné qui est la nièce de la comtesse d’Hinnisdäl. Quand, j’étais enfant, j’amenais les petits-enfants de Mme d’Andigné à l’école à Roye. On passait par le château tous les matins. Ce lieu est vraiment ancré en moi depuis que j’ai 5 ans.

Blaise Cendrars a combattu au château de Tilloloy ; il l’évoque longuement dans La main coupée. Cela résonne-t-il en vous ?

Oui, c’est un lieu historique de notre région. On a beaucoup de respect pour des gens qui font perdurer le patrimoine ; c’est un peu la même chose dans la musique. Je suis plus passionné des choses qui se sont faites dans les années 50 à 70 que de ce qui se fait aujourd’hui. Ce patrimoine musical est merveilleux ; à l’instar des vieilles pierres, je trouve merveilleux que des privés parviennent à entretenir un tel patrimoine et de le faire passer dans l’histoire. Ils ne bénéficient pas d’aide. Ils sont obligés de louer leur château ; donc à l’a loué, comme il est loué, parfois, à d’autres organisations (mariages, séminaires, etc.) Grâce à ça, le lieu peut continuer à vivre et ne pas se détériorer.

Ce festival sera-t-il reconduit l’an prochain ?

Oui ; il s’agit d’un investissement très lourd pour nous. On souhaite le pérenniser. Cette année, c’est la thématique américaine et allemande ; on a envie de proposer d’autres thématiques, toujours rétro. Par exemple, pourquoi ne pas faire un truc plus anglais l’an prochain ? Plus mods avec Elton John, Paul Weller, les Jams (s’ils se reforment), Oasis (s’ils se reforment). Mes rêves les plus fous seraient McCartney ou Gilmour mais c’est du domaine du rêve car on  n’a pas les moyens, tout seul. Sauf si demain, on parvient à décrocher des aides publiques ou privées. Il est évident que ce festival va grandir, et qu’on a une capacité d’accueil très importante.

Propos recueillis par

                                                 PHILIPPE LACOCHE