Christophe: le neveu de la nuit

     Christophe à la Maison de la culture d’Amiens, un début de nuit (bien sûr) de tout juste printemps, c’est-à-dire quelque part dans l’Univers. Il fait presque froid, cru, en tout cas. Un début de printemps comme il doit en exister dans les territoires de l’Est, ces plateaux exposés, celui de Langres, par exemple (et pourquoi pas?), celui de Diderot. Tiens lectrice, un début de printemps cru dont l’air eût pu caresser la peau de l’enfant Diderot en 1723. Le rapport avec Christophe? Aucun. C’est là le plaisir du chroniqueur: raconter ce qu’il veut, quand il veut, où il veut, en tout cas dans l’espace qui lui est dévolu dans ce cher journal. Si, je tiens de rapport: j’aime Denis Diderot et j’aime Christophe. La différence? Je ne me suis pas plus intéressé à la première partie du Neveu de Rameau, œuvre magistrale, archétype même du roman français «moderne» (moderne: quel mot horrible et absurde. C’est un mot libéral. Libéral: mon insulte préférée actuellement.) J’avoue que j’ai préféré, et de loin, la seconde partie du concert de Christophe à la première au cours de laquelle il restituait les morceaux de son dernier album Les Vestiges du chaos. Non pas que cela fût mauvais, agaçant, non; tant s’en faut! Mais c’était nouveau. Et, à mon âge, on préfère les gâteries au goût d’antan, les arômes qui vous rappellent ceux de l’enfance, les saveurs de terres conquises, retournées, labourées, l’humus rassurant de ce qui a été. (La Réaction m’a pris il y a quelques mois, comme la grippe espagnole a emporté Guillaume Apollinaire, la syphilis, Alphonse Daudet. Je ne m’en porte pas plus mal; j’eusse pu être dévoré par des ambitions libérales ou noyé par la vague macroniste.) Christophe y égrena ses impérissables succès, qu’il peut paraître vulgaire aujourd’hui de qualifier de tubes (tout ce qui n’est pas moderne aujourd’hui devient vulgaire; quelle époque de crétins!): «Paradis perdus» «Les mots bleus», «Les marionnettes», «Señorita»… D’abord seul au piano – son élégance de dandy blond-blanc septuagénaire, se reflétait sur l’ébène glacée de l’instrument dans la presque nuit de la scène – il appela tour à tour et un à un ses musiciens à l’accompagner. J’en profitais pour admirer le physique de jeune fille, la jupe plissée, les petits bonds de biche, et surtout le jeu de basse splendide de Rachel. Incroyable : le comédien Vincent Lindon le rejoignit sur scène pour interpréter, à ses côtés, une chanson ; il se peut qu’il refasse le coup, selon son emploi du temps, au cours d’autres concerts de la tournée. Christophe: du grand art. Cette même douce impression, je l’ai retrouvée, au cours du dernier weekend, en me rendant au Salon du livre d’Abbeville, à l’espace Saint-Andr

Lucien Suel.

é. Les ami(e)s écrivains étaient nombreux. J’étais heureux de les y retrouver dans une ambiance conviviale, fraternelle, confortée par une organisation impeccable. Parmi eux: Lucien Suel, le poète, écrivain et dessinateur des Flandres, qui me parla avec enthousiasme de ses deux nouveaux livres: Ni bruit ni fureur, des poèmes, à La Table Ronde, et Angèle ou Le Syndrome de la wassingue, que publie la souriante Dominique Brisson dans sa maison d’édition Cours Toujours, basée dans l’Aisne. L’Aisne de mon enfance. La boucle est bouclée.

                                                  Dimanche 26 mars 2017

 

Michel Déon : l’élégance incarnée

Miche Déon n’est plus. C’est un très grand écrivain qui s’en va. Un immense romancier (Les Poneys sauvages, Je ne veux jamais l’oublier, Les Gens de la nuit, etc), mais aussi un nouvelliste délicat (Le Prix de l’amour), un chroniqueur inspiré et élégant (Mes arches de Noé). Elégance : c’est le terme qui pourrait le mieux le qualifier. Michel Déon, homme de droite, ancien secrétaire de rédaction à L’Action française, de Charles Maurras, était un homme de liberté et d’une grand attention à l’Autre. A la jeunesse.

Nous étions quelques jeunes écrivains balbutiants, fous de littérature, de rock parfois (c’était mon cas). Nos nouvelles et nos romans n’étaient rien d’autres que des cris pour faire savoir que nous étouffions dans cette société de consommation répugnante. Nous avions besoin d’air. Les écrivains bien pensants de la pensée unique, de la sociale démocratie molle, du conformisme bourgeois (qu’il fût issu de la droite libérale ou de la fausse gauche sournoise, « communicante », qui se prétendait avec une morgue imbécile, « moderne ») nous ennuyaient. Nous lisions les Hussards et Roger Vailland. Nous admirions Lacl

Michel Déon, lors d’une de nos rencontres, à Paris, en octobre 2009.

os, Stendhal; ils ne manquaient pas de panache.

On peut être carté à la CGT, issu de la classe ouvrière, admirer le communiste Ambroise Croizat, et tomber sous le charme de la prose de Kléber Haedens et de celle de Michel Déon. Du premier, je fus subjugué par la brièveté romanesque et éclairante, si française, de L’Eté finit sous les tilleuls, puis par l’audace désenchantée d’Adios. J’étais justement en vacance sur l’Ile d’Oléron, au milieu des années 1980, quand je dévorais ces deux ouvrages d’Haedens. Je les avais lus, en partie, sur la plage, en septembre, hors saison, bercé par le parfum des oeillets de sable.

Tout naturellement, je glissais vers les romans de Michel Déon, dévorais le sublime et inoubliable Les Poneys sauvages, puis Les Gens de la nuit, puis Je ne veux jamais l’oublier. J’étais ébloui par tant de grâce, de poésie sans afféterie. Je venais de rencontrer l’écrivain Michel Déon; je ne le quitterais plus. Quand j’écrivis mon premier roman, Rock d’Issy, je me payais le culot de le lui envoyer. A ma grande surprise, il me répondit par une longue lettre, pleine d’encouragements, confiant qu’il n’y connaissait strictement rien au rock mais « qu’il y avait là quelque chose« . Et qu’il fallait continuer. Ce que je fis.

Michel Déon était à l’écoute des plus jeunes. Il n’avait rien de ces universitaires méprisants, parfois pétris « de belles idées sociétales qui donnent des leçons« ; il savait être là quand il le fallait.  Nous restâmes en contact. J’eus le plaisir de le rencontrer quelques fois quand il quittait son cher Connemara et revenait à Paris. Instants inoubliables où passaient, frêles papillons, les fantômes de Blondin, d’Haedens et de quelques autres que nous vénérions.

Autour d’une bière, au Rouquet, nous parlions souvent de Déon en compagnie de mon regretté copain Jean-Jacques Brochier, rédacteur en chef du Magazine littéraire qui, lui aussi, l’admirait. Il en était de même avec mes amis Christian Authier, Sébastien Lapaque et Jérôme Leroy lorsque nous collaborions à l’insolente revue Immédiatement, réchauffant nos âmes multiples et diverses (gaullistes, anarchistes de droite et de gauche, communistes à l’ancienne, monarchistes; tous détestant l’Europe des marchés et l’ultralibéralisme qui pointaient leurs museaux putrides de musaraignes cupides) autour du grand brasero de la littérature. Le talent de Michel Déon nous rassemblait; sa générosité bienveillante aussi. Nous ne voulons jamais l’oublier.

Philippe Lacoche,

jeudi 29 décembre 2016.

Une réédition très actuelle

«La fascination du pire», l’un des meilleurs romans de Florian Zeller, est réédité en poche.

  Des souvenirs de manifs dans le froid scandinave

Je rêvassais devant mon ordinateur. C’était un début d’après-midi de printemps clair, au froid vif, cru, comme l’année 2016 n’a pas son pareil pour en produire. J’entends du bruit, dehors. Je regarde par la fenêtre et aperçois des CRS qui s’activent, rue Alphonse-Paillat. Une manifestation contre la loi scélérate El Khomri, bien sûr! Mon sang de Ternois ne fait qu’un tour. Je saisis mon appareil photographique, sors de la rédaction-tanière tel un ours après hibernation. Rue de la République, je tombe sur le cortège de manifestants qui observe un mur de forces de l’ordre. Ce sont les Sud qui, au dire de l’un d’eux, ont souhaité donner «un petit coup de pression aux policiers». Pression bon enfant. Aucun incident. Il fait vraiment froid malgré celle lumière bizarre, scandinave, presque danoise comme notre système de mise en page CCI contre lequel je me bats depuis des années. (Mais il faut bien gagner sa vie, lectrice, mon amour; sinon, comment ferais-je pour t’emmener au restaurant, et t’acheter te

Manifestation du syndicat Sud contre la lois scélérate El Khomry.

Manifestation du syndicat Sud contre la lois scélérate El Khomri.

s tenues sexy et délurées de demi-mondaine, presque «verdurines?».) Je décide de suivre la manifestation, et de rêvasser dans l’air scandinave. Je me revois, en automne 1971, lycéen au lycée Henri-Martin de Saint-Quentin, participant aux manifestations contre la circulaire Guichard. Que nous voulions-nous, à Olivier Guichard, gaulliste bon teint? Je me souviens même plus. Je me revois, chevelu et bouclé comme Louis XIV ou, plutôt comme Polnareff, au côté de mes copains Jean-François Le Guern (dit Paco, du Juan, dans mon roman La promesse des navires), Michel Melki (aujourd’hui comédien), Michel Caulier, tous à l’AJS (Alliance des jeunes pour le socialisme). Nous hurlions des slogans. Quel temps faisait-il? Ça non plus, je ne m’en souviens plus. Je me souviens du goût des bières pression que nous allions boire chez Odette, café des Halles, où nous refaisions le monde en dégustant des saucisses-frites. Était-ce au cours de cette année-là que le juke-box ne cessait de jouer «Le tango des cocus», œuvre impérissable, reprise notamment par le chanteur lillois Alain Boumé, puis, quelques années plus tard, par le regretté et très belge Tichke? On n’est jamais sûr de rien. Deux ans plus tard, ce fut la loi Debré qui nous fit descendre dans la rue. Mes cheveux étaient de plus en plus longs. Je m’intéressais de plus en plus au rock’n’roll et à la littérature (Henry Miller, Blaise Cendrars, Jacques Perret). Certains de nos copains plaçaient des entonnoirs sur leurs têtes pour se moquer de Debré. Puis ce furent les réformes Fontanet et Haby que nous contestâmes. Mais y allais-je encore, aux manifestations? Je jouais dans un groupe de blues rock, courait après les filles, câlinaient avec la fébrilité d’un jeune puma celles que je surnomme Katia et Clara dans l’un de mes autres romans. Le temps passe et les souvenirs restent, même sous le froid scandinave de ce printemps fou de 2016 et sous les auspices de la loi scélérate El Khomri.

                                                             Dimanche 8 mai 2016.

 La pluie d’un Lundi de Pâques et l’agneau pascal

 

Le groupe The Poors, au Charleston (où j'avais oublié de régler mes consommations : deux verres de vin que le patron m'a réclamées dans la rue, et que je lui ai réglées de bonne grâce : cinq euros).

Le groupe The Poors, au Charleston (où j’avais oublié de régler mes consommations : deux verres de vin que le patron m’a réclamées dans la rue, et que je lui ai réglées de bonne grâce : cinq euros).

Commençons, lectrice, ma fée fessue, adorlotée (je laisse ce néologisme tel quel, tel qu’il est apparu sur l’écran de mon ordinateur, fruit d’une faute de frappe ; adorlotée : à la fois adorée et dorlotée ; dès que je prends un verre avec Jean-Marie Rouart ou Michel Déon, il faudra que je leur propose de l’inscrire  au dictionnaire de l’Académie française), adulée, suçotée,  par les choses essentielles : l’averse de mars du Lundi de Pâques qui cingle de toit de la véranda de ma maison du faubourg de Hem, à Amiens. J’adore. J’adore Pâques et son  Lundi. Je les aime pour leur beau symbole religieux, bien sûr, comme bon nombre de petit Français nés à la fin des années 1950. Ces petits Français baptisés par des prêtres ouvriers, parfois communistes, membres de la CGT (c’était le cas d’un prêtre du presbytère de Tergnier). Ces petits Français qui, au lycée de la grande ville, au sortir de 1968, rencontrèrent des filles et des fils de bourgeois avec leurs vices délicieux, leurs fêtes faites des caves pleines de bourgognes interdits, inaccessibles, de leurs pères notaires, avocats, médecins. Ces petits Français qui, grâce à un vieux professeur anarchiste, ancien élève de Bachelard, fou de dadaïsme, de surréalisme et de philosophie matérialiste, tombent sous le charme de Marx. Ils en oublient le catholicisme de leur enfance. Les aubes immaculées comme les culottes de coton des filles si désirées quand on a 12 ans. Filles aussi inaccessibles que le bourgogne des pères notaires des presque femmes que, quelques années plus tard, nous retrouverons dans les draps mauves de l’adolescence, égarés que nous fûmes dans des maisons de maîtres des bourgeois de Bohain (Aisne). Oui, disais-je, l’averse d’un matin de Lundi que Pâques, sur le toit de ma véranda. La pluie de mars qui cingle mon jardin. Cette pluie à la fois violente et douce qui vous réconcilie avec l’agneau pascal. Cette pluie qui nous ferait presque retrouver la foi, la foi enfouie sous les bruits du matérialisme. Le bruit de la pluie est concurrencé par la voix d’André Téchiné qui, sur France Inter, parle de son dernier film, Quand on a 17 ans. Il faudra que j’aille voir ce film ; il me plaira certainement. J’ai adoré Suite armoricaine (vu au Ciné Saint-Leu), de Pascale Breton, avec l’émouvante Valérie Dréville, l’excellent Kaou Langoët et la fascinante Elina Löwensohn, actrice roumaine. C’est un film lent, intimiste, très rock’n’roll pourtant. Une année universitaire à Rennes, vue à travers deux personnages : Françoise, enseignante en histoire de l’art, et Ion, étudiant en géographie. Des ombres et des fantômes des années 1980 planent sur l’œuvre. La salle de la Cité, peut être le groupe Marquis de Sade. Ceux qui partent ; ceux qui restent ; ceux qui s’en sortent, qui meurent ou se perdent. (Quel sublime portrait de la mère de Ion, jouée par Elina Lövensohn, rongée par la dope et l’alcool.) Les Ogres (vu au Ciné Saint-Leu), film ultra-médiatisé, m’a agacé. Je ne me permettrai pas de dire qu’il s’agit d’un mauvais film. Les spécialistes s’accordent à l’aimer. Je ne la ramènerai pas en ce sens. Mais ces personnages autocentrés, ces artistes égotistes, cette scène ridicule de femme qu’on vend aux enchères ; cette écriture insignifiante, puérile, tout cela m’a agacé au plus haut point. Et c’est bruyant, bavard, gueulard. Non, je n’ai pas aimé du tout. Vu, enfin, au Charleston, The Poors, de Limoges, tribute des Doors. Interprétation impeccable. Bon moment.

Dimanche 3 avril 2016

 

 Rose, puis, puis rouge comme un homard

        Députée, secrétaire d’Etat chargée des droits des femmes au sein du gouvernement Valls, Pascale Boistard et Lucien Fontaine, du Parti socialiste, ont eu l’amabilité d’inviter, il y a peu, quelques saltimbanques : le comédien et chanteur Jean-Michel Noirey, l’écrivain Jean-Louis Crimon, l’animateur François Morvan et le cinéaste Eric Sosso. Lys et moi étions également de la partie. La rencontre eut pour cadre la Galerie 34, de Jean-Michel Noirey. Après une visite des œuvres exposées, nous passâmes à l’apéritif. L’inénarrable Jean-Louis Crimon ne cessait de prendre tout le monde en photo. Lucien passait de l’un à l’autre, s’assurant du bon déroulement des choses. Pascale Boistard était souriante, affable. Je me retenais de lui dire ce que je pensais de la politique du gouvernement – c’eût été indélicat – mais ça me démangeait. Alors, je tentais de parler de culture ce qui me réussit un peu plus que d’entamer une discussion sur la physique quantique. Je levais également le nez vers le ciel que des avions lacéraient de la neige de leur kérosène. Il faisait beau, doux. Un temps printanier comme seule l’automne, saison facétieuse, sait en faire. L’ambiance était excellente, fraternelle, comme une Fête de l’Humanité. Pour peu qu’il y eût de la musique, j’eusse bien invité Pascale Boistard à danser une valse, mais eût-elle bien pris que ce mauvais jeu de mots à l’endroit de notre Premier ministre ? Je pense que oui ; elle a de l’humour. Ensuite, nous sommes allés au Mascaret où, une fois de plus, l’ami Jean-Louis fit de nombreuses photos de l’assistance. Voilà à quoi j’ai passé un samedi d’automne sur la terre, lectrice, ma fée fessue. Sur le chemin de retour, au volant de ma petite voiture verte, je me demandais si certains politiques m’invitaient de nouveau à manger, est-ce que j’accepterais ? Xavier Bertrand, oui ; Jean-Luc Mélenchon, oui ; Vladimir Poutine, oui. Marine Le Pen, non. Je pense sincèrement que si cette dernière prend les rênes de notre belle – et grande – région, je serai tondu comme certaines dames à la Libération ou que je serai décapité, comme ce fut le cas, en des temps anciens, pour de lointains ancêtres de ma lignée. Quand je ne mange pas avec les socialistes, je vais au cinéma. Vu deux petites perles au Gaumont : Asphalte, de Samuel

Devant la Galerie 34, au Crotoy.

Devant la Galerie 34, au Crotoy.

Benchetrit, avec Isabelle Huppert, Gustave Kervern et Valeria Bruni Tedeschi ; Belles familles, de l’excellent Jean-Paul Rappeneau, avec Mathieu Amalric, la succulente et très douée Marine Vacht et Gilles Lellouche. Grandiose ! Vu au Ciné-Saint-Leu : le carrément génial The Lobster, de Yorgos Lanthinos avec Colin Farrell. Un film complètement fou et inquiétant : les célibataires sont arrêtés. On les transfère dans un hôtel où ils ont 45 jours pour trouver l’âme sœur. Passé ce délai, ils seront transformés en animal de leur choix. Le héros opte pour le homard car il vit vieux et dans la mer. Burlesque, déjanté mais profond.

Dimanche 8 novembre 2015

 

Yann Moix : « Léa, je l’adore ! »

           Nous avons rencontré Yann Moix à Paris. Il nous parle de ses débuts dans l’émission « On n’est pas couché » mais aussi de ses projets.

    Depuis son arrivée dans l’émission On n’est pas couché, de Laurent Ruquier, aux côtés de Léa Salamé,  sur  France 2, Yann Moix est sous les feux de la rampe. Excellent romancier (il faut lire Anissa Corto et Naissance, deux livres essentiels qui témoignent de ses grandes qualités d’écrivain), cinéaste talentueux et drôle (le succulent Podium), il se révèle un intervieweur de haut vol, percutant, étonnant, tantôt cinglant, tantôt laudatif et passionné. Littéraire et bretteur toujours. Rencontre au Rouquet, sur le boulevard Saint-Germain.

Quelle est la genèse de votre arrivée dans l’émission On n’est pas couché ?

Tout commence en 1996. Laurent Ruquier m’avait demandé de venir participer à son émission sur France-Inter à l’occasion de la sorte de mon roman Jubilations vers le ciel ; à l’époque, son émission s’appelait Rien à cirer. Depuis ce moment, malgré quelques espacements dans le temps, j’ai toujours travaillé avec lui. Parfois, pendant des années, je ne l’ai plus vraiment vu. Dans les années 2000, il a fait appel à moi comme chroniqueur.  De 2010 à 2014, j’ai participé à son émission On va s’gêner ! Puis, j’ai participé aux Grosses Têtes, l’an dernier, sur RTL.  Un jour, il m’a demandé si j’étais partant pour On n’est pas couché. C’était il y a un an.

Est-ce que vous avez hésité ?

Pas une fraction de seconde ! D’une part, pour admiration pour Laurent ; d’autre part, c’est un poste qui ne se refuse pas.

Qu’est-ce qui vous intéressait ? Le fort impact médiatique ? Ou faire passer des messages, des idées ?

Faire passer des choses. C’est le service public. Mon idée ? Utiliser ma petite culture, et mon intelligence moyenne, mais personnelle, pour trouver des angles afin de défricher des aspects de l’actualité. C’est passionnant car dans une même émission, on peut trouver Alain Finkielkraut et Sylvie Vartan. Le grand écart, j’adore ça, moi qui aime autant Michel Delpech que Franz Liszt. J’adore à la fois Frank Zappa et Michel Delpech. Donc, ça me parle. Je peux, dans la même journée, regarder Les gendarmes de Saint-Tropez et lire du  Heidegger.

On vous demande aussi des réactions et des commentaires sur la politique. Vous avez une bonne culture en la matière, mais ce n’est pas non plus votre spécialité.

C’est vrai, et ça se ressent.  Au cours des quatre premières émissions, mes interventions sur la politique étaient surréalistes ; elles n’étaient pas dans le coup.  Pour la première fois, au cours de la cinquième émission, Nadine Morano était ma première vraie interview politique.  C’est quelque chose qui s’apprend ; je l’apprends sur le tas. Ca commence à venir.  J’ai compris comment il fallait faire : il faut leur parler d’actualité. Si tu lis leur livre dans les détails, ce n’est pas super intéressant.  J’ai également appris qu’il fallait oublier ses notes, les questions qu’on a préparées…

Comment analysez-vous votre rencontre avec Michel Onfray ?

J’ai des idées très claires là-dessus.  Médiatiquement, il a gagné le combat, mais intellectuellement, je l’ai gagné. J’ai eu le tort de commencer par une agression. Mais je l’ai contraint, presque sans le vouloir, à découvrir une facette de lui, à la fois mesquine et glauque, que beaucoup de gens ont vue. Certes, il a gagné mais je lui ai quand même mis de bons bourre-pifs ! Il a pris de bons coups dans la gueule, mais, il faut être honnête, aux points, il a gagné.  Mes questions étaient tout à fait correctes, voire même d’un très bon niveau. Mais j’ai eu le tort de choisir la forme de l’agression et de l’agressivité. Il s’est donc défendu, ce qui est normal. Mes questions étaient violentes, mais elles étaient aussi intellectuelles. Ses réponses étaient de la cuisine de chez Grasset. Donc ses réponses étaient indignes de mes questions.  Il a donc gagné sur la forme, mais il a perdu sur le fond.  Il s’est révélé ce que je pense qu’il est : un énorme réactionnaire qui n’est pas loin de coucher avec l’extrême-droite.  Peut-être pas avec l’extrême-droite mais avec une droite dure.  Moi j’adore les gens, quelles que soient leurs opinions, mais les gens qui assument leurs opinions.  Hier, il y avait un mec de Valeurs Actuelles qui est pro-Zemmour à 100%, on a pu discuter.  Tandis que Onfray n’assume pas ce qu’il est ; il n’a pas fait son coming out.  Il est glauque ; ça se voit sur son visage qu’il y a un problème.  Il n’est pas en accord avec lui-même. Il faut qu’il fasse son coming out et qu’il dise : « Oui, je suis de droite dure. » Il n’est pas de gauche ; il a  le droit d’être de droite dure ce que lui reproche c’est de ne pas l’avouer. Je veux bien discuter avec un mec de gauche radicale, de droite radicale ; je suis d’une tolérance totale pour les idées.

Comment ça se passe entre Léa Salamé et vous ?

Léa, je l’adore car elle a été d’une immense gentillesse à mon endroit, tout comme Laurent l’a été.  Ils ont tout fait pour m’aider.  Léa m’a même proposé qu’on prépare les questions des politiques ensemble.  J’ai refusé car je voulais me planter avec mes propres défauts.  C’est une fille super généreuse, drôle. On se marre. Il y a une complicité entre nous ; ce n’est pas un truc artificiel ni fabriqué ; j’adore cette fille.  Je vais vous dire un truc : il y avait longtemps qu’il n’y avait pas un duo qui s’entendait bien dans cette émission.  La dernière fois c’était le duo Zemmour-Naulleau.  Polony et Pulvar, s’entendaient bien au début après on sentait que c’était moins ça.  Celui que j’ai préféré de toute l’histoire des chroniqueurs, c’est Naulleau.  C’est le mec capable de dire à Jacques Attali : « Vous n’êtes pas un économiste. » C’est comme s’il avait dit à Georges Brassens : « Vous ne savez pas jouer de la guitare. » Il est fou à lier ! Je l’adore ; j’adore aussi Léa. J’adore Naulleau et Polony.

Vous avez signé pour combien de temps avec cette émission ?

J’ai signé pour trente-huit émissions, c’est-à-dire une année ; pour l’instant, je ne pense pas à l’année prochaine ; il peut se passer des milliers de choses. Ils peuvent en avoir marre ; je peux ne pas convenir. Moi, je n’ai aucun pouvoir ; je me plierai à leur décision.  S’ils me reconduisent parce que ça s’est bien passé, je serai heureux.  S’ils estiment que je n’ai pas été au niveau, je m’inclinerai.

Vous avez interviewé Michel Houellebecq avec beaucoup de pertinence, et vous nous avez envie de lire ou de relire Christine Angot.

Il faut toujours prendre la défense des écrivains dans une société qui les méprise, et parfois même, qui les hait. Les écrivains sont pour moi ce qu’il y a de plus précieux au monde.  Un pays où il n’y a pas d’écrivains… une ville où il n’y a pas de librairies, c’est inconcevable. C’est là que la pensée a lieu. Quand Onfray a dit : « La pensée ce n’est pas pour vous », sous, prétexte que je ne suis qu’écrivain, c’est d’une bêtise abyssale car un écrivain pense.  C’était terriblement stupide.  Je pense que le problème de Michel Onfray c’est qu’il n’est pas très intelligent. (Ca vous pouvez l’écrire.)

Vous avez longtemps était feuilletoniste au Figaro littéraire. Vous continuez, dans l’émission, à interviewer des écrivains. Vous devez lire énormément ?

A cela s’ajoutent les séminaires que j’anime : sur Francis Ponge, sur Kafka… Les conférences sur Hiedegger après être sorti d’une émission avec Bigard. Et j’ai réalisé Podium.

D’où vous vient ce plaisir du grand écart ?

Le bonheur d’être sur terre.

Vous devez lire très vite.

Non, en fait, au contraire : je lis très lentement.  Je suis d’une lenteur, comme lecteur ! Comme écrivain, je suis rapide ; comme lecteur, je suis lent.  J’ai la même lenteur pour lire Heidegger que pour lire une interview de Michel Sardou ! Il m’arrive dans le cadre de l’émission, de suggérer à Laurent Ruquier et à Catherine Barma, un nom d’écrivain. J’ai une petite légitimité pour inviter un écrivain ; je pense que Laurent me fait confiance.  Ce sont Laurent et Catherine qui dé

Yann Moix, à la terrasse du Rouquet, en octobre dernier.

Yann Moix, à la terrasse du Rouquet, en octobre dernier.

cident au final. Le vrai chef, c’est Laurent. Il faut accepter qu’il soit le chef d’orchestre.  J’aimais bien Aymeric Caron.  Ca, c’est mon ouverture d’esprit car je suis symétriquement opposé à ce qu’il pense, mais j’adore ça. Quelqu’un qui en cohérence avec sa pensée, même s’il est très différente de la mienne, j’aime bien.  Je n’aime pas les chiffres, il adore ça ; il est très très à gauche, une gauche même « tête à claques ». Il est pro-Palestinien d’une manière caricaturale, tandis que je suis plus souvent pro-Israël, il faut le dire.  Il est clair qu’on n’est pas du tout sur la même longueur d’ondes. J’avais beaucoup de plaisir à l’entendre car une opinion qui n’est pas la mienne – comme on peut lire L’Humanité et Le Figaro dans la même journée – j’ai toujours plaisir à l’entendre.  Comme dans un orchestre, chaque instrument vient jouer sa partition. Ce n’est pas parce que la contrebasse n’est pas mon instrument préféré qu’il n’en faut pas dans un orchestre. Aragon était communiste ; c’était un génie. Céline était collabo, c’était un génie.  La littérature, c’est une ouverture d’esprit. Des salauds peuvent être des génies. Des mecs moralement acceptables peuvent être des médiocres.  La littérature, par définition, est une ouverture totale.  La magie de l’art c’est que des pourritures peuvent être des génies ; alors, tous les moralistes paniquent.  Certaines personnes seraient effrayées en connaissant la vie intime de Roger Vailland.  C’est le Sade du XXe siècle.  Je ne suis pas homosexuel, mais je me suis aperçu un jour que la majorité des écrivains que j’aime sont tous homosexuels : Proust, Gide, Fassbinder et Pasolini. Ce sont les écrivains que je préfère au monde ; l’homosexualité est au centre de leurs œuvres.  Je suis en osmose totale avec ces quatre génies qui sont homosexuels, mais le fait qu’ils soient homosexuels ne les détermine en rien ; il atteigne l’universalité par leur homosexualité.  Le raisonnement est valable pour Sartre qui a défendu Staline ; et Sartre est un génie. L’ouverture, c’est la littérature.

Où en sont vos projets cinématographiques et littéraires ?

Je termine un film sur la Corée du Sud et la Corée du Nord où j’ai effectué plusieurs voyages. C’est un très long film.  Et je prépare Podium II. J’ai terminé trois livres : un sur la Corée du Nord (un roman) ; un sur la Terreur (un essai) et un sur le Judaïsme (un essai).  Et j’ai fait une suite à Une simple lettre d’amour qui va s’appeler Neuf ruptures et demie. (C’est la première fois que je l’annonce.) Le titre me paraît pas mal ; j’en changerai peut-être. Chaque chapitre commence à partir du moment où la fille me dit : « C’est fini entre nous. » Tous ces livres paraîtront chez Grasset à qui je suis fidèle.

                                       Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

Quand le style reste souverain…

Grâce à Éric Neuhoff et son «Dictionnaire chic de littérature étrangère», la langue française triomphe.

C’est pire que les migrants. Les livres étrangers entrent chez nous comme dans un moulin (…) Dire que certains traitent les Français de xénophobes. Il n’y a pas plus ouvert, plus curieux que ce peuple qu’on accuse de tous les maux. Est-ce notre faute si nous aimons voyager,

Eric Neuhoff : son dictionnaire de littérature étrangère est d'excellent e qualité. Photo : Laurent Monlaü

Eric Neuhoff : son dictionnaire de littérature étrangère est d’excellent e qualité.
Photo : Laurent Monlaü.

mais sans bouger?» Voilà qui est envoyé, écrit avec fraîcheur, humour, légèreté, distance et panache. Du Neuhoff, tout craché. Celui qui nous a donné quelques-uns des plus pétillants romans de la littérature contemporaine nationale (La Petite Française, 1997, Mufle, 2012), celui qu’on pourrait considérer comme le plus français de nos écrivains nationaux, nous donne à lire aujourd’hui un savoureux Dictionnaire chic de littérature étrangère. Une gageure? Un régal, surtout! Qu’il s’intéressât à la littérature d’ailleurs, on le savait déjà. Il faut être aveugle et sourd (sourd, oui, car sa prose non seulement pétille, mais elle possède sa petite musique bien singulière, comme les bulles d’un Drappier 100% pinot noir qui éclatent contre les parois d’une coupe) pour passer à côté de sa chronique «Affaires étrangères» du Figaro littéraire; certains des textes du présent dictionnaire en sont, du reste, issus. Style? Bien sûr. La chute de son texte d’introduction en est le vibrant exemple: «Dans ma bibliothèque, des réfugiés se cachent par dizaines. J’espère que les pages qui suivent ne pousseront pas les autorités à les reconduire à la frontière.» Il y a peu de chance pour cela. Et c’est tant mieux. Éric Neuhoff nous communique sa passion. Ses textes sur Bracewell, Carver, Roth, Barnes ou Fante interpellent. Jamais aveuglés ni hagiographiques, ils restent d’une lucidité qui force le respect et invite le lecteur normalement constitué à se découvrir – ou redécouvrir – ces grands écrivains. Et quand Neuhoff, à propos de Bukowski constate, amusé, «on l’a beaucoup comparé à Céline : ses bagatelles ne conduisaient qu’au massacre de quelques canettes de bière», on s’incline, et on se dit, pas peu fier, que quand la langue française invite à mieux connaître les grands étrangers, ce n’est vraiment pas mal du tout.

PHILIPPE LACOCHE

Dictionnaire chic de littérature étrangère, Éric Neuhoff, Écriture; 448 p.; 23,95 €.

L’horrible Jugan: une âme noire et un livre lumineux

Cet ignoble personnage hante le plus beau roman de Jérôme Leroy. Un texte inoubliable, puissant, propulsé par savoureuse écriture.

Il a fait fort, Jérôme Leroy! On savait qu’on pouvait compter sur lui, qu’il était l’un de nos meilleurs prosateurs français, et un poète inspiré. Il faut lire, sans plus tarder – si ce n’est pas déjà fait – Monnaie bleue (La Table ronde, 2009), Le Bloc (Gallimard, Série noire, 2011), Physiologie des lunettes noires (Mille et Une Nuits, 2010). Et tous les autres. Il faut lire Leroy comme il faut lire Fajardie, Simenon et Carver. Jérôme Leroy possède ce qu’on nomme un univers. Il mêle le réalisme le plus cru, le plus blafard (il sait se faire atmosphériste au même titre que Calet, Mac Orlan ou Éric Holder), aux intrigues les plus poussées, les plus folles, où l’écologie se dispute avec la politique. Comme tous les grands, il ne fait jamais la morale; on est en droit de l’en féliciter. Il constate plus qu’il ne dénonce, relate plus qu’il ne pointe du doigt. Ça fait encore plus mal. Ses romans, ses

Jérôme Leroy, écrivain, journaliste, poète.

Jérôme Leroy, écrivain, journaliste, poète.

nouvelles, ses poèmes ne sont rien d’autres que des charges violentes, frontales, teigneuses et efficaces contre l’indéfendable société ultralibérale et son presque jumeau le capitalisme. Leroy est un marxiste; il ne s’en cache pas dans une société où, de plus en plus, depuis l’avènement de la prétendue gauche sociale libérale, le mot communisme est devenu un gros mot. Avec Le Bloc, il dézinguait le Front national, tout en ne le jugeant pas. Et cela était bien plus percutant que les essais «bonne conscience» et bien-pensant des journalistes de la presse à bobos qui préfèrent injurier tous ceux qui appellent de leurs vœux un souverainisme social plutôt que de subir les vexations permanentes de nos bons amis d’Outre-Rhin. Oui, Jérôme Leroy n’est pas seulement un romancier de haute volée; c’est aussi un penseur intéressant qui chemine hors des sentiers battus du politiquement correct. Ça fait du bien. Mais revenons à son Jugan. Que nous raconte-t-il? Son narrateur est un enseignant en vacance à Paros, en Grèce; il se souvient de Noirbourg où, douze ans auparavant, il a commencé sa carrière de professeur au lycée Barbey-d’Aurevilly (joli clin à Barbey et à son personnage défiguré, comparable à Jugan!). C’est là, au cœur du Cotentin, qu’il voit un jour débouler Joël Jugan, ancien leader d’Action Rouge, leader charismatique d’un groupe d’extrême gauche. Il sort de taule où il a pris cher: dix-huit ans. Clothilde Mauduit, son ancienne complice, l’a fait recruter comme assistant pour l’aide aux devoirs des collégiens en grande difficulté. Le narrateur croise Jugan: c’est le choc. Celui-ci est défiguré. Son visage est d’une laideur repoussante, plein de bourrelets, de plaies toujours purulentes. Jugan croisera alors Assia, une adorable petite étudiante en comptabilité qui, ensorcelée par un Gitane, deviendra folle amoureuse de cette manière de monstre. Car, ce n’est pas son aspect physique qui fait de lui un monstre, mais bien son âme noire, sa cruauté, sa perversion. Ce sale type en fera voir de toutes les couleurs à la jolie Assia. Cette histoire, rondement menée, où, une fois encore, le fascisme de la marchandise est dénoncé en filigrane, n’est rien d’autre que l’un des plus grands romans de cette rentrée littéraire 2015.

PHILIPPE LACOCHE

Jugan, Jérôme Leroy, La Table Ronde, 214 p.; 17 €.

« Vingt quatre-heures pour convaincre une femme » dans la sélection du Prix Jean Freustié 2015 sous l’égide de la Fondation de France

"Vingt-quatre heures pour convaincre une femme" a fait l'objet d'un article récent  et élogieux paru dans Madame Figaro.

« Vingt-quatre heures pour convaincre une femme » a fait l’objet d’un article récent et élogieux paru dans Madame Figaro.

Frédéric Vitoux, de l’Académie française et Président du jury, Charles Dantzig, Jean-Claude Fasquelle, Annick Geille, Henri-Hugues Lejeune, Eric Neuhoff, Anthony Palou, Jean-Noël Pancrazi et Anne Wiazemsky, ont sélectionné

Pierre Ducrozet Eroica (Grasset) 

Eric Holder La Saison des bijoux (Le Seuil)

Hédi Kaddour Les Prépondérants (Gallimard)

Philippe Lacoche 24 heures pour convaincre une femme (Écriture)

Fabrice Loi Pirates (Gallimard)

Chérif Madjalani Villa des femmes (Le Seuil)

Thomas B. Reverdy Il était une ville (Flammarion)

Le prix Jean Freustié sera décerné le lundi 26 octobre à 18h30

dans les salons de l’Hôtel Montalembert

Créé en 1987 par l’épouse et les amis de Jean Freustié, le prix récompense un écrivain de langue française pour une oeuvre en prose. Dorénavant attribué à l’automne, il a acquis sa réputation par sa longévité et sa dotation, 20 000 euros remis au lauréat.

En 2014 le lauréat était Olivier Frébourg pour La grande Nageuse (Mercure de France).

Contact : prixjeanfreustie@orange.fr

Pia Daix – tél. 06 80 01 05 06