Lambert Wilson et Yves Montand : la même tessiture pour le même goût des mots

      Le comédien  donnera son spectacle « Lambert Wilson chante Yves Montand », le jeudi 15 décembre, à la Maison de la culture.

Il n’imite jamais ; il reste lui-même. Lambert Wilson possède assez de métier pour ne pas tomber dans les écueils du genre. Les chansons de Montand, il les passe au filtre de sa sensibilité. Lambert Montand ? Yves Wilson ? On  n’est pas loin de ça tant les expressions de ces deux artistes sont proches. On les sent en connivence. Et c’est très bien. Lambert explique sa démarche.

Lambert Wilson, comment avez-vous rencontré l’œuvre d’Yves Montand ? Par quelles chansons ? A quels endroits ? Quand ?

Tout a commencé en 1990. J’étais au cours de mon premier spectacle de tour de chant qui s’intitulait Lambert Wilson chante (de façon assez prétentieuse, du reste ; mais peu importe !). De Montand, j’ai chanté « Les feuilles mortes », « Trois petites notes de musique », etc. En 1997, toujours avec mon camarade Bruno Fontaine, on a fait un spectacle sur la chanson dans le cinéma. Là, nous avions fait d’autres titres de Montand, dont « Amour, mon cher amour », etc. En fait, je me trouvais très bien dans ces chansons, notamment au niveau de la tessiture. (On a exactement la même.) Il y a aussi un goût commun pour les mots et la poésie qu’on peut dire. Lui et moi, nous sommes amoureux des auteurs, des mots, de la poésie. Lui pouvait ne faire que réciter « Barbara », de Prévert, ou la chanter. C’est un endroit où l’on se trouve à mi-chemin entre le jeu et la musique ; c’est-à-dire le lyrisme des mots finalement. Je n’ai pas pensé an terme de tour de chant au départ. L’idée, c’est comme si j’avais vu une photo noir et blanc (avec poursuite) de lui de dos ; lui sur scène. Une affiche, un peu. Je me suis dit  qu’il y avait là une idée, un personnage derrière lequel je pourrais me planquer afin de faire un spectacle théâtral en musique. J’insiste sur le côté théâtral ; je ne voulais pas seulement faire un tour de chant. Je voulais me servir de ce personnage pour le raconter. Ne pas du tout l’imiter mais raconter sa vie par son répertoire. Il se trouve que j’avais mis ça un peu de côté. J’avais rencontré Carole Amiel, sa veuve ; elle m’avait donné sa bénédiction. Mais mes activités dans le cinéma m’avaient happé. Et voilà… Entre temps, les gens de Sony m’ont contacté ; ils m’ont proposé de faire le disque. J’ai dit oui ; on a foncé. Ca a été un petit détour pour arriver jusqu’à Montand. Ce que j’avais alors en tête, c’est ce que je propose maintenant. C’est-à-dire une évocation de Montand comme un acteur qui se raconte. C’est pour cela que je voulais absolument un metteur en scène de théâtre. En l’occurrence il s’agit du directeur du Théâtre national populaire de Villeurbanne (Christian Schiaretti) ; j’ai eu du nez car c’est un artiste qui défend les couleurs du TNP dans son Histoire. Il a fait une salle de répétition Georges-Wilson (mon père) à Villeurbanne. Il a su trouver la connexion entre l’histoire du TNP et Montand qui a chanté pour Vilar, en 1952, à Gennevilliers, en même temps que Gérard Philipe jouait Le Cid.  Il y avait un engagement partagé, un engagement politique clair, très prolétaire ; et ça, ça plaît beaucoup à Christian. Christian m’a aidé à faire le lien grâce à des textes de

L’excellent Lambert Wilson.

Semprun, le grand ami de Montand, qui a écrit des choses magnifiques sur lui, sur son passé ouvrier, sur les grandes rencontres de sa vie (Simone Signoret, Piaf, Marylin, etc.). Sur son engagement politique. Sur sa gloire aussi. A son rayonnement quand les gens sont suspendus à ses lèvres. Son rêve de l’Amérique ; son rêve de fils d’émigré qui eût pu aller en Amérique. C’est toute cette courbe que Semprun évoque. Moi, je dis ces textes entre les chansons.

Une sorte de fil rouge narratif ?

Exactement. C’est ça la différence avec un tour de chant traditionnel. On peut jouer sur les mots : bien sûr que c’est un tour de chant. Je chante trente chansons… ca nous permet de couvrir un panorama très large, qui est le sien. Ca va de chose très évocatrices des années 40 (« Battling Joe » », « Luna Park »…) à des choses très épurées de Prévert (« Les feuilles mortes », « Barbara »…). Et des choses plus engagées comme « Casse-tête », d’après un poème de Gébé, de Charlie-Hebdo, qui avait écrit ce poème sur les violences policières. Mais aussi des chansons comme « Le chant de Partisans », ou encore « Le temps des cerises ».

Est-ce que vous l’avez réellement rencontré ou pas du tout ?

Pas du tout. En revanche, quand j’étais très jeune, j’avais fait un film avec Catherine Allégret qui avait organisé quelque chose. Elle m’avait raconté son effort, son retour d’Amérique. Rencontrer à nouveau l’Amérique, aller chanter à New York où il avait été célébré, ça m’avait plu. Il avait ça en lui ; il fallait qu’il refasse de la musique. C’était mon seul contact avec lui.

Qu’est-ce qui vous fascine en lui ? Le chanteur ? Le comédien ?

C’est son désir d’auto construction. C’est un peu ça qu’on raconte ; c’est l’émigré. Ce n’est pas simplement une nécessité d’adaptation ; c’est un désir de dépassement par la langue française qui est sublimé. C’est ça qui me fascine le plus ; son ambition de vivre le rêve du père, qui est le rêve de l’Amérique. Un truc qui le pousse au cul… Je suis très fasciné par le chanteur, et tout particulièrement le chanteur au milieu de sa carrière, c’est-à-dire les années 60. Là où il est le plus épuré. Je respecte énormément l’acteur qui a une présence incontestable. Dans mon inconscient, je suis très attiré par la fin des années 50 et le début des années 60.

La période compagnon de route du Parti communiste. Période que votre père avait également connue.

Exactement ; c’est là que l’on rejoint l’histoire du TNP. Dans l’après-guerre, il y a un désir d’héroïsme. C’est toute une génération de gens qui ont beaucoup souffert, et de la pauvreté, et de la guerre. Et cette énergie-là me fascine. Ce désir d’héroïsme s’exprime dans le choix des textes. Ce qui me fascine aussi chez Montand, c’est que ce n’est pas une œuvre ni écrite, ni composée. Ce sont ses choix ; il a laissé un ouvrage de choix. Il a marqué au fer rouge des chansons qui sont définitivement associées à lui : « Les feuilles mortes », par exemple. Il est difficile de ne pas penser à Montand quand on écoute cette chanson, même si elle a été chantée dans le monde entier.

Vous chanterez à la maison de la culture d’Amiens le jeudi 15 décembre. Avec quelle formation serez-vous sur scène ?

Bruno Fontaine a réarrangé une deuxième fois. Il aura certains titres en commun avec le disque, mais il a tout de même réarrangé… Il y aura – lui compris- six musiciens. Ce sont des musiciens qui sont aussi à l’aise dans un son classique que dans un style jazz.

Ce ne sera donc pas l’orchestre symphonique qui vous accompagnait et que l’on voit sur certaines vidéos?

Non, ce sera encore autre chose. A un trio jazz (piano, basse, batterie), il a ajouté un violoncelle, un clarinettiste (qui joue toutes les clarinettes) et un instrument inattendu : le cor (et aussi du bugle). C’est vraiment génial. C’est donc un ensemble extrêmement polymorphe dans le son. Parfois, c’est vraiment jazz des années 50, de club ; parfois, on est dans un classique plus épuré (pour « Barbara », pour « Les feuilles mortes »). Dans un son de sonates. La difficulté fut de trouver des musiciens qui étaient souples pour passer d’un style à un autre. Par exemple, le batteur est également percussionniste chez Boulez… Tous ces musiciens sont très polyvalents.

Comment s’est faite la rencontre avec Bruno Fontaine ?

On s’était rencontré car je souhaitais faire un tour de chant ; ce fut une évidence immédiate. C’est très difficile de passer des mains de Bruno Fontaine à celles d’un autre pianiste. Il est aussi à l’aise dans le classique que dans le jazz. Il est plus qu’un accompagnateur ; c’est quelqu’un avec qui on respire.

Vous êtes en totalement connivence.

Oui, c’est fou ! Si nous faisions juste piano voix, nous pourrions ne pas répéter, tellement on se connaît, tellement il connaît la moindre de mes respirations. Artistiquement et humainement, c’est une chance pour nous qu’on se soit trouvés.

Quelles sont vos deux ou trois chansons préférées de Montand ?

J’ai une tendresse particulière pour « Les feuilles mortes » car cela me rappelle des moments-clé de ma vie ; des moments graves, heureux. Ou même très graves. Il y a aussi des chansons de Francis Lemarque qui sont merveilleuses. Bien entendu « A Paris », chanson merveilleuse, difficile à chanter. Et une autre chanson de Francis Lemarque qui s’appelle « Toi, tu ne ressembles à personne ».

Avez d’autres points communs avec Yves Montand en dehors de la tessiture ?

Oui, je pense que nous avons la même utilisation du corps sur scène ; mais attention ; je ne l’imite pas. Je n’ai pas voulu regarder les vidéos. La joie de vivre du corps également. On est à mi-chemin entre la revue, le danseur… c’est une sorte de liberté ; un goût de s’exprimer à travers le corps ; oui, nous avons ça en commun.

Quels sont vos projets ?

Il y a trois films qui vont sortir. Le premier, une comédie, que j’ai tournée avec Juliette Binoche et Camille Pottin; ça s’appelle Telle mère, telle fille. Ca sortira en mars. C’est un film de Noémie Saglio. Ensuite, le 5 avril, je serai dans le film Corporate, un film sur le monde du travail. C’est un film de Nicolas Silhol. Je joue le rôle d’un DRH épouvantable. Et je viens de terminer, en Belgique, le film du romancier Marc Dugain ; il a adapté le livre de Chantal Thomas  qui s’appelle L’échange des princesses, magnifique film d’époque où je joue le roi d’Espagne, Philippe V, le petit-fils de Louis XIV. C’est un film avec Olivier Gourmet.

                                      Propos recueillis par

                                      PHILIPPE LACOCHE

 

 

 

 

Les fantômes de Solveig Anspach et de Roger Vadim

 

La place si française de Saint-Riquier.

La place si française de Saint-Riquier.

Beaucoup de spectacles pour la dernière chronique avant la rentrée de septembre. A la Maison de la culture, vu avec plaisir et non sans émotion la pièce Regarde les fils de l’Ulster marcher vers la Somme, de Frank McGuinness dans une mise en scène de Jeremy Herrin. Emotion, oui, car ce n’était rien d’autre qu’un hommage à nos amis alliés Irlandais qui sont venus se battre à nos côtés contre les hordes venues d’outre-Rhin. En effet, le 1er juillet 1916, la 36e division de l’Ulster prenait part à l’une des batailles les plus sanglantes de la Somme. L’absurdité de la guerre y apparaît. Le courage des hommes aussi. Emotion encore avec L’Effet aquatique, le dernier film de la talentueuse Solveig Anspach, décédé il y a un an à l’âge de 54 ans, projeté au Ciné Saint-Leu, à Amiens. Elle nous donne là un ultime film délicat, subtil, délicieux ; une comédie romantique en milieu aquatique. Tout se passe d’abord à la piscine de Montreuil, près de Paris, où Samir, grutier quadra, tombe éperdument amoureux d’Agathe, maître-nageuse. Afin de tenter de la conquérir, il décide de prendre avec elle, des cours de natation et lui fait croire qu’il ne sait pas nager. Elle découvre le mensonge, lui en veut terriblement. Alors, quand la jeune femme s’envole en Islande pour le dixième congrès international des maîtres-nageurs, il la suit… Samir Guesmi et Florence Loiret-Caille, rayonnent dans ces rôles d’amoureux fous. Toujours au Ciné Saint-Leu, j’ai beaucoup aimé Tout de suite maintenant, de Pascal Bonitzer avec une brochettes d’excellents comédiens : Agathe Bonitzer, Vincent Lacoste, Lambert Wilson, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Bacri, etc. « Pour moi, l’esprit de notre temps, c’est ce que la finance appelle le principe TDSM (Tout De Suite Maintenant) d’où le titre – qui correspond à cette mainmise relativement récente de la finance sur le capitalisme d’entreprise », explique le réalisateur. Car, sous des dehors de romance entre Nora Sator (Agathe Bonitzer), trentenaire carriériste, douée, et son collègue Xavier (Vincent Lacoste), ce film est une descente en flamme d’une société ultralibérale écoeurante, d’un monde de l’entreprise impitoyable, jungle crade, détestable. On en ressort dégoûté de ce monde de la compétition à tout prix, de la rentabilité immédiate. Pour oublier ce monde de brutes, je me suis rendu au concert d’ouverture du Festival de Saint-Riquier. Le Concert spirituel, placé sous la direction d’Hervé Niquet, donnait Gloria et Magnificat, de Vivaldi, et Messe Ad Majorem Dei Gloriam, du fascinant André Campra. Impressionnant de puissance, de jubilation et de délicatesse dans la fraîche abbaye. Et quel bonheur aussi de prendre un verre à la terrasse du Café de l’Abbaye, sur l’une des places les plus françaises et plus sixties de France. A tout moment, on a l’impression de voir débouler Vadim (le Campra des sixties) au bras d’une de ses starlettes en robe de vichy. Rêve des Trente glorieuses.

 

Dame Felicity Lott aime « le champagne » de la langue française

 

La charmante et délicieuse Felicity Lott sera, ce jeudi soir (9 juillet 2015) au festival de Saint-Riquier.

La charmante et délicieuse Felicity Lott sera, ce jeudi soir (9 juillet 2015) au festival de Saint-Riquier.

La grande chanteuse soprano anglaise, très francophile, sera en concert au festival de Saint-Riquier, ce soir, jeudi.

Elle adore la France et ne s’en cache pas. Elle chante avec délicatesse et un immense talent les plus grands compositeurs français sur les scènes des plus grands opéras. Une très grande dame au charme indéniable.  Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

Enfant et adolescente, vous avez appris le piano et le violon. Finalement, vous avez opté pour le chant, à l’âge de 12 ans. Pourquoi ?

J’ai toujours chanté, bien avant de commencer à jouer du piano. A l’âge de deux ans, j’ai enregistré et gravé un petit disque avec deux chants de Noël que j’ai offert à ma grand-mère. C’est ma mère qui m’avait emmenée dans un studio de Cheltenham où je suis née. Je possède toujours ce petit disque en vinyle. Il comprenait deux chansons dont « Away in a manger ».

On dit de vous que vous êtes « la plus francophone des sopranos britanniques ». Qu’est-ce qui vous attire tant dans notre pays ?

Tout m’attire dans votre pays. La langue française d’abord. Et puis j’ai visité le pays quand j’avais 12 ans. Lens d’abord car j’ai une cousine qui habite dans le Pas-de-Calais. Ensuite je suis allée à Annecy car Cheltenham est jumelée avec cette ville. Il s’agissait d’un échange. J’avais 15 ans. J’apprécie aussi la culture, la poésie et la musique française je ne connais pas encore à ce moment-là. J’ai également été assistante d’anglais dans le lycée mixte de Voiron, près de Grenoble où j’ai suivi des  cours avec un très bon professeur de chant, ce qui a changé ma vie. J’avais 21 ans. Mes 21 ans, je les ai fêtés à Voiron.

Grenoble, était-ce par hasard ou pour Stendhal ? Et avez-vous aimé cette ville ?

A ce moment-là, j’étais Voiron. Je suis allée à Grenoble pour mes cours de chant. J’ai même chanté dans le chœur du Conservatoire pour l’ouverture des Jeux Olympiques, en 1968. J’ai toujours l’hymne olympique, chez moi,  dans tiroir. En fait, c’est la montagne que j’aimais. C’était tout nouveau pour moi, tout ça…

Vous avez interprété notamment Haendel, Mozart, Strauss, Offenbach, Gounod, Reynaldo Hahn, Fauré, Chausson, etc. Lequel préférez-vous et pourquoi ?

Impossible à dire ; ça fait partie du charme de la vie : pouvoir apprécier tous ces compositeurs, et interpréter des choses aussi différentes. La seule chose qui les rassemble c’est l’importance qu’ils attachent à la parole. Le livret est important pour moi. J’ai commencé par Mozart,  puis Strauss… dans l’œuvre de Strauss on se demande si c’est le texte est plus important que la musique. Ou l’inverse. C’est l’ensemble qui créé la magie ; quand le compositeur met en musique, c’est ça qui bouleverse. J’adore la poésie française : Victor Hugo, Vigny, Verlaine, Apollinaire, Eluard. J’ai découvert de nombreux poètes grâce à la musique.

Votre accompagnateur préféré au piano est Graham Johnson. Parlez-moi de lui, s’il vous plaît.

Nous nous sommes rencontrés quand nous étions étudiants à la Royal Academy of  music, à Londres ; il est extraordinaire. C’est  une encyclopédie vivante incroyable ! Il possède une très grande culture. C’est un autodidacte. Il est né en Rhodésie; il est venu en Angleterre quand il avait 17 ans ; il est curieux de tout. De la littérature aussi. Il aime beaucoup la musique française (il a écrit un livre sur Fauré). Par ailleurs, il a écrit  trois tomes immenses sur les lieder de Franz Schubert. Il aime également  la poésie allemande. Il a fait de très nombreux récitals.

En 1996, vous avez été anoblie par la reine du Royaume-Uni. Qu’avez-vous ressenti ?

Je pense que j’étais très fière ; c’est le prince Charles qui présidait la cérémonie. Cette distinction, c’est un peu comme la Légion d’honneur. Un remerciement de l’état ; oui, j’étais très fière mais ma maman encore plus…

Vous êtes née à Cheltenham, cinq ans après Brian Jones, fondateur des Stones. L’avez-vous connu ou croisé ?

J’étais en classe avec sa sœur, Barbara, un peu plus jeune que moi. A cette époque, j’étais très studieuse ; je chantais dans le choeur de l’église. Et je dois avouer que j’étais plus Beatles que Rolling Stones.

Vous avez souvent défendu l’opérette, genre trop sous-estimé. Pouvez-vous m’en parler ?

C’est en faisant La Belle Hélène que j’avais vraiment découvert l’opérette ; avant j’avais fait La Veuve joyeuse. Ces musiques apportent le sourire. Je viens de lire un article à Offenbach ; l’auteur disait qu’il n’appréciait pas. C’est dommage pour lui. Je trouve que les traductions des textes des opérettes françaises font perdre le « champagne » de la langue.

En dehors de la musique classique, l’opérette et l’opéra, aimez-vous d’autres musiques ?

J’aime beaucoup les quatuors, la musique du piano solo, et celle des grands orchestres. J’adore Serge Reggiani (je l’ai vu deux ou trois fois en concerts). Je n’ai pas encore osé reprendre ses chansons…. J’ai un peu peur… J’ai chanté une fois « L’Hymne à l’amour », d’Edith Piaf. Avec ces voix-là, c’est très difficile à faire ; Brel j’adore. J’aime sa façon de prononcer les textes…

Qu’allez-vous interpréter au Festival de Saint-Riquier.

Je viens avec des musiciens extraordinaires que j’ai rencontrés en Inde. Ensemble, nous avons fait un concert à Genève. A Saint-Riquier, nous allons interpréter une partie de la IVe symphonie, et trois lieder de Mahler ; « La chanson perpétuelle », de Chausson ; des mélodies de Hahn, et trois petits airs d’Offenbach.

Profiterez-vous de ce déplacement pour découvrir la Baie de Somme ?

Ce sera malheureusement un déplacement express. Je tourne beaucoup. La semaine dernière, j’étais à Mont-de-Marsan en compagnie de Lambert Wilson et de la pianiste Jacqueline Bourgès-Maunoury. Je serai à Paris demain (N.D.L.R. : mardi 7 juillet), puis à Saint-Sauveur-en Puisaye, à la maison de Colette.

Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE