Jacques Béal ressuscite le Saint-Leu d’antan

 

Jacques Béal vient d'écrire un excellent roman ancré dans le quartier Saint-Leu, à Amiens.

L’ancien grand reporter du Courrier picard nous donne à lire un excellent roman vif et humaniste où le célèbre quartier d’Amiens revit avec bonheur.

 

 

Jacques Béal, ex-grand reporter au Courrier picard, aime sa région. Amiens en particulier. Et le quartier Saint-Leu où il a passé une partie de sa vie quand il était jeune journaliste. C’est ce quartier Saint-Leu qui sert de décor à son dernier roman Rendez-vous au Sourire d’avril. Plus qu’un décor, à dire vrai. Saint-Leu devient dans ce beau livre un véritable personnage. Pas n’importe quel Saint-Leu mais celui qu’il a connu, des années cinquante aux années soixante-dix. Un quartier populaire, picard à l’extrême, avec ses personnages, ses gueules, ses ambiances, ses atmosphères. Jacques Béal, grâce à une écriture efficace, vivante, très «simenonienne», raconte une histoire. Des histoires.

Une femme énergique

Tout se passe autour du café Au Sourire d’avril et de Louise Bancquart, une ancienne employée qui décide de reprendre le fameux bistrot (qui a réellement existé et qui se situait rue des Archers).Louise est une femme énergique, en pleine force de l’âge, libre, «démarche vive et allure décidée».L’ancien propriétaire, harcelé par un corbeau, a mis fin à ses jours. C’était un brave homme, généreux et respecté qui a laissé un très bon souvenir dans le quartier. Prendre sa succession n’est pas tâche aisée. Louise doit se faire accepter dans ce lieu où les mœurs sont parfois rudes.Louise, rapidement, y parvient. Du café décrépi, elle fait un établissement convivial et propret; elle tisse également un réseau de fidèles amis, clients et connaissances: hortillons, grossistes des halles, ouvriers, petits fonctionnaires, habitants, artistes divers… Louise tente d’abord d’en savoir plus sur les raisons réelles qui ont conduit son prédécesseur à mettre fin à ses jours. Ce n’est simple. Des pans entiers du passé ressurgissent. La période de l’occupation n’est pas si lointaine, et avec elle, ses héros, mais aussi ses lâches, ses collaborateurs. Et puis rôde dans les parages l’énigmatique et glacial inspecteur Poitevin qui pourrait avoir des choses à se reprocher. Les destins, les intrigues et les drames s’entrecroisent au cours de ces trois décennies. Jacques Béal, grâce à des dialogues vifs et souvent très terroirs, nous fait découvrir une série de portraits singuliers, authentiques, rugueux ou, au contraire, très nuancés. On y retrouve un instituteur, hussard noir de la République, qui fait revivre les marionnettes d’Amiens, une jeune fille fraîche (qui devient employée disquaire dans un grand magasin, puis responsable d’une société musicale) et sa mère, tondue à la Libération et soupçonnée – à tort – d’avoir fricoté avec l’envahisseur. Et bien d’autres. On ne lâche pas ce roman charnu et très réussi.

PHILIPPE LACOCHE

Rendez-vous au Sourire d’avril, Jacques Béal, Presse de la cité, coll.Terres de France, 378 p.19,50 euros.

 

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L’étang de Merlieux, le dindon crétin et la fraternité ferroviaire

La Fête du livre du Merlieux est un rendez-vous incontournable. Je m’y rends régulièrement depuis que le maire de l’époque, Daniel Corcy, eut la bonne idée de créer l’événement, sous le marrainage de Régine Deforges. Souvent, il coule sur ce mignon village axonais, une belle lumière automnale. C’était le cas le weekend dernier. J’y ai retrouvé de nombreux copines et copains. Jacques Béal (qui sortira, sous peu, un nouveau roman aux Presses de la Cité) et Hélène, sa compagne. Jacques signait ses livres au côté de Gilles Paris qui a donné une nouvelle au Courrier picard l’été dernier. Étaient également Didier Daeninckx (nous sommes arrivés exactement au même moment dans la vaste pâture qui sert de parking), le très joyeux et facétieux Alain Paucard (qui publiera, sous peu, Tartuffe au bordel, au Dilettante, un livre truculent, politiquement incorrect et rabelaisien), le fraternel Yves Couraud, ma camarade de longue date la conteuse Catherine Petit, l’excellent Valère Staraselski, la talentueuse Noëlle Châtelet, le très moustachu Léo Lapointe, etc. Dès le matin, Alain Paucard nous chanta du Presley et de vieilles chansons françaises et coquines. J’ai déjeuné avec Catherine Petit et Noëlle Châtelet (tarte au maroilles, cochon de lait et haricots verts). Pour digérer, nous avons fait une longue promenade autour du magnifique étang, avant de découvrir la ferme pédagogique (où je me suis fichu de la poire d’un dindon assez bruyant et agressif) et les aquariums qui recèlent des poissons d’eau douce. En fin d’après-midi, après avoir félicité Joy Sorman pour ses jolis yeux, j’ai été invité à participer à une rencontre autour des cités cheminotes. Celle de Laon, en particulier qui vient de faire l’objet d’une pièce de théâtre, œuvre d’Olivier Gosse, et de la publication d’un livre aux éditions Christophe Chomant, de Rouen.

Gilles Paris (à gauche) et Jacques Béal, très complices.

En2011, Axothéa, Fédération des troupes de théâtre amateur de l’Aisne, avait engagé un travail de mémoire sur la cité des cheminots de Laon, dont la finalité était la création d’une pièce de théâtre à partir d’un recueil de paroles… Quelques extraits furent lus sur place. Et c’était très réussi. Je ne pouvais m’empêcher de penser à la cité des cheminots de Quessy-Cité, près de Tergnier où est né mon père. Fraternité ferroviaire. Économat. Émotions.

Dimanche 7 octobre 2012.


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Le printemps, le sucré-salé de Deauville, les salons et les copains

 

Jacques Béal au cours de la conférence sur le quartier Saint-Leu, qu'il a donnée, il y a peu, au bar de la Comédie de Picardie, à Amiens.

 Le printemps est un ravissement pour les écrivains; j’en profite. En compagnie de Lady Lys, je me suis rendu au salon de Deauville où j’ai fait la connaissance de Yann Queffélec, sympathique et fraternel. Nous sommes allé boire des verres, fort tard dans la nuit, après avoir écouté l’étonnant et talentueux Jean-François Zygel qui donnait un concert axé sur l’improvisation. Zygel demandait aux spectateurs de lui souffler un mot (rêverie, pluie, joie, fin, etc.) et il faisait parler son piano. Un régal où pétillaient des mélodies et des harmonies d’une infinie délicatesse. Il pleuvait sur Deauville. Les bourrasques me décoiffaient et me donnaient une tête de fou. «Tou ressembles à Jack Nicholson», souriait Lady Lys alors que nous marchions sur les célèbres planches de la plage que Françoise Sagan et Bernard Frank avaient longuement arpentées avant de se «refaire» au casino. J’adore Deauville. Son côté sucré et clinquant dans l’air salé. Le sucré salé. J’y ai bien sûr retrouvé copines et copains (Marie, des éditions du Seuil – avec qui je n’ai pu m’empêcher d’évoquer Jean-Jacques Brochier et les heures de gloire du Magazine littéraire -, Claire Julliard, du Nouvel Observateur, Nicole – qui me dit le plus grand bien du romancier Paul Vialar – et Serge Dutfoy, dessinateur et pianiste émérite, etc.) Le 1er mai, je suis allé au salon d’Arras où j’ai croisé mes copains romanciers Valère Staraselki et Pierre Hanot. On a bien ri. Comme d’habitude. Avec mon confrère Jacques Béal, je rigolais bien quand il était grand reporter au Courrier picard. Aujourd’hui, Jacques profite d’une retraite très active puisqu’il ne cesse d’écrire.En 2008, il avait publié chez Michalon L’ange noir, une biographie de l’aviatrice Bessie Coleman, une Afro-Américaine qui apprit à piloter au Crotoy. Trois ans plus tard, il nous a donné à lire un excellent roman, Les Ailes noires (Presses de la Cité), une histoire romancée de Bessie au Crotoy. Jacques travaille actuellement à un roman intitulé Au sourire d’avril, une saga qui évoque 30 ans de la vie du quartier Saint-Leu, à Amiens (de 1950 à 1980).Sortie prévue en octobre prochain aux Presses de la Cité. Saint-Leu, thème d’une conférence qu’il a donnée, il y a peu, à la Comédie de Picardie, en compagnie de Cécile Marseille, conseillère municipale, férue d’histoire locale. Passionnant.

Dimanche 6 mai 2012

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