Cédric Anger : « Lamare va tenter d’être un héros négatif »

    

Cédric  Anger : un réalisateur littéraire, efficace et inspiré. Il aime Emmanuel Bove; c'est un homme de goût.

Cédric Anger : un réalisateur littéraire, efficace et inspiré. Il aime Emmanuel Bove; c’est un homme de goût.

Il ne voulait surtout pas réaliser un film sur la traque d’un serial killer, mais bien dresser le portrait d’un homme complexe. Cédric Anger nous donne à voir un film subtil et superbe, très inspiré d’Emmanuel Bove. Explications du metteur en scène.

Est-ce qu’on retrouve le capitaine de gendarmerie Pineau, commandant de la compagnie de Clermont, et l’inspecteur Neveu, adjoint au chef de l’antenne du SRPJ dans votre film ?

Cédric Anger : Non, eux ne sont pas vraiment traités.  En revanche, est traité le chef de la brigade de Chantilly. Mais on voit deux silhouettes, derrière les battues, derrière tout ça. Et ils sortent du bureau du chef ; leurs noms ne sont pas évoqués, mais il s’agit bien d’eux.  Comme mon parti-pris était de faire le point de vue de Lamare,  et pas celui de ceux qui le traquent, j’ai préféré être dans un sorte de portrait ; on accompagne le mec. Je ne donne pas le point de vue de ceux qui le cherchent.  C’est plus le portrait d’un mec qu’un film sur les traces d’un serial killer.  De plus, dans les portraits des serials killers, tant qu’on ne les trouve pas, leur image grossit dans la tête du spectateur. Alors que là, à l’inverse, le tueur devient de plus en plus ordinaire, banal. On voit que c’est un jeune homme avec ses problèmes.

Le personnage de la fille relève-t-il de la fiction ?

Oui. Je connaissais quelques points : l’histoire de la femme de ménage avec qui il aurait eu une relation et qu’il aurait demandé en mariage.  A partir de ce moment-là, j’ai brodé sur leurs relations car je ne voulais ni embêter la fille concernée qui, à l’époque, ne voulait plus du tout entendre parler de cette histoire ; les gens ont aussi le droit à l’oubli. Et représenter sur l’écran, une personne qui veut rester dans l’ombre, je ne voulais pas. J’ai donc brodé une seconde histoire à l’histoire de Lamare.

Connaissiez-vous depuis longtemps cette histoire Lamare ?

A l’époque des faits, j’avais trois ans. On m’en a parlé. Du coup, j’ai regardé l’émission Faites entrer l’accusé qui, justement, était faite sur la traque. Quand j’ai lu le livre,  ce qui m’a intéressé, au-delà de l’histoire assez fascinante, c’est le personnage Lamare. Son rapport à la nature, à ses parents, à son petit frère, la manière dont il est à la fois fébrile, fragile, quand il dit à ses victimes : « Attention, je vais vous faire mal. » Je me suis dit il y a là un caractère. De plus traiter le film sous forme de la traque d’un serial killer, n’aurait pas marché. En fait, il est en colère. Il a demandé à être dans les forces spéciales, dans le GIGN… tout ça lui a été refusé. Il vivait dans une imagerie militaire un peu virile ; le côté héroïque de tout ça. Il avait été fasciné par les guerres d’Indochine, d’Algérie. Et lui,  son quotidien, c’étaient des voitures volées ; il mettait des PV. Il étouffe dans ce métier de gendarme alors qu’il se rêvait grand militaire.  Ne trouvant pas une place héroïque et positive à ses yeux dans le monde, il va se lancer dans une croisade négative, une croisade folle ; il va tenter d’être un héros négatif. Il va se lancer dans les pas de Marcel Barbeault, un vrai serial killer qui avait terrorisé le département de l’Oise, peu de temps avant. Il prend modèle sur lui. Il a bien du mal à l’imiter car il n’a pas un besoin physiologique ni sexuel de tuer.  Il est parvenu à tuer une personne ; les autres ont été blessées dont une grièvement (elle ne s’en est jamais remise).  Il trouvait le travail de ses collègues médiocre ; il remettait en cause le fonctionnement de la gendarmerie. Il les a donc roulés dans la farine.  Il leur a montré qu’il était plus malin qu’eux ; il y avait, comme ça, un jeu du chat et de la souris. Il se disait : « Comme la hiérarchie m’a refusé les postes importants, je vais les tourner en ridicule. Je vais montrer tous les dysfonctionnements de la gendarmerie. » Ce sont les seules explications qu’il a donné à la juge. Il a dit qu’il voulait redorer le blason de la gendarmerie.  Le livre de Stefanovitch était très complet ; il avait procédé à une vraie investigation. Il dresse un portrait du personnage quasiment au jour le jour.  Il était à l’époque envoyé par l’AFP  pour chroniquer les agressions dans l’Oise. Il a vu Lamare ; il était sur les barrages avec les gendarmes. Il l’a écouté sur sa radio. Il a vu que Lamare était le plus déterminé. Il disait : « On va l’avoir, ce salaud ! » Il a vécu tout ça de l’intérieur.  Je n’ai pas voulu tenter d’aller voir Lamare. Je ne sais pas où il en est dans sa vie. Je ne connais pas son état. Je n’aurais pas été bien. Et de plus, on ne peut pas faire ça. Demander aux médecins : « Je veux passer du temps avec l’un de vos patients. » Cela aurait compliqué et je me méfie d’une chose : j’ai déjà écrit sur des voyous avec des témoignages… il y a une tendance à la déformation du récit ou des faits. Là, le livre de Stefanovitch était dix fois plus pertinent là-dessus. Il était factuel. Le film n’est pas Faites entrer l’accusé. Il faut s’approprier le sujet, avoir une lecture.  Mon but était de m’approprier cette histoire.  Il ne fallait pas aller refrapper à la porte des gens 35 ans après. Surtout que c’était douloureux.

Avez-vous tourné en Picardie ?

On a tourné dans le Pas-de-Calais, vers Lens, Arras,  car ce sont des secteurs qui ont peu changé par rapport à l’époque. Alors que lorsque je suis allé dans le secteur de Chantilly, je me suis rendu compte que ça avait pas mal changé. Le département de l’Oise a plus d’argent. Le Nord-Pas-de-Calais possède des secteurs de no mans land. De plus, la région a une vraie logistique ; elle est rompue à accueillir des équipes de cinéma et elle possède un vivier d’acteurs qui était intéressant. Il ne fallait emmener Guillaume avec des seconds rôles connus ; au contraire il fallait l’entourer d’amateurs ou de gens peu connus, de façon à garder le côté naturel.

Pourquoi avoir appelé votre personnage Lamare Franck Neuhart, Neuhart comme le personnage du roman d’Emmanuel Bove. C’est vrai qu’il y a un cousinage entre l’atmosphère de votre film et les romans de Bove.

C’est une manière de vivre le quotidien le plus réaliste de manière mentale et fantastique ; il a cela chez Bove. Il y a un côté fantastique social qui m’intéressait sur l’état d’esprit du personnage qui est un personnage qui est en colère, rageur, qui a une grille de lecture du monde qui est cauchemardesque.  Comme il fallait changer les noms, j’ai pensé à Bove, un écrivain que j’adore.  J’aime beaucoup ce nom de Neuhart.

Quels sont vos livres préférés d’Emmanuel Bove ?

L’Amour de Pierre Neuhart, Le Pressentiment, etc. J’aime aussi des cousins littéraires de Bove comme Calet… Il y a une tristesse, une monotonie très réaliste.  Une monotonie pluvieuse du quotidien.

                                Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

Un film sous tension et captivant

La facilité eût voulu que Cédric Anger fît de La prochaine fois je viserai le cœur un film sur la traque d’un serial killer. Il s’est abstenu ; il a bien fait. Il a choisi comme point de vue de dresser le portrait du gendarme Lamare. Jamais, Anger ne juge ; il observe. C’est ce qui fait la force de son œuvre. Il nous livre un film sous tension du début à la fin. Totalement captivant. D’une force indéniable qui relève de la haute littérature. Et il n’est pas étonnant quand il avoue au cours de l’interview qu’il nous a accordée que son romancier préféré n’est autre qu’Emmanuel Bove. Pas étonnant non plus que celui-ci soit l’écrivain favori de Patrick Modiano. Certains détails dans la reconstitution minutieuse de l’époque (la fin des seventies) procure, comme chez Modiano, un ton inimitable, à la fois brumeux, inquiétant. Une manière de fantastique social cher au picard Pierre Mac Orlan. Il met également en lumière le séisme qui ébranle la gendarmerie lorsqu’elle découvre l’auteur des violences qui ont semé la psychose dans le département de l’Oise de l’hiver 1978 au printemps 1979. (« Vous êtes la honte de la gendarmerie ! » Tels furent les propos du capitaine de la brigade de Chantilly face à Lamare, le 8 avril 1979. Après une bataille d’experts, le gendarme tueur a été déclaré irresponsable. Jamais jugé, il est interné depuis 1979.) Le film n’oublie rien. Et Guillaume Canet, dans la tête du gendarme tueur, est toujours juste, sincère et impeccable. Pas un geste de trop. Un travail de comédien de haut vol. Il révèle ici toute la puissance de son indéniable talent.

Ph.L.

 

Guillaume Canet : « Lamare, un tueur non assoiffé de sang »

       

Guillaume Canet interprète avec beaucoup de justesse le gendarme Lamare.

Guillaume Canet interprète avec beaucoup de justesse le gendarme Lamare.

    Guillaume Canet est parfait dans le rôle du gendarme Lamare. C’en est impressionnant de justesse. Il nous explique comment il a travaillé.

Vous incarnez le gendarme Lamare de façon magistrale. On ne serait pas étonné que ce rôle vous rapporte un César. Qu’en pensez-vous ?

Guillaume Canet : Je ne sais pas. Je ne joue pas pour avoir un César. C’est Cédric Anger qui a écrit le scénario. L’économie dans les mots, c’est toujours intéressant pour un acteur. Ca permet d’exprimer plus de choses qu’on ne dit pas mais qu’on joue. C’est un personnage double, très intéressant ; il est à la fois extrêmement sincère en tant que gendarme, extrêmement honnête dans sa démarche de vouloir arrêter ce tueur. (Il a toujours été décrit ainsi par tous ses collègues, quelqu’un de très déterminé, un très bon gendarme). Mais il était quelqu’un de totalement perdu dans sa vie civile.  Quand il se regarde dans sa glace en uniforme, il a un port de tête, un maintien très fier, très confiant. J’ai beaucoup observé de militaires, de gendarmes ; ils ont tous une manière de se tenir, de s’exprimer… une froideur, une rigidité et un côté sec. C’est pour ça que j’ai voulu maigrir ; j’ai perdu six kilos. Quand il est en gendarme, il a ce côté fermé. Pour moi, c’est un rôle très intéressant. Ce qui me fascinait dans le personnage, c’est qu’il est un tueur non assoiffé de sang.  C’est un tueur qui a peur de passer à l’acte.  Il est totalement en panique ; il prévient la victime qu’il va lui faire du mal. Il a raté beaucoup de ses meurtres en blessant (alors qu’il était un très bon tireur), mais il était tellement paniqué, dégoûté par l’acte. Ce qu’il en ressort c’est qu’on a presque une certaine empathie pour le personnage.  Ce qui est étrange. Et je dis ça avec beaucoup de respect pour les familles des victimes.  Ca rend forcément le personnage intéressant.

Avez-vous rencontré Ivan Stefanovitch ?

Non, je ne l’ai pas rencontré mais son bouquin a été une vraie source d’informations. Il a pu passer du temps avec Alain Lamare ; il a donné des descriptions qui ont nourri mon personnage, sur son attitude, sa façon de s’exprimer, ses goûts culinaires, etc.  Savoir, par exemple, que cet homme, tous les midis mangeait la même chose, le même menu… ça raconte aussi quelque chose de lui…  Il mangeait tous les jours, au même endroit, la même chose…  Le même dessert, des espèces de glaces… Cette affaire provoqua une grande dépression dans toute la gendarmerie. Quand on voit l’émotion de son supérieur gendarme… On le voit dans l’émission Faites entrer l’accusé… Passer un an et demi avec quelqu’un et se rendre compte que le coupable, c’est lui, qu’il a berné tout le monde, c’est assez déconcertant.

Qu’est-ce qui a fait que vous vous êtes à ce point approprié le personnage de Lamare ?

Ca a été le bouquin, le scénario, toutes les recherches de Cédric Anger, des informations qu’il a pu me donner. Mon observation de la population militaire aussi. Ce qui m’intéressait c’était de ne pas jouer le fou mais de jouer plutôt la situation. Le fait de le voir sincère, en gendarme, et la scène d’après le voir en civil dans un bar, en train de casser des œufs durs et se comporter comme il se comporte, les deux situations donnent des indications sur le trajet psychologique du type. Je n’avais pas envie de faire démonstration psychologique mais plutôt de jouer sincèrement la situation. Quand on voit quelqu’un jouer un truc de façon totalement réelle, et tout un coup, faire un truc totalement autre, on dit que la personne est totalement tarée.  Le scénario était très bien écrit et décrivait cette descente aux enfers.  Son contact avec sa femme de ménage, et sa séparation avec elle, le fait qu’elle ne vienne plus, qu’il y ait des répercussions sur l’état de l’intérieur de son appartement,  fait qu’on perçoit bien cette déchéance, cette descente aux enfers, cette panique qui l’envahit. Quand il rentre du bois gay, quand il voit tous ces homosexuels dans la nuit et qu’il rentre chez lui, il suffoque car il a en lui cette attraction et cette répulsion.  Il ne sait plus où il en est ; il est complètement perdu. Il avait ce penchant homosexuel qu’il n’assumait absolument pas.  Et pour les femmes aussi. La différence entre le fantasme qu’il peut éprouver face à ce poster qu’il a chez lui, et lui symbolise la femme parfaite et tout d’un coup, quand celle qui est devenue sa maîtresse, laisse des cheveux dans le peigne et qu’elle est là allongée à ses côtés, et qu’une mouche se pose sur elle, tout d’un coup, la prise de conscience devient réelle. (…) Quand on joue un tel rôle, on se demande comment on peut en arriver là. C’est ça qui est intéressant ; je vois toujours le travail d’acteur comme le travail d’anthropologue. C’est ça qui est excitant : jouer des personnages différents, des vies différentes. La vie d’un acteur s’enrichit grâce à tout cela.  C’est une grande chance. Ca fragilise aussi car on se perd également.  A force de jouer de nombreuses identités, on finit par en perdre la sienne.  Ce fut assez difficile pour moi de sortir de ce personnage de Lamare car Cédric a tellement réussi à créer un univers très fort, tant dans les décors que dans la lumière… J’arrivais sur le plateau, à chaque scène, il y avait à nouveau cette ambiance, ce truc, un peu à la Fincher. C’était bien car je sentais qu’on faisait un beau film, un film fort.  C’est perturbant car, quand ça s’est arrêté, le personnage m’a manqué. L’univers, l’atmosphère…

Le fait que Cédric Anger eût appelé Franck Neuhart le personnage de Lamare, Neuhart, nom d’un personnage d’un roman d’Emmanuel Bove, ce n’est pas innocent non plus. Vous étiez au courant de ce détail bovien ?

Oui, on en avait parlé avec Cédric.  C’est un film qui peut faire penser à une Série noire. Je sais que la scène qui me conduit dans la grande maison, avant de rencontrer la mère du personnage incarné par Ana Girardot, je pense toujours à un roman de Série noire.  Un escalier en bois, les lambris en bois… Tout un univers.

                                                          Propos recueillis par Philippe Lacoche

 

Emmanuel Bove et Johnny Thunders me poursuivent

       

Laurent (à gauche) et Pierrot Margerin, au Relais du Campus, à Amiens.

Laurent (à gauche) et Pierrot Margerin, au Relais du Campus, à Amiens.

     Je suis allé voir Laurent Margerin en concert, au Bar du Campus où je n’étais pas allé au moins depuis six ans. L’endroit n’a pas changé ; Laurent non plus. Moi, si. C’est regrettable. J’avais plus de cheveux, moins de poches sous les yeux, moins de rides. La vieillesse est un naufrage. Laurent, équipé de sa guitare, a interprété ses belles chansons, douces balades, d’autres plus rock. Les textes sont bien écrits, nuancés. Jamais démagogiques. C’est agréable d’écouter un concert de Laurent Margerin. Peu de temps avant la fermeture, son frère Pierrot Margerin, lui aussi artiste émérite et joyeux drille, est venu le saluer, en compagnie de son batteur, le précis et talentueux Benjamin Nail. Je n’ai pas résisté au plaisir de prendre les deux frères en photo. Dans dix ans, si Dieu ou Marx me prêtent vie, je regarderai cette photographie et me rappellerai de ce moment. De mon départ dans la nuit humide, picarde, bovienne, sous les arbres maigrelets du boulevard de Chateaudun à Amiens. Bove, parlons-en. Je suis allé à Paris pour assister à la projection en avant-première de La prochaine fois je viserai le cœur, film remarquable de Cédric Anger, avec Guillaume Canet et Ana Girardot. L’œuvre s’inspire de l’affaire du gendarme Alain Lamare, gendarme de 22 ans, au PSIG (Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) de Chantilly qui, entre 1978 et 1979, va tuer une jeune fille et en blesser d’autres. Jeune journaliste à l’Agence France Presse dans l’Oise, Yvan Stefanovitch enquête sur l’affaire et en tirera un livre très réussi Un assassin au-dessus de tout soupçon, chez Balland, en 1985. Ce dernier – que J’ai lu vient de rééditer – a servi de base au film La prochaine fois je viserai le cœur. Cédric Anger a donné le nom de Franck Neuhart, au personnage de Lamare joué par Canet. Neuhart : mon sang de lecteur n’a fait qu’un tour. J’ai tout de suite pensé au roman, L’Amour de Pierre Neuhart,  d’Emmanuel Bove. « Bove ? C’est mon écrivain préféré ! » m’a répondu tout de go Anger. Et quand, dans le film, une chanson de Johnny Thunders (chanteur des Heartbreakers, mon groupe préféré de la fin des seventies), s’échappe de l’autoradio de la voiture volée par Lamare, il me confie aussi qu’il adore ce combo et Thunders tout particulièrement. Que de coïncidences ! L’après-midi, je suis allé rendre visite à mon éditeur Emmanuel Bluteau – qui publiera, sous peu, un recueil des chroniques Les Dessous chics que tu dévores tous les dimanches, lectrice adulée – au Raincy, dans l’Est parisien, je me suis dit que Bove eût pu habiter dans cette ville faite de maison en meulière, avec des jardinets proprets. Une atmosphère un peu grise, à la tristesse acidulée. Comme la mélancolie de Pierre Neuhart et celle de Thunders.

                                             Dimanche 2 novembre 2014