Un délice de sensualité

Éric Poindron est un poète ; il n’y a pas de sot métier. On est en droit de l’encourager dans cette voie. Son dernier recueil, Comme un bal de fantômes est un délice de sensualité, de subtilité, de minuties rassérénantes. Page 11, il évoque « les campagnols roussâtres qui farandolent ». Page 12, il imagine des « chats qui miaulent et s’évanouissent » ; page 14, « des satellites qui rouillent sur place ». Et page 19, « Quand je serai petit/ Je serai/ Raconteur de marelles/ Essayeur de labyrinthes. Éleveur de toupies/ Dresseur de petits pois/ Et – de- chat volant/ Aussi » Ce petit florilège fait regretter de ne point avoir connu l’enfant Éric Poindron. Il devait être rémois, adepte du Grand Jeu, se doper narines et poumons avec Daumal, Roger Gilbert-Lecomte et Vailland. Les mots de Poindron sont doux comme ceux d’Hardellet et fous comme ceux de Picabia. Aimons-les ; ça fait du bien. PHILIPPE LACOCHE
Comme un bal de fantômes, Éric Poindron ; Le Castor astral ; coll. « Curiosa & cætera » ; préf. de Jean-Marie Gourio ; 256 p. ; 17 €.