Un catalogue pour se souvenir de Danquin l’Africain

     À l’occasion de la dispersion des œuvres du grand collectionneur Jean-François Danquin, un catalogue est édité.

Ancien responsable du service culture et communication des musées d’Amiens, puis directeur des études de l’école supérieure d’art et de design d’Amiens (ésad), Jean-François Danquin nous a quittés il y a un peu plus d’un an. Il nous manque. D’une grande culture artistique et littéraire, plasticien lui-même et écrivain, il se passionnait aussi depuis fort longtemps pour l’art africain. À l’occasion de la dispersion de ses collections en salle des ventes, les éditions Vivement Dimanche (qu’il avait créées en compagne de Marguerite Ducroquet) éditent des catalogues thématiques. «Le premier est dédié à l’art africain, il réunit la collection exhaustive de ce que Jean-François Danquin préférait appeler «accumulation», toujours prêt qu’il était à accueillir, recueillir, des statuettes et des masques, et à (re) constituer des familles: Ewé, Yoruba, Lobi… ainsi que sa bibliothèque d’arts premiers (1500 livres, catalogues de vente et périodiques)», rappelle Marguerite Ducroquet.

Jean-François Danquin, peintre, écrivain. exposition librairie du laryrinthe, à Amiens; ici  avec un portrait de Roger Vailland.  Octobre 2013.

Jean-François Danquin, peintre, écrivain. exposition librairie du laryrinthe, à Amiens; ici avec un portrait de Roger Vailland. Octobre 2013.

Intitulé Art africain, Accumulation & bibliothèque de Jean-François Danquin, ce catalogue est le premier d’une série, car il ne se contentait pas de collectionner l’art africain, mais également les céramiques allemandes des années 1950 à 1970 et les plaques publicitaires émaillées. Dans la préface de l’ouvrage, notre ancien confrère Nicolas Thoueille – qui fut son ami–, explique non sans émotion: «C’est en poussant la porte de son domicile, à Amiens, que j’ai découvert l’Afrique. Autant dire que j’ai souvent eu le privilège de parcourir ce vaste continent. Avec Jean-François Danquin comme compagnon de voyage. Le départ se préparait toujours de la même façon. Il me suffisait de prendre place à côté de mon guide dans la petite salle à manger. En prenant soin de m’asseoir non pas face à lui, mais sur sa gauche. D’ici, la vue était imprenable. Je n’avais plus qu’à contempler le petit peuple de bois qui se dressait fièrement devant moi.»

À noter que la vente aux enchères, ouverte à tous, se déroulera à l’hôtel des ventes Arcadia, 237, rue Jean-Moulin, à Amiens, les samedi 2 et dimanche 3 avril, à 14h30. La liste des lots est consultable sur www.interencheres.com/80001, http://www.hoteldesventesamiens.com, http://www.gazette-drouot.com/

Ph.L.

Art africain, Accumulation & bibliothèque de Jean-François Danquin, éd. Vivement Dimanche, 240 p.; 426 illustrations couleur et 41 en noir et blanc; 15 €. (Rens.: daisy.maison@gmail.com)

J’ai toujours préféré le flipper à la danse mais… Découflé c’est…

 

"Je lui ai promis de ne pas en écrire plus. Je tiens parole." Es-tu heureuse ainsi, Eléonore?

 

 

Lady Lys, ma petite Anglaise, n’a pas que de gr

Léo, mignonne always, devant son exposition « Espace des songes ».

ands yeux bleus adorables d’une exquise candeur qui lui donnent un air de Purdey – de Chapeau melon et bottes de cuir – et de Marianne Faithfull, époque Brian Jones; elle aime aussi la culture. Ça me change. Ainsi, m’invite-t-elle régulièrement à la suivre, là à la Comédie de Picardie, là à la Maison de la culture d’Amiens. Dans cette dernière, j’ai adoré Octopus, dernier spectacle de Philippe Découflé. Magnifique, complètement cinglé, décoiffant. Pourtant, je ne partais de rien. Je n’ai aucune inclination particulière pour la danse. (À Tergnier, dans les années soixante, nous jouions au football, au flipper et au baby, et laissions les tutus et chaussons aux filles. La danse, pour nous, c’était nos parents qui, le samedi soir, se rendaient à la salle des arts et loisirs, place du marché, pour guincher au bal des sapeurs pompiers, de l’Entente sportive des cheminots ternois – ESCT – ou du Parti communiste.) Le Découflé m’a emporté loin. Il y a dans sa création une atmosphère, une folie sauvage digne de Soupault, d’Arrabal, de Yann Moix, de Johnny Thunders ou de Johnny Rotten. Danseuses et danseurs étaient adorables de sensualité, de puissance. Et ces deux musiciens, multi-instrumentistes sublimes (Labyala Nosfell et Pierre Le Bourgeois) d’une créativité et d’une précision rarement atteintes. J’ai adoré. J’adore beaucoup, ces derniers temps. Est-ce normal, lectrice, tendre cuisse? (Tendre cuisse, tel eût pu être le titre d’un roman pornographique écrit par Paul Morand.) J’ai adoré me rendre à Albert, au Salon du livre auquel j’étais invité. Reçu comme un ministre. Spécialités picardes (carpes et anguilles fumées; un délice!) au restaurant de la Basilique aux mets succulents proposés par un chef très talentueux. J’ai adoré enfin suivre Éléonore Lelong (Léo), journaliste, écrivain, dans la galerie de l’École supérieure d’art et de design d’Amiens (ÉSAD) où elle m’a fait découvrir la très belle exposition Espaces des Songes que sa copine Catherine Duverger, photographe, et elle-même, consacraient au travail d’Ilse et de Pierre Garnier. Elles avaient publié, en novembre2008, un livre éponyme aux éditions Encrage. Ensuite, nous sommes allés boire des verres à Saint-Leu, comme au bon vieux temps. Mais je lui ai promis de ne pas en écrire plus. Je tiens parole.

Dimanche 22 avril 2012.