Ex-fans du marquis, deux petits baby dolls que vous dansiez bien…

 

Christine Lacoche, dite Féline et Lou-Mary (à droite), au Rétro, à Amiens.

 C’est déjà vieux, mais qu’importe: tu sais bien, lectrice, mon faucre, mon puits de jouissance, que la chronique les Dessous chics suspend son vol au-dessus de l’actualité et de l’éternité du temps qui fuit. (Voilà qui est dit et si sobrement dit qu’on dirait Lamartine, dépité, après la vente du château de Milly. Ridicule.) Donc, gros choc, l’autre soir, à la Maison de la culture d’Amiens, à l’occasion du spectacle Boxe Boxe, de Mourad Merzouki, avec le Quatuor Debussy, spectacle auquel m’avait convié Lady Lys, toujours au fait de bonnes vibrations. J’ai adoré Boxe Boxe. Cette alliance de la danse hip hop (genre qui, jusqu’ici, m’émouvait très moyennement), de la boxe française (que j’ai longtemps pratiquée à mon retour de la guerre d’Indochine afin de tenter de combattre les fièvres qui se rongeaient et sur lesquelles la quinine n’avait plus aucun effet) et de musique classique (sublime Quatuor Debussy avec une bande son remarquable: Franz Schubert, Verdi, Ravel, Glenn Miller, Philip Glass, Mendelssohn, etc.) Au bar, le spectacle terminé, alors que j’étais en train de dévorer un sandwich printanier au thon en devisant avec Fabrice Bihan (violoncelle), celui-ci me disait que sans le hip hop et la boxe, jamais ces gamins des quartiers et des lycées professionnels, n’eussent pu écouter et aimer Schubert. Il a raison, Fabrice. Il fallait entendre le silence; il fallait goûter ces applaudissements, cette manière de fièvre respectueuse pour ce spectacle de très haute tenue (merci Gilbert Fillinger à qui, plus jamais, je n’oserai reprocher une miette d’élitisme car c’est décidément un très grand programmateur).Deux semaines plus tôt, je n’étais pas en compagnie de Lady Lys, au restaurant Le Rétro, quartier Saint-Leu, à Amiens, mais avec deux de mes ex: Christine (1982-2002 dans ma vie de marquis) et Lou-Mary (2006-2012), copines depuis des années. À chaque fois que je sortais griller une cigarette à la terrasse, j’avais l’impression que mes oreilles sifflaient. Mais ce n’était qu’une impression, d’après mes deux adorables qui, avec délicatesse, me rassurèrent: «Tu n’es pas le centre du monde.» Alors, déçu, je replongeais mon long nez dans mon verre de mojito sans alcool tandis qu’elles me narguaient en attaquant leur deuxième coupe de champagne. Ma vie est un enfer, lectrice, ma fée complice.

Dimanche 27 mai 2012.