« Vingt quatre-heures pour convaincre une femme » dans la sélection du Prix Jean Freustié 2015 sous l’égide de la Fondation de France

"Vingt-quatre heures pour convaincre une femme" a fait l'objet d'un article récent  et élogieux paru dans Madame Figaro.

« Vingt-quatre heures pour convaincre une femme » a fait l’objet d’un article récent et élogieux paru dans Madame Figaro.

Frédéric Vitoux, de l’Académie française et Président du jury, Charles Dantzig, Jean-Claude Fasquelle, Annick Geille, Henri-Hugues Lejeune, Eric Neuhoff, Anthony Palou, Jean-Noël Pancrazi et Anne Wiazemsky, ont sélectionné

Pierre Ducrozet Eroica (Grasset) 

Eric Holder La Saison des bijoux (Le Seuil)

Hédi Kaddour Les Prépondérants (Gallimard)

Philippe Lacoche 24 heures pour convaincre une femme (Écriture)

Fabrice Loi Pirates (Gallimard)

Chérif Madjalani Villa des femmes (Le Seuil)

Thomas B. Reverdy Il était une ville (Flammarion)

Le prix Jean Freustié sera décerné le lundi 26 octobre à 18h30

dans les salons de l’Hôtel Montalembert

Créé en 1987 par l’épouse et les amis de Jean Freustié, le prix récompense un écrivain de langue française pour une oeuvre en prose. Dorénavant attribué à l’automne, il a acquis sa réputation par sa longévité et sa dotation, 20 000 euros remis au lauréat.

En 2014 le lauréat était Olivier Frébourg pour La grande Nageuse (Mercure de France).

Contact : prixjeanfreustie@orange.fr

Pia Daix – tél. 06 80 01 05 06

 

Les goûts sûrs d’Eric Neuhoff

 

Eric Neuhoff, écrivain. mars 2012.

L’écrivain, critique cinématographique au « Masque et la Plume », dresse un succulent panorama de ses admirations et de ses détestations. Très réussi.

Comment ne pas aimer un livre qui commence ainsi: «Que les choses soient claires: Rivette m’emmerde, Tati ne m’a jamais fait rire et Resnais a le don de m’assommer. Lecteur des Inrockuptibles et de Libération, passe ton chemin. Je te laisse à tes rétrospectives Almodovar, tes inédits de Jacques Doillon. Soyons honnête.Cela ne m’empêche pas d’aimer Antonioni, La maman et la Putain et les premiers Garrel.»

Et de poursuivre en reconnaissant que les goûts sont une affaire compliquée. Surtout en matière de cinéma, ce cousin de la littérature. Du goût, Éric Neuhoff n’en manque pas. Le romancier qu’il est nous l’a prouvé à maintes reprises avec des romans savoureux (Les Hanches de Laetitia, Albin Michel, 1989; La petite Française, Albin Michel 1997; Un bien fou, Albin Michel 2001; Mufle, Albin Michel 2012), et des essais pétillants comme un Drappier (Les Insoumis, Fayard, 2009; Champagne!, Albin Michel 1998).Le critique cinématographique qu’il est également («Le Masque et la Plume», sur France Inter) le confirme. Du goût.Et un sens inné du non-panurgisme et de l’impertinence. Son Dictionnaire chic du cinéma en est la preuve éclatante. Il s’adonne ici à un bel exercice de subjectivité comme Kléber Haedens l’avait fait au siècle dernier avec Une Histoire de la littérature française. Neuhoff est un fou de cinéma. Il aime autant qu’il déteste; il n’écoute que ses émotions, ses fous rires. Il se fiche des écoles, des modes, des vagues, des prétendues modernités. Il parle bien des actrices (délicieux profil de Charlotte Rampling; croquis d’une grande justesse de Romy Schneider: «Des comme elle, ça n’existe plus.»).Il est parfois là où on ne l’attend pas: tendre avec Anne Wiazemsky. Et il est bien là où on l’attend: dans le portrait bref et impeccable qu’il dresse de Jean-Pierre Rassam, ou dans son attendrissante notice consacrée à Pascal Jardin. «Longtemps, le cinéma a été une manière de ne pas vieillir. Je me demande si ça n’est pas aujourd’hui l’unique moyen de ne pas mourir», écrit-il à la fin de l’avant-propos de son dictionnaire. On est en droit de ne pas lui donner tort.

PHILIPPE LACOCHE

Dictionnaire chic du cinéma, Éric Neuhoff, Écriture. 383 p.; 24,85 euros.