L’imagination flamboyante de Didier van Cauwelaert

     Son excellent dernier roman, « On dirait nous », n’est pas sans rappeler les meilleurs livres de Félicien Marceau et de Marcel Aymé.

Récemment, Didier van Cauwelaert est venu à la librairie Martelle, à Amiens, pour y rencontrer ses lecteurs et dédicacer son bouillonnant dernier roman, On dirait nous. Il y conte la rencontre entre un jeune couple (Soline, violoniste et Illan) et un, très âgé (Yoa, Indienne Tlingite, en fin de vie, et Georges, ancien professeur, passionné par la culture des Indiens d’Alaska). Le but de ce dernier : convaincre la jeune femme d’aider à la réincarnation imminente de Yoa…

Quelle est la genèse de ce roman singulier ?

Un sujet de roman, c’est toujours un point de rencontre entre des émotions parfois anciennes, parfois récentes, qui demandent à remonter, à s’exprimer, à être mises en situation. Puis l’intrigue, qui va me permettre d’en tirer tous les accents. Ce n’est pas uniquement un concept, une idée. Là quand j’ai découvert, en travaillant sur le Dictionnaire de l’impossible, le concept de la réincarnation chez les Indiens Tlingites en Alaska qui choisissent de leur vivant leur prochaine famille d’accueil (avec une sorte d’entretien d’embauche et des tests), je me suis dit que ce serait un sujet formidable à transplanter en France (dont ce n’est pas du tout la culture) et raconter la vie de deux couples, donc écrire une histoire intergénérationnelle. Et puis toujours ce thème de la transmission, comment gérer la perte de l’être aimé, comment apprivoiser la mort et l’après vie. A partir de quelque chose qui ne pourrait qu’être dramatique, comment créer du sens, du lien et du bonheur. C’est un peu le cas dans chacun de mes livres. Là, je me suis rendu compte qu’il y avait tout, ce qui me permettait d’évoquer cette femme qui est très importante pour moi ; elle a une résonnance très forte dans ma vie… Tout s’est assemblé de manière assez harmonieuse et évidente, et suffisamment pour que je me sente obligé de plonger dans cette histoire.

Le personnage de Yoa, la dame âgée en fin de vie, est-ce un personnage que vous avez connu ou est-ce une pure fiction ?

Ce type de maladie, je l’ai connue malheureusement dans ma famille. Avec en même temps, cette épée de Damoclès car c’est la version lente de la maladie de Charcot avec atrophie musculaire, et du jour au lendemain, ça peut bloquer le cœur et les poumons. Comment répondre à ça quand on est une femme amoureuse. Chaque jour doit être important ; il ne doit pas avoir un jour sans une surprise. Cette manière qu’ont les vieux en état de précarité et qui ont la chance d’être encore ensemble, et d’apprivoiser la maladie autant que faire se peut. Là, il y avait une résonance autobiographique. En revanche, cette culture indienne je ne l’ai pas connue. Elle est maintenue sous perfusion de la culture par son mari, cet obsédé de la culture indienne et des coutumes tlingites, ça, c’est inventé mais sur des bases tout à fait réelles, et concerne ces Indiens avec leurs croyances.

Vous avez une imagination luxuriante. L’histoire de ce violoncelle surnommé Mattéo…

C’est de l’assemblage de choses réelles, ou purement imaginaires… Je suis obsédé depuis longtemps par le rapport entretenu par les femmes et le violoncelle. Déjà, j’abordais cela dans Corps étrangers. Je trouve qu’il n’y a rien de plus sensuel qu’une femme qui joue du violoncelle. C’est l’instrument qui est le plus proche de la voix humaine. Ces vibrations nous touchent profondément. Et la grâce qu’il faut pour manipuler cet instrument. J’ai piqué l’instrument à Gautier Capuçon ; la manière dont il me parlait de cet instrument qui puise sa force de son âge de ses faiblesses : il est creusé par les vers… Je me suis dit, je vais faire, dans un roman, un ménage à trois : elle, lui et le violoncelle. Ce studio, le poulailler, c’est très cher à mon cœur. J’ai isolé cette densité de bonheur sur 20 mètres carrés. J’ai ajouté la dimension violoncelle ; un lieu conçu pour l’instrument dans lequel l’homme se trouve toléré… C’est donc un assemblage entre la réalité et l’imaginaire.

Votre style, votre univers me rappelle ceux du regretté Félicien Marceau.

J’ai eu la chance que ce soit un grand ami. Il est venu voir ma première pièce, L’Astronome, en 1983. J’ai eu la chance qu’il soit dans la salle. Il m’a envoyé quelques-unes des plus belles lettres que je n’ai jamais reçues sur mes livres. Voilà quelqu’un qui avait cette sensualité, mêlée à de l’humour et du vrai féminisme, d’empathie très forte avec les femmes. La Terrasse de Lucrezia, l’un de ses derniers livres, c’est extraordinaire sur la psychologie féminine ; c’était un homme délicieux dans la vie qui, en plus, prodiguait une leçon de vie incroyable : les dernières années de sa vie il était quasiment aveugle ; il ne pouvait plus ni lire, ni écrire. Je me disais : « Ce n’est pas possible… car c’étaient là ses deux passions… ». Or, il avait gardé exactement le même humour, la même attention aux autres, le même regard – si je puis dire – sur les femmes. Sa fin de vie était comme un enchantement dans le vieil hôtel particulier de la rue Perronet, à Neuilly (qui est un peu délabré). Il avait autour de lui des petites infirmières somptueuses qui adoraient ce vieux monsieur…

Des petites Creezy, en quelque sorte.

Exactement, des petites Creezy (N.D.L.R. : Creezy est l’un des meilleurs romans de Félicien Marceau ; c’est le portrait, tout en subtilité d’un magnifique mannequin)… Il a vraiment fini sa vie avec les forces de l’amitié, de la jeunesse… On venait déjeuner chez lui une fois par mois jusqu’au bout. C’était formidable. Son problème de surdité était réglé avec un appareil… Il avait quelque chose d’extraordinaire – jusqu’à la fin, à 98 ans – il disait un truc à l’apéritif, et il revenait dessus après. Il n’avait absolument pas de problèmes de mémoire. Or, souvent à cet âge-là, on  ne fixe pas la mémoire immédiate. Il n’y avait, chez lui, aucune déperdition intellectuelle et affective. Il était toujours beau.

Votre inspiration peut faire aussi penser à celle de Marc Aymé.

Vous avez tout compris. Je ne l’ai pas connu personnellement ; en revanche, j’ai bien connu sa veuve et sa petite-fille. Et j’ai racheté son bureau  et son fauteuil. C’est un bureau de médecin, style Louis XVI, avec un dessus en cuir vert, un peu grillé par le soleil. Son fauteuil est un fauteuil scandinave des années 50 avec une assise en skaï noir. Il écrivait toujours jambes croisées et en appui sur une fesse. Donc, je suis obligé décrire comme lui sur le plan physique, sinon, j’ai mal au dos. C’est un petit clin d’œil. Je l’ai acheté quand la petite-fille a vendu l’appartement, il y a environ dix ans. Il y a toujours une odeur d’antimite dans les tiroirs du bureau. C’est imprégné. Ca sent comme les manteaux de fourrures des grands-mères. Je peux rien mettre dedans… je continue à avoir des clins d’œil avec Marcel Aymé qui, évidemment, est mon auteur de chevet. J’aime son mélange du fantastique et du quotidien.

Didier van Cauwelaert interviewé par Anne Martelle.

Didier van Cauwelaert interviewé par Anne Martelle.

… la brutalité des sentiments et la délicatesse des émotions…

Vos livres sont empreints d’une certaine légèreté mais aussi d’une mélancolie.

J’aime cette phrase terrible de Cioran : « Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter. » La mélancolie, c’est tout le charme et le sel de la vie. Fatalement il y a de belles émotions quand on pense aux gens qui ne sont plus là ; nos agendas, avec le temps qui passe, deviennent des mouroirs. La mort de Félicien Marceau, celle de Frédéric Dard (qui était mon autre copain) m’ont marqué. Et, fait du hasard, mon appartement se trouve à côté du mur du Passe-Muraille (Marcel Aymé) et du square Frédéric-Dard. Ce sont des petits clins d’œil à travers le temps qui font le plaisir.

Georges Nodier, le vieux professeur, est à la fois mystérieux et très péremptoire.

Oui, il est à la fois séduisant et manipulateur. Il est généreux et brutal ; il y a une brutalité de la générosité que j’ai constatée chez de nombreuses personnes. C’est aussi une réaction contre la résignation à la vieillesse, à l’assagissement, notamment quand il donne son coup de main au restaurateur. Je me suis inspiré directement du restaurant Le Vieux Chalet, à Montmartre. Tout y est ; c’est rare que je m’inspire à ce point d’un décor existant ; avec le toilettes à la turc… Donc Nodier est à la fois fascinant, séduisant, agaçant. Et quand il se lâche, – comme chez les gens qui se tiennent beaucoup – il dit : « Quelle chierie de vieillir ; il n’y a aucune compensation. » Mais sans l’ombre et l’obscurité, il n’y a pas de victoire de la lumière.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

J’ai écrit une pièce qui est en attente de distribution. Il y a un film que je vais tourner l’an prochain ; il y a la suite du Dictionnaire de l’impossible. Et il y a un roman qui germe… J’ai déjà les bases… Le magasin reste ouvert pendant les travaux, comme on dit.

Propos recueillis par

                                         PHILIPPE LACOCHE

On dirait nous, Didier van Cauwelaert, Albin Michel. 358 p. 20,90 €.

Un humour ravageur contre la bêtise de la société contemporaine

    Avec le talent d’un Alejandro Jodorowsky ou d’un Félicien Marceau, Stéphane Hoffman nous offre trois contes hilarants, cyniques et discrètement moralistes. Un régal.

    C’est certainement l’un des livres les plus drôles de ces dix dernières années. C’est aussi, – et surtout – un livre bien plus profond qu’il n’en a l’air. Son charme vient de là, comme celui qui émane le plus souvent des grands livres. Sous la drôlerie : l’analyse, la tristesse, la mélancolie, l’absurdité, voire la noirceur et le désespoir. Woody Allen, Charlie Chaplin, Patrick Besson, Bobby Lapointe, Alejandro Jodorowsky, Serge Gainsbourg, Eugène Ionesco, Georges Feydeau et quelques autres, quelques grands autres, font ou faisaient ça très bien.

    Stéphane Hoffmann, qui a l’élégance de ne pas se prendre au sérieux, sera certainement agacé par ces comparaisons qu’il estimera excessives. Elles sont de mon fait; il n’a rien demandé à personne. Il n’a fait qu’un bon livre. Un excellent livre. C’est déjà beaucoup. Son dernier opus, Le méchant prince et autres histoires sans morales, est un régal. Il m’a fait penser –autre comparaison qui, celle-là, devrait ravir Hoffman qui lui a consacré un ouvrage, au Rocher – à l’inoubliable Félicien Marceau au faîte de sa forme et de son talent.

    Un roman? Non, pas vraiment. Trois contes, plutôt, mis bout à bout, qui, presque, s’emboîteraient, sans vraiment se toucher, mais laisseraient couler en leurs artères le même sang littéraire ardent et jaillissant.

                                                  Niaiseux de Norvège, Equina de Suède

    Dans le premier, il nous conte (sorry!) l’histoire d’un roi qui abdique afin de reprendre une auberge. Le prince Rourik, fruit d’une très longue lignée, est totalement azimuté. Il semble hors de tout, de lui, du monde, de la vie, entretient des idées fixes comme un doux retraité eût pu couver ses géraniums. Stéphane Hoffmann s’en donne à cœur –joie, brocarde et dépeint, à peine cruel, les grandes familles aristocratiques de ce monde, une sorte de jet-set perdue dans de lointaines montagnes alpestres, gentils dégénérés, consanguins et étonnants. On se croirait à la fois chez La Fontaine et chez Courteline. Il les affuble de noms délicieux : Echalas du Luxembourg, Porcelet d’Orange, Niaiseux de Norvège, Equina de Suède, Drelin Drelin de Monaco, Joufflu de Danemark, Ereinté de Wessex, Nuage des Asturies, Hébété de Calabre, Moumou de Grèce, Braise de Gerolstein. Les chevaux – aux noms de purs sangs – d’un manège de fin règne qui tourne, tourne dans un monde qui n’est plus le leur depuis longtemps. Toutes ressemblances avec…

    Au passage, Hoffmann rend un hommage à la gastronomie, lâche des recettes de cuisines qu’eussent pu concocter le regretté Kléber Haedens et sa Caroline chérie, fin cordon bleu, loue – et il a bien raison – ce délicieux et trop sous-estimé légume qu’est le radis noir.

    Un peu plus loin, l’un des purs sangs meurt étranglé par la vitre électrique de sa voiture, « déclenchée par erreur alors qu’il avait glissé la tête par la portière pour demander son chemin à une jeune laitière qu’il trouvait à son goût« . Et balance quelques belles vacheries, bien politiquement incorrectes qui font chaud au cœur. Parlant des mêmes : « Nous sommes des gens sans intérêt ni charme ni talent particuliers, donnés en spectacle à nos peuples pour leur fournir la dose de rêve nécessaire à continuer leur vie douloureuse. Nous sommes comme des suppositoires qu’on flanque au cul des morts pour les empêcher de trop puer avant l’ensevelissement. Nous sommes des suppositoires dans le cul de nos pays; des pays fondus depuis longtemps dans le potage européen, sans qu’on ait osé le leur dire. »

                                 « Pas des catholiques, des hippies! »

    Le deuxième conte a pour cadre l’Italie où un célèbre play-boy devient pape. Là encore, c’est drôle, très drôle. Même les prélats se prélassent dans la mélasse, ne croient plus à rien, y vont de réflexion du genre : « Ce ne sont pas des catholiques, ce sont des hippies. Et on leur demande d’abord d’être de bons Italiens. Citoyens d’abord. Catholiques, s’ils l’osent! »

    Quant au troisième, c’est certainement le plus caustique, le plus fou, le plus juste du point de vue de la portée de son analyse politique et philosophique. Il nous présente une société française où plus personne ne veut travailler et où tout le monde veut faire l’amour. Les gens cavalent après le bonheur comme un soudard après la croupe d’une servante. Et Dieu dans tout ça? Dieu regarde ça de haut, tente d’améliorer les choses, essaie de redresser la barre. En France, les citoyens ne font plus l’amour qu’entre 12 heures et 13 heures. Pas avant ni après. Dieu fait en sorte que la population française se trouve dans l’impossibilité de mourir avant 101 ans et une heure après sa naissance. « On avait beau sauter de la tour Eiffel ou des falaises d’Etretat, se ruer sous le métro ou des voitures, avaler du cyanure ou se tirer une balle dans le cerveau, on ne pourrait jamais. Souvent, on était amoché; mort, jamais. »

    L’humour ravageur de Stéphane Hoffmann fait mouche car ce rire là est l’œuvre d’un moraliste discret pour qui l’outrance du conte n’est qu’une machine à tuer la bêtise humaine. Une machine douce car on sait bien qu’il est déjà trop tard.

                                            Philippe Lacoche

Le méchant prince et autres histoires sans morales, Stéphane Hoffmann. Albin Michel. 265 p.; 18,50 euros.

Les goûts sûrs d’Eric Neuhoff

 

Eric Neuhoff, écrivain. mars 2012.

L’écrivain, critique cinématographique au « Masque et la Plume », dresse un succulent panorama de ses admirations et de ses détestations. Très réussi.

Comment ne pas aimer un livre qui commence ainsi: «Que les choses soient claires: Rivette m’emmerde, Tati ne m’a jamais fait rire et Resnais a le don de m’assommer. Lecteur des Inrockuptibles et de Libération, passe ton chemin. Je te laisse à tes rétrospectives Almodovar, tes inédits de Jacques Doillon. Soyons honnête.Cela ne m’empêche pas d’aimer Antonioni, La maman et la Putain et les premiers Garrel.»

Et de poursuivre en reconnaissant que les goûts sont une affaire compliquée. Surtout en matière de cinéma, ce cousin de la littérature. Du goût, Éric Neuhoff n’en manque pas. Le romancier qu’il est nous l’a prouvé à maintes reprises avec des romans savoureux (Les Hanches de Laetitia, Albin Michel, 1989; La petite Française, Albin Michel 1997; Un bien fou, Albin Michel 2001; Mufle, Albin Michel 2012), et des essais pétillants comme un Drappier (Les Insoumis, Fayard, 2009; Champagne!, Albin Michel 1998).Le critique cinématographique qu’il est également («Le Masque et la Plume», sur France Inter) le confirme. Du goût.Et un sens inné du non-panurgisme et de l’impertinence. Son Dictionnaire chic du cinéma en est la preuve éclatante. Il s’adonne ici à un bel exercice de subjectivité comme Kléber Haedens l’avait fait au siècle dernier avec Une Histoire de la littérature française. Neuhoff est un fou de cinéma. Il aime autant qu’il déteste; il n’écoute que ses émotions, ses fous rires. Il se fiche des écoles, des modes, des vagues, des prétendues modernités. Il parle bien des actrices (délicieux profil de Charlotte Rampling; croquis d’une grande justesse de Romy Schneider: «Des comme elle, ça n’existe plus.»).Il est parfois là où on ne l’attend pas: tendre avec Anne Wiazemsky. Et il est bien là où on l’attend: dans le portrait bref et impeccable qu’il dresse de Jean-Pierre Rassam, ou dans son attendrissante notice consacrée à Pascal Jardin. «Longtemps, le cinéma a été une manière de ne pas vieillir. Je me demande si ça n’est pas aujourd’hui l’unique moyen de ne pas mourir», écrit-il à la fin de l’avant-propos de son dictionnaire. On est en droit de ne pas lui donner tort.

PHILIPPE LACOCHE

Dictionnaire chic du cinéma, Éric Neuhoff, Écriture. 383 p.; 24,85 euros.

On ne devrait jamais quitter Courbevoie

Il pleuvait des cordes, à Courbevoie. Les tours de la Défense faisaient grise mine. Un vent terrible. Mon parapluie ne fit pas un pli. Si, justement, il en fit, et ne résista pas. Plié en deux; moi pas. J’arrivais trempé au Garden, un café chaleureux dans cet univers de béton et de modernisme. C’est là que Pierre Lemaitre m’avait donné rendez-vous pour me parler de son roman Au revoir là-haut (Albin Michel) qui vient de se voir couronner par le Goncourt 2013.Je lis peu les prix littéraires. Pas par manque d’intérêt. Faute de temps. Celui-là, il me fallait le lire car le romancier viendra le dédicacer, mercredi, à 18 heures, à la librairie Martelle, à Amiens. Je l’ai lu, le Goncourt 2013, dévoré plutôt. Un régal de vraie et bonne littérature. Entre Dumas, Emmanuel Bove et Anatole France. Lemaitre nous invite à marcher dans les pas incertains de deux anciens Poilus, Édouard et Albert. Le premier est le fils d’un grand bourgeois. Artiste homosexuel, il est ce qu’il est convenu d’appeler «une gueule cassée». Un éclat d’obus. Défiguré. Broyé. Le second est un modeste employé de banque.Il a été sauvé par Édouard, alors qu’il était enseveli dans un trou d’obus. Enterré vivant. Une amitié sans borne les lie. La guerre les a déglingués. Ils se vengeront en commettant une carambouille incroyable autour du marché des monuments aux morts. Ce roman politiquement incorrect décoiffe. L’argent, les grands bourgeois, les affairistes, les vieilles badernes en prennent pour leur grade. C’est la littérature de haut vol. Superbe. Pierre Lemaitre ressemble un peu à Albert. Le Goncourt ne lui est pas monté à la tête; c’est un modeste. Il pleuvait toujours à seau. On était bien, au chaud, attablés au Garden. Je suis reparti vers la gare du Nord et suis revenu à Amiens pour assister au concert d’Albin de la Simone, à la Comédie de Picardie. Là encore, un grand moment. Albin était heureux de jouer dans sa ville natale. Il nous a gâtés en jouant quasiment sans sonorisation. Presque en acoustique, avec, à ses côtés deux musiciennes géniales: l’une au violon; l’autre au violoncelle. En première partie, Moïraa: Marine, au chant et à la guitare, accompagnée par les excellents Gé (basse guitare) et John (guitare). Des chansons belles et limpides. Des mélodies. Une belle journée, même si je n’ai plus de parapluie.

Dimanche 24 novembre 2013

Pierre Lemaitre : pas un Goncourt de circonstance

On eût pu croire qu’il avait écrit son sublime roman pour les commémorations. Non. Il devait le sortir en 2009. Explications avant sa venue ce vendredi matin, au Touquet et à la librairie Martelle, à Amiens, mercredi.

Le Goncourt, ça change quoi dans la vie d’un écrivain comme vous?

Ca change tout! C’est sûrement le seul prix littéraire qui, du jour au lendemain, modifie toute la donne, rebat toutes les cartes : en terme de légitimité, de reconnaissance, d’intérêt pour mon travail; en terme de rythme de vie car, depuis que j’ai obtenu le Goncourt, je n’arrête plus. Ca change vraiment tout. Et, la chose à laquelle je n’ai pas encore goûtée mais que je pressens, c’est la liberté de création que je vais avoir maintenant. Je ne peux pas faire tout et n’importe quoi mais j’ai un peu plus de temps, un peu plus de choix qu’avant et ça, c’est un confort qui vaut de l’or pour un écrivain.

Comment est né ce roman? A-t-il été pensé pour la commémoration du centenaire de la Grande Guerre ou pas du tout?

C’est la question la plus embêtante, la plus embarrassante (mais elle est totalement légitime car mon livre est sorti à la veille de la commémoration). J’ai beau être sincère, il y a parfois des vérités qui ont du mal à trouver leur chemin. Car c’est à la fois vrai et pas vrai. Ce qui est vrai c’est que le livre, je l’ai commencé en 2008 et qu’il aurait dû paraître en 2009. Donc, il était totalement déconnecté de la commémoration. En revanche, quand j’ai eu terminé, en 2011, ma trilogie policière, j’aurais pu dire à ce moment-là : « Je vais faire autre chose; ce livre-là je peux le reculer. » J’ai choisi de le faire là; il y a donc eu, cette fois-ci, quelque chose de volontaire; j’aurais pu choisir le le faire plus tard. Mais initialement, il devait paraître en 2009. Le fait que ce livre-là tombe à la veille de la commémoration, je ne le considère pas du tout comme une erreur ou un mystification; je trouve même bien le fait qu’il tombe au moment de la commémoration et qu’il est politiquement incorrect, ne me semble pas une mauvaise nouvelle.

« L’industrie adore la guerre »

Qu’attendez-vous de cette commémoration? Faut-il évoquer ce qui n’a pas encore été mis en lumière ou peu mis en lumière (gueules cassées, fusillés pour l’exemple, etc.)? Ou faut-il une commémoration plus traditionnelle?

Très franchement, j’ai l’impression que les historiens ont remarquablement travaillé depuis une trentaine d’années. Ils ont fait émergé les questions sur les fusillés, sur les gueules cassées. Il me semble que la guerre de 14 a très bien été documentée depuis trente ans. Contrairement à d’autres, je ne pense que des choses aient été mises sous le boisseau pour des raisons idéologiques; je ne fais pas ce procès à mon pays. En revanche, la commémoration peut-être tendance à être un peu trop dirigées vers les grands universaux : la nation, la paix sociale (qui sont des valeurs importantes) mais peut-être au détriment des destinées individuelles vers lesquelles je me penche. Ce que j’attends de la commémoration, c’est notamment de remettre au premier plan la douleur des hommes à titre individuel, familial, villageois, au niveau des collectivités de l’époque. Et que les discours sur la cohérence nationale ne viennent pas masquer les douleurs individuelles.

C’est ce que vous avez fait dans votre roman.

C’est ce que j’espère avoir fait.

Comment avez-vous travaillé? Avez-vous effectué de nombreuses recherches historiques? Etes-vous allé sur le terrain, notamment en Picardie?

Je vais décevoir vos lecteurs, mais pas du tout. J’ai commencé par lire beaucoup. Et je me suis rendu compte que j’accumulais énormément de documentations et que c’était plus un anxiolytique qu’autre chose; mon sujet m’impressionnait, et je reculais le moment de me mettre au travail. En fait, je ne me suis pas déplacé. En revanche, j’ai lu énormément de quotidiens nationaux de l’époque qui sont tous mis à notre disposition sur le net par la BNF (N.D.L.R. : Bibliothèque nationale de France), mais aussi des quotidiens régionaux. J’ai vu beaucoup d’images de l’INA. J’ai plus utilisé une méthode d’immersion qu’une méthode d’enquête.

Votre roman est à la fois une charge contre l’absurdité de la guerre, contre les puissances de l’argent, contre la bourgeoisie. Que vouliez-vous montrer?

Je crois que mon travail a été dirigé, piloté par une pensée qui est celle d’Anatole France qui disait : « On croit mourir pour la patrie, mais on meurt pour les industriels. » Quand je me penche sur la première guerre, je suis loin d’imaginer qu’elle a été provoquée pour les raisons industrielles et capitalistes. Mais il n’y a aucun doute que de toutes les guerres – et celle de 14 peut-être plus que les autres – le capitalisme s’en nourrit. L’industrie adore la guerre avant, pendant, après. Et j’ai pensé que si on regardait l’après-guerre, l’axe était encore plus amère, plus décapant. J’ai également trouvé qu’il y avait une résonance forte avec la France d’aujourd’hui. (Il ne s’agit pas de dire que la France des années vingt ressemble à la France d’aujourd’hui; ce serait politiquement et économiquement idiot). En revanche, qu’il y ait des résonances entre les deux périodes est assez frappant. Dans les deux cas, on a un système social complètement en panne, incapable de faire de la place aux gens qui se trouvent en situation de précarité. Comme aujourd’hui, on a des populations – les chômeurs – qui n’ont pas démérité et que le système est incapable d’accueillir en son sein. Et comme aujourd’hui, la précarité pousse à l’exclusion, et on a des générations de travailleurs pauvres, c’est-à-dire des gens qui travaillent mais dont le niveau de vie est quasiment inférieur au seuil de pauvreté. C’est exactement ce qu’il est arrivé à ces jeunes soldats au sortir de la guerre; il m’a semblé qu’il y avait là une résonance avec la société d’aujourd’hui; cela me semblait pouvoir être défendu.

Votre analyse revêt souvent des connotations marxistes.

En fait, ce n’est pas très difficile de discerner dans mon livre les valeurs idéologiques qui sous-tendent mon travail. On pouvait les discerner déjà dans Cadres noirs ( N.D.L.R : édité chez Calmann-Lévy, prix Le Point du polar européen 2010; Livre de Poche, 2011) où je montre l’histoire d’un chômeur de 57 ans qui se retrouve mis en ban de la société. Même quand j’écrivais des romans policiers, il n’était pas difficile de savoir quelle était ma famille d’esprit. Je n’ai aucune raison, surtout aujourd’hui, de les nier d’autant que je les porte, et elles portent mon travail. Je ne suis pas un écrivain prolétarien, pas un écrivain socialiste (pour faire référence aux grandes écoles). En revanche, mes valeurs vous les avez assez bien résumées.

« Pour moi, écrire, c’est décrire »

Pourquoi avoir fait un aristocrate que cet horrible Pradelle? On s’attendait, de par sa conduite, qu’il soit un bourgeois.

En fait, les trois personnages représentent un peu les trois grandes strates de la société : le milieu le plus populaire est représenté par Albert, petit employé, issu des classes moyennes; la grande bourgeoisie par la famille Péricourt; et l’aristocratie par Aulnay-Pradelle. En vérité ce que j’ai essayé de travailler sur la question de la bourgeoisie, c’était le fait que le jeune Edouard a quand même des réflexes de grand bourgeois : il s’intéresse peu à l’argent; il ne semble pas honteux d’être pris en charge et d’être servi; et quand il a une idée, il sait faire de l’argent comme son père. Il a beau critiquer son père, il sait, comme lui, faire de l’argent comme si c’était rentré dans son ADN. Il ne pouvait pas avoir trois personnages qui jouaient le même rôle. J’ai préféré faire jouer à Pradelle le rôle d’un aristocrate, certes assez fin de race. Ca me permettait de réaliser une fresque un peu plus large et de ne pas concentrer trop sur la bourgeoisie qui n’était pas mon seul propos. Comment vous dire? Vous avez deviné que les deux grandes influences de mon travail sont d’un côté Dumas, de l’autre Tolstoï. Et si je voulais avoir, du côté de Tolstoï, quelque chose de l’ordre de la fresque (très modestement car je ne veux pas me situer dans le sillage de Léon Tolstoï), cette fresque devait balayer l’ensemble de la société. La guerre de 14 signe de manière définitive la suprématie de l’aristocratie qui, depuis la fin de la Révolution française, avait repris du poil de la bête. Donc, ça me permet de balayer un peu plus largement le spectre social de la France des années 1920.

Ce n’était donc pas une charge contre l’aristocratie?

Non, pas du tout; je n’ai rien contre les particules.

Parmi vos personnages (Edouard, Albert, Madeleine, M. Péricourt, Merlin, etc.), quel est celui qui, au final, vous paraît le plus sympathique?

C’est certainement Albert car il est tendre, touchant, émouvant. Je lui trouve beaucoup de qualités humaines et, comme beaucoup de romanciers, je m’intéresse plus aux faiblesses des personnages qu’à leur force, et celui-ci est bourré de faiblesses. C’est celui qui ressemble le plus à ce que je suis ou ce qu’est mon voisin de palier. C’est vrai que je n’aimerais pas trop prendre un café avec Merlin car il sent mauvais, mais du point de vue de la proximité idéologique, c’est certainement de Merlin que je me sens le plus proche. Mais on n’a pas envie de prendre un café avec lui!

C’est vrai qu’il a quelque chose d’héroïque. Une manière de Don Quichotte.

J’aimais beaucoup l’idée que cet homme qui représente une valeur importante – la République. Il estime que chacun a le droit à une égalité de traitement devant la loi, vivant comme mort. Il est soudain, tardivement, touché par une sorte de grâce républicaine. Peut-être toujours a-t-il été vertueux sur le plan de la République. Mais c’est un type absolument infréquentable pour un tas de raisons; j’aimais bien que ce soit ce genre de type qu’on ait le plus envie de revendiquer; cette idée me plaisait bien. Ca fait partie des paradoxes avec lesquels j’aime bien jouer.

Vous donnez l’impression de plus travailler par scènes que par chapitres. Est-ce une volonté de votre part?

C’est tout à fait vrai. Et il m’arrive fréquemment de parler d’une scène en voulant parler d’un chapitre. C’est l’héritage naturel de la manière dont je travaille; ce n’est pas tellement une volonté de scénographier. C’est la manière même dont une histoire se fabrique. C’est-à-dire que je ne peux pas écrire un chapitre, une scène, si mentalement, je ne la vois pas, si je ne peux pas projeter la scène sur mon écran intérieur. Au point même qu’écrire, c’est décrire. Décrire ce que je vois sur la scène. Du coup, ça donne à la fois un certain souci du scénario, un grand souci de la mise en scène littéraire, et en même temps ça me permet de donner une rythmique assez particulière, assez spécifique à ma façon de travailler. Un certain ton, un certain rythme. Certaines scènes dont on parlait à l’instant, je peux vous dire si demain, je devais les tourner, je sais exactement comment je les tournerais, comment je mettrais la caméra, je sais précisément ce que je demanderais aux acteurs, car la scène je l’ai tellement vue (je n’ai fait que la décrire)… Faire le film, pour moi, ce serait simplement calquer ce que j’ai imaginé de façon quasiment mécanique. Ma façon à moi de bâtir une histoire, est une manière très cinématographique. Je n’ai pas beaucoup de mérite.

C’est vous qui le dites. Revenons à la question première, d’où vous est venu l’idée de ce roman? Avez-vous un grand-père qui a combattu en 14-18?

Je n’ai aucune attache connue avec la guerre de 14. Mon père ne m’en a jamais parlé. J’avais des parents qui avaient vécu pendant la guerre de 14. Lui-même, enfant (il était né en 1905) avait connu la guerre et l’après-guerre. Il ne m’en avait jamais parlé; il m’avait plus parlé de la guerre de 40. Je n’avais donc pas de souvenirs particuliers. Sauf que, je me souviens très bien, qu’assez jeune, j’avais été beaucoup frappé par le fait que, sur un monument aux morts, se trouvait plusieurs fois le même nom. Ca avait beaucoup frappé mon imaginaire de petit garçon que le même nom de famille était répété trois, quatre, cinq fois sur le même monument; c’était pour moi un grand mystère. Pourquoi avait-on mis trois fois le même mec? Jusqu’à ce que je comprenne qu’il y avait eu plusieurs morts dans la même famille. Mon imaginaire avait été frappé par la dévastation de cette guerre. En fait, quand j’ai commencé à lire, adolescent, les premiers écrivains combattants, j’ai été absolument transpercé par Les Croix de Bois, de Dorgelès. A partir de 17 ans, cet ère est rentrée dans mon imaginaire. Ce n’était pas une obsession; je n’ai jamais collectionné les livres sur 14-18, mais assez fréquemment , comme ça, quand un livre venait, quand un article me passait sous la main, j’aimais bien me replonger dans l’histoire de cette guerre. Et, il m’est toujours paru naturel que si un jour je devenais romancier, d’écrire sur la Grande Guerre. Des déclencheurs, il y en a plusieurs : un monument aux morts qui m’avait beaucoup frappé car il était d’une laideur assez rare, et surtout, me documentant, j’ai découvert qu’il y avait des catalogues de monuments industriels… Alors là, je n’ai eu aucun mérite, n’importe quel auteur de polars se serait dit : « Là, il y a un sujet! » N’importe qui y aurait pensé. Imaginer une carambouille et la croiser avec le triste sort des hommes qui étaient revenus de la guerre, le sujet était vraiment offert…

« Un personnage à faiblesses »

Quelle est la part de réalité dans votre roman? Est-ce que Maillard, Péricourt et les autres ont existé?

Evidemment, que la guerre de 14 a fait le sort de beaucoup d’Edouard, de beaucoup d’Albert; ils ne sont pas tellement exceptionnels. Edouard est un artiste homosexuel. En 1920, ce ne devait pas être une rareté. Des Albert et des Edouard, il y en a eu plein… Je travaille toujours sur des gens assez ordinaires à qui il arrive des choses un peu hors de l’ordinaire. C’est parce que je suis romancier.

Albert peut faire penser à un personnage d’un roman d’Emmanuel Bove.

Tout à fait. Il est très très proche de l’univers d’Emmanuel Bove. Il agit beaucoup sur l’effacement, la modestie, sur les petites choses du quotidien. Fondamentalement, il est sentimental; c’est un personnage à faiblesses. C’est typique de Bove, bien sûr.

Comment passe-t-on du polar au présent roman?

La question m’est souvent posée, mais, moi, je ne me la suis jamais posée. Je suis romancier. Je suis passé d’un roman à un autre roman. Je viens de la littérature de genres, le roman policier repose sur des savoirs-faire qui lui sont spécifiques. Ils sont rentrés dans mes méthodes de travail. Il n’y a aucune raison que, changeant de genre, je change complètement mes habitudes littéraires. Ce sont celles que j’aime. Elles viennent de Dumas, du roman feuilleton, du roman populaire. Je n’ai aucune raison de changer ma façon de travailler. Je suis même surpris; j’ai même lu des choses très étonnantes. Certains ont écrit : « C’est son premier roman. » D’autres ont dit : « C’est son premier vrai roman. » Un journaliste a même dit : « C’est son premier roman, avant il écrivait des polars. » Là, pour le coup, ça me mettrait même un peu en colère parce que, malgré tout ce qu’on a appris depuis Simenon, certains estiment que le genre du roman noir ou du roman populaire n’a pas de légitimité littéraire. La bonne nouvelle avec ce Goncourt, c’est que l’Académie Goncourt vient d’affirmer là qu’un auteur de romans policiers est aussi un écrivain à part entière. Donc, la question a plutôt tendance à m’agacer. Avec beaucoup d’amitié.

Quel a été votre parcours?

Je suis originaire de la région parisienne; j’ai fait toute ma carrière dans le domaine de la formation pour adulte. J’ai une formation de psychologue à l’origine. J’ai enseigné la littérature auprès d’adultes pendant très longtemps – mais je n’ai jamais été professeur – ce dans le cadre de la formation continue. J’ai enseigné la littérature à des bibliothécaires. J’ai fait une grande partie de ma carrière dans des entreprises.

« Je paie mes dettes à la littérature »

Vous avez évoqué vos auteurs préférés, pourtant, vous n’avez pas cité Balzac. L’argent tient un grand rôle dans ses romans, comme il tient une place importante dans le vôtre.

Evidemment Balzac est forcément là. Ce n’est pas l’auteur avec lequel, idéologiquement j’ai le plus d’accointances; les valeurs véhiculées par Balzac sont loin des miennes. En revanche, c’est un auteur qui a beaucoup compté dans ma formation intellectuelle et littéraire, notamment en ce qui concerne la bourgeoisie, le rôle de l’argent comme moteur des grandes passions humaines. J’ai hérité ça de Balzac.

Quels sont les autres auteurs que vous aimez?

Marcel Proust reste pour moi le seul auteur que je relis régulièrement depuis quarante ans. Il y a aussi les contemporains français : Echenoz, Toussaint (que j’ai beaucoup lu et que je connais bien), Emmanuel Carrère, etc. Ce qui est très frappant c’est qu’on n’est pas l’écrivain de ses admirations; on n’est pas l’admirateur de ce qu’on écrit. En fait, il y a vraiment deux personnes différentes : l’écrivain que je suis est très très éloigné des écrivains que j’admire le plus en tant que lecteur. En tant qu’auteur, je suis plutôt admirateur des écrivains du XIXe, plus proche, parmi les modernes, de quelqu’un comme Patrick Rambaud. Le lecteur qu’on est n’a pas grand-chose à voir avec l’auteur que l’on devient.

Comment vous sont venus ces magnifiques personnages seconds rôles que sont Merlin et le Grec?

Vous citez justement deux personnages que j’ai empruntés à deux auteurs que j’admire beaucoup. Le personnage du Grec, physiquement, je l’ai emprunté à Carson McCullers, pour laquelle

Pierre Lemaitre, écrivain, Goncourt 2013. Courbevoie, novembre 2013.

j’ai une immense admiration d’écrivain. Le rôle de Merlin, c’est un clin d’oeil admiratif et amical à Louis Guilloux qui est aussi, pour moi, l’un des plus grands écrivains du Xxe siècle, et qui, dans Le sang noir, magnifique roman sur la guerre de 14, raconte une journée de la vie d’un homme; cet homme s’appelle Merlin. Vous avez touché là deux auteurs qui font partie aussi de ma manière de faire. Je considère mon travail comme un perpétuel exercice d’admiration à la littérature; je suis un écrivain qui ne cesse de payer ses dettes à la littérature. Ma manière à moi de le faire, c’est de glisser des pastiches d’autres romans, des personnages dont je garde les noms ou prénoms, ou certains traits physiques, et les personnages deviennent autre chose. Ce sont souvent des salutations. A la fin du livre, je cite un grand nombre d’auteurs.

Vous allez vous rendre, sous peu, à la librairie Martelle, à Amiens, et au Touquet. Connaissez-vous ces deux villes?

Oui, je connais ces deux villes.

Quels sont vos projets?

Très prosaïquement, ce sera la promotion du livre. Aller au devant des journalistes et des lecteurs qui me font l’amitié de s’intéresser à mon travail. Ce jusqu’à la fin de l’année. A partir de janvier, les choses commenceront à s’alléger un petit peu. Donc, je vais me remettre au travail. Je vais passer quelques mois à superviser le scénario d’une équipe qui va tourner un film, adaptation de mon livre Alex. Il s’agit d’une équipe américaine, et je participe au scénario. Dans deux ans, le film devrait être sur les écrans. J’ai également un livre en cours. Ce ne sera pas un roman policier tout de suite, mais je n’ai aucune raison de bouder aujourd’hui ma famille d’origine, et je me réserve tout à fait le droit et le plaisir de revenir au roman policier dès que je sens que je détiens une bonne idée.

Propos recueillis par

PHILIPPE LACOCHE

« Au revoir là-haut », Pierre Lemaitre, Albin Michel, 567 p.; 22,50 euros.

Guy Debord : un Coluche en situation

Jean-Yves Lacroix, ancien de Normale Sup, devenu libraire de livres anciens, cisèle le portrait Guy Debord dans une fiction pleine de réel. Un roman épatant.

Un livre bref, concis, singulier, à la fois dramatique et drôle. Un Ovni. Né en 1968 près de Grenoble, ancien élève de l’Ecole normale supérieure, libraire de livres anciens et traducteur des oeuvres d’Herman Melville et de William Blake, ) Jean-Yves Lacroix, avec Haute époque, a la dresse le portrait en creux de Guy Debord. Est-ce, au fond, une biographie ou un essai? Non! Il s’agit d’un roman, un vrai lesté de personnages, d’une intrigue subtile,, d’une construction habile, et d’atmosphères nuancées et littéraires.

Que nous raconte-t-il, Jean-Yves Lacroix ? Une histoire qui pourrait être la sienne. Celle d’un libraire qui, à l’issue d’une conduite en état d’ébriété, se retrouve en garde à vue en compagnie du célèbre et mystérieux Guy Debord, écrivain situationniste. La scène a eu lieu le 1er décembre 1994, dans une cellule du commissariat du boulevard Voltaire, dans le XIe arrondissement, à Paris. Notre libraire ne comprend pas ce qu’il fait là d’autant plus que les biographes de l’écrivain situent la date de sa mort à la veille, le 30 novembre, à 17h30. S’ensuit un court portrait qui donne toute la dimension du talent d’écriture de l’écrivain Jean-Yves Lacroix : «  J’ai su plus tard que Guy Debord se targuait d’une ressemblance physique avec l’acteur Philippe Noiret, mais cette nuit-là, c’est à Coluche que j’ai pensé. » Il remarque même son oeil vitreux, « qu’on voit aux poulpes sur les mauvais étals ». Le narrateur-libraire devient fasciné par l’écrivain. Il se lancera dans une longue enquête qui, au final, changera sa vie. Car, en traquant Debord, n’est-ce pas le secret de sa propre existence qu’il cherche à percer? Au cours de ses pérégrinations, le libraire rencontre de drôles de personnes. Des adorateurs, des détracteurs; des lucides opprimés; des quasi fous. Dont un Félipe, qui qualifiait notre bon Guy d’ « authentique fumier ».

La fin du livre tient à la fois de l’horreur, du burlesque, de l’absurde. Et de la mélancolie de haute volée, à l’image de cette haute époque où l’on s’enivrait encore des « vertiges de la théorie », et pas du tout des plan de carrière, de la compétition et du CAC 40. Ce roman épatant prouve, une fois encore que Guy Debord, tout énervant qu’il fût, était un sacré mec qui fit, en son temps, bouger les choses.

PHILIPPE LACOCHE

« Haute époque », Jean-Yves Lacroix, Albin Michel. 158 p.; 15 euros.

Tous au salon du livre de Deauville!

Benoît Duteurtre est l'un des écrivains invités au Salon de Deauville. Il avait donné une inédite au Courrier picard il y a quelques années.

Le salon livres musiques de Deauville aura lieu du 7 au 9 mai. La Dixième édition est consacrée à l’Amérique latine.

 

 

EDITO

 

 

En 1997, Deauville instaure une véritable politique du livre avec l’ambition de faire aimer la littérature – première clé d’accès à la culture – aux plus jeunes. Celle-ci prenait alors la forme de rencontres, de lectures ou d’ateliers d’écriture, et tenait la promesse de faire vivre les mots dans le partage, de les rendre accessibles au plus grand nombre, de faire entrer le livre dans toutes les maisons. Didier Sandre, Judith Magre, Jacques Bonnaffé,… lisent les textes de Philippe Besson, Benoît Duteurtre,… en leurs présences et rejoignent la communauté littéraire de Deauville. Au fil des années, les formes se renouvellent, de la remise des prix de fin d’année scolaire au cours de laquelle chaque élève reçoit un livre, à des rencontres dans des lieux insolites pour découvrir les coups de coeur littéraires d’un habitant…

 

Sur un socle composé de rencontres exigeantes et singulières, d’un club de lecture impliqué, d’enseignants qui jouent le jeu, naît l’envie d’aller plus loin et de créer un grand rendez-vous littéraire. En parallèle de cette politique du livre, la même année, la Ville avait encouragé et accompagné la création du Festival de Pâques où une quarantaine de jeunes musiciens sont invités chaque année pour vivre et partager des projets musicaux et donner des concerts en public. Ce cadre culturel inspire à la ville la création d’un salon qui mette à l’honneur les écrivains inspirés par la musique et propose de nouvelles formes littéraires et musicales,….

 

L’événement atypique attire dès les premières années un public en attente de découvertes.

 

Avec 10.050 visiteurs déferlants sur le salon, la 9e édition fut un succès dépassant de loin le cadre de Deauville. C’est devenu en dix ans un rendez-vous incontournable pour les éditeurs, auteurs et musiciens, qui aiment s’y retrouver et rencontrer un public passionné par les mots et les notes, heureux d’entendre la littérature.

 

Lectures, concerts, tables rondes, conférences, expositions,… Livres & Musiques, ce sont 60 rendez-vous animés par une centaine d’invités, une vaste librairie adulte et jeunesse, des espaces pour les éditeurs et auteurs régionaux, des lieux de rencontre partout dans la ville. Ce sont trois prix littéraires qui incitent à lire, un jury présidé par Jérôme Garcin qui rassemble les auteurs, musiciens et journalistes littéraires qui aiment notre région et y viennent souvent.

 

C’est aussi une journée scolaire qui mobilise des enseignants de la ville, du Département et de la Région : en 2013 nous accueillerons plus de 2 000 scolaires – de la crèche au lycée – qui participeront à des ateliers, des rencontres avec des auteurs, et au Prix des Ados organisé avec le concours des Espaces Culturels E. Leclerc.

 

2013 marque la dixième édition du salon et notre volonté d’ouverture internationale autour du thème des musiques et littératures latines. Parce qu’elle ouvre des portes, se nourrit de la découverte des autres, de leur talent et de leur créativité, cette voie est une constante de la politique événementielle et culturelle menée à Deauville. Elle ne cesse de rejaillir sur les relations internationales et fera émerger à l’étranger de nouvelles envies de découvrir la ville.

 

Philippe Augier

 

Maire de Deauville

 

 

3

 

 

7/8/9 MAI 2013

 

EDITION SPECIALE // LES 10 ANS DU SALON

 

Avec cette édition anniversaire est venue l’envie de rendre un hommage aux neuf romans Prix de la Ville de Deauville depuis la création. Jérôme Garcin, président du Jury, recevra lors de la soirée des auteurs cinq des lauréats récompensés à Deauville : Colette Fellous, Max Genève, Valentine Goby, Stéphane Héaume et Stanislas Merhar. Ils découvriront avec le public une lecture musicale inédite ; création d’Ivan Morane mettant en scène les textes des ouvrages lauréats.

 

Le lauréat 2013 sera ensuite récompensé.

 

Livres & Musiques

a également donné carte blanche à trois lauréats – Max Genève, Valentine Goby et Stéphane Héaume – pour proposer des créations inédites, littéraires et musicales. Trois rendez-vous créés sur mesure pour le Salon, associant l’auteur au musicien de son choix.

 

 

PLUS SUR LE PRIX DE LA VILLE DE DEAUVILLE

 

Créé en même temps que le salon, en 2004, le Prix de la Ville récompense chaque année un roman inspiré par la musique. Le livre lauréat est désigné par un jury qui réunit, autour de Jérôme Garcin, neufs romanciers et journalistes ainsi que deux musiciens du Cercle de l’Harmonie, orchestre en résidence à Deauville.

 

Le Prix est doté de 4 500€.

 

Les membres du jury :

 

Jérôme Garcin (Président), Philippe Augier (Maire de Deauville), François Bott, Benoît Duteurtre, Paul Giannoli, Christine Orban, François Reynaert, Florian Zeller, Philippe Labro, Jérémie Rohrer (directeur musical du Cercle de l’Harmonie) et Julien Chauvin (Premier violon du Cercle de l’Harmonie).

 

Les lauréats depuis l’origine :

 

Maxence Fermine, Max Genève, Jean Echenoz, Alain Gerber, Valentine Goby, Stanislas Merhar, Colette Fellous, Nicolas d’Estienne d’Orves, et en 2012 Stéphane Héaume et ex aequo Philippe et Scarlett Reliquet.

 

La sélection 2013

 

Metin Arditi,

 

Prince d’orchestre

, Actes Sud

Vincent Borel,

 

 

Richard W

., Sabine Wespieser Éditeur

Régine Detambel,

 

 

Opéra sérieux

, Actes Sud

Grand Corps Malade,

 

 

Patients

, Don Quichotte

Bruno Le Maire,

 

 

Musique absolue : une répétition avec Carlos Kleiber

, Gallimard

David McNeil,

 

 

28 boulevard des Capucines

, Gallimard

André Tubeuf,

 

 

Dictionnaire amoureux de la musique

, Plon

 

 

8 MAI – 18H – C.I.D. – SALLE LEXINGTON

 

SOIREE DES AUTEURS

 

Ivan Morane a choisi, en fonction des oeuvres musicales qu’ils évoquent, des extraits des ouvrages récompensés par le Salon du Livre de Deauville depuis 10 ans.Le pianiste concertiste Vincent Leterme le guidera dans le parcours de sa lecture. Ce qu’il jouera permettra de faire naître les mots de ces neuf livres magnifiques.Parfois, la

 

 

4

 

 

voix et le violoncelle de la soliste italienne Silvia Lenzi les rejoindront pour ce voyage à travers des aventures réelles ou imaginaires indissolublement liées à la musique…

 

MARDI 7 MAI – 18H30 – LE CERCLE

 

CARTE BLANCHE A MAX GENEVE

 

Max Genève mêlera sa voix et ses mots aux cordes et aux notes du violon d’Irène Duval pour une lecture de son roman Virtuoses, en compagnie, enntre autres, de Bach, de Bartock, d’une célèbre violoniste, d’un cinéaste… avec un meurtre et les Etats-Unis en toile de fond.

 

MERCREDI 8 MAI- 16H30 – LE CERCLE

 

CARTE BLANCHE A STEPHANE HEAUME

 

Une invitation à découvrir la Bande Originale du roman

 

Sheridan Square (Le Seuil) par Stéphane Héaume, lauréat du Prix de la Ville de Deauville en 2012, Thierry Escaich (piano), compositeur et improvisateur et Rémy Mathieu, ténor. Baigné d’une atmosphère cinématographique, ce concert-lecture nous plongera dans les grands thèmes lyriques de Britten et Janacek, ponctués d’airs de Mozart et Rossini, avant de s’achever par une grande improvisation autour de la musique du film d’Alfred Hitchcock,

La Mort aux trousses.

 

 

JEUDI 9 MAI – 11H30 – LE CERCLE

 

CARTE BLANCHE A VALENTINE GOBY

 

Pour son retour à Deauville, Valentine Goby a choisit de lire

 

Banquises (Albin Michel), son dernier roman, accompagnée au piano par Jonas Vitaud, l’un des pianistes les plus talentueux de sa génération, habitué du Festival de Pâques.

5

 

 

NOTES LATINES

 

L’Amérique latine s’invite cette année à Deauville pour offrir au public une plongée dans la création littéraire et musicale du continent sud américain. De l’Argentine au Chili, en passant par le Brésil, l’Uruguay, le Pérou, ou encore Cuba et jusqu’au Mexique, Livres & Musiques se met au diapason du  » continent aux sept couleurs ».

 

Trois jours et trois soirées pour aller à la rencontre de créateurs pour qui littérature et musique sont à jamais indissociables, pour découvrir une littérature foisonnante et multiple, pour danser le tango et la samba. Suivez le guide !

 

Dès le début du XXe siècle, le tango sort des lupanars de Buenos Aires pour traverser les océans jusqu’à Paris, aujourd’hui l’une de ses terres de prédilection. Aux côtés des ballets suédois, du music-hall et de l’opérette, la musique cubaine pénètre déjà la vie nocturne du Paris des années folles. Après la guerre, l’engouement pour les sonorités exotiques s’accroît en même temps que l’intérêt suscité pour l’Amérique latine sous l’impulsion de Roger Bastide, Jacques Soustelle et Paul Rivet, des universitaires notoires qui seront à l’origine de la création de l’Institut des Hautes Études de l’Amérique latine en 1954. Présenté à Cannes en 1959, le film

 

 

Orfeu Negro

séduit le public français avec les rythmes ensoleillés de la musique de Antônio Carlos Jobim et Luiz Bonfá. Du tango à la salsa en passant par la bossa-nova, la musique latino-américaine prend une nouvelle ampleur dans les années 80 et, en continuelle mutation, devient polymorphe.

Anticipé par Roger Caillois et sa collection La croix du Sud dans le Paris des années cinquante, les années soixante témoignent du boom de la littérature provenant du « continent aux sept couleurs » décrit par Germán Arciniegas. Des traductions d’auteurs latino-américains découverts et lancés par des maisons d’édition espagnoles déferlent en Europe. Si les auteurs du « boom » n’appartiennent pas à la même génération, ils font tous preuve d’une audace thématique et stylistique à travers des oeuvres modernes capables de rencontrer un nouveau public. Plusieurs d’entre eux ont reçu le prix Nobel, parmi lesquels le colombien Gabriel Garcia Marquez et le péruvien Mario Vargas Llosa.

 

Dans une relation triangulaire avec l’Europe et les Etats-Unis, la culture d’Amérique latine ne cesse d’évoluer depuis deux siècles avec la prise de conscience d’une identité commune. Marquées par les dictatures et l’exil, la musique et la littérature latino-américaines, qui menaient jusque là des voies parallèles, se retrouvent aujourd’hui, avec une vitalité renouvelée et dans un mélange de genres, sur la scène culturelle Deauvillaise.

 

 

Alexandre de Nuñez

 

Conseiller artistique Amérique latine

 

 

6

 

 

JOURNEE SCOLAIRE

 

// L

ENGAGEMENT PEDAGOGIQUE

 

 

S’il est un lieu d’échanges et de débats pour tous les amoureux du livre et de la musique, Livres & Musiques est depuis sa création un lieu d’enseignement, d’initiation, d’apprentissage et de compréhension pour les jeunes publics et les scolaires.

 

Dans une décennie d’intenses évolutions des pratiques culturelles, le salon a à coeur d’inviter le livre dans les écoles et de travailler toutes l’année avec les enseignants à la préparation d’une journée scolaire, à laquelle 2000 élèves – de la crèche à la terminale – participeront cette année encor. Ils viendront de tous les coins de la Normandie pour partager à Deauville des moments rares avec les auteurs invités au salon. Des rencontres sous forme d’ateliers, de discussions ou de concerts qui mettent la musique et la littérature au coeur des débats, mais aussi des sujets de société ou encore la découverte de métiers du livre.

 

MARDI 7 MAI A 10H –C.I.D – AUDITORIUM MICHEL D’ORNANO

 

JOURNEE SCOLAIRE

 

ÉVÉNEMENT ! L

 

A REMISE DU PRIX DES A

DOS

 

 

Créé en 2009, le Prix des Ados est soutenu par les libraires des Espaces culturels Leclerc. Ce projet d’envergure vise à développer l’esprit critique des jeunes lecteurs et à renforcer le goût de la lecture. Il est soutenu par un grand nombre d’enseignants et par le Rectorat de Caen.

 

Le principe : un groupe de travail, composé d’enseignants, de documentalistes et de libraires des Espaces culturels Leclerc, planche chaque été afin d’établir la sélection d’ouvrages qui est proposée aux collèges et lycées de Haute et Basse Normandie. De la bande dessinée en passant par le documentaire ou le roman, tous les ouvrages ayant pour principale thématique la musique, ont été lus et commentés par ce groupe de travail. Ils sont adaptés pour des jeunes de 3e et 2nde.

 

Loin d’être une cérémonie classique de remise de prix, la remise du Prix des Ados est un moment d’échanges, alternant débats, projections, musique et lecture. Sur scène, les auteurs prennent la parole au cours d’un débat associant le magasine Phosphore et des ados jurés. Ce débat sera ponctué d’instants musicaux en lien avec les ouvrages sélectionnés au Prix.

 

En 2013, 1500 jeunes de toute la Basse-Normandie seront présents.

 

Lors de cette cérémonie, le lauréat remporte la somme de 1 000 € et le livre est mis en avant dans les magasins E.Leclerc de France. Les délibérations auront lieu fin mars. Depuis 2012 le magazine Phosphore est partenaire de ce Prix.

 

Des couples littérature/musique se sont formés et l’on retrouvera ainsi, tout au long de la matinée la guitare d’Alex Rossi sur

 

le Replay de Jean-Philippe Blondel ; le Camion Jazz sur le Swing à Berlin de Christophe Lambert ; ainsi qu’une démonstration de Air Guitar dans les règles de l’art pour appréhender au plus près la bande dessinée de Le Quellec et Ronzeau, Love is in the Air Guitar. Le guitariste Joseph Deschamps, quant à leui, reprendra, des chansons des Doors et du mythique leader Jim Morrison, accompagné par les mots de Stéphane Letourneur. Enfin, Olivier Martinelli, Alex Rossi et Dominique Pascaud donneront vie aux musiciens protagonistes de La nuit ne dure pas

.

 

 

Les lauréats depuis la création :

 

2009 : Reinhardt Kleist,

 

Johnny Cash

, une BD-Biographie

2010 : Paule du Bouchet,

 

 

Chante Luna

, un roman poignant se déroulant dans le ghetto de Varsovie.

2011 : Christian Binet,

 

 

Haut de Gamme, les aventures d’un professeur de piano.

7

 

 

2012 : Isabelle Duquesnoy,

 

 

Constance, La fiancée de Mozart, le journal intime fictif de Constance Mozart

 

 

La sélection 2013 :

 

Jean-Philippe Blondel,

 

Replay

, Actes Sud Junior

Christophe Lambert,

 

 

Swing à Berlin

, Bayard jeunesse

Le Quellec et Ronzeau,

 

 

Love is in the Air Guitare

, Delcourt

Stéphane Letourneur,

 

 

Jim Morrison

, Oskar Edition

Olivier Martinelli,

 

 

La nuit ne dure pas

, 13e note

 

 

SPECTACLES MUSICAUX

 

7 MAI A 14H SALLE LEXINGTON DU C.I.D.

 

COMMENT LA NUIT VINT AU MONDE ET AUTRES CONTES DU BRESIL

 

Muriel Bloch, conteuse accompagnée des musiciens Serena Fisseau et Joao Mota racontera des histoires nourries de culture portugaise, amazonienne et africaine, aux tensions diverses, mais toujours très musicales. A l’issue du spectacle, rencontre avec les élèves pour raconter de quelle manière les contes et traditions d’Amérique du sud ont traversé les continents européens et africains pour arriver en Amérique du sud. Elle abordera aussi différents types de contes et expliquera ce qu’apporte la musique au récit.

 

Muriel Bloch

 

 

 

parcourt la France à la rencontre de son public. Depuis 1979, elle conte dans des festivals en France et à l’étranger, dans les musées, les théâtres et sur France Culture. Elle est responsable de formation sur le conte et les récits à « La Joie par les livres ». et enseigne à l’Université de Paris VIII dans le département Arts.

 

Serena Fisseau

 

 

 

est française d’origine indonésienne. Autodidacte de la voix, son désir d’explorer les possibilités infinies de la voix, du souffle et du chant, la poussent intuitivement vers différents univers : gospel, blues, jazz, latin, rock, et même le lyrique.

 

Joao Mota

 

 

 

est guitariste et percussionniste. Il collabore régulièrement avec Muriel Bloch pour ses spectacles autour des contes et récits du monde.

 

MARDI 7 MAI A 14H30 AU THEATRE DU CASINO.

 

HAYIM TOLEDO, 1267

 

Musique et théâtre d’ombres s’unissent pour un étonnant voyage du XIIIème siècle à aujourd’hui. Par l’ ensemble Canticum Novum / Avec Emmanuel Bardon, Henri-Charles Caget, Valérie Dulac et Guevorguian Arroussiak

 

Sous le règne d’Alphonse X le Sage, l’Espagne connut une ère de vitalité intellectuelle exceptionnelle, rendue possible par la rencontre des plus grands esprits arabes, juifs et chrétiens autour d’un roi aussi passionné d’astronomie que de musique. L’ensemble Canticum Novum nous fait revivre cet âge d’or à travers l’histoire du jeune calligraphe juif Hayim qui, du haut de ses 10 ans, découvre de biens étranges liens entre sa belle voisine chrétienne Elizabeth et son ami Quassem, fils d’un des meilleurs musiciens arabes de la cour… ensemble, ils nous plongent au coeur des ruelles de Tolède, dans un monde de tolérance où fut conçue cette musique unique à la croisée des chemins ; musique étonnamment vivante après 800 ans de partage, et qui donne une nouvelle résonnance à l’idée d’ « harmonie ». Voici une belle occasion de s’interroger sur la transmission, la mémoire et la découverte de l’autre, en partageant la modernité de ce répertoire qui s’inscrit plus que jamais dans les enjeux de notre temps.

 

 

8

 

 

MERCREDI 7 MAI – 9H30 – CID

 

MIMINE ET MOMO –

 

Par Elise Caron & Thomas Baas – Editions Benjamins Media

 

Quand la main droite, Mimine, et Momo la main gauche se découvrent, elles ne se quittent plus. Pourtant, si les deux mains se ressemblent, elles ne sont pas pareilles ; un pouce va par-ci et l’autre par-là. Mimine et Momo ne comprennent pas tout, mais tout les amuse ! C’est une création « totale » que proposent Elise Caron et Thomas Baas : lecture, musique et dessin.

 

Elise Caron

 

 

est actrice et auteur-compositeur. Elle étudie l’art dramatique au CNR de Rouen et le chant au CNSM de Paris. Elle est l’auteur de plusieurs albums : Le Rapatirole

en 1996, Chansons pour les petites oreilles en 2003 et Eurydice Bis en 2005. Au théâtre, elle interprète Shakespeare, Sophocle, Ramuz et Brecht…

 

Thomas Baas

 

 

 

est né en 1975 à Strasbourg. et vit à Paris. Diplômé des Arts Décoratifs de la ville, il est à la fois illustrateur et affichiste. Humour, tendresse, personnages un brin rétro, couleurs soigneusement choisies, typos ciselées caractérisent son style sophistiqué.

 

7 MAI 2013- 9H > 17H – CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE

 

ATELIERS NON STOP

 

Atelier à la découverte de Laura Alcoba.

 

Atelier à la rencontre d’un romancier passionné par le Brésil, Jean-Paul Delfino

 

Atelier à la découverte de Jean-Paul Delfino.

 

Atelier à la découverte du monde avec Kerbu Belair.

 

Atelier « Los Cartoneros » avec le collectif El tren Blanco.

 

Atelier à la découverte d’un pays continent avec Max Genève.

 

Rencontre avec Valentine Goby

 

Atelier à la découverte de l’imaginaire de Stéphane Héaume autour du roman Le fou de Printzberg.

 

Atelier à la découverte de la chaîne du livre avec Stéphane Héaume

 

Atelier à la découverte d’un auteur avec Christophe Lambert

 

Atelier « Comment structurer une histoire? » animé par Christophe Lambert

 

Atelier à la découverte culturelle d’un pays continent animé par Sébastien Lapaque

 

Atelier d’écriture animé par Sébastien Lapaque : « Comment écrire une carte postale » .

 

A la découverte d’un auteur , rencontre avec Stéphane Letourneur

 

Atelier d’écriture animé par Stéphane Letourneur.

 

Atelier d’initiation à la bande dessinée : avec Yann Le Quellec et Romain Ronzeau

 

Atelier « J’écoute dans le noir »,Mimine et Momo par Benjamins Media

 

Atelier à la découverte d’un auteur : rencontre avec Olivier Martinelli autour de son roman

 

La nuit ne dure pas

.

Atelier d’initiation au dessin de presse humoristique par Micaël Queiroz

 

Atelier dessin « le Brésil, musique et sentiments » par Taline Schubach illustratrice

 

Atelier « Le Brésil de Béatrice Tanaka »

 

Atelier à la découverte d’une auteure : rencontre avec Béatrice Tanaka

 

 

 

9

 

 

PARTICIPEZ

 

: LISEZ, VOTEZ,

REMPLISSEZ DES BULLES

 

 

CONCOURS « REMPLISSEZ LES BULLES ! »

 

Trois dessinateurs – Cabu, Micaël Queiroz, Napo – proposeront au public un dessin sans légende. A chacun de se réapproprier le dessin en proposant sa propre interprétation.

 

Ils sont tous les trois dessinateurs de presse, la musique est pour eux, une thématique récurrente.

 

Les dessins tirés sur carte postale seront diffusés en amont du Salon dans différents points de la ville (écoles, librairies, Office de Tourisme, bibliothèques et en téléchargement sur le site de la Ville)… Le concours continuera durant le Salon et prendra fin à l’issue de celui-ci, le 9 mai.

 

Le jury, composé des trois dessinateurs, de Christian Bonnet et de Philippe Augier, se réunira le 15 mai pour délibérer et choisir le gagnant du concours qui remportera des ouvrages des dessinateurs ainsi que des places pour la saison culturelle 2013/2014 de Deauville.

 

A vos stylos !

 

 

10 11

 

 

LE PRIX DES LECTEURS

 

En clamant haut et fort « Lisez, votez », le Salon Livres & Musiques expose sa ferme volonté d’inviter le plus large public à s’exprimer. Chaque année, le club de lecture de Deauville sélectionne des ouvrages inspirés par la musique et propose au public de voter pour le meilleur d’entre eux. Ce prix des lecteurs, remis dans le cadre du salon Livres & Musique, contribuera à diffuser plus largement un ouvrage.

 

Mode d’emploi

 

 

 

: Empruntez les livres à Deauville Tourisme, à la médiathèque de Deauville ou chez l’un des deux libraires partenaires du Salon :

 

 

 

Le Corsaire, 190, Avenue de la République

 

 

 

 

La Librairie du Marché, 55, Place du Marché

Donnez votre avis sur les bulletins mis à disposition avant le 14 avril prochain.

 

En bonus : un bulletin de vote sera tiré au sort lors du salon. Le gagnant remportera deux places pour le spectacle de son choix de la Saison culturelle 2013/2014.

 

 

 

Les lauréats depuis la création

 

2008 : Valentine Goby,

 

L’échapée

, Gallimard

2009 : André Tubeuf,

 

 

La quatorzième valse

, Actes Sud

2010 : Minh Tran Huy,

 

 

La double vie d’Anna Song,

Actes Sud

2011 : David Foenkinos,

 

 

Lennon

, Plon

2012 : Olivier Martinelli,

 

 

La nuit ne dure pas

, 13ème note

 

 

La sélection 2013 :

 

Raphaël Jerusalmy,

 

Sauver Mozart

, Actes sud

Frédéric Lainé,

 

 

Le violon italien : une 2ème voix humaine

, Opéra de Dijon

Bruno Le Maire,

 

 

Musique absolue : une répétition avec Carlos Kleiber

, Gallimard

Marta Morazzoni,

 

 

La note secrète

, Actes sud

Céline Raphaël,

 

 

La démesure

, Max Milo

Tiziano Scarpa,

 

 

Stabat Mater, Christian Bourgois

12

 

 

LES INVITES

 

NOTES LATINES

 

Auteurs

 

Laura Alcoba (Argentine)

 

Raul Barboza

 

Robert Briatte

 

Grecia Caceres (Pérou)

 

Juan Carlos Gaceres

 

Ronaldo Correia de Brito (Brésil)

 

Jean-Paul Delfino

 

Emmanuelle Honorin

 

Sébastien Lapaque

 

Adriana Lisboa (Brésil)

 

Ana Maria Machado (Brésil)

 

Marcio Meirelles ( Brésil)

 

Juan Carlos Mondragón (Uruguay)

 

Monica Passos

 

Jaime Moreno Villarreal (Mexique)

 

Véronique Mortaigne

 

William Navarrete (Cuba)

 

Ángel Parra (Chili)

 

Karla Suarez (Cuba)

 

Bernardo Toro (Chili)

 

Musiciens & Artistes

 

Fernando Cavaco (Brésil)

 

Cie Les 13 lunes

 

Matthieu Doat

 

Tomas Gubitsch (Argentine)

 

Le Hall de la Chanson

 

Vincent Lhermet

 

Natallino Neto (Brésil)

 

Rodrigo de Oliveira (Brésil)

 

François Robin

 

Max Ruiz (Argentine)

 

Erivelton Silva (Brésil)

 

Spiritango Quartet & François Castang

 

Béatrice Tanaka ( Brésil)

 

Splendor Tango Club (Argentine)

 

Bande dessinée &

 

Illustration

 

Sergio Aquindo (Argentine)

 

Christian Bonnet

 

Cabu

 

José Corréa

 

Mauricio Fonseca

 

Napo (Argentine)

 

Micaël Queiroz (Argentine)

 

Yann Walcker

 

Livres & Musiques

 

10ème édition

 

Irène Duval

 

Thierry Escaich

 

Colette Fellous

 

Max Genève

 

Valentine Goby

 

Stéphane Héaume

 

Silvia Lenzi

 

Vincent Leterme

 

Rémy Mathieu

 

Stanislas Merhar

 

Ivan Morane

 

Jonas Vitaud

 

Journée Scolaire

 

Laura Alcoba (Argentine)

 

Thomas Baas

 

Muriel Bloch

 

Camion Jazz

 

Canticum Novum

 

Elise Caron

 

Jean Paul Delfino

 

Emmanuelle Deméautis

 

Joseph Deschamps

 

El Tren Blanco

 

Serena Fisseau

 

Max Genève

 

Valentine Goby

 

Stéphane Héaume

 

Sébastien Lapaque

 

Joao Mota

 

Dominique Pascaud

 

Micaël Queiroz (Argentine)

 

Alex Rossi

 

Taline Shubach (Brésil)

 

Béatrice Tanaka (Brésil)

 

Prix des ados 2013

 

Jean-Philippe Blondel

 

Christophe Lambert

 

Yann Le Quellec

 

Stéphane Letourneur

 

Olivier Martinelli

 

Romain Ronzeau

 

Auteurs régionaux

 

Emmanuelle Deméautis

 

Isabelle Dumont

 

Guy Fortier

 

Rosine Helga

 

Éric Leclercq

 

Laure Rebois

 

Jean-Claude Roullier

 

Henriette Langrognet

 

Martine Maury

 

Stéphane Puisney

 

Aude Sécheret

 

Professionnels

 

Arièle Butaux

 

BD Music

 

Emmanuel de Baecque

 

Edition Benjamins Média

 

Editions Callis (Brésil)

 

Editions Chandeigne

 

Editions Pallas (Brésil)

 

Editions Pinakhoteke (Brésil)

 

Le Frisson esthétique

 

Alexandre de Nunez

 

Yves Petit de Voize

 

Béatrice Tanaka ( Brésil) 13

 

LIVRES

 

& MUSIQUES HEURE PAR HEURE// TROIS JOURS DE RENCONTRES, DE MUSIQUE, DE LITTERATURE NON STOP DAUTRES EVENEMENTS VIENDRONT COMPLETER CETTE PROGRAMMATION

.

 

 

MARDI 7 MAI

 

MARDI 7 MAI -9H > 17H – CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE

 

JOURNEE SCOLAIRE

 

MARDI 7 MAI – 17H 30- C.I.D. – SOUS LA VERRIERE

 

RENCONTRE

 

PANORAMA DE LA LITTERATURE SUD AMERICAINE

 

Avec Karla Suarez (Cuba), Grecia Caceres (Pérou), Juan Carlos Mandragon (Uruguay), Micaël Queiroz (Argentine), Àngel Parra (Chili). Mise en musique: Juan Carlos Caceres (Argentine), Adriana Lisboa (Brésil)

 

Du Chili à l’Uruguay, du Pérou à l’Argentine en passant par Cuba et le Brésil, six auteurs latino-américains proposent leur vision et leur état des lieux de la création littéraire contemporaine en Amérique latine. Quels sont les enjeux liés à la création aujourd’hui ? Quelle place tient la musique dans leur processus créatif, sur un continent où ces deux arts sont intimement mêlés ? Une rencontre mise en musique par le pianiste argentin Juan Carlos Cáceres pour ouvrir la 10ème édition du Salon Livres & Musiques.

 

Cubaine,

 

Karla Suarez publie son premier roman, Tropique du silence, en 2002 et s’installe à Paris en 2003. Ses livres ont pour fil conducteur Cuba. Dans La havane année zéro

, paru en 2012, elle met en scène avec brio une société épuisée, à court de vivres et de rêves, où chacun s’efforce cependant de garder intact tout ce qui peut rendre la vie supportable : l’amour, l’amitié, l’avenir.

De parents francophiles,

 

 

Grecia Caceres

, Péruvienne, a fait ses études au Lycée français de Lima puis des études universitaires en littérature et linguistique à l’université catholique du Pérou. En 1992, elle s’installe à Paris pour poursuivre des études doctorales à Paris 8 Saint Denis, sous la direction de Saul Yurkievich.

Son premier livre publié sera un recueil de poésie

 

 

De las causas y los principios Venenos

/embelesos (1992).

Puis, un premier roman, écrit à Paris,

 

 

L’attente (Balland). En 2012 sort Fin d’après-midi aux éditions L’éclose.

14

 

 

Né en 1951à Montevideo,

 

Juan Carlos Mondragón vit à Paris depuis 1990 et enseigne à l’université de Lille. Auteur de plusieurs romans, essais et nouvelles, il a été récompensé pour son ouvrage Le Principe de Van Helsing et a reçu le Premio nacional de la critica. Son dernier roman, Passion et oubli d’Anastassia Lizavetta

, se déroule dans sa ville natale. Juan Carlos Mondragón est considéré comme l’écrivain uruguayen le plus important depuis Juan Carlos Onetti.

 

 

Micaël Queiroz

 

 

est né à Paris en 1982. Après avoir passé 15 ans à Buenos Aires, il revient à Paris où il vit et travaille actuellement. Droitier sur le terrain de foot et gaucher pour le dessin, il décide sa vocation à l’âge de 5 ans, lorsque sa maîtresse remarque qu’il est le seul de la classe capable de dessiner des visages de trois-quarts. Il publie son premier dessin à 15 ans. Il réalise sa première exposition en 2001 à l’Alliance française de Buenos Aires. Dès son retour à Paris, il collabore avec différentes et prestigieuses revues littéraires, dont l’Imbécile dirigée par Frédérick Pajak. Il illustre pendant quatre ans l’éditorial d’Alexandre Lacroix en page 3 de Philosophie Magazine et publie en 2010 son premier ouvrage Un Argentin à Paris

chez Buchet-Chastel.

 

Ángel Parra

 

 

 

est né à Valparaíso en 1943. Ses collaborations avec de grandes figures musicales marquent sa trajectoire en commençant par l’environnement familial privilégié qui le propulse, encore adolescent, sur les scènes chiliennes et internationales, accompagné de sa soeur Isabel et de sa mère Violeta. Autodidacte dans l’interprétation de la guitare et du chant, Parra est un artiste aussi versatile en styles et thématiques, que prolifique : plus de 70 de ses albums ont été diffusés en Europe et au Chili.

 

Adriana Lisboa

 

 

 

est née à Rio de Janeiro, Brésil, en 1970. Elle a publié onze livres de fiction, dont six romans, un recueil de micro-fiction et des livres pour enfants. Son oeuvre a été traduite dans douze pays, y compris la France, l’Italie, le Mexique, la Suisse et les États-Unis. Diplômée en musique et en littérature, Adriana Lisboa a vécu en France – où, à l’age de 18 ans, elle se presentait comme chanteuse de musique brésilienne – et réside actuellement aux États-Unis. Elle a travaillé comme professeur de musique et traducteur pendant dix ans. Parmi les auteurs qu’elle a traduit au portugais on trouve Maurice Blanchot, Cormac McCarthy, Jonathan Safran Foer, Margaret Atwood et Dai Sijie. Parmi ses honneurs se trouvent le prix José Saramago pour son roman Sinfonia em branco (Des roses rouge vif, Métailié) – finaliste du Prix des lectrices de «Elle» -, le prix Moinho Santista, et le prix Revelation de L’année de la section brésilienne de IBBY (International Board on Books for Young People). Des bourses de creation et de traduction lui ont été accordées par la Bibliothèque Nationale du Brésil, le Centre National du Livre en France, et la Fondation du Japon. Son roman pour les jeunes lecteurs O coração às vezes para de bater (Quand le coeur s’arrête, La Joie de Lire) a été adapté au Brésil pour le cinéma dans un primé court-métrage. En 2007, le Hay Festival / Bogotá Capitale Mondiale du Livre l’a choisie comme l’un des 39 plus importants écrivains latino-américains agés de moins de 39 ans.

 

MARDI 7 MAI – 18H30 – LE CERCLE

 

CARTE BLANCHE A MAX GENEVE

 

Lecture musicale de

 

Virtuoses

par Max Genève (lecture) et Irène Duval (violon).

 

 

Max Genève affronte dans

 

Virtuoses, la complexité du monde avec ce goût déjà ancien pour l’art des naïvetés tempérées que peut enseigner la fréquentation assidue de Nabokov, Borges ou Gombrowiz. Max Genève mêlera sa voix et ses mots aux cordes et aux notes du violon d’Irène Duval pour une lecture toute en virtuosité en compagnie, entre autres, de Bach et de Bartok.

15

 

 

Max Genève

 

 

est né à Mulhouse en 1945 sous le nom de Jean-Marie Geng. Il écrit son premier roman à vingt ans et obtient une licence ainsi qu’une maîtrise de philosophie à Strasbourg. Il devient docteur en sociologie, qu’il enseigne jusqu’en 1982 et publie quatre essais, tous polémiques, salués par Roland Barthes, Pierre Bourdieu et Jacques Derrida. En 1982, il démissionne, choisit la littérature et publie sous le nom de Genève. Il est l’auteur de vingt romans, de plusieurs recueils de nouvelles, de préfaces, d’articles et d’écrits divers. Il a aussi travaillé pour la radio (France Culture et France Musique) et la télévision. Il a reçu le prix de la Ville de Deauville en 2007 pour son roman Le Violoniste

(éditions Zulma).

Jeune virtuose du violon auréolée de prix,

 

Irène Duval

est née en 1992 en Seine-Maritime. Elle commence le violon à sept ans et entre au Conservatoire national supérieur de musique à Paris., à quinze ans à peine. Elle apprend et se perfectionne auprès de grands violonistes comme Jean-Jacques Kantorow, Renaud Capuçon et Stephan Picard. En 2012, elle reçoit le Prix du concours Appassionato Joël Klépal à Caen ainsi qu’une bourse offerte par la Fondation d’entreprise SAFRAN. Enfin, depuis 2013, elle est la nouvelle lauréate de la Fondation Banque Populaire Natixis.

 

 

MARDI 7 MAI – 19H – LE POINT DE VUE

 

SOIREE D’OUVERTURE

 

 

//

BAL TANGO !!

 

19 H : PREAMBULE LITTERAIRE

 

Par Emmanuelle Honorin, auteur du livre

 

Astor Piazzolla, le Tango de la démesure

(Editions. Demi-Lune – France 6 Collection Voix du Monde)

 

 

Anthropologue, critique musical et journaliste, Emmanuelle Honorin est née en 1968. Au fil de ses voyages, elle se découvre une passion pour le tango. Elle dirige aujourd’hui « Les dimanches de la Bellevilloise », un centre culturel où elle programme des concerts et des bals de tango. En 2011 et pour les vingt ans de sa mort, elle rend hommage à l’un des plus grands noms du tango en publiant sa biographie :

 

Astor Piazzolla, Le tango de la démesure

(Éditions Demi-Lune).

 

 

20H30

 

 

:

BAL TANGO

 

Pour sa soirée d’ouverture, Livres & Musiques vous invite à plonger au coeur même de ce qui fait l’âme argentine : le tango. Initiez-vous à sa danse (un professeur sera là toute la soirée) et à ses sonorités. Plus qu’une danse, c’est un véritable rituel nommé « Milonga » d’où surgissent, tels d’une boîte de Pandore, des surprises artistiques, des objets insolites qui parlent d’identité, d‘exil, de chevaux, de bateaux et de nostalgies. Le bal Tango « contradanza » est un bal, mais aussi un voyage pluridisciplinaire autour de l’Argentine. Bienvenue en Argentine !

 

Evénement en co-production avec Geomuse

 

 

16

 

 

MERCREDI 8 MAI

 

MERCREDI 8 MAI – 12H – CID – SALON BAR

 

PARTITIONS CUBAINES

 

Rencontre avec Karla Suárez et William Navarrete

 

Peut-on être Cubain sans être mélomane ? Saurait-il en être autrement lorsque l’on nait et que l’on grandit sur cette île qui a assimilé et métissé, outre les siens propres, des rythmes aussi différents que ceux venus d’Europe, d’Amérique et d’Afrique ? Deux auteurs cubains amoureux de musique nous racontent l’importance des traditions musicales populaires de leur pays, leur rôle dans toute création artistique, et leur influence dans la société contemporaine.

 

MERCREDI 8 MAI – 11H30 – C.I.D – SALLE LEXINGTON

 

SPECTACLE PAR LA COMPAGNIE DES 13 LUNES

 

MANEGES, PETITE HISTOIRE ARGENTINE

 

Une comédienne, un quatuor à cordes et des projections de photos prises en Argentine ; une adaptation du roman

 

Manèges, petite histoire argentine

de Laura Alcoba (Gallimard 2007 – Argentine/ Cuba), par La Compagnie des 13 lunes, dans lequel l’auteur évoque son enfance sous la dictature.

 

 

Laura Alcoba a vécu en Argentine jusqu’à l’âge de 10 ans. Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, elle enseigne à l’Université de Nanterre. Elle se consacre par ailleurs à l’écriture et à la traduction. Dans

 

Manèges, la réalité dépasse la fiction par l’étrangeté d’une situation d’exception : la « folie argentine » de la lutte armée et du coup d’état militaire de 1976. Les événements décrits, pour être véridiques, n’en sont pas moins extraordinaires, d’autant plus troublants que ce contexte de violence politique et de terreur est évoqué au travers du regard d’une enfant.

17

 

 

MERCREDI 8 MAI – 11H30 – CID – SALON BAR

 

ATELIER JEUNESSE

 

QUELLE FETE !

 

A partir de 7 ans

 

Lecture d’un conte brésilien par Ana Maria Machado, auteur incontournable des lettres brésiliennes qui a publié de nombreux titres pour la jeunesse. La lecture sera suivie d’une rencontre avec l’auteur.

 

Dans

 

Quelle fête ! (Editions Vents d’ailleurs), Ana Maria Machado dépeint une fête à la mode brésilienne : très colorée, chantante et dansante, familiale et simple à la fois où toutes les générations et les cultures sont mélangées ! Tout commence par une mise en garde d’une maman à sa fille sur ce qui est susceptible d’arriver si une simple invitation d’anniversaire est lancée. A en croire l’évocation de la maman, une grande fête bien réussie s’annonce surtout si chaque convive amène frères et soeurs, amis et voisins, anima

ux et mets de toutes sortes… Un album d’une belle simplicité qui célèbre la fête et la culture brésilienne où le partage et la bonne humeur sont de mise.

 

 

MERCREDI 8 MAI – 11H30 – VILLA LE CERCLE

 

RENCONTRE MUSICALE

 

VIOLETA PARRA, MA MERE

 

 

 

PAR ANGEL PARRA

 

Poésie et émotion seront à l’oeuvre dans cette rencontre inédite. Ángel Parra rendra un hommage en musique à sa mère Violeta Parra, figure essentielle de la culture et de la musique chilienne. En conversation avec le journaliste Marc Legras, il offrira au public le portrait intime de celle qui révéla à son pays l’étendue de sa richesse culturelle.

 

Ángel Parra est né à Valparaíso en 1943. Ses collaborations avec de grandes figures musicales marquent sa trajectoire en commençant par l’environnement familial privilégié qui le propulse, encore adolescent, sur les scènes chiliennes et internationales, accompagné de sa soeur Isabel et de sa mère Violeta. Autodidacte dans l’interprétation de la guitare et du chant, Parra est un artiste aussi versatile en styles et thématiques, que prolifique : plus de 70 de ses albums ont été diffusés en Europe et au Chili.

 

MERCREDI 8 MAI A 12H – PARVIS DU DEAUVILLE SAILING CLUB

 

EN PARTENARIAT AVEC LE FESTIVAL NORMANDIE IMPRESSIONNISTE ET LE DEAUVILLE SAILING CLUB

 

EUGENE BOUDIN VU PAR SES CONTEMPORAINS

 

Alors que Paris honore Eugène Boudin à l’occasion d’une exposition d’envergure au musée Jacquemart-André, Deauville saluera également le peintre des ciels normands à travers une lecture musicale. De Baudelaire à Zola en passant part de nombreux autres auteurs contemporains de Boudin, nombreux sont ceux qui consacrèrent un texte, que celui-ci soit critique, poétique ou littéraire, à celui-ci que Corot appelait « le roi des ciels ». Au bord de l’eau, au coeur de la marina du port de Deauville, le comédien Jérôme Boyer prêtera sa voix à ceux qui célébrèrent en son temps le génie pictural d’Eugène Boudin. Une lecture en musique, évidemment; avec Nadir Louatib.

 

 

18

 

 

MERCREDI 8 MAI- 12H30 > 22H – C.I.D – SOUS LA VERRIERE

 

FRANCE MUSIQUE EN DIRECT DE DEAUVILLE

 

12H30. Le Magazine par Lionel Esparza. Centre International de Deauville

 

14H00. Un Mercredi Idéal par Arièle Butaux. Salle Élie de Brignac

 

Arièle Butaud dédicacera son nouveau livre à la librairie Musicale de Livres&Musiques.

 

16H00. horizons chimériques par Marc Dumont. Centre International de Deauville

 

17H00. Changez de disque par Émilie Munera. Centre International de Deauville

 

18H00. Open jazz par Alex Duthil. Centre International de Deauville

 

19H00. Les traverses du temps par Marcel Quillevéré. Centre International de Deauville

 

20H00. Concert. Salle Élie de Brignac

 

MERCREDI 8 MAI – 14H00 – CID – SALON BAR

 

ATELIER JEUNESSE

 

TEXTES &-DESSINS AVEC L’ILLUSTRATEUR SERGIO AQUINDO

 

A partir de 10 ans

 

Dessinateur et illustrateur argentin, Sergio Aquindo s’installe en France en 2 000, après avoir vécu à Londres, Barcelone ou encore Lisbonne. Il collabore à de nombreuses revues et journaux. A Partir de photos de familles, autour de machines à inventer ou encore en partant de la ville ou du quartier, Sergio Aquindo entraine les enfants sur le terrain de la mémoire et du souvenir en mêlant écriture et dessin.

 

MERCREDI 8 MAI – 14H00 – CID – SALON BAR

 

L’AMERIQUE LATINE, UN CONTINENT LITTERAIRE DE FEMMES ?

 

Rencontre avec Ana Maria Machado (Brésil), Grecia Cáceres (Pérou), Karla Suárez (Cuba), Béatrice Tanaka (Brésil) et Mariana Warth (Brésil).

 

Quelle est la place de la femme dans la création artistique latino-américaine ? Quels sont les liens qui unissent féminité et musique ? Femmes et musiques sont-elles vecteurs d’une mémoire nourrie de traditions populaires ? Cinq femmes latino-américaines s’interrogent sur la possibilité d’une écriture féminine.

 

 

19

 

 

MERCREDI 8 MAI – 14H – VILLA LE CERCLE

 

LECTURE MUSICALE

 

CARTE POSTALE BRESILIENNE

 

Une lecture musicale par son auteur – Sébastien Lapaque – du roman

 

La convergence des alizés

(Editions Actes Sud) : « une carte postale percée de mille fenêtres ouvertes sur le Brésil, une histoire qui s’est inventée avec des prolongements à Buenos Aires, Montevideo et Paris ». Il est accompagné par Vincent Lhermet (accordéon) et François Robin (violon). Un voyage qui débute au Brésil avec Villa Lobos, se poursuit en Argentine avec Ginastera, et se termine en Europe avec Bach auquel Villa Lobos vouait une immense admiration.

 

 

En partenariat avec le Conservatoire national supérieur de musique et de danse de paris et la participation d’élèves en disciplines instrumentales classiques et contemporaines (diplôme d’artistes interprètes). Remy Pflimin, président, Bruno Mantovani, directeur.

 

Critique au Figaro littéraire, essayiste et romancier,

 

Sébastien Lapaque est diplômé d’histoire et de philosophie. Il publie son premier roman Les Barricades mystérieuses en 1998, suivi de Les Idées heureuses en 1999, où se déploie l’univers singulier d’un esthète passionné de culture classique. Spécialiste de l’oeuvre de Georges Bernanos, auquel il a consacré différents essais et un recueil de nouvelles. En 2009, Sébastien Lapaque reprend la plume du romancier et publie Les Identités remarquables aux éditions Actes Sud, puis La convergence des alizés

en 2012.

Né en 1987,

 

 

Vincent Lhermet

fait partie de la nouvelle génération d’accordéonistes qui oeuvrent au développement de cet instrument. Diplômé de l’Académie Sibelius d’Helsinki en Finlande, il est le premier accordéoniste à intégrer le cycle de doctorat d’interprète au CNSM de Paris. Convaincu du rôle de la connaissance théorique dans l’élaboration d’une interprétation musicale, il étudie la musicologie à l’Université de Paris-IV Sorbonne, suit les classes d’érudition (harmonie, contrepoint, analyse, histoire de la musique), et s’initie à la direction d’orchestre, au piano et à l’Art de la basse continue. Vincent Lhermet se produit dans le monde entier en soliste et avec orchestre ainsi qu’au sein de diverses formations de musique de chambre dans des salles prestigieuses telles que le Muziekgebouw d’Amsterdam et la Maison de la Musique d’Helsinki, démontrant les richesses de l’accordéon dans un répertoire qui s’étend de la Renaissance à notre époque.

Né en 1988 à Saint-Brieuc,

 

 

François Robin débute le violoncelle à l’âge de 4 ans à l’école de musique de Dinan avec Aldo Ripoche. Il entre ensuite au Conservatoire National de Région de Dijon dans la classe de Laurent Lagarde, puis à Aubervilliers-La Courneuve dans celle de Florian Lauridon, où il obtient ses Prix de violoncelle et de musique de chambre avec les plus hautes distinctions. En septembre 2008, François est admis au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon dans la classe d’Anne Gastinel et y obtient son Master avec mention Très Bien en 2012. L’intérêt majeur qu’il porte à l’interprétation des oeuvres sur instruments d’époque le conduit à se perfectionner au Conservatoire National Supérieur de Paris dans le cursus « Diplôme d’Artiste Interprète ». François Robin est boursier de l’ADAMI en 2012 et de la Williamson Fondation of Music.

20

 

 

MERCREDI 8 MAI – 14H – SALLE ELIE DE BRIGNAC – ENTREE LIBRE

 

LE OFF DE PÂQUES – EN PARTENARIAT AVEC LE FESTIVAL DE PAQUES

 

ESCALE A CORAZON,

 

 

 

HOMMAGE A PAUL BOWLES

 

En 2013, le Festival de Pâques et Livres & Musiques s’associent pour rendre un hommage musical et littéraire à l’écrivain-compositeur américain Paul Bowles. Né le 30 décembre 1910, Paul Bowles est surtout célèbre maintenant pour être l’auteur de très nombreuses nouvelles et de quatre romans dont le premier,

 

Un thé au Sahara

– « livre culte » – fut adapté au cinéma par Bernardo Bertolucci.

 

 

En partenariat avec le Festival de Pâques et France Musique. Concert diffusé en direct sur France Musique

 

OEuvres de Paul Bowles, Aaron Copland, Manuel de Falla, Silvestre Revueltas, Rodolpho Hallfter, Carlos Chavez…

 

Avec les musiciens du festival de Pâques : Guillaume Bellom et Ismaël Margain au piano ainsi que d’autres musiciens d’ensembles de musiques improvisées latino-américaines.

 

C’est d’abord comme compositeur que l’écrivain voyageur se fait connaître, dès la fin des années 30. C’est ainsi qu’il gagne sa vie, travaillant pour les théâtres de Broadway où il signe de nombreuses musiques de scène pour Orson Welles, George Abbott, Salvador Dali, George Balanchine ou Tennessee Williams. Il élabore dans le même temps une oeuvre plus personnelle, et compose entre autres – à côté de nombreuses chansons et pièces pour piano – deux opéras, une cantate, des sonates, des musiques pour le cinéma expérimental de Hans Richter ou encore, à la demande cette fois des pianistes Arthur Gold et Robert Fizdale, un concerto pour deux pianos, instruments à vents et percussions.

 

Quelques dix ans plus tôt, gagné à nouveau par la fièvre du voyage – après avoir parcouru l’Europe et les déserts d’Afrique du Nord – ce jeune disciple du compositeur Aaron Copland avait quitté son maître et embarqué à Cadix à destination de l’Amérique Centrale. Dès 1933, il séjourne à Porto Rico, Saint-Domingue, Curaçao et Cienaga. De 1935 à 1945 il découvre Mexico, le Guatemala, Panama, le Venezuela, la Barbade, Tehuantepec, Acapulco, et la Jamaïque au cours d’incessants voyages en paquebot aussi bien qu’à bord de sombres cargos. Ces découvertes sont ponctuées de retours à Paris et à New York, où il retrouve ses amis – dont Leonard Bernstein. Il fait aussi en ces années d’une particulière intensité, d’importantes rencontres – Joseph Losey, Duke Ellington, Salvador Dali, Wilfredo Lam, Silvestre Revueltas, Manuel de Falla… C’est une période riche en péripéties – marijuana, mescal, maladies de toutes sortes, sans oublier sa rencontre avec celle qui va devenir l’écrivain Jane Bowles. Il trouve encore à cette époque le temps de se consacrer à des dizaines d’oeuvres musicales composées sur le vif. Dès 1946 pourtant, sa vocation littéraire s’affirme et il publie ses premières nouvelles. Pendant un certain temps encore, Paul Bowles sera musicien et écrivain. Mais en 1947, il s’installe définitivement à Tanger, espaçant de plus en plus ses allers et retours pour New York, et se tourne alors définitivement vers la littérature. Les artistes et les routards du monde entier en feront une icône et feront tout pour le rencontrer dans l’exil marocain qu’il s’était choisi.

 

En présence de Robert Briatte, auteur de

 

Paul Bowles

, (Plon – France)

Professeur de Lettres classiques, Robert Briatte est né en 1956. Il devient Directeur d’édition au Centre régional de documentation pédagogique de Grenoble en 2007. Écrivain, préfacier et parfois traducteur, il a publié plusieurs livres et écrit dans la revue en ligne Cairn. Il est reconnu comme le biographe de l’écrivain et compositeur américain Paul Bowles.

 

Renseignements : www.musiqueadeauville.com

 

 

 

21

 

 

MERCREDI 8 MAI- 15H – LE POINT DE VUE

 

BRESIL MYTHIQUE, BRESIL MYSTIQUE

 

15h00 : Récital de guitare acoustique de Marcio Meirelles

 

Marcio Meirelles est guitariste et est considéré comme l’un des musiciens les plus doués de sa génération. Pour Livres & Musiques, Marcio Meirelles donnera un récital inédit sur des textes de Ronaldo Correia de Brito. Ce récital, créé à partir d’un répertoire solo de sa composition et d’arrangements de guitare puisés dans la musique brésilienne classique et mondiale, montrera la richesse et l’originalité de la création musicale brésilienne contemporaine.

 

15h45 : Rencontre avec Ronaldo Correia de Brito, Jean-Paul Delfino, Sébastien Lapaque, Anne Lima et Adriana Lisboa.

 

Pas de Brésil sans musique, pas de Brésil sans mystique. Le Brésil est terre de mythes. Mythes littéraires ou musicaux. Mythes religieux dans un pays où le mélange des croyances a donné naissance à une culture hors norme. Comment les écrivains, Brésiliens ou Français amoureux du Brésil, se sont-ils nourris de ces mythes pour composer leur vision artistique d’un Brésil moderne. Deux écrivains brésiliens, deux écrivains français fous de Brésil et Anne Lima, éditrice aux Editions Chandeigne, s’interrogent.

 

MERCREDI 8 MAI – 16H00 – CID – SALON BAR

 

ATELIER JEUNESSE

 

LOS CARTONEROS

 

Par le Collectif Le Tren Blanco – A partir de 8 ans

 

Un atelier de création de livres en carton. Pour découvrir le mouvement cartonero grâce à des publications originales réalisées à partir de cartons récupérés dans les rues ou auprès de commerçants, réutilisés sans traitement particulier.

 

Après une présentation du mouvement cartonero (adaptée en fonction des âges), des cartons vierges ayant déjà la forme de couvertures de livres, sont distribués aux élèves, qui devront les personnaliser à la peinture. Les enfants choisissent ensuite une oeuvre imprimée et reliée du catalogue de la Cephisa Cartonera, qu’ils colleront à la couverture réalisée. Chaque participant repartira avec son propre livre en carton.

 

 

22

 

 

MERCREDI 8 MAI – 16H30 – CID – SALON BAR

 

FOCUS SUR LA BANDE DESSINEE ARGENTINE

 

Rencontre avec Napo, Micaël Queiroz et Sergio Aquindo

 

Avec un peu plus de cent ans de bande dessinée, l’Argentine fait partie des membres fondateurs du 9ème art. Trois illustrateurs argentins pour un petit tour en couleur de la création contemporaine. Cette rencontre sera aussi l’occasion d’un retour sur l’histoire d’un art à travers quelques grands noms comme Hugo Pratt, Oesterheld, Quino, sans oublier les personnages qui ont fait l’histoire de celle que l’on appelle La historieta.

 

MERCREDI 8 MAI- 16H30 – LE CERCLE

 

CARTE BLANCHE A STEPHANE HEAUME

 

C’est la véritable Bande Originale du roman

 

Sheridan Square (Editions Le Seuil), que Stéphane Héaume, lauréat du Prix de la Ville de Deauville en 2012, Thierry Escaich (piano), compositeur et improvisateur et Rémy Mathieu, ténor, nous invitent à découvrir. Baigné d’une atmosphère cinématographique, ce concert-lecture nous plongera dans les grands thèmes lyriques de Britten et Janacek, ponctués d’airs de Mozart et Rossini, avant de s’achever par une grande improvisation autour de la musique du film d’Alfred Hitchcock,

La Mort aux trousses.

 

 

Stéphane Héaume

 

Perte des repères géographiques et temporels par le jeu combiné des anachronismes et de noms de lieux trompeurs, paysages merveilleux, l’univers de Stéphane Héaume est onirique, à la croisée du réele et de l’imaginaire. Depuis 10 ans, il n’a cessé de croître, poussant parfois vers Joseph Conrad, Marcel Schneider ou Borgès pour mieux profiter de leur ombre. Pourtant Stéphane Héaume est tout autant sensible à la peinture et à l’opéra pour lequel il continue d’écrire et qui hante – littéralement – son dernier livre,

 

Sheridan square

, roman pour lequel il reçoit le Prix de la Ville de Deauville en 2012.

 

 

MERCREDI 8 MAI – 18H00. C.I.D – SALLE LEXINGTON

 

LA SOIREE DES AUTEURS

 

Parce qu’on n’a pas tous les jours 10 ans, Livres & Musiques crée l’événement et retracera, dans une création inédite, l’histoire du Prix de la Ville à travers les textes lauréats. A l’issue du spectacle conçu et créé par le metteur en scène Ivan Morane, Jérôme Garcin, président du jury du Prix de la Ville, décernera le Prix de la Ville au nouveau lauréat.

 

Ivan Morane a choisi, en fonction des oeuvres musicales qu’ils évoquent, des extraits des ouvrages récompensés par le Salon du Livre de Deauville depuis 10 ans.Le pianiste concertiste Vincent Leterme le guidera dans le

 

 

23

 

 

parcours de sa lecture. Ce qu’il jouera permettra de faire naître les mots de ces neuf livres magnifiques.Parfois, la voix et le violoncelle de la soliste italienne Silvia Lenzi les rejoindront pour ce voyage à travers des aventures réelles ou imaginaires indissolublement liées à la musique…

 

MERCREDI 8 MAI – 19H00. VILLA LE CERCLE (HORAIRE SOUS RESERVE)

 

CONFERENCE CHANTEE

 

MANU CHAO, UN NOMADE CONTEMPORAIN

 

Une conférence du Hall, centre national du patrimoine de la chanson.

 

Autour de cinq chansons de Manu Chao, et à partir de son livre sur le chanteur, Véronique Mortaigne, critique au journal Le Monde, raconte Manu Chao accompagnée de la chanteuse Rachel des Bois et d’un guitariste

 

MERCREDI 8 MAI – 20H0A – LE POINT DE VUE

 

SHOWCASE

 

THE FOXY LADY PROJECT

 

The FoxyLady Project est le pari fou de Max Ruiz. Pari photographique et éditorial. Photographier soixante des guitares les plus mythiques de l’histoire de la musique du 20

 

ème

siècle et en faire un livre…taille réel. Photographies et livres sont grandeur nature, de la taille d’une guitare. La guitare de Tomas Gubitsch, musicien argentin d’exception, figure à l’index de cet ouvrage peu commun. Livres & Musiques expose quelques uns de ces clichés sous la verrière du CID. Tomas Gubitsch prend sa guitare et raconte en musique, en complicité avec Max Ruiz, l’histoire de ces guitares en parcourant la vie des musiciens qui les ont chéries.

 

 

MERCREDI 8 MAI – 21H. LE POINT DE VUE

 

SOIREE

 

LE MIX LATINO DE DJ RKK

 

Rémy Kolpa Kopoul, dit RKK, est l’un des animateurs cultes de Radio Nova, radio sur laquelle il officie depuis de nombreuses années. Mélomane hors norme, passionné de World Music ; les musiques latines, et brésiliennes en particuliers, lui tiennent spécialement à coeur.

 

DJ RKK sera aux platines du Point de Vue de Deauville le 8 mai pour un mix inédit, créé spécialement pour Livres & Musiques.

 

Fête et découverte seront les maîtres mots de cette soirée haute en couleurs ! 24

 

JEUDI 9 MAI

 

JEUDI 9 MAI – 11H30– CID – SALON BAR

 

ATELIER JEUNESSE

 

INITIATION AU DESSIN DE PRESSE HUMORISTIQUE

 

Par Micaël Queiroz – à partir de 10 ans

 

Une introduction aux principes de la BD et du dessin humoristique, suivie d’une discussion autour des dessinateurs français et étrangers et des personnages célèbres de la BD. Exercices de dessin en suivant différentes consignes pour rendre un déroulement de situation sur papier en 3 ou 4 cases. Échanges à partir de dessins réalisés.

 

Micaël Queiroz fait partie de la jeune génération de dessinateurs argentins. Né à Paris en 1982, il, il revient à Paris après avoir passé 15 ans à Buenos Aires. Pendant quatre ans, il illustre l’éditorial d’Alexandre Lacroix en page 3 de Philosophie Magazine et publie en 2010 publie son premier ouvrage Un Argentin à Paris chez Buchet-Chastel.

 

JEUDI 9 MAI – 11H30 – CID – SALON BAR

 

VO OU VF

 

? CHOISIR LA MUSIQUE DE L’ECRITURE

»

 

 

Rencontre avec Laura Alcoba (Argentine), Grecia Cáceres (Pérou), Ángel Parra (Chili) et Bernardo Toro (Chili),

 

Ils sont sud-américains, et vivent en France de longue date. Leur langue maternelle est l’espagnol. Pourtant, tous n’écrivent dans cette langue. Laura Alcoba et Bernardo Toro ont choisi le français comme langue d’expression littéraire ; Grecia Cáceres et Angel Parra ont pris le parti d’écrire en espagnol. Pourquoi ? La musicalité de la langue est ici l’enjeu.

 

JEUDI 9 MAI – 11H30 – LE CERCLE

 

CARTE BLANCHE A VALENTINE GOBY

 

Pour son retour à Deauville, Valentine Goby a choisit de lire

 

Banquises

(Albin Michel), son dernier roman, accompagnée au piano par Jonas Vitaud, l’un des pianistes les plus talentueux de sa génération, habitué du Festival de Pâques.

 

 

Banquises,

 

 

c’est l’histoire d’une disparition. Celle de Sarah, 22 ans, passionnée d’acoustique, qu’un étrange chagrin conduit sur la banquise, au Groenland, territoire qui lui-même s’efface. C’est l’histoire d’une fille solaire dont la mélancolie s’empare, et qui d’un voyage dans le grand Nord ne reviendra pas. Ni morte, ni vivante, attendue par ceux qui continuent à l’aimer à toute force : sa mère, son père et sa soeur. C’est l’histoire d’une absence qui gagne toute la vie, l’emplit, la sature. C’est un voyage à travers la musique, de Bach à Schoenberg, en passant par Beethoven et Chopin, jusqu’au silence

.

 

Valentine Goby

 

 

est lauréate de plusieurs prix littéraires comme le prix de la Fondation Hachette ou le prix Méditerranée des jeunes pour La Note sensible. Auteur de plusieurs romans aux éditions Gallimard, cette ancienne étudiante à Sciences-po et

25

 

enseignante se définit comme une femme de terrain, s’investit dans des missions humanitaires à Manille et à Hanoï et fonde le collectif L’Écrit du coeur, qui soutient des actions de solidarité. Elle a reçu le prix de la Ville de Deauville en 2008 pour son roman

 

L’échappée

publié aux éditions Gallimard.

 

 

Jonas Vitaud,

 

 

 

reconnu pour sa fibre poétique, la précision de son jeu et sa puissance expressive, est un pianiste des plus talentueux. C’est un artiste curieux qui explore aussi bien les terres inconnues de la musique d’aujourd’hui que le grand répertoire.

 

JEUDI 9 MAI – 14H00 – CID – SALON BAR

 

ATELIER JEUNESSE

 

LOS CARTONEROS

 

Par le Collectif Le Tren Blanco – A partir de 8 ans

 

Un atelier de création de livres en carton. Pour découvrir le mouvement cartonero grâce à des publications originales réalisées à partir de cartons récupérés dans les rues ou auprès de commerçants, réutilisés sans traitement particulier.

 

Après une présentation du mouvement cartonero (adaptée en fonction des âges), des cartons vierges ayant déjà la forme de couvertures de livres, sont distribués aux élèves, qui devront les personnaliser à la peinture. Les enfants choisissent ensuite une oeuvre imprimée et reliée du catalogue de la Cephisa Cartonera, qu’ils colleront à la couverture réalisée. Chaque participant repartira avec son propre livre en carton.

 

JEUDI 9 MAI – 14H. CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE – VERRIERE

 

RENCONTRE AVEC LE LAURÉAT 2013 DU PRIX DE LA VILLE.

 

MERCREDI 9 MAI – 14H30 – CID – SALON BAR

 

(EN)QUETES TRANSATLANTIQUES

 

Rencontre avec Stéphane Héaume (France) et Juan Carlos Mondragón (Uruguay)

 

Paris – New York – Montevideo. Tracer un trait d’union entre trois villes et deux auteurs. L’un français, l’autre uruguayen. Traverser l’Atlantique et chercher à savoir comment, d’un continent à l’autre, se développe le roman d’enquête ou, plus précisément, le roman de quête. Stéphane Héaume, auteur de Sheridan Square (Le Seuil, Prix de la Vile 2012) et Juan Carlos Mondragón, figure emblématique de la littérature uruguayenne, auteur du magnifique Oriana à Montevideo (Le Seuil) nos répondent.

 

JEUDI 9 MAI – 15H -. CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE – VERRIERE

 

RENCONTRE AVEC LE LAURÉAT 2013 DU PRIX DES LECTEURS

 

 

 

26

 

JEUDI 9 MAI – 15H30 –LE CERCLE

 

CONCERT LITTERAIRE

 

LA CHANSON, UN ART POPULAIRE MEXICAIN

 

Fragile équilibre de paroles et de musique, genre ouvert à toutes les influences, art vagabond, éphémère et toujours renouvelé, la chanson touche parfois à l’universel, et permet d’exprimer tous les sentiments et tous les états d’âme. L’auteur mexicain Jaime Moreno Villarreal, en résidence à l’IMEC dans le cadre de la 7ème édition de

 

Chansons Sans Frontières

, nous embarque avec ses musiciens, pour un voyage dans la chanson mexicaine, reflet des traditions et des cultures. Alternant approche des textes en dialoguant avec Marie Prieto et moments musicaux, Jaime Moreno Villarreal, empoignera sa guitare pour rythmer ce rendez-vous.

Musiciens : Sébastien Duval (basse électrique), Manuel Decocq (violon, accordéon, voix), Jean-Claude Meurisse (piano, chant) et Jean Eudes Solignac Lecomte (batterie).

 

 

 

Écrivain, traducteur, éditeur, critique d’art, commissaire d’exposition,

 

Jaime Moreno Villareal

est né en 1956 à Mexico. Sa production littéraire se compose d’essais, de nouvelles, de poésies et d’écrits sur l’art, mais aussi de chansons reprises par de grands interprètes mexicains. Traducteur reconnu, Jaime Moreno Villareal a traduit en espagnol plus d’une cinquantaine d’auteurs de langue française et anglaise pour le compte de revues mexicaines. Parmi ces auteurs, on retrouve la traduction des oeuvres d’Isaiah Berlin, de Roland Barthe, de Marcel Schwob et une partie de l’oeuvre de Stéphane Mallarmé.

 

 

JEUDI 9 MAI – 12H – C.I.D – SOUS LA VERRIERE

 

LECTURE MUSICALE

 

LE TANGO D’ASTOR

 

PAR LE SPIRITANGO QUARTET ET FRANÇOIS CASTANG

 

Quatre amis, quatre musiciens, deux passions : le tango et l’Amérique latine. C’est le SpiriTango Quartet. Diplômés du Conservatoire national supérieur de musique à Paris, chacun joue d’un instrument différent : accordéon, piano, violon et contrebasse. A Deauville, ils vont nous faire redécouvrir avec beaucoup de générosité les tangos endiablés d’Astor Piazzolla, le maître, et nous faire plonger dans la quintessence de l’âme argentine : le tango.

 

Un hommage vibrant à Buenos Aires, à ses cafés dansants, aux guapas et au café Tortoni, sur les airs du nuevo tango et des poèmes de Flores, Ortiz, Cuello et Castillo, lus par François Castang.

 

François Castang (récitant) débute à la radio dans les années 1980. Pendant 5 ans il anime une émission quotidienne sur France Musique, « À Portée de Mots ». Cette émission le définit bien : la passion de la musique et de la littérature.

 

Musiciens : Fanny Gallois (violon), Thomas Chedal (accordéon), Benoit Levesque (contrebasse) et Fanny Azzuro (piano).

 

 

27

 

 

JEUDI 9 MAI – 14H – LE POINT DE VUE

 

CONCERT PAGODE

 

LA RODA DO CAVACO

 

« Pagode », en portugais du Brésil désigne une rencontre de musiciens qui se retrouvent autour d’une table pour faire la fête en musique. Roda do Cavaco donne à entendre et à voir un pagode puissant soutenu par une section rythmique jubilatoire et les cordes du cavaquinho et du cavaco-banjo Aux compositions originales se mêlent des reprises des grands sambistes. Une ambiance conviviale et joyeuse. Magique !

 

Musiciens : Fernando Cavaco, Matthieu Doat, Natallino Neto, Rodrigo de Oliveira, Erivelton Silva

 

D’une famille de mélomanes, Fernando Cavaco baigne dès le plus jeune âge dans la musique. Féru de toutes les cultures du monde, il vient à Paris parfaire sa formation en ethnomusicologie. Héritier des grands chanteurs de samba et de pagode, ce jeune compositeur aux mélodies fougueuses infuse une ardeur communicative, soutenue par les cordes fiévreuses de son cavaquinho. Il a notamment accompagné des chanteurs brésiliens et cap-verdiens comme Márcio Faraco, Jorge Humberto et Mayra Andrade.

 

JEUDI 9 MAI – 16H – CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE – SOUS LA VERRIERE

 

RENCONTRE MUSICALE

 

LA DANSE DES MILLIONS

 

 

 

/ UN ROMAN CUBAIN AU RYTHME D’UNE CONGA

 

Par William Navarrete. La conga est un cortège de musiciens et de danseurs de rue qui joue à l’occasion de carnavals, foires, fêtes. Cette danse et cette musique d’origine afro-cubaine ont marqué l’image de Cuba au long des deux derniers siècles. Nombreux sont les événements politiques s’étant produits au rythme d’une conga. Mêlant lecture et extraits musicaux, William Navarrete racontera le rôle des congas dans l’histoire et la littérature cubaines.

 

Né à Cuba en 1968,

 

William Navarrete vit à Paris depuis 20 ans. Écrivain, journaliste et critique d’art, ses écrits sont directement liés à son pays d’origine et pour certains, la musique cubaine y tient une place importante comme dans son dernier roman, La Danse des millions

(Editions Stock).

 

 

JEUDI 9 MAI – 16H – LE POINT DE VUE

 

MASTER CLASS

 

LA RODA DO CAVACO

 

Une initiation aux instruments brésiliens réservée aux élèves de l’école de musique intercommunale Claude Bolling.

 

 

28

 

 

JEUDI 9 MAI – 17H – CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE – SALLE LEXINGTON

 

CONCERT LITTERAIRE

 

TOMAS GUBITSCH TRIO & LAURA ALCOBA

 

Un concert unique pour Livres & Musiques par un guitariste prodige – Tomàs Gubitsch – avec la complicité de Laura Alcoba, écrivain.

 

Tomàs Gubitsch

 

 

est né en 1957 à Buenos Aires dans une famille d’intellectuels. À 17 ans il est, en Argentine, une véritable rock star avec le groupe Invisible dont il est le guitariste. Deux ans plus tard, il rejoint Astor Piazzolla, le roi du tango, pour une tournée européenne. Nous sommes en 1977, son pays est sous la dictature de Pinochet. Il décide de rester en France. Au fil des années, Tomás Gubitsch se tourne vers le théâtre, la danse et le cinéma. Il arrête finalement la musique pour se consacrer totalement à la composition et à la direction d’orchestres

.

 

« Le tango est issu du voyage. Il est le fruit des rencontres entre cultures provenant des quatre coins du globe et se donnant un improbable rendez-vous au port de Buenos Aires. « Mon-tango » – c’est ainsi que je nomme la musique que je fais – est pétri de vrais voyages et d’autres non moins réels bien qu’imaginaires. Il est façonné par les dialogues avec d’autres musiques, naturellement, mais il se nourrit également du contact avec d’autres disciplines artistiques.

 

A l’occasion de Livres & Musiques nous avons souhaité que ce dialogue avec la littérature – et la poésie en particulier – soit manifeste. Il s’agit d’un regard depuis « mon-tango-land » vers certains poètes qui m’accompagnent tacitement, et bien souvent sans le savoir, dans mes aventures musicales. J’ai eu la chance de connaître personnellement certains d’entre eux. Tel est le cas de Jorge Luís Borges, de Julio Cortázar ou de Jorge Fondebrider. Tel est également le cas de Laura Alcoba, grâce à qui cet événement « sur mesure » verra sa création dans le cadre du Salon.

 

Ce qui me touche, c’est parfois ce qui est dit. Mais c’est également la simple musicalité du texte, la familiarité de la voix ou l’élégante impudeur du lecteur/auteur lisant son propre texte. C’est le fait sonore en soi qui m’importe et m’emporte vers des rives que j’espère nouvelles, sachant pertinemment que tout poète Américain est lui-même, forcément, tout comme mon-tango, habité et travaillé par le voyage. »

 

Tomas Gubitsch

 

 

29

 

 

PROGRAMME HORS LES MURS AVEC BIB

 

GANG

 

 

Depuis 2002, l’association Bib’gang (qui regroupe les bibliothèques de Blainville-sur-Orne, Colombelles, Cormelles le Royal, Dives-sur-mer, Ifs, Ranville et Tourville-sur-Odon) oeuvre à la promotion des missions des bibliothèques. Bib’Gang organise en commun sur le territoire de son réseau des animations thématiques qui se déclinent en une multitude d’évènements (expositions, rencontres d’auteurs, spectacles, ateliers…) afin de favoriser toutes les pratiques culturelles. En 2013, Bib’Gang et Livres & Musiques s’associent et proposent des rencontres avec les auteurs invités du salon.

 

LUNDI 6 MAI – 14H00. BIBLIOTHEQUE DE BLAINVILLE

 

ATELIER SCOLAIRE AVEC TALINE SCHUBACH

 

 

 

(BRESIL)

 

Taline Shubach est diplômée en 2007 de l’école des beaux arts de l’université fédérale de Rio de Janeiro. Elle poursuit ensuite ses études d’art en se spécialisant dans la peinture à l’aquarelle, à l’acrylique à partir de modèles vivants. En 2009, elle quitte le Brésil afin de pouvoir étendre ses connaissances et donne des cours d’illustration pour enfants en Italie et en Espagne, où elle vit toujours aujourd’hui. Elle a publié plus de 25 ouvrages édités par les plus grands éditeurs brésiliens.

 

MARDI 7 MAI – 20H00. BIBLIOTHEQUE DE CORMELLES

 

RENCONTRE AVEC LAURA ALCOBA (ARGENTINE

 

 

)

 

 

Laura Alcoba a vécu en Argentine jusqu’à l’âge de 10 ans. Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, elle enseigne à l’Université de Nanterre. Elle se consacre par ailleurs à l’écriture et à la traduction. En 2007, elle a publié un premier roman,

 

Manèges, petite histoire argentine

(éditions Gallimard) où elle évoquait un épisode de son enfance sous la dictature.

 

 

VENDREDI 10 MAI – 18H00. CINEMA DE DIVES-SUR-MER

 

PROJECTION DE

 

 

VIOLETA

 

 

Film de Andrès Wood, 2012, 1h50. Projection présentée par Ángel Parra

 

Suivi d’une rencontre avec Angel Parra à 20h

 

Violeta Parra, figure essentielle de la culture et de la musique chilienne révéla à son pays l’étendue de sa richesse culturelle.

 

VENDREDI 10 MAI – 20H – BIBLIOTHEQUE DE DIVES-SUR-MER

 

RENCONTRE AVEC ANGEL PARRA

 

Ángel Parra est né à Valparaíso en 1943. Ses collaborations avec de grandes figures musicales marquent sa trajectoire, en commençant par l’environnement familial privilégié qui le propulse, encore adolescent, sur les scènes chiliennes et internationales, accompagné de sa soeur Isabel et de sa mère Violeta. Autodidacte dans l’interprétation de la guitare et du chant, Parra est un artiste aussi versatile en styles et thématiques, que prolifique : plus de 70 de ses albums ont été diffusés en Europe et au Chili. 30

 

EXPOSITIONS

 

De la photo à l’illustration, quatre expositions à visiter dans les différents lieux du salon.

 

CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE

 

THE FOXYLADY PROJECT

 

 

 

DE MAXIME RUIZ (ARGENTINE)

 

Maxime Ruiz est l’auteur des photographies du livre

 

The FoxyLadyProject. Sans doute l’un des photographes les plus artistiques de la sphère musicale. L’appareil photo s’est greffé au poing de cet Argentin, né à Buenos Aires, un peu par hasard. Adolescent, il fait ses classes au Collège Français et étudiant, il opte pour l’art (Ecole des Beaux Arts puis Ecole Panaméricaine d’Art). Puis, il s’envole pour la France faire des études de cinéma. L’univers de la musique l’a toujours attiré comme une évidence. Il est aussi l’auteur de trois films autour de Claude Nougaro. Parallèlement, il réalise des travaux photographiques personnels exposés régulièrement en Europe, en Amérique latine et aux USA. Ce livre est le deuxième qu’il consacre à la guitare après le remarqué Luthiers et Guitares d’en France

produit par Francis Cabrel.

 

 

CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE

 

PORTRAITS DU BRESIL PAR SES MUSICIENS

 

 

 

DE MARCOS HERMES (BRESIL)

 

Photographe brésilien de 38 ans, Marcos Hermès travaille avec de nombreux musiciens brésiliens parmi lesquels Caetano Veloso, Paulinho da Viola, Jorge Ben ou encore Gilberto Gil. Ses photos, des portraits mais aussi des instantanés de concerts, ont été publiées dans de nombreux magazines tant au Brésil qu’à l’étranger. Il présentera à Deauville une partie de son travail, dans un choix concocté par Emmanuel de Baecque.

 

CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE

 

AU SUD, UNE AUTRE AMERIQUE

 

Exposition proposée par la Bibliothèque Départementale de Prêt

 

A la lecture de la littérature sud-américaine des XXème et XXIème siècles, on se sent immédiatement plongé dans la réalité vécue des sud-américains. Cette exposition s’appuie sur 12 textes de 12 auteurs, pour dégager et débroussailler les thèmes qui en émanent. Richement illustrée par une aquarelliste voyageuse, Mélanie Prieto, qui, de Mexico à Punta Arenas, a capté les ambiances latines les plus adaptées aux sujets abordés.

 

CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE

 

CONCOURS D’ILLUSTRATION

 

Le concours d’illustration mené à l’école primaire Fracasse de Deauville, s’est inspiré, cette année, des musiques latines. Sous la houlette d’Annie-Laure Bouvier – animatrice à l’école Fracasse – les élèves du primaires ont associé musique et littérature, à partir de dessins ou peintures inspirés d’oeuvres littéraires jaillissants d’un livre en carton. Une vingtaine de gagnants seront élus par un jury présidé par Concetta Forgia, directrice artistique des Editions Gallimard Jeunesse, partenaire du concours pour la troisième année. Un lot de livres Gallimard Jeunesse sera remis aux gagnants lors de la remise des prix des écoles en Juin 2013.

 

 

31

 

 

LIBRAIRIES & EXPOSANTS

 

LA LIBRAIRIE MUSICALE – LIBRAIRIE PLANET’R DE ST LO

 

Planet’R est une librairie généraliste indépendante créée en 1996 à Saint-Lô, implantée au coeur de la ville depuis 2000 sur une surface de 1300 m2 dédiée au livre, au CD et DVD, à la presse et à la papeterie. Constituée d’une équipe de 5 libraires motivés et dynamiques, la librairie est active sur de nombreux fronts : le conseil, l’échange et le service au lecteur en magasin. La librairie est également l’interlocuteur privilégié des médiathèques, bibliothèques, établissements scolaires de tous niveaux, des organismes sociaux. Par ailleurs, les libraires participent activement à la diffusion de la lecture mettant à disposition leur énergie et leur passion du livre lors d’évènements culturels : conférences aux bibliothèques lors de présentations de la rentrée littéraire, mise en place de séances de dédicaces en magasin, mais aussi au sein de bibliothèques et médiathèques environnantes, partenariats.

 

LA LIBRAIRIE JEUNESSE – LIBRAIRIE DU MARCHE DE DEAUVILLE

 

Créée en 1992 la Librairie du Marché, dirigée par David Ezvan, est une librairie généraliste de proximité. Elle tire son essence de sa localisation, l’animation du marché lui confère une convivialité cultivée par de fréquentes séances de dédicaces le samedi matin. Dans une ambiance cosy et chaleureuse, cette librairie propose un large éventail de livres de thèmes variés : romans, policiers, sciences humaines, nouveautés littéraires et best-seller côtoient des ouvrages plus fondamentaux. Romans, BD, beaux livres illustrés et livres locaux voisinent et cohabitent sur les étagères en bois de la librairie du Marché à Deauville.

 

LA LIBRAIRIE REGIONALE – LIBRAIRIE LE CORSAIRE DE DEAUVILLE

 

La librairie Le Corsaire est tenue depuis 15 ans par Alain et Marie-Claude Brenier. Originaires du Havre, ces libraires se sont installés à Deauville en 1998, aidés par leur fille Estelle Contreras, pour reprendre et développer cette librairie. Depuis la création du salon Livres & Musiques de Deauville, la librairie Le Corsaire fait parti des collaborateurs les plus fidèles de la manifestation.

 

La Normandie est une terre d’écrivains. Qu’ils en soient natifs ou qu’ils l’aient adoptée, les écrivains que l’on retrouvera en dédicace sur le stand de la librairie Le Corsaire ont tous un lien puissant avec ce territoire, son histoire, et nous le prouvent, chacun à sa manière.

 

les auteurs présents

 

Emmanuelle Deméautis,

 

Les aventures de Kerbelle

, Editions Arvray

Isabelle Dumont,

 

 

 

Villas de Deauville en aquarelle

 

 

Guy Fortier,

 

L’amour chiendent

, Editions Les Mares Fleuries

Rosine Helga,

 

 

Tous les décors de ma vie

, Éditions Thélès

Henriette Langrognet, La fugueuse ou les vertiges de l’ailleurs, Amalthée

 

Éric Leclercq, Moi, Guillaume le Conquérant, Éditions Ysec

 

Martine Maury

 

Stéphane Puisney

 

Laure Rebois, Frédéric… avant de partir, Éditions Les 2 encres

 

Jean-Claude Roullier, Watar, Éditions Le Mono

 

Aude Sécheret, Rumeurs birmanes, Éditions Kirographaires

 

Les dédicaces

 

Tout au long du salon, retrouvez les auteurs régionaux en dédicace sur le stand de la Librairie Le Corsaire.

 

 

 

MARDI 7 MAI – 11H > 13H

 

Guy Fortier, Rosine Helga, Eric Leclercq, Martine Maury, Laure Rebois, Jean-Claude Roullier

 

MARDI 7 MAI – 14H > 18H

 

Isabelle Dumont, Guy Fortier, Rosine Helga, Henriette Langrognet, Eric Leclercq, Martine Maury, Laure Rebois, Jean-Claude Roullier, Aude Sécheret

 

MERCREDI 8 MAI – 11H > 13H

 

11h – 13h : Guy Fortier, Rosine Helga, Henriette Langrognet, Eric Leclercq, Martine Maury, Stéphane Puisney, Laure Rebois, Jean-Claude Roullier, Aude Sécheret

 

MERCREDI 8 MAI – 14H>18H

 

Isabelle Dumont, Guy Fortier, Rosine Helga, Henriette Langrognet, Eric Leclercq, Martine Maury, Stéphane Puisney, Laure Rebois, Jean-Claude Roullier, Aude Sécheret

 

JEUDI 9 MAI – 11H > 13H

 

Guy Fortier, Rosine Helga, Eric Leclercq, Martine Maury, Stéphane Puisney, Laure Rebois, Jean-Claude Roullier, Aude Sécheret

 

JEUDI 9 MAI – 14H > 18H :

 

Isabelle Dumont, Guy Fortier, Rosine Helga, Eric Leclercq, Martine Maury, Stéphane Puisney, Laure Rebois, Jean-Claude Roullier, Aude Sécheret

 

BD MUSIC

 

Maison d’édition spécialisée de bandes dessinées, BD Music a pour objectif de faire un lien entre la musique et l’art graphique en général. Créée en 2003 par Bruno Théol, elle propose différentes collections représentant les différents styles musicaux : BD Blues, BD Classique, BD Jazz, BD Reggae…BD Music a déjà édité plus d’une centaine d’ouvrages. On dit de ce projet que c’est le début d’une encyclopédie et qu’il ne s’achèvera jamais. BD Music présente les musiciens qui ont traversé le XXe et XXIe siècle à travers les yeux d’un dessinateur, illustrateur ou peintre d’aujourd’hui et est ce qui rend ce concept si singulier. Les bandes dessinées sont

 

 

32

 

 

presque toutes composées de la même façon : une biographie de l’artiste en BD ; un texte détaillé (en français et en anglais) ; et 2 CDs réunissant les meilleurs morceaux de l’artiste.

 

BENJAMINS MEDIA

 

C’est parce que confrontée au manque de supports destinés aux personnes aveugles que Régine Michèle avec des professionnels impliqués dans les secteurs des arts, de la culture, de la santé et de l’éducation, fonde, en 1987, l’association Benjamins Media. L’idée se développe d’abord en radio où la lecture du texte était agrémentée de productions sonores. Puis le projet se tourne vers le livre avec, en 1990, l’adaptation des Belles histoires de Pomme d’Api de Bayard Presse pour personnes aveugles. Chacune des histoires se décline sur trois supports, à savoir un livre, une adaptation braille et une cassette. En 1998, Benjamins Media devient éditeur à part entière et crée sa propre collection « J’écoute, je découvre, j’imagine ». Des auteurs et illustrateurs confirmés y participent en créant des histoires originales. Cette collection de livres sonores s’adresse maintenant à tous les jeunes lecteurs de 3 à 11 ans.

 

BIBLIO’TECH

 

Depuis 6 ans, l’équipe de la Ville constitue un fonds pour ouvrir aux Deauvillais une médiathèque. Celle-ci se conçoit à l’horizon 2015 au sein d’un nouveau lieu de vie à vocation culturelle dans les bâtiments acquis par la Ville de Deauville à la Congrégation des Soeurs Franciscaines, avenue de la République. En attendant la réalisation de ce projet, un service de prêt en ligne, Biblio’Tech (accessible depuis www.deauville.fr), permet d’avoir accès aux collections : 50 000 livres, 10 000 CD musicaux et 2 000 DVD de films. Sur internet, en 3 clics, et muni d’une carte d’abonnement, vous pouvez choisir romans, essais, beaux livres, les emprunter… et partager vos commentaires et vos coups de coeur. Deux lieux d’emprunt et de retrait accueillent les lecteurs : l’espace Gustave Flaubert et l’antenne Bblio’Tech. Animations pendant tout le salon

 

EL TREN BLANCO

 

Ce collectif regroupe quatre associations d’édition du mouvement « cartonero » : Cephisa Cartonera, Yvonne Cartonera, La Guêpe Cartonnière et Babel Cartonera. Il a pour ambition première de faire découvrir le mouvement cartonero grâce à des publications originales réalisées à partir de cartons récupérés dans les rues ou auprès de commerçants, qu’ils réutilisent sans traitement particulier. Le collectif El Tren Blanco souhaite entretenir et développer le lien social par l’échange et le partage en proposant des ateliers destinés aux plus jeunes

 

 

.

 

 

Atelier « Los Cartoneros » – 6 à 10 ans : le collectif propose un atelier de création de livres en carton. Après une présentation du mouvement cartonero (adaptée en fonction des âges), des cartons vierges ayant déjà la forme de couvertures de livres sont distribués aux participants, qui devront les personnaliser à la peinture. Les enfants choisissent ensuite une oeuvre imprimée et reliée du catalogue de la Cephisa Cartonera, qu’ils colleront à la couverture réalisée. Chaque participant repartira avec son propre livre en carton.

 

ENFANCE ET MUSIQUE

 

Fondée en 1981 par Marc Caillard, l’association Enfance et Musique agit depuis 25 ans pour promouvoir le développement des pratiques artistiques vivantes dans la vie sociale et familiale des touts-petits et est aujourd’hui reconnue comme un pôle de référence en matière d’éveil artistique des tout jeunes enfants. Les musiciens et les artistes associés aux projets de l’association agissent afin que l’art et la culture trouvent une place vivante dans la vie quotidienne des enfants et de leur famille.

 

COMITE AMERIQUE LATINE DE CAEN

 

Le Comité Amérique latine de l’agglomération caennaise s’est créé au milieu des années 1970 pour venir en aide aux réfugiés chiliens pendant la dictature. Il poursuit depuis cette époque son travail de solidarité avec les peuples latino-américains. A travers sa revue trimestrielle Solal, par l’organisation de soirées-débat et la participation à diverses manifestations dans le Calvados, le Comité s’efforce d’apporter une information originale sur l’actualité latino-américaine, souvent absente des médias, en donnant la parole à ceux qui luttent pour une vie plus digne. Soucieux de lier la réflexion à des actions concrètes de solidarité, le Comité Amérique latine apporte son soutien à des projets de développement financés par l’appel à dons, la vente d’artisanat et de café latino-américain et l’organisation de soirées festives.

 

EDITIONS LE FRISSON ESTHETIQUE

 

Amoureuse du Beau Lire, Esther Flon, propose aux Éditions du Frisson esthétique, un catalogue d’ambiance gourmontienne, où littérature classique, contes féeriques et poésies vivantes se mêlent, dans une tonalité sensible, empreinte de la nostalgie des années enchantées… Sa revue semestrielle, Le Frisson esthétique, créé en 2006, s’articule autour des plaisirs minuscules — formes poétiques et moments gourmands — qui se déclinent et se répondent à la manière d’une correspondance.

 

EDITIONS CALLIS – BRESIL

 

Fondée en 1987, l’objectif de Callis était de valoriser et de mettre au goût du jour le répertoire culturel du Brésil toust en encourageant la création littéraire et les talents nationaux. Leurs livres reflètent désormais la diversité de la culture brésilienne, donnant ainsi de la valeur aux traditions d’auteurs d’horizons variés, d’artistes de différents mouvements et de personnalités qui ont combattu de différentes manières pour un monde meilleur et un pays plus juste.

 

EDITIONS PALLAS – BRESIL

 

Les éditions Pallas font parties de l’association LIBRE créée en 2001. Cette association regroupe plus de cent éditeurs brésiliens. Fondée en 1980, la maison d’édition Pallas se spécialise dans l’édition d’ouvrages traitant

 

 

33

 

 

des origines ethniques et culturelles. Le catalogue de cette maison est composé de thèmes variés : la religion, la magie, la fiction, la poésie, la littérature jeunesse, les sciences sociales.

 

ÉDITIONS PINAKOTHEKE – BRESIL

 

Les Éditions Pinakotheke ont débuté leur activité éditoriale en 1980 et sont implantées à Rio de Janeiro et font partie du groupe culturel du même nom. Spécialisées dans l’Histoire de l’art au Brésil, les éditions Pinakotheke ont déjà publié plus de 100 titres. La qualité de leurs publications leurs a permis d’être primé à plusieurs reprise,s : le Prix de l’Institut national du Livre, Prx de l’Association brésilienne des critiques d’art, etc.

 

 

34

 

 

LES LIEUX

 

AU CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE, 1, AVENUE LUCIEN BARRIERE. TEL : 02 31 14 14 14

 

Librairie musicale (Planet’R à Saint Lô)- Librairie régionale (Le Corsaire à Deauville) – Librairie des enfants (Librairie du Marché à Deauville)- Expositions –- Stands d’éditeurs – Rencontres, dédicaces et débats, concerts… –

 

Soirée des auteurs – Prix des Ados – Ateliers de la journée scolaire

 

THEATRE DU CASINO BARRIERE, 2 RUE EDMOND BLANC

 

Spectacle musical

 

VILLA LE CERCLE, 1, RUE LE MAROIS.

 

Rencontres – lectures musicales

 

LE POINT DE VUE, BOULEVARD DE LA MER, A COTE DE LA PISCINE.

 

Soirée d’ouverture : Bal Tango

 

DJ RKK

 

Concert Pagode

 

PARVIS DU DEAUVILLE SAILING CLUB

 

Lecture musicale Eugène Boudin

 

SALLE ELIE DE BRIGNAC

 

Concert Escale à Corazon en partenariat avec le Festival de Pâques

 

 

35

 

 

PRATIQUE

 

HORAIRES : LE 7 MAI//11H > 19H

 

LE 8 MAI // 11H > 21H

 

LE 9 MAI// 11H > 19H

 

Les dédicaces ont lieu à l’issue des débats, lectures et concerts et selon un programme disponible au CENTRE INTERNATIONAL DE DEAUVILLE. Attention, tous les auteurs ne sont pas là tous les jours.

 

RENSEIGNEZ-VOUS ET RESERVEZ VOS PLACES SUR :

 

 

 

Sites internet : www.livresetmusiques.fr

 

 

 

 

Office de tourisme : 02 31 14 40 00

 

 

POUR SUIVRE L’ACTUALITE DU SALON :

 

www.salonlivresetmusiques.fr

 

ENTREE LIBRE ET

 

GRATUITE

 

36

 

LES PARTENAIRES

 

PARTENAIRE OFFICIEL

 

 

 

: Les Espaces culturels E.Leclerc de Normandie

 

PARTENAIRES PUBLICS

 

 

 

: Région Basse-Normandie, Centre National du Livre, Département du Calvados et sa BDP, Caisse des Dépôts et Consignations

 

PARTENAIRES PRIVES

 

 

 

: SPEDIDAM, Maison des écrivains et de la littérature, Normandie Impressionniste, Powersound

 

PARTENAIRES MEDIAS

 

 

 

: France 3, France Bleu, France Musique, Phosphore, Pays d‘Auge

 

PARTENAIRES ACADEMIQUES

 

 

 

: Collège et Lycée André Maurois

 

LES AMBASSADES :

 

 

 

Ambassade de France au Brésil, Ambassade d’Argentine en France, Ambassade du Brésil en France, Ambassade du Mexique en France, Ambassade du Chili en France.

 

LES SOUTIENS

 

Le Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse Le Ministère l’Education Nationale, Rectorat de Caen Le Centre Régional des Lettres de Basse-Normandie Le Collège Mozin

 

La librairie du Marché La librairie le Corsaire La librairie Planet’R Les Editions Gallimard jeunesse Le Groupe Barrière Le Centre International de Deauville Deauville Tourisme Les amis de la Musique à Deauville Le Cercle de l’Harmonie Le Deauville Sailing Club Musique en Normandie L’école de musique Claude Bolling

 

L’association RELIEF

 

L’Ambassade du Mexique en France

 

La Maison d’Amérique latine

 

L’Institut Mémoire de l’Edition Contemporaine

 

Chanson sans frontières

 

Réseau Bib’Gang

 

Merci aussi aux bénévoles et aux membres du comité de lecture de la médiathèque de Deauville.

 

 

37

 

 

L’EQUIPE DE LIVRES & MUSIQUES & CONTACTS

 

Le salon Livres & Musiques est organisé par la Ville de Deauville avec le soutien de partenaires publics et privés.

 

Responsable de Livres & Musiques : Raphaëlle Rivière (en remplacement de Laetitia Daget pour 2013) assistée d’Ania Bouhaddi

 

Conseiller Amérique latine : Alexandre de Nuñez

 

RELATIONS PRESSE :

 

Loraine Adam / loraineadam@hotmail.com / 06 12 13 26 32

 

Delphine Barré / d.barre@deauville.fr / 02 31 14 69 42 / 06 73 18 07 89

 

Livres & Musiques

 

22 rue Robert Fossorier

 

Mairie de Deauville – BP 31600

 

14 801 DEAUVILLE Cedex

 

T. 02 31 14 69 39 / www.livresetmusiques.fr

 

Un Ovni signé Cyril Montana, fils de hippies, quadra qui ne veut pas vieillir

 

De gauche à droite : Cyril Montana, Nicolas Rey et Patrick Besson, écrivain. Paris. Février 2012.

On connaît le talent de romancier et de nouvelliste de Cyril Montana. Le voici de retour avec un roman par nouvelles très original et inclassable. Vivement recommandé. Il s’en explique.

 

Cyril Montana a du talent. Et du succès. A juste titre la critique littéraire et les – nombreux – lecteurs s’étaient émus et avaient applaudi à la lecture des savoureux Malabar Trip (Le Dilettante 2003; J’ai lu, 2006), Carla on my mind (quel joli titre! Le Dilettante 2005; J’ai lu 2008) et La faute à Mick Jagger (Le Dilettante 2008; J’ai lu 2010). Il aurait pu continuer dans cette veine, l’épuiser, s’épuiser lui-même. Mais point. Il est vaillant, le Cyril. Et sincère. Alors, celui qui avait écrit, en juillet 2011, une succulente et érotique nouvelle pour notre journal, nous donne aujourd’hui un roman singulier, très différent de sa production habituelle. Il s’en explique.

 

Votre dernier roman, Je nous trouve beaux, est un peu un Ovni. Assez différent en tout cas de votre précédent livres. Pourquoi cette démarche?
La raison est très simple: après la parution de mon troisième roman La faute à Mick Jagger, j’en ai écrit un quatrième qui m’a été refusé par tous les éditeurs que j’ai sollicité. Après un an et demi de travail, j’avoue que j’ai été assez désoeuvré. Je ressentais la même chose que lorsque, adolescent, j’ai fait une chute de cheval : un traumatisme, avec l’intime conviction qu’il faut vite remonter sur un canasson pour ne pas en être dégouté à vie. C’est ainsi que je me suis mis à écrire les tranches de vie d’un même personnage: Romane Grangier. Cela permet d’écrire des histoires courtes et d’avoir à chaque fois un résultat et un plaisir immédiat, puisque chaque chapitre a sa propre trame tout en faisant partir d’un tout. Alors que lorsque j’écris une seule et même histoire, c’est bien plus astreignant, et le véritable résultat n’apparait qu’à la fin. J’avais juste besoin de me faire plaisir en écriture plus vite

Peut-on parler, à son sujet, de roman par nouvelles?
Je ne dirais pas par nouvelles, mais par tranches de vie. Puisqu’il s’agit de la vie quotidienne d’un seul et même personnage, Romane Grangier, au sein de sa famille, de son boulot, de ses amis, etc. Et même si nous n’avons pas à proprement parler de trame historique, nous retrouvons des situations et des personnages chapitre après chapitre.

Votre narrateur est fils quarantenaire, fils de hippies. Serait-ce un peu vous?

Je suis effectivement fils de hippie, quadra avec des enfants et une femme que j’aime; mais tout n’est pas exactement moi. Ainsi les parents qui sont présents dans le roman ne sont pas du tout les miens, même s’ils sont aussi hippies. Et puis fils de hippie, ça veut tout dire et rien dire, il y a mille et une façons d’être hippie, et tout autant de manière aussi d’élever ses enfants. C’est moi sans l’être, cela représente ce que j’ai été et ce que je suis, et comme nous le rappelle Camus en appendice « on voit parfois plus clair dans celui qui ment, que dans celui qui doit vrai ».

On le sent coincé entre son adolescence dont il est nostalgique, et sa vie de père de famille qu’il voudrait mieux assumer, n’est-ce pas?

Tout à fait exact, et c’est en ce sens, que Je nous trouve beaux possède une partie générationnelle, dans cet aspect adulescent qu’incarne le personnage principal Romane Grangier. Aujourd’hui, il existe une génération de quadras qui jouent aux jeux vidéos, font du skate l’hiver et du surfe l’été sur les plages. Avec une volonté farouche de ne pas sombrer dans les stéréotypes du quadra, installé, mur, sérieux, limite ennuyeux, etc. Cette envie de garder intacte la fraîcheur de l’enfance, que le groupe Stupeflip résume très bien dans son morceau Stueflip vite !!! « il est ou le petiot que t’étais?, tu l’as séquestré, baillonné, ligoté! » (http://www.youtube.com/watch?v=PdaAHMztNVE)

Préserver une candeur juvénile, une soif d’apprendre, de rencontre, curieux, rester tout simplement en vie, à l’écoute !

La grand-mère est un bien joli personnage. Comment l’avez-vous composé? Part-il d’une réalité?

 

La grand-mère est très importante dans ce roman, tout comme elle l’était dans La faute à Mick Jagger et cette partie est totalement autobiographique. Il s’agit donc du départ de ma grand-mère dont j’avais besoin de parler, mais sans entrer dans le pathos, toujours en tâchant de garder une distance qui ouvre à une tendre nostalgie. C’est aussi l’occasion pour notre personnage de s’interroger sur ses quarante ans, et à sa manière, sur le temps qui passe. Encore une fois sans s’appesantir en étant larmoyant, mais toujours dans un registre décalé et si possible drôle.

Vieillir, est-ce difficile pour l’écrivain que vous êtes?

Je vais vous étonner, mais plus j’avance dans le temps et plus je suis heureux. Je n’ai d’ailleurs jamais été aussi heureux qu’aujourd’hui, et pour rien au monde je souhaiterais avoir de nouveau vingt ans, période de doutes, d’errements affectifs, la fac, pas la fac, pas terrible pour moi cette période avec le recul. Alors bien sûr, il m’arrive de me sentir en décalage quand je me retrouve entouré de gens plus jeunes que moi, ou qu’on me donne du « Bonjour monsieur! » au lieu de « Salut ça va , toi? ». Mais finalement ce qui m’intéresse c’est que ma vie m’apporte ce dont j’ai besoin. Et cela se résume facilement, être entouré avec ma femme, mes enfants, des projets, des livres intéressants à lire, des amis avec qui je me sens bien, et des fous rire avec celle que j’aime à deux heures du mat dans la cuisine, par exemple… Ou alors pourrais je vous citer Patrick Besson: « Il faut être jeune. Être vieux, c’est ridicule et le ridicule, c’est mal. » (Un état d’esprit, Fayard)

Vos auteurs préférés?

Salinger, Boris Vian, Patrick Besson, Frédéric Beigbeder, Molière, David Foenkinos,  Charles Bukowski, Céline. Mais ceci dit, si ça ne vous embête pas trop, j’aimerais vous parler des derniers livres que j’ai aimé comme le Prix Renaudot obtenu par Scholastique Mukasonga pour Notre Dame du Nil (Gallimard), une évocation si précise et décrite avec une finesse et une justesse incroyable sur la vie d’un couvent de jeunes filles au Rwanda avant la terrible guerre civile qui a décimé des centaines de milliers de personnes. On y découvre les rapports très particuliers existants justement entre les Hutus et les Tutsis, et qui nous éclaire sur la suite des événements, mais vu de l’intérieur.

Et puis, il y a ceux que je dois lire et que je ne peux rater à aucun prix, Diderot, de Jacques Attali (Fayard), Je vais mieux, de David Foenkinos (Gallimard), L’amour sans le faire, de Serge Joncour (Flammarion). Je vous tiendrai au courant… (rires)

Sur quoi travaillez-vous actuellement?

Je commence à établir le plan de mon prochain roman prévu chez Albin Michel. Je suis également en discussion pour adapter La faute à Mick Jagger sur France Culture, et puis je projette de suivre une formation d’adaptation d’oeuvres littéraires au cinéma. En parallèle, j’écris une histoire pour enfant que je suis en train de travailler avec les élèves de la classe de ma fille Kirana. C’est vraiment génial de bosser avec des gosses. Je fais des réunions régulières avec eux pour leur demander leur avis, leurs suggestions, puis je repars, j’écris et je reviens les voir jusqu’à ce que nous ayons une histoire qui nous plaise. Je peux vous dire que c’est tellement revigorant, ils sont drôles, vifs, et vous donne une de ces énergies pour la journée, un vrai bonheur! Je vous ai dit, je n’ai jamais été aussi heureux! Pour finir, je suis consultant digital pour le LH FORUM (http://www.lhforum.com/) qui est un forum annuel, une plateforme de relations dont l’objectif est de promouvoir l’économie positive, une économie qui vise plus que le profit, et qui place l’homme et l’environnement dans ses objectifs. Bref des solutions aux maux qui gangrènent notre planète.

Propos recueillis par

PHILIPPE LACOCHE

« Je nous trouve beaux », Cyril Montana, Albin Michel, 187 p.; 15 euros.

Un pur bonheur

 Concis, élégant, irrévérencieux, subjectif, vachard, «Mufle », dernier roman d’Eric Neuhoff, est un véritable petit bijou d’écriture et de plaisir.

Eric Neuhoff : un style, une élégance.

Disons le tout de go: c’est l’un des meilleurs romans du premier trimestre 2012.Peut-être même le meilleur, de par sa concision, sa subjectivité rassérénante, sa mauvaise foi affichée et, au final, assez joyeuse. Sa totale douce désespérance; son désenchantement poétique et acidulé. Éric Neuhoff est non seulement un grand écrivain – ce que certains lettrés savent faire – (lisez ses essais Champagne! 1998, Michel Déon, Le Rocher, 1994, et le sublime Les Insoumis, Fayard, 2009); c’est surtout un grand romancier – ce que très peu de lettrés savent faire. Son souci, le seul, c’est qu’il ne se prend pas au sérieux. Il égrène au fil des ans, des petits romans succulents, sexy, qui, par pudeur, dissimulent leur réelle et belle profondeur. Neuhoff est élégant; il n’a pas la larme facile ou, en tout cas, il n’en laisse rien voir. Son Mufle est un délice. C’est une manière de Je ne veux jamais l’oublier (merveilleux roman de Michel Déon, au cœur des années cinquante) vachard, incisif. Uppercut. Format court. Grosse nouvelle. On dirait parfois du Morand qui eût eu du cœur. Que nous raconte-t-il? L’histoire d’un type divorcé à deux reprises, cinquantenaire revenu de pas mal de choses mais pas encore tout à fait blasé, qui pense – enfin! – avoir trouvé la femme de son existence. Ce sera, on s’en doute, la catastrophe car la belle ne cessera de se moquer de lui, le trompera, «sur toute la ligne, de Nation à Dauphine», comme le dit Alex Beaupain dans l’une de ses chansons. Ce dont on ne se doute pas forcément, c’est le bonheur qu’on a à savourer cette petite merveille de précision littéraire, d’humour grinçant, de bâclé – apparent – élégant. «Je voulais savoir ce que ça faisait d’être un con. J’étais certain que le résultat ne me plairait pas tellement», écrit-il, évoque dans un style impeccable, «les malheurs» qui semblent glisser sur elle «comme la pluie sur une vitre de TGV», et des vacances à Cadaqués dignes des meilleures pages de Kléber Haedens et de Stephen Hecquet. Ce Mufle est un pur bonheur.

PHILIPPE LACOCHE

 

«Mufle», Éric Neuhoff, Albin Michel,

114 pages, 11,90 euros.