François Morel : le « mélancomique »

Ses chroniques sur France Inter

François Morel.

sont délicieuses d’humour, d’impertinence et de mélancolie. Ses chansons le sont aussi. A la fois chanteur, comédien, parolier, écrivain et chroniqueur, François Morel a l’humour littéraire ; il aime les mots. Ce sont des bonbons qu’il suçote avec gourmandise. La langue française est son amie. Il viendra chanter, le 25 avril, à la Maison de la culture d’Amiens. Il a répondu à nos questions.

François Morel, vous allez vous produire, le 25 avril prochain, à la Maison de la culture d’Amiens. Qu’allez-vous nous interpréter ? L’intégralité de votre dernier album, ou d’autres chansons ?

Le gros du spectacle sera effectivement composé des chansons du dernier album, La vie (titre provisoire). Je travaille avec Antoine Salher qui est plus connecté sur le disque, et moi je suis plus connecté sur la scène. Quand je pense à des chansons, je me dis qu’il faut qu’elles puissent présenter un intérêt scénique. Et il y a aura quelques chansons supplémentaires. Il serait étonnant que je n’ajoute pas une chanson de Trénet. Ca bouge assez souvent, le répertoire ; la semaine dernière, nous avons rajouté une chanson qui figurait sur le premier disque. Le plat principal est le dernier disque et de temps en temps, il y a des petits rajouts.

Avec quelle formation allez-vous vous produire sur la scène d’Amiens ?

Il y a aura quatre musiciens. Antoine Sahler qui est le compositeur, sera au piano, à la trompette et au mégaphone. Tous les musiciens sont multi-instrumentistes. Il y a une clarinettistes-saxophoniste qui fait du clavier de temps en temps. Il y a une percussionniste. Il y a aussi un contrebassiste-guitariste (Amos Mah).

Les critiques ont dit que votre dernier disque était à la fois teinté d’optimisme et de mélancolie. Etes-vous d’accord ? Est-ce que le terme de « mélancomique », attribué à Guy Bedos, vous convient, et pourquoi ?

Oui, il me semble que c’est bien Guy Bedos qui ait inventé ce mot-valise. Oui, ça me va pas mal ! J’aime bien passer d’une émotion à l’autre. C’est un spectacle sur la vie ; il y a donc parfois des virages un peu compliqués. Il y a des chansons très lugubres qui suivent des chansons comiques. Il y a des montagnes russes dans ce spectacle. J’aime bien les films italiens ; j’aime bien ce qui mélange les genres.

Vous aimez la littérature aussi. Henri Calet, Emmanuel Bove, sont-ils des auteurs qui vous parlent ?

Beaucoup, oui. Mes amis, d’Emmanuel Bove, c’est magnifique ; j’avais fait une lecture publique de ce roman. J’aimerais bien ae reprendre. C’est parfois douloureux et…

Comment se sont passés les 28 concerts que vous avez donnés, cet automne, au théâtre du Rond-Point, à Paris ? Qu’en avez-vous retiré ?

En gros, excellemment ! (Rires.) Les gens étaient contents ; moi aussi. Ils étaient ravis ; il y a une petite appréhension quand on arrive dans la salle car le fait que je fasse le chanteur ne convainc forcément d’emblée. Il faut rassurer les gens en leur disant que je n’abandonne pas l’humour. Je ne fais pas le contraire de ce que j’ai fait jusque-là. Sur scène, il y a de l’humour, de la comédie ; je prends parfois les chansons comme des petites pièces de théâtre. Il y a de la musique, de vraies chansons. Ca ressemble aussi à un récital. J’ai envie de rendre un petit hommage moqueur au music-hall d’avant. J’ai des images comme ça d’Yves Montand sur scène, dans son rond de lumière. Et les musiciens relégués dans le fond. Je n’avais pas envie que tout le spectacle fonctionne comme ça, mais j’avais envie qu’il y ait des clins d’œil à cet univers-là.

Vous êtes à la fois chanteur, comédien, parolier, écrivain et chroniqueur sur France Inter. Dans quelle activité vous sentez-vous le plus à l’aise ?

Mon vrai espace, c’est quand même la scène. C’est là que je me sens le mieux. Pour faire comédien ou le chanteur. Si j’écris c’est moins pour être lu dans les livres que pour me retrouver sur scène et à avoir des choses à dire. Mon activité principale, c’est la scène.

Le fait de venir d’un milieu modeste (père cheminot ; mère dactylo), et de province, a-t-il influencé votre expression ?

J’adore l’univers qu’a vécu mon père dans son enfance. Je pense aussi que si j’ai un goût pour les mots c’est que ceux-ci ne sont pas venus spontanément. J’ai toujours eu beaucoup d’admiration pour les gens qui s’expriment extrêmement bien. Je n’ai pas le sentiment de m’exprimer toujours très bien dans ma vie. Et si je recherche ça dans mes chroniques ou dans mes chansons, c’est parce que j’ai eu à me battre pour m’exprimer correctement.

C’est la chanteuse Juliette qui a mis en scène votre spectacle. Comment avez-vous travaillé ensemble ?

C’est la deuxième fois qu’elle me met en scène ; j’aime beaucoup ma collaboration avec elle. On s’entend bien ; on est joyeux ensemble. On bosse beaucoup ; elle est rapide. Elle a plein d’idées. Quand les idées ne sont pas bonnes, on les abandonne et on en trouve d’autres. Elle a une très bonne connaissance de ce qui constitue un récital de chansons. Pour l’ordre des chansons, elle m’a apporté beaucoup de choses. Elle a vraiment travaillé sur la mise en scène ; sur les entrées, les départs. Elle a un grand sens musical, même si c’est Antoine qui écrivait, elle avait aussi son mot à dire, et ses sensations étaient très bonnes.

Quels sont vos projets après cette tournée de concerts ?

J’avais eu une commande Jeanine Roze qui est productrice plutôt dans la musique classique ; elle m’avait sollicité pour que je fasse une lecture spectacle autour de Raymond Devos. J’ai fait une première ébauche au Théâtre des Champs-Elysées. Je pense que je vais continuer pour en faire un vrai spectacle.

Et ce serait quand ?

Je ne sais pas car j’ai encore envie de défendre mon dernier album.

                                               Propos recueillis par

                                               PHILIPPE LACOCHE

 

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