CINEMA La lutte des classes remise à flot

Dominique Leborne interprète son propre rôle dans cet excellent film.

Dominique Leborne interprète son propre rôle dans cet excellent film.

« Tempête est un film sur les classes et l’ascenseur social. Aujourd’hui en France, sept fils de prolos sur dix resteront prolos.  » Dans le fond d’un buffet, on aperçoit un pot en grès Ricard ; il y a aussi une scène de tatouages. Un film sur la lutte des classes, Tempête ? C’est peu de le dire. L’univers du réalisateur Samuel Collardey (auteur notamment du très remarqué L’Apprenti, en 2008) est bien loin de celui de Bernard Arnault. A ce propos, il existe un cousinage avec le film Merci, Patron !, de François Ruffin, qui sort également aujourd’hui. Même critique sous-jacente de la société ultralibérale ; même façon de procéder : un docu-fiction dans lequel la réalité dépasse la fiction. La réalité sert même de matière première très naturelle à la dramaturgie. Dominique Leborne, marin pêcheur des Sables d’Olonne, en Vendée, et ses enfants, Mailys et Matteo, interprètent leurs propres rôles. Dominique ne rentre que quelques jours par mois à terre. Malgré ses longues absences, il a obtenu la garde de ses enfants. Il fait tout pour être un père à la hauteur. Mais la vie n’est pas si simple. Dominique et ses enfants crèvent l’écran. Collardey filme comme Ken Loach. Très réussi ; très émouvant.

Ph.L.