Retraite, âme slave et combats d’acier

 Chaleureuse cérémonie, l’autre soir, dans les locaux historiques de la Direction régionale des affaires culturelle de Picardie (DRAC), à Amiens. Deux conseillers, Dominique Baillon-Lalande (Livre et lecture), Philippe Béra (arts plastiques), et Daniel Ledoux, ingénieur du Patrimoine à la conservation des monuments historiques, faisaient savoir, à l’aide d’un excellent champagne du sud de l’Aisne (de Charly-sur-Marne, si mes souvenir son bons ; du côté de Charly, en des temps antédiluviens, alors que je jouais dans un groupe de bal pour arrondir mes fins –faims ?- de mois, j’avais été embarqué dans la 2 CV d’une adorable vieille dame d’au moins 28 ans – j’en avais 17 – qui avait succombé à ma fougue juvénile sensuelle. Un très bon moment, mais cela est une autre histoire) qu’ils partaient en retraite. Il y avait là toute la culture de Picardie. Les petits fours à base de crevette étaient succulents. J’ai pris Dominique et Philippe dans mes bras. Et j’ai fait la connaissance de  Daniel Ledoux qui présente un sérieux avantage : il est originaire de l’Aisne, le plus beau département de France. J’avais envie de lui raconter de ma balade en 2 CV, en 1972, mais comme cela n’avait aucun rapport, je me suis abstenu. Autre beau moment : la pièce Oblomov, d’Ivan Alexandrovitch Gontcharov avec la troupe de la Comédie française (dont le sublime Guillaume Gallienne dans le rôle du personnage éponyme). J’ai adoré l’écriture, l’âme et la mélancolie slaves, l’humour totalement foutraque, l’énergie fantasque de l’âme slave. Et je me disais qu’il était bien normal qu’à Stalingrad nos amis de la grande Armée rouge eussent fichu une sacrée raclée aux Teutons ennazillonnés jusqu’au fin fond de leurs culottes de peau. Ce qui nous permis de ne pas vivre aujourd’hui sous la botte allemande. (Même si aujourd’hui, ils se rattrapent avec l’Europe, mais ceci, tout comme ma vieille copine de 28 ans de Charly-sur-Marne, n’a aucun rapport.) J’étais tellement pris par la pièce qu’à la fin du premier acte, je me suis levé pour partir. Heureusement, mon rédacteur en chef, David Guévart, qui était juste derrière moi, m’a retenu par la manche en me signifiant que ce n’était que l’entracte. Mais où donc avais-je la tête ? A Stalingrad ? A Charly

De gauche à droite : Philippe Béra, Daniel Ledoux et Dominique Baillon-Lalande, au cours de la cérémonie de leurs départs en retraite, dans les locaux de la DRAC Picardie, rue Daussy, à Amiens.

De gauche à droite : Philippe Béra, Daniel Ledoux et Dominique Baillon-Lalande, au cours de la cérémonie de leurs départs en retraite, dans les locaux de la DRAC Picardie, rue Daussy, à Amiens.

?  Va savoir, lectrice ! Au chapitre des dons, j’ai reçu avec un vif plaisir le dernier recueil de poème de Jean Detrémont, Table des précipices, bataille toute tombe, magnifique objet recouvert d’une couverture de velours noir (signée Narine Krotz). Et le photographe Jean-Marie Faucillon m’a fait cadeau d’un livre passionnant : A.L.B. 1952, Solidarité d’acier, un récit de Roger Roucoux, publié par l’Institut d’histoire sociale de l’Aisne (03 23 62 31 17 ; ihs-cgt01@wanadoo.fr) sur les grandes grèves ouvrières aux aciéries et laminoirs de Beautor, dans l’Aisne, du 12 février au 10 mars 1952. Poing (levé) à la ligne.

                                                                Dimanche 9 novembre 2014