Pour lui, pour elle et pour Lui

Frédéric Beigbeder présente Lui, nouvelle version.L'ami Cyril Montana découvre Lui à la terrasse du Rouquet où nous venons de faire une pause.

Mardi 3 septembre, il coule une lumière de miel sur la rue des Moulins des Prés, à Paris. Je vais interviewer Philippe Gloaguen, fondateur du Guide du Routard, dont la dernière livraison s’intitule Picardie 14-18, Centenaire d’un conflit mondial. Tu liras, lectrice curieuse et fidèle (au Courrier picard, à ton mari et à moi-même), l’interview qu’il m’a accordée dans ce même numéro (L’entretien du dimanche). J’ai confié à Philippe que j’avais emporté le Guide du Routard quand je me suis rendu en Grèce, pour la première fois, en train, avec mon pote Gaëtan, dit le Petit Prince de Vouël, en août1975.Le Cyclades. Le bleu aigue-marine des yeux d’une petite Londonienne, le soir, dans la touffeur des soirées de Syros. Le retsina. Puis, j’ai foncé au cercle La Société, place Saint-Germain, où m’attendaient mon copain Cyril Montana et le lancement du retour en kiosque de Lui, qui ressort après neuf ans d’absence. Le résultat est magnifique: «C’est une revue entrecoupée de photos de filles nues», m’a expliqué Frédéric Beigbeder, directeur de la rédaction. «Le plaisir et l’esprit. Un certain esprit français. Une défense d’une civilisation menacée (si on emploie des grands mots). Je l’ai dit: il est hors de question qu’il y ait la moindre homophobie chez nous mais on interdit aussi l’hétérophobie. Il est temps d’être fier de notre sexualité quelle qu’elle soit. On couche avec qui on veut; on fait ce qu’on veut. Chacun fait, fait, fait… ce qui lui plaît, plaît, plaît…» Il nous a invités, le Cyril et moi, au raout du soir, avenue Foch. Il y avait tout le gratin. J’ai retrouvé avec plaisir Arnaud Viviant que je n’avais pas recroisé depuis nos années Best. J’ai fait la connaissance de Fabrice Gaignault, rédacteur en chef Culture et Célébrités à Marie Claire (qui prépare un livre sur Vince Taylor) et d’un type épatant, Julien Millanvoye, rédacteur en chef du site Lui.fr. Vers deux heures du matin, en quittant les lieux, une dame très élégante, 65 ans environ, complètement ivre, s’apprête à remonter sur son scooter pour regagner sa banlieue dorée. Devant moi, un type tente de l’en dissuader. Elle refuse. Il insiste pendant cinq minutes. Elle accepte de le suivre; il la dépose dans un taxi. Il lui a certainement sauvé la vie. Je l’en félicite. Lui demande son nom. C’est le photographe Denis Rouvre (auteur de la superbe photo de Tahar Rahim, p.207, dans Lui). Cette chronique est pour lui, pour elle et pour Lui.

Dimanche 8 septembre 2013