Le marquis se rend au bordel et rosit devant Marie Justine…

L'une des peintures murales d'un des derniers bordels d'Amiens.

 On le sait, nos amis et alliés les Anglais, malgré leur retentissante absence de vignes, ne sont pas les moins bons œnologues. Ma Lady Lys, l’autre soir, m’en a donné la preuve. Habitué à me laisser corrompre, je n’ai pu résister à me faire livrer deux bouteilles de Chinon rosé de la Maison Baudry-Dutour, dont une sémillante attachée de presse m’avait vanté les mérites un matin alors que j’étais d’humeur radieuse. Que me prit-il? J’acceptai la livraison de ces deux bouteilles en service de presse. «Juste pour goûter», fis-je, un peu sournois. Je m’étais mis dans un beau pétrin, moi qui suis censé ne plus boire une goutte depuis juillet 2005, nuit où j’ai décidé que trop c’était trop. Ma dernière vodka ingurgitée en compagnie de deux poulettes, je me mis à la flotte comme d’autres se mettent à la voile ou au golf. «Par snobisme», insinua, un soir, une femme que j’avais séduite et qui devait m’en vouloir de s’être aussi facilement laissée faire. Donc comment allais-je m’en sortir? Certes, je ne suis pas un parangon de vertu ni de déontologie mais tout de même: se faire livrer à l’œil deux bouteilles d’un excellent picrate et être incapable d’écrire une ligne sur le doux breuvage ce n’eût pas été très correct. Et cela eût pu froisser Didier Louis et Daniel Muraz, mes rédacteurs en chefs qui veillent sur mes agissements parfois peu orthodoxes. Donc, disais-je Lady Lys -qui apprécie les bonnes choses et qui, elle, ne s’est pas saoulé la tronche, comme votre serviteur, pendant des années – dégusta pour moi, devant mes yeux jaloux. Ainsi, elle a pensé beaucoup de bien de la cuvée rosée Marie Justine 2011: compagnon parfait pour l’apéritif dont «les arômes vifs, fruités révèlent les notes épicées» selon mon Anglaise. (Prix de vente départ cave: 6 euros). Puis vint le rosé 2011 du Château de La Grille: «Subtil, équilibré et d’une grande fraîcheur», dixit my Lady Lys. En revanche, je ne suis pas encore interdit de filles. L’autre jour, une très très bonne camarade de jeu m’a invité à visiter un ancien bordel d’Amiens. Je me suis régalé des très belles peintures murales, des bidets rongés par la rouille, de miroirs qui ont dû en voir passer de jolies nanas et des notables gonflés de champagne. J’aurais tant voulu vivre au bon temps des bordels. C’était dans les temps d’antan que j’aimais tant. En arrière, toute!

Dimanche 29 avril 2012

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