Coïncidences, jolie chanteuse, cheveux salés et Martin Nimier

Gaëlle Martin, charmante chanteuse de The Branks, sur la scène du Grand Wazoo, à Amiens.

J’aime les coïncidences. C’est mon côté André Breton, Nadja, sublime roman du pape totalitaire du Surréalisme. L’été dernier, alors que mon histoire amoureuse présentait déjà quelques signes de faiblesse, j’avais invité une très jolie dame blonde – de mon âge cette fois-ci, c’est-à-dire encore jeune – sur la côte picarde. C’était août. Il pleuvait à seau. Nous étions bien, trempés comme des soupes. Observateur, je contemplais, intrigué, les gouttes s’incruster dans son épaisse chevelure claire. e trouvais ça émouvant. J’avais envie d’y introduire ma langue, là, entre deux mèches, afin d’y recueillir cette sève que je pressentais salée. (Je retrouve ma sensualité d’étalon; c’est bon signe.) Je l’entraînais donc à l’Hôtel des Tourelles, au Crotoy. Et, comme à mon habitude – «Ta sale habitude!», finissent par me dire mes femmes, mes maîtresses lorsqu’elles me quittent- je tentais de l’éblouir en lui sortant ma science littéraire sur les Hussards que j’adore: Déon, Laurent, Haedens, Nimier. J’étais en train de prononcer le nom de Roger Nimier, quand un monsieur à la table d’à-côté se retourne, se présente à nous. «Je suis Martin Nimier, le fils de Roger Nimier.» «Vous êtes donc le frère de Marie», demandais-je, pataud. «Oui.», Incroyable. Nous parlâmes. Il pleuvait. La dame blonde aux cheveux salés me regardait différemment. J’étais bien. Coïncidence encore, il y a peu, à la maison de la presse de la galerie des Jacobins, à Amiens, où je dédicaçais mon dernier roman. J’étais absorbé par la lecture des Cahiers de l’Herne consacré à Patrick Modiano. L’ami Jean-Paul Baronnet, fou de littérature, arrive, me dit qu’il a connu un vieux médecin qui a soigné le grand Patrick et son regretté petit frère, Rudy, dans les années cinquante, à Jouy-en-Josas. «Ne serait-ce pas le Dr Poucet ?», tentai-je. «Je viens de lire un texte, il y a dix minutes, dans la revue, écrit par le Dr Poucet que je ne connaissais pas.» Jean-Paul, lui aussi, me regarde différemment. L’autre soir, au Grand Wazoo, aucune coïncidence, mais le plaisir d’écouter le groupe Branks, portée par la très jolie, appétissante et flamboyante Gaëlle Martin.Vu également le bon groupe de funk Tchiklala, du chanteur François-Jean, graphiste, qui, au début de mes amours avec Lou-Mary, l’avait prise nue, en photo, dans sa baignoire pour la pochette de son premier album. Nostalgie.

Dimanche 12 février 2012