Souvenirs, un soir d’hiver

Cyril Montana (à droite) et ma trogne, devant le Petit Moulin, rue Fontaine, à Paris. Moment de fraternité dans l'hiver glacial. Photographiés par un inconnu que je ne reverrai jamais.

Souvenirs. Un soir d’hiver. Rue Fontaine, Paris. Dans un bar. Stéphane Billot, peintre originaire de Ham, dans la Somme, expose ses oeuvres dans ce bistrot. Lou-Mary y donne un concert dans le caveau. Il y a là des artistes, des comédiens. Mon copain Cyril Montana, nouvelliste et romancier, vient me réjoindre. Devant le bistrot, je le prends en photo en compagnie de Lou. Puis, je demande à une personne inconnue de nous prendre en photo, le Cyril et moi.

Lou-Mary et Cyril Montana. Rue Fontaine, Paris.

Ca donne ça. Ces photos. Quelques petits bouts de vies minuscules. La photographie, comme l’écriture, comme l’art en général, n’a d’autre ambition que de tenter de fixer l’instant, figer le temps dans la glace de l’éternité. C’est inutile. Tout fiche le camp. Tout fuit. « Rien ne dire pas même la mort.  » Qui disait ça? Sartre peut-être. Au fond, cette phrase eût été comme un gant de crin à un vrai désespéré : Henri Calet, par exemple. Ou Emmanuel Bove. Je ne sais plus. Je ne sais plus grand chose. Je vais me coucher, lectrice, impossible amour.

Ph.L.