Nostalgie d’automne, couleur de vieil étain

             

Le fameux banc sur lequel je jouais de la guitare, du Dylan, du Donovan, entouré de celles que j'appelle Katia et Clara dans mon roman "Des rires qui s'éteignent". Ce banc de pierre dans le square de la cour du lycée Henri-Martin, existe toujours. Les ombres de Katia et de Clara, deux grandes Didiches (aujourd'hui décédées) dont j'étais follement amoureux, doivent y planer les nuits d'autoumne. Elèves pensionnaires du lycée Henri-martin d'aujourd'hui, allez vérifier, livre à la main; vous ne serez pas déçus. Vous entendrez leurs rires qui éclatent, puis qui s'éteignent comme les flammes des bougies des seventies.

Le fameux banc sur lequel je jouais de la guitare, du Dylan, du Donovan, entouré de celles que j’appelle Katia et Clara dans mon roman « Des rires qui s’éteignent ». Ce banc de pierre dans le square de la cour du lycée Henri-Martin, existe toujours. Les ombres de Katia et de Clara, deux grandes Didiches (aujourd’hui décédées) dont j’étais follement amoureux, doivent y planer les nuits d’autoumne. Elèves pensionnaires du lycée Henri-martin d’aujourd’hui, allez vérifier, livre à la main; vous ne serez pas déçus. Vous entendrez leurs rires qui éclatent, puis qui s’éteignent comme les flammes des bougies des seventies.

   Bertrand Lécuyer, ami de longue date, batteur au sein de notre groupe de blues-rock ternois, élève lui aussi de l’établissement, à qui, dès le soir, je racontais l’histoire, par Sms, me le confirma tout de go : « Phil, tu es décidément un incorrigible nostalgique ! ». Il faut l’être, c’est vrai, pour répondre à l’invitation du pianiste et dessinateur Serge Dutfoy qui a organisé une  journée des anciens élèves du lycée Henri-Martin, à Saint-Quentin, autour de la mémoire de Gilbert Collet, excellent professeur de français, ancien résistant, homme de tous les combats, surtout ceux de la liberté. En ce samedi matin, je me rendis donc dans la cour d’honneur de mon ancien lycée que j’ai fréquenté de 1971 à 1975. L’entré d’abord. La loge du concierge. Je revoyais les visages de mes anciens copains, Jean-François Le Guern, surnommé Paco dans la vie réelle, et Juan dans mon roman La Promesse des navires. Paco, un jeune mec d’Harly, fils d’un ouvrier de Motobécane, une manière de dandy breton, à l’allure de Mick Jagger. Il se disait poète. Ecrivait des vers qui ressemblaient à ceux de Rimbaud, époque Charleville. Paco qui, un jour se mit à faire la route et qui disparut à tout jamais de notre champ de vision et de nos vies. Volatilisé. Joël Caron, saxophoniste et flûtiste halluciné, génial découvreur de jazzmen improbables, des musiques sud-américaines, fils d’un cheminot d’Eppeville, grand consommateur de sandwiches au camembert, cheveux long et bruns comme un musicien du groupe Alice. Nous nous retrouvions dans des cafés du secteur, chez Odette, ou chez Moustache, ou au Bar du Palais, fief de mon grand copain Philippe Gonzalès qui ne cesse de revenir dans mes romans sous différents surnoms. Il venait de Vouël, près de Tergnier ; nous faisions le trajet en train ensemble. Nous buvions comme huit Polonais. A la bière et à la gauloise dès le matin. Cela ne nous empêchait pas de lire les écrivains de la Beat Generation, et de courir les filles. Philippe, toujours positif, gai comme un peintre italien, me faisait penser à ces personnages des films de Jean Girault. Un esprit des Trente glorieuses. La France qui n’est plus. Je m’avance dans la cour. Au fond, le square avec ses arbres centenaires. Là, je tombe en arrêt devant le banc de pierre qui existait déjà. Je me revois, grattant de pâles accords sur ma guitare Crucinelli, entouré de Catherine et de Florence, mes deux amoureuses, chacune leur tour, puis en même temps. Je dois jouer « Lay Lady Lay » de Dylan, ou « Lady Jane », des Stones. J’entends leurs rires. Leurs rires qui s’éteignent. Je me suis inspirées d’elles pour incarner mes héroïnes Katia et Clara dans Des rires qui s’éteignent. Toutes deux connaissaient aussi mon cousin Guy, le Pêcheur de nuages, qu’elles ont certainement rejoint là, si là-haut il y a. Je les entends rire au-dessus de mon épaule alors que je tape cette chronique par un après-midi d’automne à la lumière fade, couleur de vieil étain. Comme ma mélancolie. Comme ma nostalgie.

                                      Dimanche 12 octobre 2014

Michel Pruvot a fait danser plus de 7 millions de personnes

       

Michel Pruvot : le musette, c'est un peu notre blues picard.  Un personnage populaire, généreux et incontournable.

Michel Pruvot : le musette, c’est un peu notre blues picard. Un personnage populaire, généreux et incontournable.

    Il vient de sortir un nouveau CD « Ca balance au bal musette », avec une chanson en picard signée par notre confrère Jean-Marc Chevauché. Rencontre avec le célèbre accordéoniste.

   Combien de disques avez-vous enregistrés? Et savez-vous combien de concerts et galas avez-vous déjà réalisés?
Cela peut paraître incroyable et impressionnant, mais à ce jour j’ai enregistré (entre mes propres CD, DVD, CD ET DVD de compilation) sept 45 tours, 21 33 tours,  135 CD , 15 vidéos  et 12 DVD. Cela fait environ 1000  nouvelles compositions regroupées parmi tous ces enregistrements. J’ai animé plus 8 000 galas (entre les soirées, les thés dansants, les concerts, festivals et autres…) et fait danser plus de 7 millions de personnes sur mes musiques  qui ont permis  des rencontres, des mariages, et   des séparations… Dans mon livre, justement j’avais recensé et calculé tout cela : j’ai également parcouru 6 millions de km pour ces galas, usé 25 voitures, un bus, neuf camions et 25 accordéons, dont j’ai fait vibrer les lames sur les scènes de France et de Navarre !
 Dans quelles conditions ce nouvel album a-t-il été enregistré (où? quand? avec quels musiciens? etc.)
 Ce nouvel album a été enregistré en mai 2014 en Belgique , à Bruxelles au studio CDS avec lequel travaille depuis plus de 25 ans. Les programmations de ces nouvelles musiques ont été réalisées par plusieurs musiciens dans plusieurs studios de France et j’ai, quant à moi, fait mes prises de son, mixage, enregistré le chant et les choeurs et le  mastering  à Bruxelles.

Quelle couleur, quelle ambiance avez-vous voulu donner à ce disque?

Ce CD est festif, correspondant à mon image d’accordéoniste et de chanteur populaire, que je suis fier de représenter du reste ! J’y ai mis de nouveaux rythmes que nos clients aiment à danser dans les thés dansants. Nous appelons cela les danses en ligne, ce sont des rythmes  un peu latino tels le Kuduro, le reggae, le madison sans oublier bien entendu les classiques des danses de salon le paso, la valse, le tango.

La majorité des musiques ont été écrites par vos soins. Qui sont vos paroliers?
 Je croise beaucoup de gens dans mes galas qui me proposent de m’écrire des textes… Je suis ouvert à tout mais depuis 30 ans je travaille malgré tout en étroite collaboration avec quelques paroliers comme Marc Provance, Fred Zeitoun, Gérard  Tempesti, Michel Jourdan … mais aussi de grands paroliers, hélas disparus aujourd’hui comme Pierre Delanoé, Jacques Demarny, Pascal Sevran. Et aujourd’hui dans ce nouveau CD des nouvelles compositions en collaboration avec Dominique et Martial Lahaze  et Jean Marc Chevauché. 
Sont-ce eux qui vous apportent d’abord les textes à partir desquels vous composez les musiques, ou l’inverse?
En général, je donne pour les textes des idées de titres avec un thème bien précis qui me représente aussi.  Par exemple pour « Vive la caravane du Tour », je voulais faire un titre sur l’ambiance de la caravane, que j’ai connu pour l’avoir fait deux années de suite… Je donne des idées, les grandes lignes et l’équipe se met au travail pour me proposer des textes que l’on arrange et adapte ensuite. Je collabore aussi beaucoup pour la musique avec d’autres accordéonistes Alain Musichini, Christian Peschel , Les Frères Lahaze et bien d’autres … La liste est longue. Il arrive également que l’on me propose une mélodie qui me plaît et que j’enregistre directement …. 
 Les paroles de « Chtiot Picard » ont été écrites par notre confrère Jean-Marc Chevauché, du Courrier picard. Comment s’est faite votre rencontre?
La chanson « Chtiot Picard » a été écrite en effet par Jean-Marc Chevauché. C’est une chanson à mon image, puisque je suis un vrai picard, né à Rue (pas dans la Rue comme Johnny Hallyday)… Je connais Jean-Marc depuis quelques années maintenant, du temps où il était au Courrier Picard à Abbeville. Un jour lors d’une conversation nous avons abordé cette idée de faire une chanson en picard …

Est-ce lui qui vous a proposé le texte ou est-ce vous qui le lui avez réclamé?
 Nous nous sommes revus un samedi matin sur le marché d’Abbeville et il m’a dit :« J’ai fait le texte ! ». Il m’a remis son texte et j’ai fait la musique ; et voilà c’est devenu Chtiot Picard. »
En ces époques où la Picardie est malmenée et remise en cause, cette chanson ne serait-elle pas une sorte d’hymne à notre région?
 Un hymne n’exagérons rien, c’est une chanson patoisante en picard que nous avons eu vraiment plaisir à faire ensemble ; « Chtiot Picard », c’est de la bonne humeur, une musique gaie  que j’espère nos compatriotes apprécieront Nous aimons notre Picardie et nous sommes fiers d’être picards …
Dans « L’Intello du vélo », vous rendez un hommage à Laurent Fignon. Que représentait-il pour vous?
Ah ! Laurent Fignon… Il était certainement le coureur le plus intelligent et « le plus malin » de sa décennie; Il faisait partie de ces coureurs qui avant d’être connus , avaient fait des études et avaient des bagages « intello »…  Etant moi-même ancien coureur cycliste, j’aimais sa façon de rouler, d’où l’idée de lui rendre hommage avec cette chanson intitulée « L’intello du vélo » avec des paroles vraiment proches de son personnage.

Quels sont vos projets ?

Je vais sortir un CD en duo qui sera en vente le 17 novembre prochain (distribution Sony Music). Rien à voir avec l’accordéon. Ce sera un album de chansons sur de la musique schlager enregistré en duo  Michel et Jean. Il y aura une grosse pub TV sur France Télévision à partir du 15 novembre, et auprès de toutes les radios locales de France. Jean étant Jean Reveillon ( ex-directeur de France Télévision, en retraite depuis avril). En fait nous avons réalisé un projet qui nous tenait vraiment à coeur et que nous avions fait quand nous étions tous deux coureurs cyclistes amateurs… Il y a 50 ans ! Ce CD  sera donc dans les bacs le 17 novembre, mais nous l’aurons déjà pour notre première représentation en public sur le scène du théâtre municipal d’Abbeville le dimanche 26 octobre, prochain à 14h30. Il s’agira du spectacle annuel de l’Accordéon et de la Chanson  avec la participation de Linda de Suza  et, pour l’accordéon, Louis Corchia, Chantal Soulu, Jean-Paul Cressandon, le tout en partenariat avec le Courrier Picard. Sinon je suis toujours sur WEO (canal 20 ou 30 de la TNT région Nord-Pas-de-Calais ou sur www.weo.fr ), tous les jours à 14h30 pour mon émission « Sur un air d’Accordéon ».

                              Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE