Un coup de coeur du marquis

 BEAU LIVRE

Le Périgord vu du ciel

Pierre Carbonnier enseigna longtemps – avec un talent fraternel et éclairant – le français au lycée Henri-Martin, à Saint-Quentin. Ses élèves gardent de lui de bons souvenirs. Aujourd’hui retraité, il est retourné dans son Sud-Ouest natal (né à Brive, en Corrèze, il vit à Limoges). Passionné de littérature, de patrimoine et d’oenologie, il nous donne à lire un livre magnifique sur le Périgord qu’il a réalisé avec le photographe Francis Gardeur; ce dernier a réalisé ses clichés à bord d’ULM optimisés pour la prise de vue aérienne. L’ouvrage est réussi. Pierre Carbonnier y dévoile, d’une plume précise et alerte, sa passion pour ce

Pierre Carbonnier et Francis Gardeur viennent de sortir un très beau livre sur le Périgord vu du ciel.

Pierre Carbonnier et Francis Gardeur viennent de sortir un très beau livre sur le Périgord vu du ciel.

pays si attachant, rappelant dans la préface, que de ce département, la Dordogne, Henry Miller disait qu’il survivrait, même su la France devait, un jour, cesser d’exister. Un bel hommage de deux passionnés. Ph.L.

Le Périgord photographié du ciel, Pierre Carbonnier et Francis Gardeur, Geste éditions; 250 p.; 29,90 €.

 

J’écoute Jethro Tull, je pense à Cendrars

 

Charlotte d'Andigné montre le livre d'or du château de Tilloloy au-groupe Ben Miller-Band. Juin-2016.

Charlotte d’Andigné montre le livre d’or du château de Tilloloy au-groupe Ben Miller-Band. Juin-2016.

Serait-ce l’âge qui agit, qui pèse et qui nuit? Il y a encore dix ans à peine, lorsque je me rendais à un festival rock, je n’avais d’yeux que pour la scène, les groupes, la musique. Au château de Tilloloy, le week-end dernier, à l’occasion du très beau et très réussi Rétro C Trop Festival, organisé par Anne et Philippe Tassart et Ginger, certes, je ne perdais pas une miette des prestations de Thiéfaine, de Jethro Tull et de ZZ Top, mais souvent, très souvent, j’avais l’âme ailleurs. Je humais l’air, regardais le ciel, les arbres séculaires du parc magnifiques, jusqu’aux brins d’herbe foulés par presque 20 000 pieds. Je me disais que Blaise Cendrars et ses compagnons légionnaires (Rossi, Lang, etc.) qui avaient combattu de février à mai 1915 dans l’enceinte du château, et, avaient certainement humé le même air, contemplé les mêmes arbres, caressé du regard les vieilles pierres des dépendances aujourd’hui meurtries par les éclats d’obus et les balles des mitrailleuses allemandes. Je mourais d’envie d’enjamber quelques barrières de sécurité pour courir, comme un réjoui, vers le potager, écarter les branches du vieux poirier qui s’agrippe au mur antédiluvien, et découvrir, ahuri, rêveur, ébloui par une montée de mélancolie, d’éblouissement littéraire, la plaque qui indique que le légionnaire Rafaël Eraso Santa Pau, né le 31 août 1886 à Almería et mort à Tilloloy le 13 mai 1915, celui que Cendrars appelle Rossi dans La Main coupée (il écrit qu’il a été éventré par une grenade teutonne alors qu’il se restaurait tel un ours – c’était un géant – dans sa cagna-tanière; dans la réalité, il serait mort d’une rupture d’anévrisme) a été enterré là, avant d’être exhumé dans un cimetière militaire (celui de Beuvraignes ou de Montdidier; j’ai su; je ne sais plus; la vieillesse, lectrice, amour déçu). Alors, quand Philippe Tassart me proposa de rencontrer Charlotte d’Andigné, fille de la marquise d’Andigné, seconde nièce de la comtesse Thérèse d’Hinnisdal (1878-1959) amie de Cendrars qu’il visita en 1949, aujourd’hui propriétaire du château, je ne me fis pas prier. En compagnie des membres du groupe Ben Miller Band (dont la délicieuse et très mignonne violoniste Rachel Ammons), elle nous fit visiter la magnifique église Notre-Dame de Lorette de Tilloloy, édifice du XVIe siècle. Et nous ouvrit, privilège exquis, le livre d’or du château. J’y vis l’écriture de Cendrars lors de sa visite (qu’il raconte dans La Main coupée), les dessins de Cocteau, de 1940, lorsqu’il venait rendre visite à son amoureux Jean Marais qui faisait le guet dans le clocher de l’église de Roye en 1940. Les premiers accords de «Bourée», morceau emblématique de Jethro Tull, venaient caresser mes oreilles. J’étais heureux. Heureux d’échapper au temps, au présent, à l’époque. Le poids du temps qui passe et de l’Histoire est un onguent qui soulage toutes les courbatures de l’âme.

                                  Dimanche 3 juillet 2016

Les coups de coeur du marquis

POP

Hardy petite

Bien sûr que c’était mieux avant! Il suffit d’écouter ce délicieux album sobrement intitulé En anglais, de Françoise Hardy, pour en être persuadé. Publié au Royaume-Uni en octobre 1968 (deux mois plus tard en France), il n’avait été jusqu’à présent réédité qu’une fois, au Japon, en 1990. Du haut de son adorable et épouvantable accent anglais, la grande didiche susurre douze perles pop puisées au cœur du savoureux Swinging London. Des œuvres des Kinks («Who’ll be the next in line»), de Buddy Holly («That’ll be the day»: fluette version de comme des gambettes d’ado à couettes!), du regretté Tim Hardin (terrassé par un mélange de cocaïne et d’éro; quelle idée!), Ricky Nelson, Joan Baez, etc. Même les chansons des plus américaines sonnent ici plus anglais que nature, grâce au travail merveilleux d’arrangeurs somptueux, dont Arthur Greenslade. Les basses claquent sous les coups nerveux des médiators; les nappes de cordes s’envolent. La grande Françoise décolle comme un zinc de la British Airway. Superbe! On a envie de pleurer quand on pense que nos copains et alliés les Anglais, vont nous laisser presque seuls en Europe avec les Outre-Rhiniens. Shit!

PHILIPPE LACOCHE

En anglais, Françoise Hardy. Asparagus-Parlophone/Warner Music France.

BLUES-ROCK

Psychédélique

Cheap Wine est un groupe picard (de l’Oise; voir commentaire ci-dessous à la suite d’une erreur de votre serviteur) qui semble préférer le Jefferson Airplane à Celentano. Il propulse une sorte de blues rock psychédélique bardé de solo d’orgue à rallonge, de voix doorsiennes, de grattes parfois sudistes. De drôles de mélanges. Pas mal du tout.  Ph.L.

 

Sad Queen, Cheap Wine. Coroo9.

CHANSON

Barry Laforêt

Quelle bonne idée! Barry, jeune chanteuse et comédienne, reprend une partie du répertoire de la plus jolie fille des chanteuses et comédiennes françaises: Marie Laforêt. Le meilleur de Marie par Barry: «Le lit de Lola», «Viens, viens», «Ivan, Boris et moi», «Tu es laide» et, surtout, «Marie douceur, Marie colère», adaptation de «Paint in Black», des Stones époque Brian Jones. Accompagnée par le producteur Marc Collin, sa voix douce et veloutée, sensuelle, s’adapte parfaitement aux perles délicates de Marie Laforêt. À noter que Barry n’est pas seulement chanteuse : comédienne, elle a notamment joué sous la direction de Klapisch. Elle a même publié un roman, L’Écharpe blanche, au Mercure de France, en 2010. Rafraîchissant. Ph.L.

Barry, Barry. Kwaidan Records.

SOUL

Black music

Marvellous propulse une musique très noire, inspirée par la soul, le funk et le jazz. Ce groupe est né de la rencontre de jeunes instrumentistes très expérimentés (parfois un peu trop) et le chanteur ex-New-Yorkais et néo-Parisien : Wolfang Valbrun. La voix chaude et percutante de Valbrun séduit, capte l’attention de l’auditeur. Cette sorte de groove à la française interpelle. On préférera cependant quand le gang évolue dans la soul (belles parties de cuivres; lignes de basses convaincantes) que dans le funk ou le jazz-rock mâtiné de fusion. Marvellous s’est notamment produit au Françoise Hardy-En_anglais,_cover_album_UK,_1968 à Paris. Ph.L.

What to believe, Marvellous. VS Com.

  Piazza : un Vialatte mondialisé et à bicyclette

  Vingt-huit textes, entre récits et fables, portraits délicats et émouvants, œuvre d’un écrivain discret au talent indéniable: Antoine Piazza.

Antoine Piazza est un écrivain discret, d’un talent indiscutable et d’une modestie qui l’honore. Très loin des salons germanopratins, des conversations floristes, deux-magotistes ou lippues, il œuvre sans bruit dans sa lointaine ville de Sète, fidèle à son aussi sudiste éditeur le Rouergu

Antoine Piazza : des portraits délicats et émouvants.

Antoine Piazza : des portraits délicats et émouvants.

e et à sa collection la Brune. Tout cela forme un tout, un personnage, un univers romanesque et littéraire. Presque une légende. Instituteur – ce n’est pas lui faire injure de dire «presque à l’ancienne» avec tout ce que cela comporte comme dose républicaine, fraternelle et humaniste–, il s’intéresse à tout, aux gens d’abord, aux paysages, à la géographie, aux climats. Aux écrivains bien sûr; comment pourrait-il en être autrement? Sa culture est importante et précise; pudique, il l’excipe peu, la considère comme un outil utile pour mieux comprendre son prochain et le monde assez effrayant dans lequel on vit. C’est un honnête homme qui ne manque pas d’humour comme en témoigne son sourire teinté de mélancolie qui transperce les verres de ses lunettes larges et rondes. Il nous a donné à lire, depuis la toute fin du siècle précédent, avec calme, huit livres adorables et puissants, écrits dans un style inimitable, dont l’assez fabuleux Les Ronces (la Brune, 2006; Babel nº 904). Sa discrétion et sa vie sétoise ne l’empêchent pas d’adorer voyager. Notamment à pied (les quelques écrivains qui ont eu la chance de le voir parcourir avec énergie les monts qui entourent la villa Marguerite-Yourcenar, dans le Nord, où il fut en résidence il y a quelques années, peuvent en témoigner) et à bicyclette. Son dernier livre, Histoires et géographies, en témoigne également avec vigueur. Vingt-huit textes – récits, nouvelles, proses – issus de sa sensibilité. «Tour à tour arpenteur minutieux de territoires lointains et chroniqueur attaché aux destinées insolites, Antoine Piazza a puisé dans ses voyages et ses souvenirs…» indique l’éditeur en quatrième de couverture. Et on se régale. Dans «Murrayfield», il dresse un portrait émouvant de Pascal Féral, rugbyman, ancien deuxième ligne («qui attrapait les Anglais par les oreilles»), devenu représentant chez Ricard; autres portraits succulents, celui du lieutenant Columbo, et celui de Samuel Beckett qui passa les trente dernières années de sa vie dans le village d’Ussy-sur-Marne, en Seine-et-Marne. Quel bonheur de se régaler de l’humilité raisonnée et mélancolique de l’écrivain Antoine Piazza. Tissée d’une écriture précise, simple, ronde et belle comme celle d’une craie blanche sur le tableau vert, Piazza nous sert tout frais et tout cru des manières de petites fables, dans lesquelles il développe une certaine idée du bonheur: «Je n’avais aucune envie de me trouver ailleurs», écrit-il au détour d’un texte. En neuf mots, il définit, ce bonheur. Cette limpidité rassérénante ne peut être que l’œuvre d’un grand écrivain. Antoine Piazza en est un.

                                                              PHILIPPE LACOCHE

Histoires et géographies, Antoine Piazza; éd. du Rouergue, coll. la Brune; 105 p.; 13,50 €.

  Blaise Cendrars, légionnaire dans la Somme

       Dans ses livres «J’ai tué», «L’homme foudroyé» et surtout «La Main coupée», il évoque Frise, puis Tilloloy où il a combattu avec bravoure.

Romans a

Blaise Cendrars a combattu à Frise et à Tilloloy.

Blaise Cendrars a combattu à Frise et à Tilloloy.

utobiographiques? Récits? Que sont au juste J’ai tué, L’Homme foudroyé et La Main coupée, ces livres de l’écrivain et poète Blaise Cendrars? Du légionnaire Blaise Cendrars faudrait-il dire, plutôt. Car il ne fit pas semblant, Cendrars. Dans J’ai tué (1918), il raconte comment il trucide un soldat allemand: «Je vais braver l’homme. Mon semblable. Un singe. Œil pour Œil, dent pour dent. À nous deux maintenant. A coups de poing, à coups de couteau. Sans merci. Je saute sur mon antagoniste. Je lui porte un coup terrible. La tête est presque décollée. J’ai tué le Boche. J’étais plus vif et plus rapide que lui. Plus direct. J’ai frappé le premier. J’ai le sens de la réalité, moi, poète. J’ai agi. J’ai tué. Comme celui qui veut vivre.» Une scène comme ça ne s’invente pas. Même quand on est écrivain, poète. Un grand écrivain, Cendrars en était un. Cette scène a dû se passer du côté de Frise où il était arrivé en novembre 1914 après s’être courageusement engagé, lui le Suisse né à La Chaux-de-Fonds le 1er septembre 1887, dans l’armée française. Affecté au 3e Régiment de marche de la Légion étrangère, son régiment devient quelques mois plus tard le 3e Régiment de marche du 1er Étranger. Puis, direction de Front de la Somme, Rosières-en-Santerre, d’abord, puis Frise. Blaise se retrouve bientôt à la tête d’un corps franc. Ses hommes et lui font des coups, des actions isolées. Ils parcourent les marais de la Somme à bord d’un bachot, vont même jusqu’à taquiner l’ennemi à l’intérieur des lignes allemandes. Cendrars raconte tout ça dans ce livre sublime qu’est La Main coupée. Il y évoque ses copains, ses frères de combats: «Ils étaient durs et leur discipline était de fer. C’était des hommes de métier. Et le métier d’homme de guerre est une chose abominable et pleine de cicatrices, comme la poésie», écrit-il. L’écriture, fut-elle fictionnée, reste le meilleur outil pour décrire l’atroce réalité. La Main coupée, à ce titre, est sublime, exemplaire; sans un gramme de lyrisme, d’apitoiement, de militantisme pacifiste, il parvient à décrire l’absurdité et l’horreur de cette saleté de guerre. Cette grande boucherie. Après les tranchées d’Herbécourt, puis le front de l’Artois, il arrive à Tilloloy en avril 1915. Il cantonne dans le parc du château. Tout cela, on le retrouve dans La Main coupée, avec les passages si émouvants de la mort de Rossi, «l’hercule de foire» qui mangeait comme quatre, éventré par une grenade; la mort de Lang, «le plus bel homme du bataillon», tué à Bus, écrabouillé par un obus. «Il y a BUS dans autobus et aussi dans obus…» Non, le poète Cendrars ne faisait pas semblant. Le 28 septembre 1915, il sera amputé du bras droit lors que l’attaque de la ferme Navarin, dans la Marne, près de Suippes. Dans le chapitre «Le lys rouge» de La Main coupée, il raconte comment, à Tilloloy il avait découvert, «planté dans l’herbe comme une grande fleur épanouie, un lys rouge, un bras humain tout ruisselant de sang, un bras droit sectionné au-dessus du coude et dont la main encore vivante fouissait le sol des doigts comme pour y prendre racine…» Pourtant, pas un coup de feu dans le secteur, pas un coup de canon. Prémonition? On ne le saura jamais. L’écriture, encore, vient au secours de la réalité pour décrire l’horreur. «Le lys rouge»? Cendrars, c’est beau comme du Rimbaud et son «Dormeur du val».

                                                       PHILIPPE LACOCHE

Les coups de coeur du marquis

FOLK

Doolin’ assure

Les six Français du groupe Doolin’ reviennent de Nashville où ils ont soufflé leurs dix années d’existence; ils reviennent aussi avec cet excellent album qui, sobrement, porte leur nom. Ils l’ont réalisé sur le label US Compass Records. Leur musique? Majoritairement irlandaise, mais un folk irlandais qui rend hommage à d’autres musiques populaires : le blues, le jazz, le rock et, bien sûr, la chanson. Doolin’ a emprunté son nom à un village de pêcheurs irlandais. Il est composé des membres de deux familles : les frères Besse, Nicolas et Wilfried, leur cousin Sébastien Saunié, et Jacob et Josselin Fournel; ils se sont rencontrés lors d’une édition des Rencontres musicales irlandaises de Tocane (Dordogne). Résultat: une musique terriblement entraînante, mélancolique souvent (comme l’est la terre d’Irlande), parfois endiablée. Attachante, toujours. Ph.L.

Doolin’, Doolin’; Compass Records.

 

POP

Étrange Courtin

Étrange, original, décapant, singulier. Étonnant. Une gueule d’ange, David Courtin, équipé d’une musique électro très eighties, entraînante, grasse, un brin ringarde, propulse des textes déjantés, bien écrits, drôles, politiquement incorrects qui, au final, sont bien moins niais qu’il n’y paraît. L’étrange animal y traite de l’amour sous toutes ses formes. Il se moque de la consommation amoureuse, l’ultralibéralisme plaqué à l’affect. On dit que le clan Higelin l’adore. On pense parfois aux fausses bluettes d’Elli & Jacno ou à celles de Lio époque Jacques Duvall. Décalé et dépoussiérant. Pas mal du tout. Ph.L

Volupté des accointances, David Courtin. Believe/Differ-Ant.

 

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Une petite pluie tiède brumise les mélodies de Brahms

Tout se tient. La vie? Une manière de boucle qui tourne autour de votre tête, de vos hanches comme un hula-hoop. (Qui se souvient encore des hula-hoops? Je revois encore ma grande sœur en pleine action, un chaud mois d’août des sixties, à Tergnier. Le klaxon milanesque du marchand de glace. La couleur des cornets à la pistache, dans la ruelle à la Cité Roosevelt.) Je quitte quelques instants le journal et mon ordinateur pour faire une course en centre-ville. Petite pluie molle et tiède sur ce tout début de la Fête de la musique. Sur le parvis du magasin d’instruments Royez, un trio: une violoniste, une violoncelliste et un pianiste. Et une mélodie mélancolique et diaphane qui s’échoue comme une vague lasse sur la plage grise de ma mélancolie. Sur l’une des partitions, j’aperçois le nom de Brahms que je n’aurais pas reconnu, moi, bien plus familier aux harmonies de Chuck Berry. Je me mets à penser aux Fêtes de la musique d’antan. Celles que je suivais, en famille, dans une autre vie, à Abbeville. Ces petits temps incertains d’été mouillé, froissé comme une sonate de Brahms. Ces moules-frites que nous dégustions sous l’immense chapiteau dressé sur la place, près de la poste. Le rire de mon copain Raymond Défossé… Et déjà, mes lectures incessantes des livres de Blaise Cendrars. Quelques années plus tôt, j’avais découvert La Main coupée, roman autobiographique du Suisse le plus français du monde; je me délectais de ses récits, des portraits à cru qu’il dressait de ses copains légionnaires, des escapades qu’ils effectuaient sur un bachot dans les marais de la Somme, en plein milieu des lignes ennemies. (Un descendant du délicat Brahms portait-il le casque à pointe du côté de Curlu?) Souvent, je filais sur les lieux à la recherche d’indices, de vestiges, de traces de tranchées, d’un cri resté figé dans l’air glacé du temps immobile. Tout se tient, oui. Je rentrai au journal, retrouvai mon ordinateur et tapai l’article qu’on m’avait commandé sur le légionnaire Cendrars dans la Somme. A Frise, bien sûr, mais aussi à Tilloloy. Tout se tient, oui… Je venais d’écrire un article sur le Rétro C Trop Festival qui a lieu en ce moment même au château de Tilloloy où Cendrars cantonnait. Dans le parc du château, j’avais retrouvé, sous le poirier qui grimpe sur le mur de pierre blanche, la plaque marquant le lieu où celui qu’il nomme Rossi dans le roman (en fait ce légionnaire espagnol se nommait

Le début de la Fête de la musique, à Amiens, devant le magasin d'instruments Royez.

Le début de la Fête de la musique, à Amiens, devant le magasin d’instruments Royez.

, je crois) avait été enterré, éventré par une grenade alors qu’il se nourrissait, tel un ours, ours qu’il était physiquement, dans sa cagna-tanière. Les fêtes de la musique d’antan; Cendrars; Tilloloy, oui, tout se tient dans la vie quand une petite pluie molle et tiède brumise les mélodies de Brahms.

        Dimanche 26 juin 2016

Alice Botté et sa brûlée n’ont pas vieilli

        «Ma Stratocaster, je l’appelle ma Brûlée car elle a cramé dans un local de répétition. Je la considère comme mon membre fictif.» Samedi soir, Alice Botté, l’un des meilleurs guitaristes français actuels, était sur scène au côté de Thiéfaine au Rétro C Trop Festival, à Tilloloy, près de Roye, dans la Somme. Et sa sacrée Brûle était entre ses doigts d’or. Il la quittait pour rejoindre le manche d’une vieille Gretsch de 1961 et une Gibson SG conçue sur mesure par un luthier. Alice Botté ne manque pas de métier. Ce Nancéien – comme CharlElie Couture qu’il a longtemps accompagné – a joué avec ce dernier dès 1979. On le retrouve notamment sur le troisième album de Couture, Pochette surprise (Island, 1980). Avec CharlElie, il a fait de la scène, du studio. D

Alice Botté, l'un des meilleurs guitaristes français actuels.

Alice Botté, l’un des meilleurs guitaristes français actuels.

ès le début des années 80, il avait créé son groupe, Les Fonctionnaires, en compagnie de Tom Novembre, le frère de Couture. En 2003, il avait rencontré la femme de sa vie, Barbee, chanteuse, auteur-compositrice avec qui il crée le groupe Berline. Il produit également des groupes indépendants, compose des musiques de pub (notamment pour Chanel). Mais, surtout, il est de toutes les fêtes musicales avec Thiéfaine, sur scène et en studio. Ses influences? Hendrix, on s’en doutait. «C’est en l’écoutant que j’ai eu envie de faire de la musique», explique cet autodidacte qui avoue ne pas lire la musique. Il cite aussi Neil Young, King Crimson, Can, Brian Eno et «pleins de trucs expérimentaux comme Pierre Henry ».             «Chez Hendrix, j’aime son sens de la liberté», dit-il. «Après l’avoir écouté, je me suis mis à triturer les sons. Paradoxalement, je n’écoute pas beaucoup de guitaristes. J’ai besoin d’être libre…»

Son autre passion : la lecture. Il adore Stefan Zweig, Céline, Camus, Lautréamont. «La littérature, c’est une porte qui s’ouvre; j’ai besoin de ça.» Mais, même s’il ne le dit pas, sa vraie passion, c’est aussi et surtout La Brûlée, sa chère Fender Stratocaster avec laquelle il a enflammé, samedi, la scène du Rétro C Trop, de Tilloloy, où Blaise Cendrars, l’un des écrivains les plus rock de la littérature avait combattu en 1915. Normal qu’il ait donné le meilleur de lui-même, Alice Botté, hier soir; il y avait dans l’air des parfums de littérature.

PHILIPPE LACOCHE

   L’imagination flamboyante de Didier van Cauwelaert

     Son excellent dernier roman, « On dirait nous », n’est pas sans rappeler les meilleurs livres de Félicien Marceau et de Marcel Aymé.

Récemment, Didier van Cauwelaert est venu à la librairie Martelle, à Amiens, pour y rencontrer ses lecteurs et dédicacer son bouillonnant dernier roman, On dirait nous. Il y conte la rencontre entre un jeune couple (Soline, violoniste et Illan) et un, très âgé (Yoa, Indienne Tlingite, en fin de vie, et Georges, ancien professeur, passionné par la culture des Indiens d’Alaska). Le but de ce dernier : convaincre la jeune femme d’aider à la réincarnation imminente de Yoa…

Quelle est la genèse de ce roman singulier ?

Un sujet de roman, c’est toujours un point de rencontre entre des émotions parfois anciennes, parfois récentes, qui demandent à remonter, à s’exprimer, à être mises en situation. Puis l’intrigue, qui va me permettre d’en tirer tous les accents. Ce n’est pas uniquement un concept, une idée. Là quand j’ai découvert, en travaillant sur le Dictionnaire de l’impossible, le concept de la réincarnation chez les Indiens Tlingites en Alaska qui choisissent de leur vivant leur prochaine famille d’accueil (avec une sorte d’entretien d’embauche et des tests), je me suis dit que ce serait un sujet formidable à transplanter en France (dont ce n’est pas du tout la culture) et raconter la vie de deux couples, donc écrire une histoire intergénérationnelle. Et puis toujours ce thème de la transmission, comment gérer la perte de l’être aimé, comment apprivoiser la mort et l’après vie. A partir de quelque chose qui ne pourrait qu’être dramatique, comment créer du sens, du lien et du bonheur. C’est un peu le cas dans chacun de mes livres. Là, je me suis rendu compte qu’il y avait tout, ce qui me permettait d’évoquer cette femme qui est très importante pour moi ; elle a une résonnance très forte dans ma vie… Tout s’est assemblé de manière assez harmonieuse et évidente, et suffisamment pour que je me sente obligé de plonger dans cette histoire.

Le personnage de Yoa, la dame âgée en fin de vie, est-ce un personnage que vous avez connu ou est-ce une pure fiction ?

Ce type de maladie, je l’ai connue malheureusement dans ma famille. Avec en même temps, cette épée de Damoclès car c’est la version lente de la maladie de Charcot avec atrophie musculaire, et du jour au lendemain, ça peut bloquer le cœur et les poumons. Comment répondre à ça quand on est une femme amoureuse. Chaque jour doit être important ; il ne doit pas avoir un jour sans une surprise. Cette manière qu’ont les vieux en état de précarité et qui ont la chance d’être encore ensemble, et d’apprivoiser la maladie autant que faire se peut. Là, il y avait une résonance autobiographique. En revanche, cette culture indienne je ne l’ai pas connue. Elle est maintenue sous perfusion de la culture par son mari, cet obsédé de la culture indienne et des coutumes tlingites, ça, c’est inventé mais sur des bases tout à fait réelles, et concerne ces Indiens avec leurs croyances.

Vous avez une imagination luxuriante. L’histoire de ce violoncelle surnommé Mattéo…

C’est de l’assemblage de choses réelles, ou purement imaginaires… Je suis obsédé depuis longtemps par le rapport entretenu par les femmes et le violoncelle. Déjà, j’abordais cela dans Corps étrangers. Je trouve qu’il n’y a rien de plus sensuel qu’une femme qui joue du violoncelle. C’est l’instrument qui est le plus proche de la voix humaine. Ces vibrations nous touchent profondément. Et la grâce qu’il faut pour manipuler cet instrument. J’ai piqué l’instrument à Gautier Capuçon ; la manière dont il me parlait de cet instrument qui puise sa force de son âge de ses faiblesses : il est creusé par les vers… Je me suis dit, je vais faire, dans un roman, un ménage à trois : elle, lui et le violoncelle. Ce studio, le poulailler, c’est très cher à mon cœur. J’ai isolé cette densité de bonheur sur 20 mètres carrés. J’ai ajouté la dimension violoncelle ; un lieu conçu pour l’instrument dans lequel l’homme se trouve toléré… C’est donc un assemblage entre la réalité et l’imaginaire.

Votre style, votre univers me rappelle ceux du regretté Félicien Marceau.

J’ai eu la chance que ce soit un grand ami. Il est venu voir ma première pièce, L’Astronome, en 1983. J’ai eu la chance qu’il soit dans la salle. Il m’a envoyé quelques-unes des plus belles lettres que je n’ai jamais reçues sur mes livres. Voilà quelqu’un qui avait cette sensualité, mêlée à de l’humour et du vrai féminisme, d’empathie très forte avec les femmes. La Terrasse de Lucrezia, l’un de ses derniers livres, c’est extraordinaire sur la psychologie féminine ; c’était un homme délicieux dans la vie qui, en plus, prodiguait une leçon de vie incroyable : les dernières années de sa vie il était quasiment aveugle ; il ne pouvait plus ni lire, ni écrire. Je me disais : « Ce n’est pas possible… car c’étaient là ses deux passions… ». Or, il avait gardé exactement le même humour, la même attention aux autres, le même regard – si je puis dire – sur les femmes. Sa fin de vie était comme un enchantement dans le vieil hôtel particulier de la rue Perronet, à Neuilly (qui est un peu délabré). Il avait autour de lui des petites infirmières somptueuses qui adoraient ce vieux monsieur…

Des petites Creezy, en quelque sorte.

Exactement, des petites Creezy (N.D.L.R. : Creezy est l’un des meilleurs romans de Félicien Marceau ; c’est le portrait, tout en subtilité d’un magnifique mannequin)… Il a vraiment fini sa vie avec les forces de l’amitié, de la jeunesse… On venait déjeuner chez lui une fois par mois jusqu’au bout. C’était formidable. Son problème de surdité était réglé avec un appareil… Il avait quelque chose d’extraordinaire – jusqu’à la fin, à 98 ans – il disait un truc à l’apéritif, et il revenait dessus après. Il n’avait absolument pas de problèmes de mémoire. Or, souvent à cet âge-là, on  ne fixe pas la mémoire immédiate. Il n’y avait, chez lui, aucune déperdition intellectuelle et affective. Il était toujours beau.

Votre inspiration peut faire aussi penser à celle de Marc Aymé.

Vous avez tout compris. Je ne l’ai pas connu personnellement ; en revanche, j’ai bien connu sa veuve et sa petite-fille. Et j’ai racheté son bureau  et son fauteuil. C’est un bureau de médecin, style Louis XVI, avec un dessus en cuir vert, un peu grillé par le soleil. Son fauteuil est un fauteuil scandinave des années 50 avec une assise en skaï noir. Il écrivait toujours jambes croisées et en appui sur une fesse. Donc, je suis obligé décrire comme lui sur le plan physique, sinon, j’ai mal au dos. C’est un petit clin d’œil. Je l’ai acheté quand la petite-fille a vendu l’appartement, il y a environ dix ans. Il y a toujours une odeur d’antimite dans les tiroirs du bureau. C’est imprégné. Ca sent comme les manteaux de fourrures des grands-mères. Je peux rien mettre dedans… je continue à avoir des clins d’œil avec Marcel Aymé qui, évidemment, est mon auteur de chevet. J’aime son mélange du fantastique et du quotidien.

Didier van Cauwelaert interviewé par Anne Martelle.

Didier van Cauwelaert interviewé par Anne Martelle.

… la brutalité des sentiments et la délicatesse des émotions…

Vos livres sont empreints d’une certaine légèreté mais aussi d’une mélancolie.

J’aime cette phrase terrible de Cioran : « Dans un monde sans mélancolie, les rossignols se mettraient à roter. » La mélancolie, c’est tout le charme et le sel de la vie. Fatalement il y a de belles émotions quand on pense aux gens qui ne sont plus là ; nos agendas, avec le temps qui passe, deviennent des mouroirs. La mort de Félicien Marceau, celle de Frédéric Dard (qui était mon autre copain) m’ont marqué. Et, fait du hasard, mon appartement se trouve à côté du mur du Passe-Muraille (Marcel Aymé) et du square Frédéric-Dard. Ce sont des petits clins d’œil à travers le temps qui font le plaisir.

Georges Nodier, le vieux professeur, est à la fois mystérieux et très péremptoire.

Oui, il est à la fois séduisant et manipulateur. Il est généreux et brutal ; il y a une brutalité de la générosité que j’ai constatée chez de nombreuses personnes. C’est aussi une réaction contre la résignation à la vieillesse, à l’assagissement, notamment quand il donne son coup de main au restaurateur. Je me suis inspiré directement du restaurant Le Vieux Chalet, à Montmartre. Tout y est ; c’est rare que je m’inspire à ce point d’un décor existant ; avec le toilettes à la turc… Donc Nodier est à la fois fascinant, séduisant, agaçant. Et quand il se lâche, – comme chez les gens qui se tiennent beaucoup – il dit : « Quelle chierie de vieillir ; il n’y a aucune compensation. » Mais sans l’ombre et l’obscurité, il n’y a pas de victoire de la lumière.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

J’ai écrit une pièce qui est en attente de distribution. Il y a un film que je vais tourner l’an prochain ; il y a la suite du Dictionnaire de l’impossible. Et il y a un roman qui germe… J’ai déjà les bases… Le magasin reste ouvert pendant les travaux, comme on dit.

Propos recueillis par

                                         PHILIPPE LACOCHE

On dirait nous, Didier van Cauwelaert, Albin Michel. 358 p. 20,90 €.

 Les meilleurs groupes de seventies

 L’enfant du pays, Philippe Tassart, organise au château de Tilloloy, Rétro C Trop avec ZZ Top, Thiéfaine, Scorpions, Jethro Tull et Ten Years After.

« C’est vraimScorpions.ent un coup de cœur. Si je suis venu à Tilloloy, c’est que je suis né à un kilomètre de là, dans le village de Grivillers. Mes parents étaient agriculteurs; j’ai grandi là-bas, au milieu de rien. J’étais le seul enfant dans le village.» Voilà ce qu’explique Philippe Tassart, fondateur de la société de spectacle Ginger, d’Amiens, créateur du premier et prestigieux festival Rétro C Trop, au château de Tilloloy, ce week-end. Les premiers concerts démarreront à 17 heures, avec Mike Sanchez, «un Anglais, qui était venu au festival de country de Berck il y a une dizaine d’années. Une sorte de Jerry Lee Lewis anglais; c’est à tomber par terre. Il sera accompagné de Steven Harrison qui était le contrebassiste de Sons of The Desert. (Il est aussi le contrebassiste de Sarah Olivier qui a fait les premières parties des Insus à Amiens et à Rouen.)», confie Philippe Tassart. Ensuite se produira Ten Years After, avec deux musiciens de la formation initiale. Le guitariste Alvin Lee est mort il y a quelques années. Ten Years After: un groupe mythique qui a joué à Woodstock. Ensuite, Thiéfaine sera sur scène pour l’unique date en Picardie de sa nouvelle tournée. «Ça fait vingt ans qu’on travaille avec lui; on adore son écriture, sa gentillesse, son indépendance médiatique», souligne Philippe Tassart. Scorpions jouera vers 22 heures. «Le batteur a été remplacé par celui de Motorhead. On aura une pensée pour Lemmy qu’on avait fait venir au cirque d’Amiens et que j’avais pressenti pour faire ce festival.» Le lendemain, le dimanche 26 juin, les portes ouvriront à midi. «On a prévu la restauration dans tout le festival. Il y a aura trois food truck américains qui vont faire du burger. Il y aura un stand de restauration thaï; un autre de nourriture française traditionnelle.» Début des concerts à 16 heures, avec Ben Miller, groupe américain (la première partie de la tournée de ZZ Top), suivi de Steve’n’Seagulls qui est un groupe finlandais qui reprend des morceaux d’AC/DC de manière un peu folk et déjantée. Puis il y aura Jethro Tull, avec Ian Anderson, le leader. Et ZZ Top à la fin. «Ils sont toujours là; la veille, ils joueront à Glastonbury, le plus gros festival européen. Ce sera leur date unique dans le Nord de la France», dit l’organisateur.

«Un investissement très lourd»

Lorsqu’on lui demande s’il s’agit de l’aboutissement de sa carrière, il confirme: «C’est vrai; je n’ai plus 20 ans. Je voulais passer à autre chose, élaborer un autre projet; on l’a tenté au stade, à Amiens, pendant deux ans. On a été éjecté du stade car on nous a dit que l’endroit n’était pas fait pour y organiser des concerts. Pendant dix ans, je n’ai plus rien fait dans le coin; j’ai d’autres festivals à droite, à gauche. J’ai monté pendant dix ans un festival de country à Berck qui a très bien marché. À cela s’ajoute de gros concerts en plein air, notamment à Chartres avec 30 000 personnes. On voulait revenir dans le coin; c’était le lieu

Ce festival sera-t-il reconduit l’an prochain? «Oui; il s’agit d’un investissement très lourd. On souhaite le pérenniser. Cette année, c’est la thématique américaine et allemande; on a envie de proposer d’autres thématiques, toujours rétro» répond Philippe Tassart. «Pourquoi ne pas faire un truc plus anglais l’an prochain? Plus mods avec Elton John, Paul Weller, The Jam (s’ils se reforment), Oasis (s’ils se reforment). Mes rêves les plus fous seraient McCartney ou Gilmour mais on n’a pas les moyens, tout seul. Sauf si demain, on parvient à décrocher des aides publiques ou privées. Il est évident que ce festival va grandir, et qu’on a une capacité d’accueil très importante

Propos recueillis par

PHILIPPE LACOCHE

 

A SAVOIR

Rétro C Trop Festival, samedi 25 et dimanche 26 juin, à partir de 15 heures, au château de Tilloloy, dans le canton de Roye, dans la Somme.

Samedi 25 juin : les concerts débuteront à 17 heures, avec Mike Sanchez, puis Ten Years After, puis Hubert-Félix Thiéfaine, et Scorpions qui est attendu vers 22 heures.

Dimanche 26 juin : ouverture des portes à midi; les concerts débuteront vers 16 heures avec Ben Miller, puis Steve’n’Seagulls, puis Jethro Tull, et enfin ZZ Top.

Pour s’y rendre : Tilloloy est traversé par l’ancienne RN 17. En train: gare de Montdidier ou TGV Haute Picardie. En voiture: autoroute A 1, sorties 11 et 12. Un dispositif de signalisation pour arriver sur le parking.

Rens. ginger@ginger.fr; 03 22 89 20 00.