Bonjour à tous,

Voici mes prochaines dates de signatures-dédicaces, pour la promotion de mon dernier roman « Vingt-quatre heures pour convaincre une femme », paru aux éditions Ecriture :

– Dimanche 27 septembre 2015 : Village du livre de Merlieux, dans l’Aisne.

– Vendredi 2 ( à partir de 13h30; lecture d’un de mes textes à 17 heures) et samedi 3 octobre (de 9h30 à 18 heures), Salon du livre audio, salle Dewailly, à Amiens, dans la Somme.

– Vendredi 9 octobre, à 17h30, librairie Martelle, avec débat autour du livre.

– Samedi 10 octobre, Salon d’Aumale, en Seine maritime.

– Samedi 17 octobre 2015 : 15 à 18 heures, librairie Cognet, à Saint-Quentin, dans l’Aisne.

– Dimanche

IMG_390325 octobre, à partir de 15 heures jusqu’au lundi 26 octobre 2015, à 21 heures, signature à l’occasion de la présentation de ma pièce L’écharpe rouge, publiée au Castor astral, jouée par la troupe du Théâtre de l’Alambic, sélectionnée pour le festival national de Théâtre amateur, à Saint-Cyr-sur-Loire, dans l’Indre-et-Loire.

– Mardi 10 novembre 2015, 20h30, Comédie de Picardie, à Amiens, dans la Somme, à l’occasion de l’interprétation de L’Echarpe rouge : signature-dédicaces.

– Samedi 14 novembre 2015, 11 heures à 12h30, médiathèque de Tergnier, dans l’Aisne, rencontre-dédicaces, et à 13 heures, Café de la Poste, à Tergnier, rencontre-dédicaces. Et de 15 heures à 19 heures, dédicaces à la librairie Le Dormeur du Val, à Chauny, dans l’Aisne.

– Vendredi 20, samedi 21 et dimanche 22 novembre 2015, Salon du livre de Creil, dans l’Oise.

  • Samedi 28 novembre 2015 : librairie Ternisien, à Abbeville, dans la Somme, de 15 heures à 19 heures.

– Vendredi 4 décembre 2015, librairie le Labyrinthe, à Amiens, dans la Somme.

– Dimanche 6 décembre 2015, espace Saint-Jacques, à Saint-Quentin, dans l’Aisne, salon du livre.

Le bonjour de Philippe Lacoche

Un dimanche d’été gris, couleur de lait sale. Lys m’entraîne au cinéma pour trois films d’affilée. Le premier, «La femme au tableau», de Simon Curtis – avec la «sexygénaire» Helen Mirren –, m’a ému au plus haut point. Il raconte l’histoire – vraie – de Maria Altmann qui, aidée par un avocat de Los Angeles, parvient à récupérer un tableau de Klimt qui appartenait à sa famille, spoliée par les nazis. On redécouvre la barbarie de ces derniers. On découvre avec stupeur l’absence de repentir de l’état autrichien des années 2000. Zweig, reviens!

Lacoche-Clope-Fred Haslin-Novembre 2014Ph.L.

LE BONJOUR de Philippe Lacoche

La nostalgie des buffets de gare, est le titre du magnifique essai de Benoît Duteurtre (éd. Manuels Payot; 110 p.; 14 €). Ce livre résonne en moi fils et petit-fils de cheminot. Il y évoque la transformation des trains, explique «comment un service pratique et bon marché, desservant l’ensemble du territoire, s’est reconverti en entreprise claquée sur le modèle aérien (…) avec ses galeries commerciales.» Avant, la SNCF était un service public; c’est maintenant une société commerciale. Mon grand-père doit se retourner dans sa tombe. Ph.L.Lacoche-Clope-Fred Haslin-Novembre 2014

Le Bonjour de Philippe Lacoche

Où sont les bars? «Où sont les femmes», chantait-on il y a quelques années. De ce côté, ça va. J’en ai croisé quelques-unes, pas mal du reste. Accortes, joviales. La Picarde se défend bien. En revanche, où sont les bars? Je me baladais avec Lys, par une belle soirée d’été, dans la campagne Lacoche-Clope-Fred Haslin-Novembre 2014à l’ouest d’Amiens. Je voulais lui payer un verre à la terrasse d’un bistrot. Nous avons parcouru des kilomètres, traversé de charmants bleds. Pas un bistrot; pas une terrasse. Dans les sixties, il y avait un bistrot par habitant. Nostalgie. Ph.L.

Le journalisme : toute une histoire !

         

Robert de Jouvenel.

Robert de Jouvenel.

Deux livres viennent nous le rappeler : l’un, de Robert de Jouvenel ; l’autre de Roger Vailland. Et on détestera un peu plus la ridicule « modernité » de la « communication ».

Le journalisme : toute une histoire ! Deux livres savoureux viennent nous le rappeler : Le journalisme en vingt leçons, de Robert de Jouvenel, publié par les éditions La Thébaïde (collection Histoire), et Sacré métier ! Roger Vailland journaliste, publié au Temps des Cerises. Deux livres et deux journalistes-écrivains qui n’ont rien à voir avec notre époque. Ils ne sont plus « à la mode » (quelle expression ridicule, puante, indéfendable ! La mode : quelle horreur !) ; n’ont rien à voir avec les cabinets de communication qui, pour la plupart, tentent de fourguer de l’info comme on vend des boîtes de petits pois, du dentifrice ou de la poudre de corne de rhinocéros. Qui tentent de nous vendre des personnages politiques, des marques, des produits, de la haute technologie. Que tout cela est triste, pitoyable, consumériste ! Le capitalisme est décidément une saleté. Qu’eussent dit Kessel, Hemingway, Alfred Perlès, Jacques-Francis Rolland, Pierre Daix et quelques autres devant les assauts de la communication qui, sournoisement, voudrait détrôner le journalisme ? Ils se seraient rués sur leurs machines à écrire, auraient commandé quelques liqueurs fortes, des femmes et du tabac, et se seraient levés comme un seul contre ces tentatives d’intoxication généralisée. La communication a toujours quelque chose à vendre ; le journalisme, par essence, ne vend rien : il éclaire, fait savoir, cafte, rapporte. C’est déjà beaucoup. Le journalisme est prolétaire ou aristocrate ; la communication, petite poule poudrée, est bourgeoise.

Robert de Jouvenel – qui écrit alors que la communication n’existait pas encore, mais il subodorait son arrivée – nous explique tout cela en vingt leçons pleines d’humour, d’intelligence, de gentil détachement mâtiné de passion discrète. On sent qu’il n’est pas dupe ; le métier, il connaît.  Ce grand journaliste et polémiste (1882-1924), collaborateur de L’Intransigeant, de L’Oeuvre, moustachu qui, physiquement, ressemblait un peu à Maupassant, nous donne ici à lire une « véritable déclaration d’amour au journalisme », comme l’indique l’éditeur, l’excellent Emmanuel Bluteau, en quatrième de couverture. « Le style en plus », précise-t-il. Du style, Robert de Jouvenel n’en manque pas ; de ton non plus. Ce sont ceux d’un gentil hussard, parfois cinglant, comme, par exemple quand il écrit : « Ces vérités sont si évidentes que de bons esprits ont imaginé de fonder une école de journalisme. Auraient-ils songé à fonder une « école de l’apostolat » ? L’erreur de ces didactes fut d’enseigner seulement comment ont fait un reportage ou une chronique. Ils ont négligé d’exposer quelles puissances secrètes, quels mobiles obscurs interviennent dans la fabrication d’un journal. Ainsi, ils se sont exposés à duper leurs élèves. » Voilà qui est dit. Les secrétaires  de rédaction en prennent aussi pour leur grade : « De tous les ronds de cuir, le secrétaire de la rédaction est le plus puissant vis-à-vis de ses commettants et de ses subordonnés. C’est le plus traditionnaliste et le plus buté. Il a des idées arrêtées, dont rien ne sauraient le faire démordre, car qui le convertirait, lui, dont les expériences furent acquises, une fois pour toutes, et n’auront plus jamais désormais l’occasion d’être contrôlées ? »

Mais qu’on se rassure : le journalisme reste un métier épatant même si Robert de Jouvenel se plaisait à en débusquer les travers. Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher sur les articles de Roger Vailland, surtout la fraîcheur de ses premiers papiers. Et les autres, ceux du reporter, du grand reporter, du chroniqueur. Dans « C’était en 1914 : l’apprentissage de l’horreur », paru le 1er août 1954 dans L’Humanité-Dimanche, il convoque un souvenir d’enfance, se souvient de l’arrivée de Poilus dans le parc d’un château où il séjourne. Ils reviennent du front, ont connu l’horreur des tranchées, du corps à corps, de la mitraille. Ils sont hébétés. Vailland observe, analyse, conclut. Il n’y a pas plus beau pamphlet contre la guerre que ce petit texte, mi article, mi récit, mi nouvelle. Du grand art. Oui, le grand journalisme n’a rien à voir avec la communication ; il est le cousin de la littérature.

PHILIPPE LACOCHE

Le journalisme en vingt leçons, Robert de Jouvenel, La Thébaïde, coll. Histoire, 96 p. 9 €.

Sacré métier ! Roger Vailland journaliste, Roger Vailland, Le Temps des Cerises, 503 p. ; 22 €.

France, mère des arts, des armes et des lois…

Discrète, Lys souhaita que je la prenne en photo le visage dissimulé par son éventail.

Discrète, Lys souhaita que je la prenne en photo le visage dissimulé par son éventail.

         Je suis un Français définitif. Cette constatation un tantinet désabusée, c’est Géa, chanteuse, qui la lâche, dans mon prochain roman, Vingt-quatre heures pour convaincre une femme (à paraître le 26 août aux éditions Ecriture ; N.A.M.L.A. : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, d’où cette autopromotion indéniable) à l’endroit de mon piètre héros et narrateur, Pierre Chaunier, minuscule journaliste de la presse quotidienne régionale. Et même si Pierre Chaunier est bien différent de moi, et si Géa n’a pas grand-chose à voir avec l’une de mes ex-petites amies, je dois reconnaître, lectrice, mon amour, que je suis bien « un Français définitif ». Je ne le regrette même pas ; c’est comme ça. L’Europe m’intéresse de très loin, en tout cas cette saleté d’Europe des marchés, sournoise, psychorigide, ultralibérale, si peu démocratique (elle se contrefiche de l’avis des peuples), allemande ; j’adorais le franc (l’euro, quelle monnaie ridicule tout de même !), les douaniers, passer les frontières pour aller en Belgique, en Suisse, en Espagne ou en Italie. Oui, je suis un Français définitif qui rêve d’une Europe fraternelle, celle, peut-être, qu’on bâtira un jour avec les frères de SYRIZA et de Podemos. En attendant, je pars à la recherche de cette France d’avant comme j’irais à la chasse aux papillons ou cueillir des champignons. Joie infinie, de me retrouver dans la fraîche petite église de Saint-Crépin-aux-Bois, près de Pierrefonds, dans l’Oise, où Fanny Clamagirand, violon (un touché et une attaque exceptionnelles), Etsuko Hirose, piano, et Julie Cherrier, soprano, donnaient un récital d’une très grande qualité, avec des œuvres de Claude Debussy, Toru Takemitsu, Francis Poulenc, César Franck et Eugène Ysaye. C’était délicieux comme le champagne de Trélou-sur-Marne, dans l’Aisne, que nous dégustâmes, Lys et moi, à la buvette. Trélou, c’est là que mon regretté cousin Guy, celui que je surnomme Simon dans Le Pêcheur de nuages, s’était marié, en mai 1977 (j’étais jeune stagiaire chez Best). C’est là que Gérard Rondeau, photographe, frère de l’écrivain-diplomate Daniel Rondeau, possède une jolie maison qui regarde les eaux céladon de la Marne, lente et majestueuse comme une demi-mondaine des années Trente. ; elle n’ôta pas son turban rose d’Indou, ce qui m’a ravi. Quel plaisir de se retrouver dans cet adorable village – si français – du Compiégnois que le temps semble avoir épargné. Même impression, le lendemain quand nous nous déplaçâmes au festival de la Rose, à l’abbaye de Valloires. Il pleuvait sur les arbres séculaires et sur les pétales de roses. (Les gouttes me faisaient à des larmes sur les joues d’une jeune fille troublée.) Odeur de végétation et de terre humides. Au fond, l’abbaye, intemporelle, majestueuse. France, mère des arts… Oui, j’ai mon pays vissé tout au fond du cœur. Je suis un Français définitif. Je suis le du Bellay du Courrier picard.

                                           Dimanche 12 juillet 2015.

Articles

Alexandre Cérésa et François Dumas

Un titre facile? Certes, mais tellement vrai! François Cérésa est notre Alexandre Dumas contemporain. Alors que tant d’écrivains s’enfoncent dans une littérature nombriliste, intellectuelle, froide, ennuyeuse et prétentieuse, lui s’adonne avec panache et gourmandise dans des romans de capes et d’épées. Il nous avait déjà donné à lire, en 2008, le succulent La Terrible Vengeance du chevalier d’Anzy (Plon), le voici qui ressort l’épée de son faucre avec ce tout aussi succulent Le Lys blanc. Il nous conte les aventures de Marie-Antoinette, fille d’un boulanger de Pornic. Elle sera violée par un aristocrate, montera à Paris pour participer à la Révolution. La Vendée, la fin de la Terreur; un roman palpitant et rondement mené. Un délice! Ph.L.

 

Le Lys blanc,

François Cérésa, écrivain. Mai 2011.

François Cérésa, écrivain. Mai 2011.

Une jeune femme insoumise sous la Révolution, François Cérésa, L’Archipel, 301 p.; 18,95 €.

 

NOUVELLES

Wallet, maître de la nouvelle

Roger Wallet est un excellent nouvelliste. Il a le sens du court comme d’autres l’ont du Bien. Ou du Mal. La preuve: ce recueil Toujours prenant congé où il nous donne le meilleur du genre. Ces dix-huit nouvelles – bon nombre ont été publiées dans Le Courrier picard – sont enracinées dans le quotidien, et, souvent dans la terre picarde. La guerre y est présente, celle de l’ex-Yougoslavie et celle d’Algérie; la paupérisation aussi. Elles recèlent de l’émotion, des atmosphères (on ne le répétera jamais assez: à l’instar d’Éric Holder, Wallet l’un de nos meilleurs atmosphéristes), de la poésie. Et du rythme né de constructions subtiles. Ph.L.

Toujours prenant congé, Roger Wallet, Le petit Véhicule; 107 p.; 14 €.

Dame Felicity Lott aime « le champagne » de la langue française

 

La charmante et délicieuse Felicity Lott sera, ce jeudi soir (9 juillet 2015) au festival de Saint-Riquier.

La charmante et délicieuse Felicity Lott sera, ce jeudi soir (9 juillet 2015) au festival de Saint-Riquier.

La grande chanteuse soprano anglaise, très francophile, sera en concert au festival de Saint-Riquier, ce soir, jeudi.

Elle adore la France et ne s’en cache pas. Elle chante avec délicatesse et un immense talent les plus grands compositeurs français sur les scènes des plus grands opéras. Une très grande dame au charme indéniable.  Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

Enfant et adolescente, vous avez appris le piano et le violon. Finalement, vous avez opté pour le chant, à l’âge de 12 ans. Pourquoi ?

J’ai toujours chanté, bien avant de commencer à jouer du piano. A l’âge de deux ans, j’ai enregistré et gravé un petit disque avec deux chants de Noël que j’ai offert à ma grand-mère. C’est ma mère qui m’avait emmenée dans un studio de Cheltenham où je suis née. Je possède toujours ce petit disque en vinyle. Il comprenait deux chansons dont « Away in a manger ».

On dit de vous que vous êtes « la plus francophone des sopranos britanniques ». Qu’est-ce qui vous attire tant dans notre pays ?

Tout m’attire dans votre pays. La langue française d’abord. Et puis j’ai visité le pays quand j’avais 12 ans. Lens d’abord car j’ai une cousine qui habite dans le Pas-de-Calais. Ensuite je suis allée à Annecy car Cheltenham est jumelée avec cette ville. Il s’agissait d’un échange. J’avais 15 ans. J’apprécie aussi la culture, la poésie et la musique française je ne connais pas encore à ce moment-là. J’ai également été assistante d’anglais dans le lycée mixte de Voiron, près de Grenoble où j’ai suivi des  cours avec un très bon professeur de chant, ce qui a changé ma vie. J’avais 21 ans. Mes 21 ans, je les ai fêtés à Voiron.

Grenoble, était-ce par hasard ou pour Stendhal ? Et avez-vous aimé cette ville ?

A ce moment-là, j’étais Voiron. Je suis allée à Grenoble pour mes cours de chant. J’ai même chanté dans le chœur du Conservatoire pour l’ouverture des Jeux Olympiques, en 1968. J’ai toujours l’hymne olympique, chez moi,  dans tiroir. En fait, c’est la montagne que j’aimais. C’était tout nouveau pour moi, tout ça…

Vous avez interprété notamment Haendel, Mozart, Strauss, Offenbach, Gounod, Reynaldo Hahn, Fauré, Chausson, etc. Lequel préférez-vous et pourquoi ?

Impossible à dire ; ça fait partie du charme de la vie : pouvoir apprécier tous ces compositeurs, et interpréter des choses aussi différentes. La seule chose qui les rassemble c’est l’importance qu’ils attachent à la parole. Le livret est important pour moi. J’ai commencé par Mozart,  puis Strauss… dans l’œuvre de Strauss on se demande si c’est le texte est plus important que la musique. Ou l’inverse. C’est l’ensemble qui créé la magie ; quand le compositeur met en musique, c’est ça qui bouleverse. J’adore la poésie française : Victor Hugo, Vigny, Verlaine, Apollinaire, Eluard. J’ai découvert de nombreux poètes grâce à la musique.

Votre accompagnateur préféré au piano est Graham Johnson. Parlez-moi de lui, s’il vous plaît.

Nous nous sommes rencontrés quand nous étions étudiants à la Royal Academy of  music, à Londres ; il est extraordinaire. C’est  une encyclopédie vivante incroyable ! Il possède une très grande culture. C’est un autodidacte. Il est né en Rhodésie; il est venu en Angleterre quand il avait 17 ans ; il est curieux de tout. De la littérature aussi. Il aime beaucoup la musique française (il a écrit un livre sur Fauré). Par ailleurs, il a écrit  trois tomes immenses sur les lieder de Franz Schubert. Il aime également  la poésie allemande. Il a fait de très nombreux récitals.

En 1996, vous avez été anoblie par la reine du Royaume-Uni. Qu’avez-vous ressenti ?

Je pense que j’étais très fière ; c’est le prince Charles qui présidait la cérémonie. Cette distinction, c’est un peu comme la Légion d’honneur. Un remerciement de l’état ; oui, j’étais très fière mais ma maman encore plus…

Vous êtes née à Cheltenham, cinq ans après Brian Jones, fondateur des Stones. L’avez-vous connu ou croisé ?

J’étais en classe avec sa sœur, Barbara, un peu plus jeune que moi. A cette époque, j’étais très studieuse ; je chantais dans le choeur de l’église. Et je dois avouer que j’étais plus Beatles que Rolling Stones.

Vous avez souvent défendu l’opérette, genre trop sous-estimé. Pouvez-vous m’en parler ?

C’est en faisant La Belle Hélène que j’avais vraiment découvert l’opérette ; avant j’avais fait La Veuve joyeuse. Ces musiques apportent le sourire. Je viens de lire un article à Offenbach ; l’auteur disait qu’il n’appréciait pas. C’est dommage pour lui. Je trouve que les traductions des textes des opérettes françaises font perdre le « champagne » de la langue.

En dehors de la musique classique, l’opérette et l’opéra, aimez-vous d’autres musiques ?

J’aime beaucoup les quatuors, la musique du piano solo, et celle des grands orchestres. J’adore Serge Reggiani (je l’ai vu deux ou trois fois en concerts). Je n’ai pas encore osé reprendre ses chansons…. J’ai un peu peur… J’ai chanté une fois « L’Hymne à l’amour », d’Edith Piaf. Avec ces voix-là, c’est très difficile à faire ; Brel j’adore. J’aime sa façon de prononcer les textes…

Qu’allez-vous interpréter au Festival de Saint-Riquier.

Je viens avec des musiciens extraordinaires que j’ai rencontrés en Inde. Ensemble, nous avons fait un concert à Genève. A Saint-Riquier, nous allons interpréter une partie de la IVe symphonie, et trois lieder de Mahler ; « La chanson perpétuelle », de Chausson ; des mélodies de Hahn, et trois petits airs d’Offenbach.

Profiterez-vous de ce déplacement pour découvrir la Baie de Somme ?

Ce sera malheureusement un déplacement express. Je tourne beaucoup. La semaine dernière, j’étais à Mont-de-Marsan en compagnie de Lambert Wilson et de la pianiste Jacqueline Bourgès-Maunoury. Je serai à Paris demain (N.D.L.R. : mardi 7 juillet), puis à Saint-Sauveur-en Puisaye, à la maison de Colette.

Propos recueillis par PHILIPPE LACOCHE

La nouvelle très érotique de Patrick Besson dans VSD

On le sait : l’écrivain Patrick Besson, styliste hors-pair, utilise l’arme de la sincérité pour dégommer poncifs, idées reçues, fiction banale, morale convenue; c’est ce qui fait son charme, sa force. Il l’a prouvé à maintes reprises dans ses romans, ses nouvelles, ses récits, mais aussi ces chroniques hebdomadaires du Point.

Alors, lorsqu’il applique cette règle au genre – difficile, délicat, subtil – de la nouvelle érotique, on se régale. C’est ce qu’il vient de faire, en inaugurant la séries d’été « Nouvelle érotique » que vient de lancer l’hebdomadaire VSD. Deux pages (une très belle et très suggestive illustration rouge et noire, stendhalienne, signée Hannah von Elle; et la nouvelle de Besson, trois feuillets environ) très très chaudes où une jeune femme rend visite à son dernier amant pour lui offrir le meilleur d’elle-même; on le sait tous et, nous les mecs, ça nous rend fou : l’envers vaut largement l’endroit. Le narrateur applique cet adage avec gourmandise, pour le plus grand plaisir de sa maîtresse qui arrive nue sous le vieil imperméable Burberry’s qu’elle lui avait emprunté au début de leur liaison. Elle va le lui rendre, et en profitera pour lui faire ce doux cadeau.

On adorera les images bessionniennes dont celle-ci : « cette impression d’être un ours enfonçant le museau dans un pot de miel« . Délicat, VSD prévient que « la lecture de ce texte est réservé aux adultes« . Mais faut-il rappeler que les adultes ne sont rien d’autres que de grands, de très grands enfants?

Merci, en tout cas, cher VSD, de nous régaler, tout l’été, de ces nouvelles qui promettent de nous réjouir et de nous faire saliver. (La prochaine nouvelle sera l’oeuvre de Franck Courtès.) Et merci à Patrick Besson

"Enterrement d'une vie de garce", une nouvelle érotique de Patrick Besson, dans VSD.

« Enterrement d’une vie de garce », une nouvelle érotique de Patrick Besson, dans VSD.

de nous présenter cette adorable et gourmande fille en Burberry’s. C’est délicieux.

PHILIPPE LACOCHE

CHRONIQUES

ESSAI

Le Picard Mac Orlan

Ancien diplomate et universitaire, Bernard Baritaud fut encouragé à écrire par l’écrivain picard Pierre Mac Orlan (1882-1970) à qui il a consacré plusieurs ouvrages. Il nous donne aujourd’hui à lire cet excellent Qui suis-je? Mac Orlan qui tient à la fois de l’essai et de la biographie. Richement illustré grâce à des photos et documents rares, voire inédits, ce petit livre est une totale réussite car il dévoile à la fois le parcours (tissé d’aventures) et la démarche littéraire et poétique du grand auteur Mac Orlan, né à Péronne, dans la Somme (et blessé devant cette ville au cours de la Grande Guerre) prosateur inclassable, inventeur du fantastique social. Bernard Baritaud nous rappelle avec passion et talent que Mac Orlan est constamment réédité et fait l’objet de thèses et de colloques. Un excellent livre. Ph.L.

Qui suis-je? Mac Orlan, Bernard Baritaud, Pardès; 128 p.; 12 €.

Le panache de Christian Laborde

Prix Louis-Nucéra pour son Tour de France, nostalgie, Christian Laborde (notre photo) est, sans conteste, l’un des meilleurs écrivains français actuels. Il n’a pas son pareil pour évoquer dans ses romans ou ses nouvelles, cette France qui n’est plus – ou presque plus – et qui nous manque, car étouffée par une Europe technocratique et une mondialisation délétère. Spécialiste de Claude Nougaro, rien d’étonnant qu’il soit aussi fasciné par le cyclisme, sport populaire par excellence, et par le Tour de France en particulier. Son A chacun son tour, regroupe les chroniques qu’il donne, depuis plusieurs années, au micro de RTL. Des histoires savoureuses, des anecdotes drôles, parfois piquantes, toujours singulières et écrites avec le style Laborde, tissé de légèreté et de poésie, où l’image fuse, gicle comme le sprinter du peloton à dix mètres de la ligne d’arrivée. Le plume de Laborde s’envole, porté par le vent du swing. Un régal! Ph.L.

L'excellent écrivain Christian Laborde.

L’excellent écrivain Christian Laborde.

À chacun son tour, chronique du Tour de France, suivi de Roue libre, Christian Laborde, Robert Laffont, 198 p.; 17 €.