« On en fait quoi, en 2014 ? »

James C Farmer

Jailhouse blues. (photo James C Farmer sous CC)

« Des projets, j’en ai, madame la juge, mais je sors le 5 janvier 2014, alors je ne préfère pas y penser, parce que si j’y pense, je pète les plombs. » C’est un gamin d’Amiens, du côté des bords de la Somme. Kevin a eu 19 ans le 17 avril, et Kevin a dix-neuf mentions au casier judiciaire. Enfin, vingt mentions depuis le 6 septembre dernier, puisqu’il a écopé de quinze jours supplémentaires pour violation de domicile. Lire la suite

Le délit de yo-yo

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Ça s’en va et ça revient. (photo George Thomas sous CC)

En droit français, on ne peut être condamné que si l’on avait conscience du délit que l’on commettait. On ne devient ni délinquant, ni criminel à son corps ou son esprit défendant (en revanche, on peut être obligé de réparer civilement une faute, même involontaire). Lire la suite

Les petites évasions

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En vrai, c’est moins spectaculaire.

Dès que l’on parle d’évasion, l’imagination a tendance à vagabonder. On pense à Steve Mc Queen dans la Grande.
Le futur Napoléon III quittant Ham déguisé en Badinguet ou Mesrine s’échappant du tribunal de Compiègne avec son président en otage, quand bien même le reste de leur œuvre semble discutable, acquièrent un capital sympathie dès lors qu’ils écartent leurs barreaux. Ne réveillent-ils pas en nous le goût de tout plaquer et tout remettre en cause, surtout l’ordre établi ? Lire la suite

Dans le même bateau

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« Les semi-liberté, faudrait vraiment pas les mélanger entre les autres » (Photo Chris Potter sous CC)

Thierry est une sorte de rescapé. Pas sûr qu’il apprécie l’honneur. Lundi, il a traversé une salle des pas perdus étonnamment creuse pour aller se faire juger au bout du couloir. La grève des magistrats ne concernait pas les comparutions immédiates. De toute façon, Thierry était incarcéré en préventive depuis qu’un vigile d’Auchan l’avait coincé avec quatre DVD sous son paletot, le 21 janvier.

« J’étais en semi-liberté. Je sortais de prison trois jours par semaine pour préparer ma réinsertion. Ça se passait pas mal, même si le problème, c’est que la maison d’arrêt met un mois à vous donner votre pécule, le temps que votre demande fasse le tour des bureaux. Mais bon, j’étais inscrit au Pôle Emploi, j’avais envoyé des CV, j’avais même refait ma carte d’identité », égrène-t-il d’un ton las.
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